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27 février 2025
ALY NGOUILLE NDIAYE DÉNONCE DES ÉVICTIONS POLITIQUES D'AGENTS TERRITORIAUX
L'ancien ministre, candidat à la présidentielle, dénonce avec véhémence des évictions politiques dans l'administration territoriale du Djoloff, qu'il impute à des manœuvres du régime de Macky Sall cherchant à affaiblir sa base électorale
Brice Folarinwa de SenePlus |
Publication 10/11/2023
L'ancien ministre de Macky Sall, Aly Ngouille Ndiaye, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2024, a dénoncé ce jeudi 9 novembre des "évictions politiques" d'agents territoriaux par l'administration.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Aly Ngouille Ndiaye exprime sa "surprise" après avoir pris connaissance du dernier Conseil des ministres où "des agents de l'administration territoriale en l'occurrence des Préfets et Sous-Préfets, à qui on pourrait reprocher une prétendue parenté avec moi ont été éjectés de leurs postes".
Or, précise-t-il, "je les ai tous trouvés dans l'administration territoriale lorsque je suis arrivé au ministère de l'Intérieur en 2017". Et ces agents "ont comme points communs d'être des originaires du Djolof, et ont capitalisé entre dix et vingt ans de service au sein du commandement territorial, ponctué d'une brillante carrière".
Pour Aly Ngouille Ndiaye, cette décision "regrettable" prise à leur encontre ne fait que "démontrer davantage le caractère politique et partisan de ces évictions". Selon le maire de Linguère, "il s'agit simplement d'une manœuvre politicienne visant à m'affaiblir dans mon fief".
Aly Ngouille Ndiaye, qui avait démissionné en septembre dernier de ses fonctions gouvernementales en guise de protestation contre le choix du Premier ministre Amadou Ba comme candidat du camp présidentiel, entend ainsi dénoncer ces "manœuvres politiciennes" en amont de la présidentielle.
RECRUDESCENCE DE L’ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE, LA RÉACTION DE KHALIFA SALL
Sur les pages de ses réseaux sociaux, le leader de Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, a, une fois encore, reconnu la responsabilité des uns et des autres, face à l’émigration irrégulière.
Sur les pages de ses réseaux sociaux, le leader de Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, a, une fois encore, reconnu la responsabilité des uns et des autres, face à l’émigration irrégulière.
‘’La recrudescence de l'émigration clandestine par voie maritime, ces dernières semaines, est source de profonde inquiétude. Il est essentiel de reconnaître notre responsabilité collective, celle de l'État en particulier. Il est difficile de trouver le qualificatif adéquat, pour exprimer ce que je ressens, face aux images qui montrent de jeunes Sénégalais qui empruntent des embarcations de fortune, bravant les fureurs océanes, dans l’espoir d'un meilleur avenir’’, a-t-il écrit.
Pour lui, ‘’il nous faut penser une société plus ouverte qui avantage l’accès aux emplois décents. Et des solutions existent. Le Sénégal regorge de potentialités. Le développement du secteur primaire, pris dans son ensemble (agriculture, pêche, mines…) peut constituer une réponse adéquate apportée au chômage des jeunes’’.
Il pense qu'une ‘’agriculture étalée dans le temps et accompagnée d’une bonne commercialisation des produits permettra, assurément, d’atténuer l’exode. L’autre levier sur lequel nous devons agir est l’éducation. Nombre de diplômés du public et du privé peinent à trouver un simple stage dans les entreprises. Il faut procéder à des réformes hardies du secteur de l’éducation et de la formation technique et professionnelle’’.
Mais, fait-il savoir, ‘’il est par-dessus tout essentiel de promouvoir un environnement propice au développement d’activités liées aux technologies de l’information et de la communication (Tic). L’évolution du numérique a déjà apporté un grand nombre d’indicateurs sur les nouvelles orientations à prendre. Entendons les jeunes. Répondons à leurs appels, car c’est à l’aune du profil de sa population que l’on mesure le dynamisme et les capacités d’un pays à affronter l’avenir. Chère jeunesse, je le répète : naître, grandir et réussir chez soi est possible’’.
MATCH À HUIS CLOS, LA RÉPONSE FERME DE CISSÉ À LA FIFA
Le sélectionneur des Lions est monté au créneau suite à la sanction que la FIFA a infligée au Sénégal, pour le match (huis clos) contre le Soudan du Sud, comptant pour la première journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
iGFM (Dakar) Le sélectionneur des Lions, Aliou Cissé, est monté au créneau suite à la sanction que la FIFA a infligée au Sénégal, pour le match (huis clos) contre le Soudan du Sud, comptant pour la première journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Le technicien sénégalais n'a pas mâché ses mots en conférence de presse.
"C’est difficile. On n’arrive pas à digérer ce huis clos. Je crois que le Sénégal a toujours été en exemple en termes d’éducation et de fair-play. On avait gagné le titre de meilleure équipe fair-play et de meilleurs supporters lors de la Coupe du Monde de 2018. On a montré à la CAN 2022 à quel point nos supporters sont disciplinés et collés à leur équipe nationale. On ne peut qu’être malheureux de cette situation. On est chez nous et on a besoin de nos supporters à côté de nous. Je trouve inadmissible de priver nos supporters de venir voir leur équipe nationale.
"On n’est pas d’accord de cette sanction"
"Ce n’est pas normal. J’espère que ce sera la dernière fois. On est un exemple sur le terrain et sur le Continent africain, et il est important de parler de la discipline qui est dans notre équipe, notre discipline en tant que Sénégalais. Devoir se passer de nos supporters pour un match aussi important, ça ne nous va pas, ça nous rend triste. Mais ils peuvent savoir qu’on jouera pour eux. Loin des yeux, près du cœur. On ne nous a jamais reproché quoi que ce soit. On n’est pas d’accord de cette sanction."
"Nos supporters n’ont pas fait ce que les autres supporters ne font pas"
"Nos supporters n’ont pas fait ce que les autres supporters ne font pas. Il ne faut pas oublier qu’avant le match retour contre l’Egypte, il y a eu quelque chose qui s’est passé au match aller, en Egypte. Je ne cautionne rien du tout, mais la suspension et lourde par rapport à ce qui s’est passé. Je n’ai pas vu un joueur qui était un danger sur le terrain. Donc je ne vois pas pourquoi on nous sanctionne pour ce match", a-t-il réagi lors de la publication de la liste des Lions, pour les deux premières journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Pour rappel, c'est en application de la décision de la commission de discipline de la FIFA rendue le 27 avril 2022 après les incidents survenus au stade Abdoulaye WADE lors du match de barrage Sénégal-Égypte du 29 mars 2022, que le match Sénégal-Soudan du Sud comptant pour la première journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 se jouera à huis-clos, le 18 novembre 2023.
La présidente du mouvement Alternative pour une Relève Citoyenne (Arc) a dénoncé «une potentielle dérive autoritaire» avec les nominations à la Commission électorale nationale autonome (Cena).
Anta Babacar Ngom se déploie dans la banlieue de Dakar. La candidate déclarée à la Présidentielle était, ce jeudi, à Pikine, qu’elle considère comme son fief. Native de ce département, elle y a inauguré la permanence de son mouvement Alternative pour une Relève Citoyenne (Arc), après celle de Mbacké il y a quelques jours. Dans sa déclaration, elle ambitionne «d’implanter ces permanences sur tout le territoire pour être au plus près des besoins de la société». Anta Babacar Ngom a, par ailleurs, dénoncé «une potentielle dérive autoritaire» avec les nominations à la Commission électorale nationale autonome (Cena). «Un coup de balai visant l’ensemble des membres de la Cena, alors même que l’organe est censé garantir en toute autonomie la transparence et la régularité des élections», a fulminé la président de l’Arc.
LE SÉNÉGAL LAURÉAT DU PRIX « COUNTRY ACHIEVING AWARD »
Le Sénégal a été honoré, jeudi 09 novembre 2023, du prix « Country Achieving Award ». Ce prix lui a été décerné par le Conseil des ministres africains en charge de l’Eau (AMCOW).
Le Sénégal a été honoré, jeudi 09 novembre 2023, du prix « Country Achieving Award ». Ce prix lui a été décerné par le Conseil des ministres africains en charge de l’Eau (AMCOW), lors de la septième Conférence africaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AFRICASAN 7), qui se tient du 04 au 11 novembre à Swakopmund, en République de Namibie, note un communiqué parvenu à Emedia.
« Cette distinction fait suite à la publication du Rapport africain sur l’état de la mise en œuvre de la « Déclaration de Ngor sur l’assainissement et l’hygiène », qui classe le Sénégal à la première place en Afrique de l’ouest et dans le peloton de tête continental », explique la même source.
Pour rappel AfricaSan est la plus grande rencontre intergouvernementale panafricaine regroupant les pays, les partenaires internationaux et les parties prenantes de l’assainissement en Afrique.
JE SUIS LA PREMIÈRE PERSONNE À DÉFENDRE SONKO
Aïda Mbodj, présidente de l’Alliance nationale And Saxal liggeey, est plus que jamais déterminée à défendre et à soutenir Ousmane Sonko.
Aïda Mbodj, Présidente de l’Alliance nationale And Saxal liggeey, est plus que jamais déterminée à défendre et à soutenir Ousmane Sonko. Invitée du groupe Emedia dans son rendez-vous hebdomadaire dédié aux candidats déclarés pour la prochaine élection présidentielle, elle rappelle : « quand je défendais Sonko en 2021, il n’y avait que Moustapha Guirassy. C’est par la suite que les autres sont venus. Nous soutenons tous Sonko au niveau de Yewwi, la candidature de Sonko. Pour cette dernière conférence de presse pour parler de l’affaire Sonko, j’avoue que je n’étais pas au courant ».
Par ailleurs, une nouvelle coalition dénommée « Fit » a vu le jour. Aïda Mbodj confirme et renseigne même qu’elle est portée par une opposition dite « radicale » et est composée essentiellement de candidats à l’élection présidentielle de 2024. « On va se réunir ce week-end. Bientôt, les sénégalais sauront quels sont les objectifs de cette nouvelle coalition », a-t-elle précisé. À la question de savoir est-ce que Yewwi marche toujours ? Elle a répondu par l’affirmative avant de dire que : « tous les moyens sont bons pour nous faire entendre ».
SOIXANTE-DIX POUR CENT DES AMPUTATIONS CAUSÉES PAR LE DIABÈTE
Pr Maimouna Ndour Mbaye, a révélé que 70% des amputations non traumatiques recensées au Sénégal sont liées au diabète, citant une étude réalisée dans les structures chirurgicales.
Dakar, 10 nov (APS) – La présidente de la commission des journées scientifiques de l’hôpital Abass Ndao, Pr Maimouna Ndour Mbaye, a révélé que 70% des amputations non traumatiques recensées au Sénégal sont liées au diabète, citant une étude réalisée dans les structures chirurgicales.
»Une étude a été faite dans les structures chirurgicales du pays avec des résultats montrant que 70% des amputations réalisées ont pour cause le diabète », a-t-elle dit en animant une conférence de presse, jeudi, en prélude des journées médicales du centre hospitalier Abass Ndao dont le thème porte sur »le diabète sucré ».
Elle a précisé que trois quarts des opérations sont des amputations »majeures » qui touchent les jambes à l’opposé des amputations »mineures » qui affectent seulement des orteils ».
Selon elle, »le diabète est en train de prendre le pas sur toutes les autres pathologies. Ce qui ne devait pas être le cas. Tout le monde se sent concerné au premier plan ».
Citant les statistiques des amputations au niveau du centre Marc Sankalé, elle a affirmé que »les diabétiques ont 25 fois plus de risques d’être amputés que les non diabétiques ».
»Le diabète sucré, c’est quand les urines des patients sont sucrées, car les reins essaient d’éliminer le sucre dans le sang en le faisant passer dans les urines. Quand on parle du diabète tout court, il s’agit du diabète sucré qui est de loin le plus répandu », a-t-elle expliqué.
Il y a un autre type de diabète qui lui n’est pas sucré et dénommé »insipide ». Très rare, il n’a rien à voir avec le diabète dû à un excès de sucre dans le sang, déclare-t-elle.
Le docteur Ibrahima Sow, président de la commission médicale d’établissement, a informé qu’au moins une amputation d’orteil est réalisée par jour au centre Marc Sankalé.
»Il arrive que l’on fasse deux amputations par jour.(…) Ces plaies diabétiques sont en train de prendre le dessus sur notre activité chirurgicale », a relevé le médecin.
Selon le Dr Sow, »la moitié des services sont occupés par les pieds diabétiques ». Il a plaidé pour une « prise en charge décentralisée de ces cas dans les autres établissements de santé ».
A ce rythme, prévient-il, le centre Marc Sankalé ne recevra que « »des pieds diabétiques et l’activité chirurgicale viscérale va disparaître ».
Les amputations sont » invalidantes » et font peur aux malades qui ne veulent plus venir à l’hôpital pour se soigner, a t-il fait observer, rappelant qu »’il y a des mesures après les amputations avec l’utilisation des prothèses, des appareillages orthopédiques ».
Pour le docteur Seynabou Lô, membre de la commission d’organisation des journées, la capacité d’accueil est largement atteinte à l’hôpital Abass Ndao. »Nous recevons de plus en plus de patients, les services de diabétologie et de chirurgie sont pleins (…) avec la fermeture de l’hôpital Le Dantec », a-t -elle dit.
Le centre qui reçoit aujourd’hui les malades de Le Dantec pour la chirurgie, n’a plus la capacité d’absorber tous ces malades du diabète, a averti le médecin.
LE SÉNÉGAL VISE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE À L’HORIZON 2028
Les autorités sénégalaises, avec le soutien de partenaires techniques et financiers, veulent atteindre la souveraineté alimentaire à l’horizon 2028, a indiqué le Directeur de l’agriculture, Mactar Ndiaye.
Kaolack, 10 nov (APS) – Les autorités sénégalaises, avec le soutien de partenaires techniques et financiers, veulent atteindre la souveraineté alimentaire à l’horizon 2028, a indiqué le Directeur de l’agriculture, Mactar Ndiaye.
»Le Sénégal s’est résolument engagé pour l’atteinte de cet objectif avec l’adoption, en 2023, d’une stratégie nationale dont le coût de la mise en œuvre est estimée à 5000 milliards de francs CFA », a souligné le directeur de l’agriculture.
Il a rappelé que »l’élaboration de cette stratégie nationale de souveraineté alimentaire fait suite à une demande de l’autorité (…) de mettre en place une stratégie qui se veut pragmatique, consensuelle et durable, suite à la Covid-19 et à la guerre russo-ukrainienne’’.
Il s’exprimait à Kaolack (centre) au cours d’un atelier de concertations avec les institutions, les partenaires du Fonds international de développement agricole (FIDA) et le gouvernement du Sénégal sur un nouveau projet en soutien à la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, qui a pris fin jeudi.
Selon lui, »le but de cette stratégie, c’est d’atteindre notre souveraineté alimentaire à l’horizon 2024-2028 pour les produits retenus notamment les céréales, le riz, le maïs, le blé et les autres céréales traditionnelles à savoir le mil-sorgho et le fonio ainsi que les cultures de rente comme l’arachide et celles de diversification, le niébé et le sésame et les produits horticoles que sont la banane, la pomme de terre, les produits issus de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, etc.’’.
AGRICULTURE, MOINS DE 10% DES FEMMES ONT ACCÈS AUX RESSOURCES PRODUCTIVES
Yaram Fall Niang, vice-présidente du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) en charge de la pêche a déclaré que moins de 10% des femmes du secteur agricole ont accès aux ressources productives.
Kaolack, 10 nov (APS) – Yaram Fall Niang, vice-présidente du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) en charge de la pêche a déclaré que moins de 10% des femmes du secteur agricole ont accès aux ressources productives, citant ainsi une étude de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR).
»Selon une étude menée par l’IPAR, notre partenaire stratégique, sur l’accès aux ressources productives notamment la terre, la formation, la maitrise de l’eau, au financement, au renforcement de capacités, etc, il en résulte que moins de 10% des femmes dans le secteur agricole ont accès ces ressources’’, a-t-elle relevé.
Mme Niang rapporte également que 67% de la main-d’œuvre agricole est constituée de femmes, ce qui révèle, d’après elle, une inégalité.
Elle s’exprimait dans un entretien avec l’APS au terme d’un atelier de concertations sur la nouvelle stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal, qui a pris fin jeudi à Kaolack (centre).
»Nous allons attendre les résultats issus de ces concertations sur la stratégie de souveraineté alimentaire pour voir su réellement il y a une implication massive de qualité des femmes pour voir quelle est notre place dans ce projet. Parce qu’on ne peut pas parler de sécurité ou de souveraineté alimentaire et donner une place inférieure à la femme qui s’occupe de l’alimentation au sein de l’exploitation familiale’’, a-t-il souligné.
La présidente du Collège des femmes du CNCR affirme que ‘’la femme est le noyau central de l’exploitation familiale’’ qui, en toutes circonstances, »se débrouille au quotidien pour faire survivre la famille’’.
»Donc, on ne peut pas oublier les femmes dans cette stratégie ou ce plaidoyer des programmes et projets comme la stratégie nationale de souveraineté alimentaire en gestation’’, a insisté Yaram Fall Niang.
La vice-présidente de la Fédération des groupements d’intérêt économique de la pêche (FENAGIE-PECHE) du Sénégal déplore également le fait que sur les 5000 milliards de francs CFA prévus pour la mise en œuvre de cette stratégie, ‘’seuls 200 milliards de francs CFA’’ soient alloués au secteur de la pêche qui, pourtant, est la ‘’première source de recettes d’exportations’’ pour le Sénégal.
AYIB DAFFÉ, DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE
Fils d'un commis de l'État devenu ministre. Parcours atypique de Mohamed Ayib Daffé, étudiant brillant évoluant désormais dans l'entourage du député Ousmane Sonko dont il est aujourd'hui l'un des plus proches collaborateurs
Député et mandataire de Sonko, Mohamed Ayib Daffé est devenu, par la force de l'enjeu politique, l'acteur principal du feuilleton électoral qui se joue entre son parti et le pouvoir. À 46 ans, l'homme, sorti de l'ombre par les débats parlementaires, puis ses va-et-vient entre son domicile, la DGE et la CENA par la question des fiches de parrainage, est en prise avec son destin. Bés bi lève le voile sur le fils de Balla Moussa Daffé.
À la Médina, sur l'avenue Malick Sy, l'imposant immeuble jouxte une impasse. À sa devanture, en cette matinée de mardi, journalistes et badauds poireautent. Aux allures d'un site hautement névralgique, l'ambiance aux alentours est rendue troublante par un impressionnant déploiement de forces de l'ordre. Cà et là dans les parages, des fourgonnettes de la police renforcent le dispositif. Au-dessus du portail, le panneau indicatif des lieux renseigne sur la présence de cette armada CENA (Commission électorale nationale autonome).
Comme annoncé la veille, le mandataire de Sonko s'est introduit dans le siège de l'organe à l'heure indiquée (10 heures). Dehors, son nom est sur toutes les lèvres. «Ayib Daffé est toujours à l'intérieur. Et depuis un bon moment, nous attendons sa sortie pour voir s'il a pu obtenir cette fois ci...», rapporte par «live» Facebook un individu, avant d'être interrompu et sommé de reculer par trois limiers.
Plus tard, Ayib Daffé, fourré dans une veste bleue marine assortie d'une chemise grise, s'extrait des locaux de la Commission, une pile de documents entre les mains. Entouré du trio Abass Fall, Cheikh Tidiane Dieye et le notaire, il avance, l'air abattu, puis s'arrête. «Suite à la décision du Tribunal d'instance de Ziguinchor, nous avions saisi la CENA qui avait fait injonction à la DGE de nous remettre des fiches de parrainage. Elle a persisté dans son refus. Nous avons demandé à la CENA de se substituer pour nous remettre nos fiches. Nous avons été reçus par Ndari Touré, le secrétaire général de la Cena, qui nous a fait savoir que le Président Doudou Ndir était absent. Et que lui ne pouvait pas, en tant que secrétaire général, qui est chargé de l'administration, répondre à notre question, qui est de savoir où est-ce que la CENA en était sur le traitement de notre requête», a-t-il dit face à une forêt de caméras.
Une éminence grise de Sonko
Né en 1977 à Sédhiou, Ayib Daffé, lunettes claires sur un visage neutre, allure pondérée, charismatique par le gabarit, est à lui seul une machine politique à la disposition de Sonko. Bien plus qu'un simple mandataire, il jouit d'une confiance insoupçonnée auprès du principal opposant au pouvoir. Lequel d'ailleurs n'a pas hésité à lui confier l'intérim du Secrétariat général de l'ex-Pastef pour combler le vide laissé par la détention de Bassirou Diomaye Faye.
Si l'acte peut se révéler symbolique aux yeux des militants et observateurs de la scène politique, il faut aussi dire qu'il est plus qu'administratif dans l'entendement des proches des deux responsables. «Avant d'être un bras droit de Sonko, Ayib est avant tout un homme de confiance de Diomaye Faye. Les deux sont très liés. D'ailleurs, c'est ce dernier même qui est à l'origine de l'intégration de Ayib dans le parti. En termes politiques, outre son intégrité, il est tellement pourvu de propositions et d'idées fertiles que Sonko avait préféré ne pas l'exposer. C'était une façon de le protéger. C'est pourquoi, sachant ce que cela implique, le fait que Sonko le choisisse comme son mandataire en dit long», raconte un de ses proches.
Le goût du savoir comme le père, Balla Moussa Daffé
Mais comme tête pensante, le député n'a pas commencé à faire parler de lui une fois dans l'entourage du leader de Pastef. Très jeune, au lycée Ibou Diallo de Sédhiou où il décrocha le Bac en 1998, Mohamed Ayib Daffé s'était déjà révélé brillant devant ses camarades. Un fils de Balla Moussa Daffé, professeur agrégé de Pharmacie, ne saurait faire autrement. C'est sans doute l'ordonnance que le père lui a remise. Mieux, en classe de Terminale, c'est au niveau national qu'il confirma ses prouesses intellectuelles.
Il n'y a pas mieux placé qu'un père pour parler de son fils. «C'était un élève studieux, toujours fourré dans les livres, assoiffé de connaissances. Et aujourd'hui, grâce à cette curiosité intellectuelle, il a même su se démarquer à l'Assemblée nationale par la pertinence de ses interventions. Même si je ne partage pas tous ses points de vue sur le plan politique», témoigne Balla Moussa Daffé au sujet du juriste et specialiste du droit de l'environement.
Habitué des intrigues politiques
Ayib Daffé n'est pas, comme nombre de pastéfiens, novice dans la matière politique. Il dégage un semblant de fougue qui caractérise la plupart des proches de Sonko. Mais c'est un initié. Il a appris les intrigues politiques dans les partis et auprès des hommes politiques. Et, peut-être même il a été inspiré par un père connu du milieu. Balla Moussa Daffé a quand même été maire de Sédhiou et ancien ministre de la Recherche scientifique !
Un responsable de Benno bokk yaakaar, qui l'a pratiqué, lui voue un «immense» respect : «Lorsque nous devons partager un plateau, je sais qu'il va brandir comme d'habitude des textes qu'il maitrise parfaitement. Et qu'il manipule aussi. Mais la politique ce n'est pas que le texte. On s'adresse à des gens qui n'écoutent pas souvent. Mais, Ayib reste un homme bon.» Bref, c'est un «politicien professionnel» au sens de la définition de Sonko qui ne pouvait faire autrement que de s'adapter au «système»).
Car Ayib a, selon les indiscrétions, fréquenté le PDS, puis des proches de Macky Sall aussi comme l'ancien DAGE de la Présidence, Abdoulaye Ndour, limogé en 2018. Et il était courtisé, dans le cadre dans la bataille de Yoff par Abdoulaye Diouf Sarr. C'est que cet homme de confiance de Sonko n'a jamais voulu s'aventurer à militer à Sédhiou, lui qui est devenu un «Boy Dakan».
C'est seulement aux dernières Législatives, que le leader des Patriotes a souhaité qu'il profite de la décadence du Pos dans le Pakao et d'une méforme de l'Apr, pour mettre Sédhiou dans l'escarcelle de Yewwi askan wi. Ce qui l'a conduit à l'Assemblée nationale puisqu'il était la tête de liste départementale.