Et de deux ! Représentant du Sénégal à la finale mondiale du Falling Walls Lab, Elhadji Malick Sagne a été couronné, hier, en Allemagne.
Le pensionnaire de l’Institut supérieur de formation agricole et rurale de Bambey a remporté la mise dans la catégorie talents émergents. Dans ce concours où l’ingénieur des travaux agricoles était d’abord sorti vainqueur au Sénégal, ses recherches ont porté sur les vertus du cactus.
Elhadj Mallick Sagne, spécialiste en développement rural continue ainsi d’émerveiller le monde scientifique.
ALIOU CISSE À CHARGE
Phase finale can, qualifs mondial, huis clos contre le Sénégal…
On prend les mêmes et on recommence ! Toutefois, si pour affronter le Soudan Sud le 18 novembre dans un stade Abdoulaye Wade sans supporters (huis clos) avant d’effectuer un déplacement à Lomé pour en découdre avec le Togo le 21 novembre pour le compte des qualifications de la coupe du monde United 2026, Aliou Cissé a conservé le même groupe que celui avait battu le Cameroun à Lens, 17 octobre dernier, le coach des Lions a profité de son face à face avec la presse hier, vendredi 10 novembre, pour vider son chargeur sur la CAF et la Fifa. En véritable avocat des joueurs, veillant sur leur santé, l’ancien capitaine des Lions a fustigé la programmation des matches par la CAF à 14 heures. Il a aussi exprimé son désaccord avec la Fifa qui a infligé un match au Sénégal à huis clos suite aux incidents survenus le 29 juin 2022 face à l’Egypte, lors du match retour entre Lions et Pharaons (Qatar2022). Morceaux choisis.
LISTE CAN RÉDUITE À 23
«Encore hier (jeudi), j’étais en train de vérifier et depuis le début des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations de football, toutes les équipes ont convoqué entre 28 et 30 joueurs et après, petit à petit diluer. Aujourd’hui, tout le monde est conscient de la dureté de cette CAN, des difficultés qui existent dans cette CAN, les matchs comment ils sont disputés. Entre contre-performances, baisses de forme, suspensions et maladies, je pensais que la CAF aurait pu, ne serait-ce que laisser le fait qu’on puisse être à 26 ou à 27. En réalité, ça ne gâchera rien car pour nous les entraîneurs, ça nous permet d’avoir plus de possibilité. J’ai envie de dire que depuis 8 ans que je suis ici, ce sont des situations où la CAF devrait nous consulter et demander notre avis nous, les techniciens. Il est vrai que le football africain a beaucoup progressé et s'est beaucoup développé au niveau des joueurs, au niveau des infrastructures, mais j’ai envie de dire que ce serait bien qu’on nous demande notre avis pour au moins savoir ce que nous pensons de ces choses. Passer de 23 à 26 joueurs ne peut faire qu’améliorer la performance de cette Can.
LES MATCHS JOUÉS À 14H
Jouer à 14h ! Rappelez-vous la dernière fois, on avait joué à 14h. On était finalistes en 2019 et puis on vient pour jouer en altitude à 14h contre le Zimbabwe, contre la Guinée et il n’y a aucun médecin qui vous dira que c’est bon pour la santé des joueurs. Il faut que la Confédération africaine de football pense à ses joueurs-là. Il faut qu’ils comprennent que pour que la CAN soit belle, il faut mettre les joueurs dans les meilleures conditions. On ne peut pas être performant en jouant à 14h. Je le dis et il n’y a pas que moi qui se trouve dans cette situation et il n’y a aucun entraîneur qui est d’accord et qui voudrait jouer à 14h. Et je pense que quand on parle de la Can comme 3ème compétition mondiale après la Coupe du monde et l’Euro, l’évolution de cette compétition ne peut pas être seulement que sur les gradins et les hôtels. Il faut penser aux acteurs, parce que c’est eux qui sont sur le terrain et jouer à 14h, ce n’est pas une bonne chose. D’autant plus qu’il y a une commission des légendes dans cette confédération, des anciens joueurs. Ils ont eu à jouer sur le continent africain à 14h. Est-ce qu’on leur a demandé leur avis ? Je ne pense pas qu’ils seraient d’accord. Il faut demander aux footballeurs les réalités du terrain C’est une question très importante et on attend des réponses de la part de nos dirigeants».
TRAITEMENT SPÉCIAL POUR YOUSSOUF SABALY
«Tout le monde connaît les qualités de Youssouf. Je n’ai pas de doutes qu’il sera à la prochaine CAN. J’ai une gestion assez spéciale avec Sabaly. Je peux lui permettre de ne pas s’entraîner pratiquement toute la semaine et revenir dans le groupe le mercredi ou le jeudi. C’est un garçon qu’il faut gérer intelligemment. Je crois que Manuel Pellegrini (entraîneur du Real Betis) l’a dit aussi. Il faut qu’on arrive à adapter ses entraînements parce qu’il se blesse souvent. Mais, je n’ai pas de doutes qu’il sera prêt au mois de janvier et que le Sénégal pourra bénéficier de sa santé». PAS D’INQUIÉTUDES SUR L’INEFFICACITÉ OFFENSIVE DES ATTAQUANTS «C’est vrai que quand on regarde le ratio de buts de nos attaquants cette saison, on peut s’inquiéter. Mais j’ai envie de dire qu’on a souvent marqué des buts en Equipe Nationale et il n’y a pas un attaquant type qui marque des buts. Ça fait des années qu’on n’a pas un attaquant qui te marque 20 buts. Le dernier qui l’avait fait, c’est peutêtre Sadio Mané et on est tous d’accord qu’il n’était pas un attaquant. C’était donc une exception. Mais tout le monde peut marquer dans notre équipe. Le but peut venir de derrière, du milieu, sur les côtés… Donc, en gros, je ne m’inquiète pas trop de ce manque d’efficacité mais il faut qu’on continue à travailler, marquer des buts. C’est aussi une question de confiance».
DES QUALIFS AU MONDIAL POUR PRÉPARER LA CAN
«En réalité, ce sont deux matchs très importants. Se méfier de cette équipe du Sud Soudan, ne pas la prendre à la légère. C’est une équipe qui viendra chez nous pour faire un bon résultat. C'est-à-dire prendre les trois points. C’est à nous, comme on l’a toujours fait, quand c’est important et nous savons tous que la Coupe du monde est importante et que le Sénégal doit y être. Il est important de bien aborder ces éliminatoires, en essayant d’emmagasiner les 6 points. Le Soudan, c’est un invité qu’on ne connaît pas très bien. Il vient de changer d’entraîneur et apparemment, c’est l’ancien entraîneur du Madagascar qui est à la tête de cette sélection. Donc, on va voire ce qu’il va nous apporter. Mais c’est un match que nous préparons avec sérieux d’autant plus que notre dernière rencontre contre l’Algérie, on a fini par une défaite. Il est important pour nous de pouvoir apprendre à gagner chez nous mais surtout de remettre les pendules à l’heure. Le Togo, on le connaît. Il nous a éliminés en 2006. Il nous a empêchés de nous qualifier. C’est une équipe qui a énormément de qualités, de très très bons joueurs avec un entraîneur expérimenté. Je pense que ce sera un match très compliqué, mais nous avons les arguments à faire valoir et je sais qu’on peut faire un bon résultat là-bas».
LE MATCH À HUIS CLOS
«Ce n’est pas normal. On n’arrive pas à le digérer. J’espère que ce sera la dernière fois. On est un exemple sur le terrain et sur le continent africain, et il est important de parler de la discipline qui est dans notre équipe, notre discipline en tant que Sénégalais. En termes de discipline et de Fair-play, notre pays est un exemple. Lors de la Coupe du monde 2018, le Sénégal avait gagné le prix Fair-play de meilleurs supporters. A la dernière Can, on a montré combien nos supporters sont disciplinés et collés à leur équipe nationale. On ne peut être que malheureux de cette situation. On est chez nous, on a besoin de nos supporters à nos côtés. Les priver de venir, je trouve ça vraiment inadmissible. Je pense que ceci ne va plus se répéter. En 2019, on avait perdu la finale de la Can, mais nos supporters étaient exemplaires, et on avait gagné la coupe du Fair-play… Je pense qu’on n’en parle pas beaucoup mais c’est important. Pour dire cette discipline qui existe dans cette équipe, cette discipline en tant que Sénégalais. Devoir se passer de nos supporters pour un match aussi important dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde, ça ne nous va pas. Ça nous rend tristes. Mais partout où ils seront, ils peuvent savoir qu’on jouera pour eux. Et comme le dit l’adage, loin des yeux mais près du cœur. On ne nous a jamais reprochés quoi que ce soit. On n’est pas d’accord de cette sanction. Nos supporters n’ont pas fait ce que les autres supporters ne font pas. Il ne faut pas oublier qu’avant le match retour contre l’Egypte, il y a eu quelque chose qui s’est passé au match aller, en Egypte (le 25 juin 2022). Je ne cautionne rien du tout, mais la suspension est lourde par rapport à ce qui s’est passé. Je n’ai pas vu un joueur qui était un danger sur le terrain. Donc, je ne vois pas pourquoi on nous sanctionne pour ce match».
SADIO MANÉ 100ÈME SÉLECTION
«Pour Sadio Mané, je n’ai pas vérifié. Je ne peux pas dire que c’est son 100ème match mais si c’est le cas, on ne peut que le féliciter. Parce que porter les couleurs de son pays durant 100 matchs, c’est une grosse performance et peu de joueurs l’ont fait. Il faut féliciter Idrissa (Gana Guèye) qui a eu à le faire et j’espère qu’il y aura d’autres joueurs qui vont atteindre cette barre des 100 matchs avec l’équipe nationale».
QUALIFICATIONS AU MONDIAL POUR PRÉPARER LA CAN
«La préparation dure depuis très longtemps, depuis le match contre le Bénin dès lors qu’on était déjà qualifiés. Vous avez vu qu’on avait étoffé le groupe. Il y a d’autres garçons qui étaient venus. Mais comme je le dis, rien n’est encore défini et beaucoup de choses peuvent se passer d’ici le mois de janvier. L’expérience nous a montré que tout peut se passer dans ces périodes. On prie Dieu pour que l’ensemble de nos garçons soient en bonne santé et ça va nous permettre de pouvoir atteindre nos objectifs. Le football international, il y a de moins en moins de préparation comme ça l’a été. En realité, cette compétition (La Can) se prépare durant les éliminatoires. C’est sur ça qu’on a pu anticiper pour avoir un peu plus de certitude sur notre groupe et plus on va avancer, plus le groupe va se réduire ».
DOSAGE ENTRE JEUNES ET VIEUX ?
Je n’aime pas ce mot vieux. Il ne faut pas les sortir de l’équipe. Cette équipe nationale du Sénégal vit bien. On n’a pas de problème. Les garçons quand ils viennent en regroupement, ils sont heureux d’y être. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Ils ont envie de réaliser des choses. Personne ne peut se mettre entre ces joueurs. Ils ont vécu de très gros moments. Donc, rien ne change. On va continuer à travailler dans cet état d’esprit, de solidarité, d’amour de respect, de considération mutuelle».
LES DATES ET LIEU POUR LA PRÉPARATION
«On est en train d’y réfléchir dans la mesure où on n’a pas beaucoup de temps. On verra si on va faire la préparation ici ou partir ailleurs pour revenir prendre le drapeau national. On va en parler avec le directeur technique national et le président de la Fédération pour essayer de trouver la meilleure solution. La préparation est primordiale alors il ne faut pas qu’on se loupe sur l’endroit».
L’Equipe Nationale U17 du Sénégal engage ce samedi 11 novembre la 19ème Coupe du Monde de la catégorie qui se déroule du 10 novembre au 2 décembre, en Indonésie. Comme lors de la Coupe du Monde de Russie en 2018 et de la Coupe du Monde U-20, le Sénégal et le Japon sont dans le même groupe D. Pour leur entrée en lice, les champions d’Afrique sénégalais affronteront l’Argentine (12h).
L’équipe Nationale U17 du Sénégal entame la Coupe du Monde ce samedi contre l’Argentine, premier adversaire dans la poule D. Comme lors de la Coupe du Monde en Russie 2018, le Sénégal, le Japon et la Pologne partageront encore le même groupe D.
Champions d’Afrique de la catégorie U20, titre remporté au mois de mai dernier, les poulains de Serigne Saliou Dia participent pour la deuxième fois consécutive au Mondial. Ce sera avec l’ambition de passer le premier tour et de faire mieux que la Génération 2019. Alors mené par Pape Matar Sarr, actuellement chez la sélection A, les Lionceaux s’étaient arrêtés en huitième de finaliste de l’épreuve. Après l’Albiceleste, Amara Diouf et ses coéquipiers effectuent leur deuxième sortie ce mardi contre la Pologne, (9h GMT). Le Sénégal va terminer la phase des poules vendredi avec le duel qui va les opposer au Japon (9h GMT).
LES SUJETS JEUNES DE PLUS EN PLUS TOUCHES
La prévalence du diabète est en hausse dans la région de Sédhiou, constat fait par Dr Kéba Thiam, médecin au centre de santé de Sédhiou
La maladie du diabète s’étend de plus en plus dans la région de Sédhiou. Même si les statistiques ne sont pas connues avec précision, mais les techniciens de la santé s’accordent à attester de l’ampleur et des proportions que connait la pathologie et dans tous ses types de manifestation. Les jeunes sont de plus en plus touchés, ajoutent-ils. Une journée de dépistage gratuit est prévue mardi prochain, 14 novembre, journée consacrée à la lutte contre cette maladie de par le monde.
La prévalence du diabète est en hausse dans la région de Sédhiou, constat fait par Dr Kéba Thiam, médecin au centre de santé de Sédhiou. «Ici, à Sédhiou, on ne peut pas déterminer avec précision le nombre de diabétiques ; mais nous constatons qu’il y a une forte prévalence. Au niveau des consultations générales, on découvre de nouveaux patients porteurs de la maladie. C’est en constante augmentation», dit-il. Certes, les personnes âgées sont les plus touchées. Mais Dr Thiam relève une prévalence de plus en plus élevée chez les sujets jeunes. «Il est plus fréquent chez les sujets âgés ; mais de plus en plus on constate que des jeunes sont aussi touchés. La semaine dernière nous avons décelé deux cas de diabète chez des jeunes de trente et de vingt ans.»
Il explique qu’il y a deux types de diabète dont le traitement dépend de chaque spécificité. «Il y a deux types de diabète. Pour le diabète de type 1, c’est chez les sujets jeunes, et le type 2, chez les personnes âgées. Et la prise en charge dépend de ces deux tableaux. Chez les sujets jeunes, la prise en charge consiste à donner de l’insuline. L’insuline est une hormone secrétée par le pancréas et qui sert à réguler la glycémie. Le diabète de type 2, c’est une insulino-résistance, donc une résistance au niveau des cellules.» LE TRAITEMENT ACCESSIBLE, AVEC UN SPECIALISTE A L’EPS Au sujet justement du traitement du diabète, la région de Sédhiou dispose d’un Etablissement public de santé de niveau 2 (EPS 2). Un médecin-diabétologue y a pris fonction depuis bientôt un an, précise Dr Kéba Thiam, médecin au centre de santé de Sédhiou. Il rassure que la prise en charge est effective et adéquate à Sédhiou. «La prise en charge se fait bien à Sédhiou, depuis bientôt un an, car il y a un diabétologue, Dr Niang, qui assure les traitements au niveau de l’hôpital régional de Sédhiou. Et moi, je prends en charge tout ce qui est maladie diabétique au niveau du centre de santé de Sédhiou. Donc, nous rassurons les malades à ce sujet.»
Enfin, Dr Kéba Thiam recommande la pratique régulière du sport et une alimentation équilibrée, pour rester en bonne santé. «Nous recommandons la pratique régulière du sport mais aussi une prise en charge diététique et une alimentation équilibrée.» Ce mardi 14 novembre, consacré à la lutte contre la maladie du diabète de par le monde, la journée sera marquée par des séances de dépistage gratuit et des conseils pratiques pour prévenir la maladie.
par Bassirou Dieng
MONTREZ-MOI QUI A UN PROFIL MEILLEUR QUE CELUI DE MIMI ET JE VOTERAI POUR LUI
Si c’était en footbal, je dirais qu’elle a fait mieux que Messi et Christiano Ronaldo réunis en matière de performance. Sa distinction par l’institution Champlain College en était une preuve parfaite
En 2024, on n’a pas le droit de se tromper de choix. Nous devons choisir le meilleur profil parmi ceux qui veulent nous diriger. En effet, il nous serait fatal de choisir des vendeurs d’illusions, des candidats télécommandés, des repris de justice et des candidats milliardaires qui ont sucé le sang du peuple et provoqué ses nombreux décès sur le chemin de l’émigration.
En 2024, le seul et unique choix qui nous est imposé est celui sur Aminata Touré Mimi. Nous ne le disons pas pour ses beaux yeux ou parce que nous sommes avec elle. Mais parce que son riche parcours, son expérience, son ouverture sur le monde, son patriotisme, son « africanité » et son leadership la placent au devant de tous.
Lauréate au concours général en économie en 1981, Aminata Touré a décroché son Bac D la même année avant de filer étudier en France et obtenir une maîtrise en Economie à Dijon, un DESS de gestion des entreprises à Aix-en-Provence et un PhD en Management financier international de l’École internationale de management de Paris. En 1988, Aminata Touré entre dans le monde du travail et devient Chef de division Marketing et Communication de Sotrac (actuel Dakar Dem Dikk). Elle sera licenciée abusivement pour avoir intégré le syndicat des travailleurs qu’elle voulait aider à mieux défendre leur droit.
Première femme directrice de campagne dans une élection présidentielle en 1993, Aminata Touré a dirigé la campagne de Landing Savané sur proposition du Président Mamadou DIA. En 2000, quand Me Abdoulaye Wade a accédé au pouvoir grâce à la dynamique unitaire de l’opposition, Landing Savané propose à Mimi d’accepter d’entrer dans le gouvernement de Me Wade avec un portefeuille ministériel mais Aminata Touré déclina poliment l’offre.
À son départ de la Sotrac, Mimi intègre ASBEF en 1995 comme directrice des programmes. Sa mission accomplie à ASBEF, elle intègre l’ONU. Aux Nations Unies où elle a fait 24 ans, elle a occupé le poste de directrice des Droits Humains jusqu’en 2011. Année à laquelle elle a décidé de laisser tous ses privilèges et son salaire, qui pouvait payer une dizaine de ministres par mois, pour venir aider son pays à dire non à un forcing de Me Abdoulaye Wade. Elle choisit ainsi Macky Sall par conviction et principe.
Connaissant son expérience et ses compétences, Macky fait d’elle sa directrice de campagne en 2012. Maîtrisant bien ce poste politique qu’elle a occupé en 1993, Mimi participe à sa manière à porter Macky Sall au pouvoir.
De 2012 à 2013, elle devient ministre de la Justice. 2013-2014, Première ministre. En 2019, elle a été respectivement responsable national du parrainage et directrice de campagne du candidat Macky Sall à l’élection présidentielle. De mai 2019 à novembre 2020, elle occupe la Présidence du Conseil Économique, Social et Environnemental.
Qui d’autres a un profil pareil et un aussi prestigieux parcours parmi les candidats si ce n’est Mimi. Son expérience et ses compétences sont partout reconnues. Récemment, Aminata Touré Mimi a élevé au plus haut niveau le drapeau du Sénégal. Si c’était en footbal, j’allais dire qu’elle a fait mieux que Messi et Christiano Ronaldo réunis en matière de performance. Sa distinction par l’institution Champlain College en était une preuve parfaite. En reconnaissance de sa contribution à la lutte pour les droits humains et droits des femmes, notre Mimi Nationale avait reçu, le 13 mai 2023, la distinction honoraire de Doctor Honoris Causa de Champlain College, institution universitaire vieille de 145 ans dans l’Etat de Vermont aux Usa. Une des plus hautes distinctions mondiales. Une distinction qui s’ajoute à d’autres sacres déjà inscrits sur son curriculum vitae (CV).
En juillet 2021, en effet, la candidate du Mouvement pour l’Intégrité, le Mérite et l’Indépendance (Mimi2024) a été choisie comme un des 24 experts sélectionnés à travers le monde pour donner des avis aux États membres des Nations Unies sur les grandes questions de Gouvernance et d’Administration publique pour la période 2021-2025. Cela sur proposition du Secrétaire Général des Nations Unies. Le Comité des Experts Indépendants sur l’Administration Publique-CEPA se réunit périodiquement à New York pour une période de 4 ans.
Cerise sur le gâteau, en 2022, Mme Aminata Touré Touré Mimi a été également choisie dans le comité des 16 experts qui conseillent le Conseil économique et social des Nations Unies sur les Administrations publiques.
Du 3 au 5 novembre 2023, Mimi a été parmi les panélistes de la 16ème édition de la World Policy Conférence qui se tenait à Abou Dabi. Avec les Grands du monde, Mimi parlait de l’ordre économique mondial. Sans oublier qu’en avril 2022, elle a été élevée au grade de Commandeur dans l’Ordre national du Lion par l’Etat du Sénégal.
Si on n’est pas un jaloux ou amnésique, on reconnaîtra que Mme Aminata Touré est, de par son parcours et son expérience administrative, internationale et étatique, la femme qu’il nous faut en 2024 pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit mais également pour faire du Sénégal un pays économiquement industrialisé.
Bassirou Dieng est coordonnateur de Mimi2024 du département de Pikine et délégué adjoint au parrainage de Mimi2024 de la région de Dakar
Eradiquer l’émigration irrégulière - Depuis plusieurs années, y compris la période de la pandémie de Covid19 imposant un «confinement mondial», des jeunes sénégalais bravent en masse océan et désert, au péril de leurs vies, pour rejoindre l'Europe
Le discours des candidats, l’ampleur du phénomène et la multiplication des zones de départ attestent que la lutte contre l’émigration irrégulière nécessite un effort accru de la part de l’Etat du Sénégal et ses partenaires et autres acteurs impliqués dans la traque de ce fléau. Les nombreux morts dans l’océan, dans le désert ou encore les rapatriements fréquents ne semblent pas faire frémir les candidats au départ, pour un ailleurs meilleur.
Depuis plusieurs années, y compris la période de la pandémie de Covid19 imposant un «confinement mondial», des jeunes sénégalais bravent en masse océan et désert, au péril de leurs vies, pour rejoindre les côtes européennes. Alors que les plaies béantes laissées dans les familles par le drame humain de «Barça wala Barsakh» de 2005-2006 peinent encore à se cicatriser, l’année 2023 semble bien partie pour battre tous les records, en termes de départs par pirogues, de nombre de voyageurs dans une même embarcation, de disparus et même… de morts identifiés et non identifiés. Malgré tout, rien ne semble pouvoir réussir à arrêter les velléités et les départs. En attestent les dernières vagues de départs de migrants irréguliers en partance pour l’Espagne, qui montrent que le Sénégalais n’est pas encore prêt à faire de ce voyage risqué un vieux souvenir.
Même si le phénomène a depuis longtemps existé, avec surtout à l’époque les bateaux de pêche, l’émigration irrégulière telle que connue actuellement avec l’usage de pirogues et autres embarcations de pêche artisanale et même via le désert jusqu’au Maroc (d’où les candidats embarquaient pour les côtes espagnoles) a pris ses marques dans la société sénégalaise vers 2005-2006, années durant lesquelles elle a pris une proportion inquiétante voire dramatique. Les morts se comptaient par centaines, par milliers...
Des Sénégalais en souffrance dans des pays de transit (Maroc, Tunisie, Libye, Niger) sont rapatriés en permanence, sans que cela ne soit un motif d’abandon pour les candidats. L’océan Atlantique est devenu le «cimetière» de beaucoup de jeunes aux rêves brisés. Malgré tout, ils sont encore nombreux à prendre le risque de partir, à tous prix. Pis, autrefois, la migration était l’apanage de jeunes hommes ; maintenant, femmes et filles s’y adonnent, embarquant avec elles parfois leurs enfants de bas âges. Des classes sont désertées par des écoliers de jeune âge, pour le «rêve» de l’El Dorado. Les images des pirogues bondées de personnes sur les réseaux laissent apparaitre des voyageurs sans aucune crainte. L’Espagne est comme une porte d’à côté. Beaucoup de parents disaient alors ignorer le départ de leurs progénitures ; une donne qui a changé car, les médias donnent la parole à des parents qui reconnaissent avoir soutenu le départ des candidats. Les mésaventures ne découragent pas les jeunes. Ils sont prêts à partir, à chaque fois que l’occasion se présente.
La multiplication des zones de départ, en dépit des contrôles, témoigne de l’ampleur du phénomène. Kayar, Mbour, Saint-Louis, Gandiol et Barngy, Cap Skiring, Kafountine, etc., les pirogues fusent de partout. A signaler que le Sénégal a élaboré une Stratégie nationale de lutte contre la migration à l’horizon 2033. Décliné en cinq (5) axes, ce nouveau plan doit être financé par le budget national et des partenaires extérieurs. La Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière (SNLMI) prévoit des mesures concernant la prévention, la gestion des frontières, des mesures de répression (contre les convoyeurs), des mesures d'aide, d'assistance et de protection, le retour et la réinsertion des migrants.
Texte Collectif
TRIBUNE DES OSC POUR L’ADOPTION DE LA LOI D’ACCES A L’INFORMATION AU SENEGAL
À l’ère du numérique, de la lutte contre la désinformation et les coupures d’internet dans la plupart des États africains, l’accès à l’information devient un impératif de gouvernance.
Au niveau de l’Union africaine dont la CADHP a adopté une loi type pour l’Afrique sur l’accès à l’information, vingt-sept (27) Etats disposent d’une loi d’accès à l’information. La région de l’Afrique de l’Ouest est en avance avec une dizaine de pays ayant déjà adopté une telle loi. Seuls quatre (4) pays de la sous-région dont le Sénégal n’en disposent pas encore à ce jour.
À l’ère du numérique, de la lutte contre la désinformation et les coupures d’internet dans la plupart des États africains, l’accès à l’information devient un impératif de gouvernance. Ce droit fondamental est au centre des préoccupations du citoyen qui veut accéder aux données de gouvernance dans un gouvernement inclusif pour une gestion transparente. C’est d’ailleurs en ce sens que la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a adopté en 2016 une résolution sur le droit à la liberté d’information et d’expression pour l’internet en Afrique, face à « une pratique émergente des États d’interrompre ou de limiter l’accès aux services de télécommunication tels qu’internet, les médias sociaux…”
Au Sénégal, le processus d’élaboration du projet de loi d’accès à l’information traîne depuis plus de 15 ans; et ce malgré l’inscription de « l’adoption d’une loi d’accès à l’information et de ses textes subséquents » en tant que premier engagement de l’État du Sénégal dans le Plan d’Action National-PGO 2021-2023. En plus du retard à déplorer, ce processus se caractérise par de profondes incertitudes et un manque d’inclusion notable.
UN PROCESSUS EN ETERNEL RECOMMENCEMENT
Depuis plus de 15 ans des organisations de la société civile notamment ARTICLE 19 et le Forum Civil font le plaidoyer pour l’adoption d’une loi d’accès à l’information au Sénégal, garantissant un accès effectif à l’information administrative.
Durant les années 2015- 2017, le Ministère chargé de l’intégration africaine et de la promotion de la bonne gouvernance, appuyé par certaines organisations de la société civile, a travaillé d’arrache-pied pour élaborer un projet de loi sur l’accès à l’information. Cependant, la dernière mouture sur laquelle les acteurs s’étaient accordés a profondément changé une fois dans le circuit administratif, ce qui a valu des vives réactions de la société civile impliquée dans le Comité mis sur pied à cet effet. Ce plaidoyer sur le droit à l’information s’est appuyé au plan international sur les conventions internationales et africaines qui considèrent l’information comme un moyen permettant de garantir la participation citoyenne, la transparence et de lutter contre la corruption notamment. Il en est ainsi de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), de la Convention des Nations Unies contre la Corruption avec son article 10 intitulé « Information du public », de la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples, de la Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption en son article 9 intitulé « accès à l’information », du Protocole de la CEDEAO sur la Lutte contre la corruption, de la Directive de l’UEMOA n°01/2009/CM UEMOA, portant Code de transparence, faisant référence aux questions budgétaires et financières entre autres.
Au plan national, l’article 8 de la Constitution du Sénégal reconnaît et consacre le droit à l’information plurielle. La loi n° 2006-19 du 30 juin 2006 relative aux archives et aux documents administratifs constitue le texte de base pour l’accès à l’information au Sénégal. Mais il faut dire que cette loi présente des manquements criards quant à l’organisation et l’aménagement du droit d’accès à l’information. Malgré cet arsenal, l’effectivité de l’accès à l’information ne pourrait se faire que par l’existence d’une loi spécifique qui protégerait les agents administratifs, les journalistes mais également donnerait aux chercheurs et aux populations la possibilité de demander aux administrations et toute entité en charge d’un service public les informations dont elles disposent. Les multiples initiatives des OSC pour proposer une mouture qui respecterait les standards internationaux et co-écrite avec l’administration n’ont jamais prospéré et ont disparu ou profondément changé une fois introduit dans le circuit administratif. Ainsi, au cours de quinze (15) années, différents projets co-rédigés sont devenus lettres mortes pour l’Etat du Sénégal.
UN PROCESSUS NON INCLUSIF
Il faut reconnaître que la bonne volonté des différents acteurs de la société civile de proposer et de prétendre disposer un projet de loi qui prendrait en compte les droits fondamentaux des populations et les standards a minima fixés par la loi type pour l’Afrique sur l’accès à l’information n’a jamais été matérialisée. Au contraire, elle a toujours été dépeinte comme une volonté de fragiliser la stabilité des administrations en les mettant en danger. Cela semble attester du réflexe ancien aux antipodes de la démocratie de vouloir administrer dans la cachotterie ou le secret ; qui est, semble-t-il, une véritable culture administrative. A titre d’exemple, en 2017, le processus ayant facilité une mouture commune du projet de loi et modifiée ensuite unilatéralement par l’Administration a valu une correspondance d’Article 19 adressée au Ministre d’alors, pour protester contre les dispositions problématiques inscrites dans le projet. Suite au plaidoyer continu de la société civile confortée par les consultations nationales dans 13 régions du Sénégal ayant permis d’inscrire l’adoption de la loi d’accès à l’information dans le PAN-PGO 2021-2023, le projet a été relancé par l’Administration cette année. La dernière mouture du projet de texte portant loi d’accès à l’information a été envoyée aux OSCs membres du Comité national PGO et introduite dans le circuit bien avant que le délai pour leurs observations ne soit écoulé. Ainsi, les nombreuses observations de la société civile n’ont jamais été prises en compte dans ce nouveau processus. Cela illustre le peu d’intérêt de l’Administration pour l’inclusion et la participation de la société civile. A cela s’ajoute l’atelier organisé par la Direction de la Promotion de la Bonne Gouvernance (DPBG) en Mai 2023 à Saly pour discuter du projet de loi sans partager avec les différents acteurs présents à cet atelier les évolutions du texte ; ce qui atteste du caractère non inclusif voulu et une volonté d’agir dans le secret.
UN PROJET DE LOI NON CONFORME AUX STANDARDS INTERNATIONAUX
L’actuelle mouture du projet de loi sur l’accès à l’information au Sénégal qui a reçu, sous réserve de certaines observations, l’avis favorable de l’assemblée générale consultative de la Cour suprême tenue le 30 Mai 2023, ne correspond, ni aux standards internationaux, ni aux principes et directives de l’UA sur l’accès à l’information. D’une part, le projet de loi prévoit une Commission nationale d'accès à l'information (CNAI) dont la composition ne garantit nullement son indépendance. Nos observations suggèrent que cette commission devrait être composée d’experts indépendants et ne soit pas attachée dans son fonctionnement à une institution relevant de l’Exécutif mais puisse disposer de l’autonomie et rende directement compte au public.
Dans une tout autre perspective, le projet de texte demeure problématique du fait de la formulation extrêmement vague des exceptions, c’est-à-dire des informations non communicables. Ces nombreuses exceptions s’opposent au principe de la divulgation maximale consacré par la Déclaration de principes sur la liberté d'expression et l'accès à l'information en Afrique de 2019. Admettant que certaines informations sensibles puissent nécessiter une protection, la limitation du droit d’accès à l’information doit être nécessaire et proportionnelle.
LE SECRET AUTOUR DU PROJET DE LOI N’AUGURE PAS DE BONNES NOUVELLES
Le secret gardé autour du projet qui devrait servir à garantir un droit constitutionnel, et le manque de consultation des différents acteurs, constituent une mauvaise publicité de ce projet qui, en l’état, ne reçoit pas l’adhésion des acteurs de l’information et de la société civile. Au moment où, le Sénégal membre du PGO risque la suspension par une note de 63% encore bien en deçà du seuil minimum requis de 75%, il est temps de mettre fin à ce processus interminable, par l’élaboration d’un projet loi impliquant les acteurs de la société civile et conforme aux standards internationaux. L’adoption d’une loi d’accès à l’information reste une obligation consentie par l’État du Sénégal, suite à son adhésion volontaire au Partenariat pour un gouvernement ouvert et matérialiser une disposition pertinente de sa constitution qui consacre ce droit fondamental. De surcroît, la réalisation de l’objectif 16.10.2 des ODD l’y appelle. Le Président Macky Sall qui arrive en fin mandat devrait œuvrer avec son Gouvernement pour léguer à la postérité cet héritage dans le cadre d’un Gouvernement ouvert pour consolider la démocratie, la transparence, la participation citoyenne, la lutte contre la corruption et la redevabilité dans la conduite de l’action publique.
ORGANISATIONS SIGNATAIRES
-Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest
- FORUM CIVIL
-Action pour la Justice Environnementale AJE
-CONGAD
- Organisation JONCTION
- LEGS-Africa
- ONG 3D
- Plateforme des Acteurs non Étatiques du Sénégal (PFAnE)
- Afrikajom Center
- Ligue Sénégalaise des droits de l’homme (LSDH)
-Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO)
Par Fadel DIA
IMMIGRÉS ? VOUS AVEZ DIT IMMIGRÉS ?
Les immigrés européens avaient d’autres méthodes que ceux qui arrivent aujourd’hui par la Méditerranée. Ces derniers débarquent sans armes et sans bibles, sans aucune intention d’exterminer les autochtones, d’exploiter leur pétrole
Le désespoir qui pousse des africains, souvent jeunes, à prendre le risque de traverser le Sahara ou à se serrer dans des embarcations de fortune pour aller vers des terres où ils sont jugés indésirables est une tragédie qui, à défaut de soulever la compassion des Européens, aurait dû, pour le moins, leur rappeler quelques pages peu glorieuses de leur histoire.
Car enfin, pour ne nous en tenir qu’à l’époque moderne, qu’ont-ils fait, pendant des siècles, depuis ce jour, le 12 octobre 1492, où l’un d’entre eux, Christophe Colomb, a posé le pied sur une ile située à des milliers de kilomètres de son pays et qu’il croyait faire partie de l’archipel japonais, sinon tenter de chercher un meilleur avenir sur d’autres terres, c’est-à-dire émigrer ?
La mobilité en général et l’émigration en particulier, font partie des gènes de leur personnalité et ce sont eux qui ont inventé ce « Grand Remplacement » qui est la hantise de certains d’entre eux. Dans les Amériques, en Océanie et même en Afrique, et peu après une phase des pillages et d’exploitation des ressources, ils se sont livrés à un véritable déménagement humain, lequel est à l’origine de la création de « nations européennes » jusqu’aux antipodes, bâties sur les décombres de peuples autochtones. L’opération se poursuit d’ailleurs sous nos yeux mais, contrairement à ce que pense Eric Zemmour, elle se passe à 17000 km de la France, en Nouvelle Calédonie, où des « immigrés » cherchent à imposer leur culture et leur langue à la population autochtone qui ne représente plus que 40% des habitants. A ma connaissance il n’y a pas eu de référendum pour savoir si les Kanaks voulaient autoriser les Français à s’installer chez eux, pas plus qu’il n’y en a eu, quelques siècles plus tôt, auprès des Aborigènes d’Australie pour légitimer l’installation de bagnards à Botany Bay ou de colons anglais dans ce qui sera rebaptisée Nouvelle Galle du Sud ! Mais Zemmour est trop outrecuidant pour reconnaitre ces faits historiques ou admettre que les immigrés européens avaient d’autres méthodes et d’autres objectifs que ceux qui arrivent aujourd’hui par la Méditerranée et qui débarquent sans armes et sans bibles, sans aucune intention d’exterminer ou de repousser les autochtones vers les terres les plus hostiles, de s’emparer de leurs mines, d’exploiter leur pétrole, d’emporter leurs monuments ou leurs œuvres d’art pour décorer leurs places et leurs maisons !
On peut pardonner à Zemmour son ignorance, mais on ne peut pas comprendre que Giorgia Meloni, Première Ministre d’un grand pays, si prompte à stigmatiser les immigrés africains, ait oublié que 3 millions d’Italiens ont débarqué aux Etats-Unis entre 1900 et 1914, ou que plus de la moitié de la population de l’Argentine et 15 % de celle du Brésil sont d’ascendance italienne! Dans la tragédie de l’émigration, qui a atteint cette année son paroxysme au Sénégal, les Européens ne voient que les arrivants, ils ne voient pas les partants. Ceux qui partent de chez nous sont pourtant des êtres de chair et de sang, des hommes, des femmes certaines enceintes ou accompagnées d’enfants, tous désireux d’échapper à la misère et aux guerres, aux intolérances en tous genres et à la confiscation des libertés auxquelles s’ajoute l’insoutenable inégalité des échanges entre le Nord et le Sud. Tous imaginent qu’ils ne peuvent pas manquer de trouver du travail dans une communauté de pays qui est la deuxième plus riche du monde, avec 16,5 du PIB de l’ensemble du globe. Tous ont cru aux discours de ses dirigeants qui se sont attribués le monopole de la défense du respect des droits humain, mais tous ignorent, parce qu’ils ne savent pas lire ou que la presse de leurs pays n’en parle pas, que ceux-ci passent le plus clair de leur temps à ériger des murs et des barrières légales pour leur fermer l’accès à leurs territoires (30 lois sur l’immigration en France en 40 ans !),ou que certains parmi eux prônent la nonassistance aux embarcations en perdition dans la Méditerranée (laquelle a déjà englouti dans ses eaux 24.000 victimes en dix ans ! ), ou qu’ on condamné des gens chez eux pour « délit de solidarité » ! Paradoxe, à moins que ce ne soit cela qu’on appelle le zèle du nouveau converti, quelques-uns des plus virulents pourfendeurs de l’immigration sont eux-mêmes issus de l’immigration, comme l’attestent souvent leurs noms, tels les actuels ou anciens ministres de l’Intérieur Suella Fernandes, « Moussa » Darmanin, Manuel Vals ou Sarkozy de Nagy Bocsa, ou encore Eric Ciotti, qui pour cacher son origine italienne prêchait pour qu’on fasse « repartir » daredare les 11.000 rescapés de Lampedusa au lieu de les « répartir » entre les pays européens !
Les africains candidats à l’émigration croient que les Européens, qui ont si souvent frappé aux portes des autres, ne peuvent pas être réfractaires à l’hospitalité. Surtout lorsqu’ il s’agit d’eux, parce que, pensent-ils, les Européens ont des dettes à leur endroit, parce que leurs pères et grands-pères ont participé à la défense de leurs pays, parce qu’ils avaient répondu à leur appel, pendant les « Trente Glorieuses » en venant occuper les emplois dont ne voulaient pas leurs citoyens ! Parce qu’enfin certains d’entre eux viennent de contrées déstabilisées par l’interventionnisme intempestif des puissances occidentales et qu’ils sont donc éligibles au droit d’asile, au même titre que les 5 millions d’Ukrainiens accueillis à bras ouverts en deux ans.
Mais il n’y a pas que de l’amnésie dans les propos des dirigeants européens, il y a aussi de la mauvaise foi, du populisme à outrance, une récupération politique honteuse de la misère humaine, lorsque ,tous partis confondus, ils font de l’immigration le principal thème de leurs campagnes électorales, avant la qualité de la vie et la préservation des acquis sociaux, lorsqu’ils la comparent à un nouveau Péril Jaune, avec à la place de troupes sino-japonaises, des « cohortes étrangères (qui menacent) de faire la loi dans (leurs) foyers …et de devenir les maitres de (leurs) destinées » (1),lorsqu’ils laissent prospérer des discours souvent racistes qui parasitent les médias, s’accompagnent de dérapages verbaux, charrient des fantasmes et des contrevérités, ignorant superbement que la principale terre d’accueil des Africains en détresse c’est l’Afrique elle-même (450.000 Soudanais entrés au Tchad en six mois).
Mais ce n’est pas seulement sur l’immigration que la mémoire des Européens flanche. Voilà que leurs dirigeants, si prompts à boycotter les voix discordantes, acceptent en leur sein, sans état d’âme, la présence du Premier Ministre hongrois Viktor Orban qui clame urbi et orbi qu’il va proscrire dans son pays « tout mélange avec des non Européens » et y rétablir une « race hongroise non mixte ! »
Vous avez dit « race pure » ? Cela avait commencé ainsi, il y a moins d’un siècle, et cela s’était achevé par plus de 60 millions de morts, majoritairement européens, dont plus de la moitié étaient des civils…
(1) extrait des paroles de… La Marseillaise ! Karim Benzema avait été traité de « français de papier » pour avoir dénoncé le ton guerrier de l’hymne de la France. On n’a jamais fini d’être enfant d’immigré en France quand on est arabe ou noir !