LE REVIREMENT DE LA CEDEAO AU NIGER
L'organisation communautaire semble avoir pris conscience de l'inefficacité de l'approche militaire face à la détermination de la junte au pouvoir à Niamey, préférant désormais miser sur le dialogue et la médiation régionale
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Plus de trois mois après le coup d'État du 26 juillet au Niger, la CEDEAO semble avoir définitivement enterré l'option d'une intervention militaire sur le territoire nigérien pour renverser la junte au pouvoir. Pourtant, les chefs d'Etat ouest-africains avaient initialement fait preuve d'une grande fermeté face aux putschistes.
Dès les premières heures du coup d'Etat, qui a renversé le président Mohamed Bazoum et fait de lui un otage depuis plus de 100 jours, le Béninois Patrice Talon et le Nigérian Bola Tinubu avaient demandé le rétablissement de l'ordre constitutionnel par la force si nécessaire, à en croire les inforlations du magazine Jeune Afrique (JA). L'Ivoirien Alassane Ouattara militait également pour une action musclée de la CEDEAO, selon la même source.
Mais les positions ont clairement évolué avec le temps. Ouattara ne semble plus favorable à l'interventionnisme militaire aujourd'hui. De son côté, la junte multiplie les appels du pied en direction de médiateurs comme le Togo, cherchant visiblement à gagner du temps et éviter un affrontement armé.
Après plus de trois longs mois de statu quo, durant lesquels le sort du président Bazoum demeure dans l'ombre, la CEDEAO a tiré les leçons de son inaction initiale, indique JA. Privilégier désormais la négociation à la confrontation directe pourrait s'avérer plus judicieux, d'autant que la crainte de légitimer les putschistes en cas de force est réelle.
Avec ce revirement prudent, l'organisation ouest-africaine se refuse à envenimer la crise et mise sur une résolution pacifique de la tension, par la médiation d'Etats comme le Togo. Reste à voir si cette approche plus conciliante permettra enfin de voir le jour pour le Niger, toujours aux mains de militaires qui ne savent que faire de leur prise de pouvoir.