FERMETURE DE WALF, LA COUR SUPREME ANNULE L’ARRET DU CNRA
L’affaire qui opposait la société Walfadjiri et le conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) au sujet de la décision prise par cette dernière de fermer le groupe de presse a connu son épilogue ce matin lors d’une audience publique
L’affaire qui opposait la société Walfadjiri et le conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) au sujet de la décision prise par cette dernière de fermer le groupe de presse a connu son épilogue ce matin lors d’une audience publique de la première chambre administrative de la cour suprême. Le président de la chambre administrative Abdoulaye Ndiaye a annulé l’arrêt du CNRA portant fermeture.
MOTIVATION
Attendu que les médias ont l’obligation de veiller à sauvegarder la paix et à ne pas diffuser de programmes faisant, notamment, explicitement ou implicitement l’apologie de la violence ;Attendu que Walf TV a versé, ce 10 février 2023, dans une couverture irresponsable des manifestations à Mbacké en diffusant en boucle des images de violences exposant des adolescents, accompagnées de propos dangereux y compris de la part des reporters, en violation totale de la réglementation ;
Attendu qu’aux termes de l’article 19.2 de la Convention de Walf TV : « (…) en cas de violations graves des lois, règlements, Cahiers des charges et Conventions régissant la communication audiovisuelle, constatées lors de la diffusion d’un programme, le Président de l’Organe de régulation peut, sans préjudice des sanctions ci-dessus et sans prononcer une mise en demeure ou un avertissement, prendre l’une des mesures conservatoires suivantes :l’arrêt immédiat de la diffusion de l’émission ;l’interdiction de la rediffusion de l’émission ;la suspension provisoire de l’émission (…) » ;
Attendu qu’aux termes de l’article premier de la loi portant création du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), le CNRA a pour mission essentielle : d’assurer le contrôle de l’application de la réglementation sur l’audiovisuel et de veiller au respect des dispositions de la présente loi et de celles des cahiers de charges et conventions régissant le secteur ;
Par ces motifs,
Le Conseil national de Régulation, après en avoir délibéré,DECIDE :Article 1 : En application de l’article 26 de la loi n° 2006-04 du 04 janvier 2006 portant création du CNRA et de l’article 210 de la loi n° 2017-27 du 13 juillet 2017 portant Code de la Presse, la diffusion des programmes de WALF TV est suspendue pour sept (07) jours, durant la période allant du vendredi 10 février 2023 à 18h 30mn au vendredi 17 février 2023 à 18h 30mn.Article 2 : WALF TV est tenue de respecter scrupuleusement la présente décision.Article 3 : En cas de récidive, après la reprise de la diffusion des programmes de Walf TV, la chaîne pourrait voir sa Convention résiliée définitivement.Article 4 : La Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS SA) et Canal+ Sénégal sont chargés de l’application de la présente décision qui sera notifiée au promoteur de WALF TV et publiée partout où besoin sera.
PAR Abdoul Aziz Diop
À GAZA, 2006 EXPLIQUE 2023
On ne s’y prendrait pas autrement en choisissant Gaza comme le meilleur laboratoire pour montrer que démocratie -victoire par les urnes - et paix - acceptation du verdict - ne font qu’une et même chose
Ariel Sharon présentait Yasser Arafat comme l’obstacle principal à la paix. Depuis la mort d’Arafat, le 11 novembre 2004 à Clamart (France), Israël poursuit la colonisation. De retour d’une visite en Israël et dans les territoires palestiniens occupés par l’Etat hébreux, l’ancien Premier ministre français, le socialiste Laurent Fabius - aujourd’hui président du Conseil constitutionnel français - répond, le dimanche 29 janvier 2006, au cours de l’émission Le grand rendez-vous, aux questions de TV5 Monde. Son commentaire sans détour sur la pauvreté à Gaza et en Cisjordanie et sur l’état désastreux des services publics était on ne peut plus révélateur d’une forte demande palestinienne de mieux-être auquel le mouvement de résistance islamique (Hamas) a su, avec des fortunes diverses, répondre pendant de longues années d’isolement de Yasser Arafat et de son mouvement, le Fatah.
Après de nombreuses victoires sur le terrain du bras caritatif du mouvement de résistance à l’occupation et à l’oppression, le bras politique du Hamas obtint, le 26 janvier 2006, une très large majorité au Conseil législatif palestinien qui lui valut 76 des 132 sièges que compte le Parlement. Preuve de la grande vitalité de la démocratie palestinienne en proie, dès l’annonce des résultats par la commission électorale, aux censeurs occidentaux, principaux obstacles à la paix dans cette partie du monde.
La démocratie palestinienne
A l’issue des législatives du 26 janvier 2006, la démocratie palestinienne administra à Israël et au reste du monde la preuve de sa vitalité. Il y eut un précédent. Lors des élections municipales partielles qui se sont déroulées le 5 mai 2005 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, les observateurs firent état de la bonne tenue qui imposa, avec 33 % des suffrages, le Hamas comme un acteur majeur du jeu politique face au Fatah (56 % des voix). « Pour l'équilibre, laissait entendre un électeur du nord de la bande de Gaza, je préfère que deux partis soient aux affaires plutôt qu'un seul. Les gens veulent que la nouvelle mairie mette fin à la corruption et au népotisme (Haaretz, 6 mai 2005). » Entré en fonction quatre mois plus tôt, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « [promettait] d'entreprendre des réformes, de se débarrasser des fonctionnaires incompétents et irresponsables, et de rétablir la loi et l'ordre ». Dans une démocratie représentative, les promesses, non tenues ou passablement tenues, expliquent les changements de majorité. C’est exactement ce qui s’est passé en Palestine. « Si je vois que le monde extérieur refuse de nous aider, puis qualifie le Hamas de terroristes, alors j'ai le droit de choisir le Hamas, parce qu'ils font tout cela pour moi », commentait, à l’occasion des élections municipales palestiniennes partielles de mai 2005, un électeur de Bethléem, zone à forte population chrétienne. Colporté par le quotidien israélien Haaretz, ce commentaire est particulièrement approprié après la ruée dans les brancards des censeurs occidentaux – Bush en tête- qui dénient aux électeurs palestiniens le droit d’« essayer le Hamas, après ce qu'ils considèrent comme l'échec du Fatah ». Un peu plus de deux mois après les municipales palestiniennes partielles, le président français, Jacques Chirac, interrogé par Haaretz, déclare que « le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu'il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël. C'est la position de l'Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas ». Une position caduque après la proclamation des résultats des législatives palestiniennes.
La démission, dans la matinée du 26 janvier 2006, du gouvernement palestinien, dirigé jusqu’alors par Ahmad Qoreï, et l’acceptation du verdict des urnes par le président de l’Autorité palestinienne sont deux autres signes forts de vitalité démocratique suffisamment persuasifs pour engager la communauté internationale dans une voie autre que celles des erreurs du passé fatales à la paix dans cette partie trop longtemps éprouvée du monde.
Les erreurs du passé
Lorsque l’ingénieur Yasser Arafat s’installa en 1959 au Koweït, il y créa sa propre société et le Mouvement de libération de la Palestine, qui devint rapidement al Fatah (la victoire). Le but premier de la nouvelle organisation était la destruction de l’Etat d’Israël et l’établissement d’un Etat palestinien de la Méditerranée au Jourdain. Lorsqu’en 1988 éclata l’Intifada, la « révolte des pierres », à Gaza et en Cisjordanie, Yasser Arafat reformula sa pensée à travers la Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine. Les Accords d'Oslo ou Accord de Jéricho-Gaza du 13 septembre 1993 prévoient alors un passage entre les deux zones et le transfert aux Palestiniens des secteurs de la santé, de l'éducation, des affaires sociales, de la taxation, du tourisme et de la culture. A la suite de ces accords, la communauté internationale salua le discours de paix de Yasser Arafat lorsqu’on lui décerna en 1994 le prix Nobel de la paix. Il renonça officiellement à la lutte armée contre Israël en même temps qu'il reconnut cet État comme légitime sans pour autant obtenir la paix. Assigné à résidence par le gouvernement israélien, Yasser Arafat vécut dans son QG de Ramallah, séparé de son peuple, les trois dernières années de sa vie. Il décède officiellement à Clamart (France) le 11 novembre 2004 sans avoir vu la création d'un État palestinien. Dans la brèche laissée par le Fatah, sans Arafat, s’engouffre le bras politique du Hamas avec l’assentiment démocratique des Palestiniens contre lequel s’insurgent les nouveaux censeurs, tous héritiers des anciens. Ces derniers choisirent de soutenir Israël au détriment des Palestiniens, rééditant le soutient, en 1920, du « sionisme » plutôt que de l’« arabisme » par la Grande-Bretagne, bien déterminée à imposer son contrôle sur la Palestine.
L’issue paritaire
A la recherche d’un allié objectif pour provoquer la chute de Yasser Arafat, Israël laissa naître, dans les années 1980, le Hamas et reconnut officiellement le bras politique et caritatif du mouvement. L’interdiction du Hamas par Israël ne survint qu’en 1989 lorsque son chef spirituel, Cheikh Ahmed Yassine, « reconnu coupable d’avoir ordonné l’enlèvement et le meurtre de deux soldats israéliens », est arrêté et condamné à la prison à vie par une cour israélienne. Libéré de la prison israélienne, en 1997, en échange des membres du Mossad emprisonnés en Jordanie par suite de la tentative d’assassinat avortée d’un autre dirigeant du Hamas, Khaled Mashal, le Cheikh Ahmed Yassine multiplie les appels à la résistance à l’occupation israélienne. Il est assassiné le 22 mars 2004, sur ordre d’Ariel Sharon, lors d’une attaque ciblée de l’armée israélienne. Pour bon nombre d’observateurs, le changement de direction à la tête du Hamas explique le changement de stratégie du mouvement et son implication accrue dans la vie politique. Ce changement de cap n’échappe qu’aux censeurs de Washington, Londres, Paris et Berlin. « [Les Israéliens, pour leur part], se bercent d’illusions s’ils croient que leurs visées se réaliseront dans l’après-Arafat », soutenait le chef du gouvernement palestinien démissionnaire, Ahmad Qoreï. « Un jour, ils regretteront Arafat », disait-il. Nous y sommes en 2006 après le succès électoral du Hamas, devenu l’interlocuteur incontournable dans tout processus de paix ultérieur.
Interrogée par la Télévision suisse romande (TSR), l’ancienne déléguée palestinienne auprès de l’Union européenne, Leïla Shahid, reconnut la défaite du Fatah et suggéra, dans le respect du choix démocratique des Palestiniens, une issue paritaire qui passe d’abord par la condamnation des actes de violence quelle que soit leur origine. En dépit du parti pris occidental, la communauté internationale doit donc se montrer tout aussi perspicace. L’avènement définitif d’une société mondiale post-clausewitzienne en dépend plus que jamais.
2023 comme si 2006 n’a jamais existé !
« Depuis 2006, qu’est-ce qu’à fait le Hamas si ce n’est détruire, ruiner consciencieusement Gaza, socialement, économiquement, moralement… La propagande sur les enfants gazaouis, la manière dont ont été éduqués ces enfants par la force… On leur a mis dans la tête que l’ennemi était les juifs… La défaite morale est énorme ; ce pays est un ramassis de propagand[istes], il n’y a plus d’opposants politiques… C’est un totalitarisme qui a pris la main sur 2 300 000 Gazaouis… ».
La journaliste française, d’origine iranienne, Abnousse Shalmani, dit tout cela sur LCI lors de sa participation remarquée à l’émission 24 heures Pujadas du lundi 16 octobre 2023…
De tout ce qui est dit là pour n’exprimer qu’une opinion personnelle, en empruntant la manière à la propagande, une seule chose mérite d’être retenue : 2006 ! Une date… Suffisante pour montrer comment Shalmani, fâchée avec la conscience historique qui lie janvier 2006 à octobre 2023, abuse les téléspectateurs français et ceux du reste du monde sur Gaza et les Gazaouis.
Dans une lettre ouverte à Thomas Friedman, éditorialiste au New-York Times, Nelson Mandela écrivait : « Si vous voulez la paix et la démocratie, je vous soutiendrai. Si vous voulez formaliser l’apartheid nous ne vous soutiendrons pas. Si vous voulez soutenir la discrimination raciale et le nettoyage ethnique nous nous opposerons à vous. Quand vous aurez pris votre décision passez-moi un coup de file. » Mandela s’efforça également de montrer à Friedman, suspecté de réduire le combat des Palestiniens pour la « liberté, la libération et l’égalité » à la seule revendication d’un « Etat » pour la Palestine, que « les réponses de l’Afrique du sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d’apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l’on puisse parler d’une paix juste et durable au Moyen-Orient ».
Une chose est sûre depuis janvier 2006 : on ne s’y prendrait pas autrement en choisissant Gaza comme le meilleur laboratoire pour montrer que démocratie -victoire par les urnes - et paix - acceptation du verdict - ne font qu’une et même chose.
Ancien porte-parole du Mouvement du 23 juin (M23), Abdoul Aziz Diop est candidat déclaré à l’élection présidentielle du 25 février 2024.
CONTENU LOCAL, DES CONTRATS PORTANT SUR PRÈS DE 450 MILLIARDS DE FRANCS CFA SIGNÉS
Les mesures prises dans le cadre du contenu local en attendant le démarrage de la production de gaz et de pétrole au Sénégal ont permis aux entreprises locales de signer des contrats portant sur près de 450 milliards de francs CFA.
Dakar, 9 nov (APS) – Les mesures prises dans le cadre du contenu local en attendant le démarrage de la production de gaz et de pétrole au Sénégal ont permis aux entreprises locales de signer des contrats portant sur près de 450 milliards de francs CFA, a déclaré Mor Ndiaye Mbaye, le secrétaire technique du Comité national de suivi du contenu local.
En 2019, le Sénégal a adopté une loi relative au contenu local, qui définit ‘’les objectifs, les modalités et les mécanismes de la mise en œuvre du contenu local, dans le secteur des hydrocarbures’’.
‘’Les préalables mis en place se sont déjà traduits par plus de 1.000 emplois créés, des heures de formation et de capacitation dispensées par les acteurs à nos ressources humaines et des contrats signés par des entreprises locales en 2022 et 2023, qui portent sur près de 450 milliards de francs CFA’’, a annoncé M. Mbaye.
Il prenait part à l’ouverture de la deuxième édition des Journées du contenu local, sur le thème : ‘’Mise en œuvre de la politique de contenu local dans le secteur des hydrocarbures : bilan, contraintes et perspectives’’.
Le secrétaire technique du Comité national de suivi du contenu local a cité, parmi ces préalables, ‘’la mise en place du secrétariat technique et de ses outils, dont la plateforme électronique d’intermédiation, l’Observatoire du contenu local et le Fonds d’appui pour le développement du contenu local’’.
Les autres préalables sont ‘’le partage et l’appropriation du cadre légal par les principaux acteurs et la mise en place du guichet unique pour l’accompagnement des entreprises, dans un souci de cohérence et d’optimisation des ressources budgétaires, mais aussi d’efficacité’’.
Le parachèvement du cadre légal par l’émission de lignes directrices, qui reprécisent et organisent certaines dispositions réglementaires, font également partie de ces préalables, a expliqué Mor Ndiaye Mbaye.
‘’Les Journées du contenu local […] sont un événement organisé chaque année pour faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre de la politique de contenu local, identifier les contraintes et opportunités et recueillir les attentes des acteurs’’, a-t-il rappelé.
M. Mbaye précise qu’‘’elles servent à renforcer le dialogue et la concertation entre les parties prenantes, à partager les bonnes pratiques et les expériences, et à promouvoir le développement durable et inclusif du secteur des hydrocarbures’’.
Malgré les avancées notées, a-t-il signalé, les entreprises locales sont confrontées à des obstacles liés aux compétences, aux financements, à la réglementation ou à d’autres facteurs.
Le ministre du Pétrole et des Énergies, Antoine Diome, présidant la rencontre, a invité les entreprises locales du secteur des hydrocarbures à ‘’travailler ensemble, dans un esprit de partenariat, de confiance et de complémentarité’’.
‘’Je vous invite aussi à faire preuve de créativité, d’ouverture et de dialogue’’, a ajouté M. Diome, estimant que ‘’c’est ensemble que nous réussirons à faire du contenu local une réalité et une fierté pour le Sénégal’’.
‘’Le contenu local est un levier stratégique pour le développement économique et social du Sénégal’’, a-t-il souligné.
Antoine Diome estime qu’‘’Il permet de créer des emplois, de renforcer les capacités des acteurs, de stimuler l’innovation et de diversifier l’économie, de limiter les importations de biens et de services, dans le cadre de l’industrie pétrolière et gazière’’.
Le président du Conseil national du patronat, Baïdy Agne, a invité les pouvoirs publics à renforcer le secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local.
‘’Il est important que le secrétariat technique puisse se délocaliser dans des zones comme Saint-Louis’’, près des zones de production de pétrole et de gaz, a souligné M. Agne.
La Côte d’Ivoire, le Bénin et le Nigeria sont invités à la deuxième édition des Journées du contenu local.
L'ODYSSÉE TRAGIQUE DES CLANDESTINS DE L'ATLANTIQUE
Crise économique, appauvrissement des populations, tension politique... Au Sénégal, les maux s'accumulent et jettent des milliers de personnes à l'exil. Vers les Canaries, ils fuient un pays où démocratie et opportunités reculent
Brice Folarinwa de SenePlus |
Publication 09/11/2023
Depuis l'été 2022, le phénomène migratoire entre le Sénégal et l'archipel espagnol des Canaries connaît une recrudescence sans précédent. D'après un reportage du quotidien français La Croix publié le 6 novembre dernier, les départs clandestins en pirogue depuis les côtes sénégalaises vers les îles espagnoles se sont massivement intensifiés ces derniers mois.
Cette nouvelle vague migratoire trouve son origine dans la profonde crise que traverse le secteur de la pêche artisanale au Sénégal, pilier économique employant 15% de la population. "La mauvaise gestion des ressources halieutiques et la surpêche industrielle étrangère ont vidé progressivement les eaux sénégalaises de leurs ressources", explique Aliou Ba de l'ONG Greenpeace.
Conséquence, de nombreux pêcheurs n'ont d'autre choix que de se reconvertir dans l'organisation des traversées migratoires par désespoir. C'est le cas de Lamp, capitaine d'une embarcation de 70 passagers âgé de 40 ans. "Pêcher n'est plus rentable, émigrer est devenu une nécessité pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes 4 enfants", témoigne-t-il.
Au-delà de la communauté des pêcheurs sinistrée, c'est tout le pays qui subit de plein fouet une triple crise économique, sociale et politique aggravée par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Le chômage des jeunes diplômés explose tandis que le pouvoir d'achat des ménages s'effondre. Dans ce contexte, de plus en plus de profils divers tentent leur chance sur la route migratoire, dont des femmes, des enfants et même des travailleurs en quête d'opportunités.
Selon les chiffres officiels du gouvernement espagnol, avec 23 537 arrivées recensées entre janvier et octobre 2023, soit 79% de plus qu'en 2022 à la même période, les Canaries traversent la pire crise migratoire de leur histoire récente. Pire encore, des ONG dénoncent régulièrement des naufrages meurtriers dans l'Atlantique dont les bilans humains sont inconnus.
Mais face à l'ampleur du phénomène, les autorités sénégalaises peinent à endiguer les départs, tandis que les passeurs profitent de la détresse sociale pour développer un véritable trafic organisé. Entre corruption, surpêche étrangère et crise multidimensionnelle, la route migratoire des Canaries risque de devenir l'une des plus mortelles au monde si rien n'est fait pour offrir un avenir aux jeunes du Sénégal.
FATICK, 122 LOCALITÉS SERONT ÉLECTRIFIÉES GRÂCE AU PADAES
Cent vingt-deux localités des départements de Fatick, Gossas et Foundiougne vont accéder à l’électricité grâce au Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal (PADAES).
Fatick, 9 nov (APS) – Cent vingt-deux localités des départements de Fatick, Gossas et Foundiougne vont accéder à l’électricité grâce au Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal (PADAES), a annoncé jeudi Ousmane Diallo, conseiller technique et superviseur de la Banque mondiale à la Société nationale d’électricité (Senelec).
« Au total, 122 localités seront électrifiées pour les trois départements de la région de Fatick. Le but est d’accroître de façon intensive le taux d’accès à l’électricité dans les zones déjà couvertes par le réseau de distribution « , a-t-il expliqué lors d’un Comité régional de développement.
Pour toutes ces localités ciblées, les travaux vont durer 24 mois, a-t-il précisé. Ces travaux ‘’porteront essentiellement sur » l’amélioration des niveaux de tension et de la qualité de service, mais aussi la densification et l’extension du réseau (…)’’, a-t-il poursuivi.
Il a ajouté que l’objectif vise à ‘’donner l’accès à des ménages, postes de santé et établissements scolaires qui n’ont pas encore connu l’électricité ».
La densification et l’extension du réseau dans ces localités entrent dans le cadre de la mise en œuvre du PADAES, projet mis en place par l’Etat du Sénégal pour un accès universel à l’électricité d’ici à l’horizon 2025.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 93 milliards de francs CFA, le projet vise à électrifier 1.010 localités.
» (…) D’ici 2025, si on maintient le rythme aux côtés des autres projets en cours de réalisation, il y aura un taux de couverture très élevé », a estimé Ousmane Diallo.
LA SEMIG ET L’ARM SE DONNENT LA MAIN POUR CONSERVER LA PRODUCTION HORTICOLE NATIONALE
La SEMIG et l’ARM ont signé un accord de partenariat d’une durée de cinq ans en vue de la construction et de l’exploitation d’un hangar et d’une unité de stockage des récoltes d’oignon.
Diamniadio, 9 nov (APS) – La Société d’exploitation du marché d’intérêt national et de la gare des gros porteurs (SEMIG) et l’Agence de régulation des marchés (ARM) ont signé un accord de partenariat d’une durée de cinq ans en vue de la construction et de l’exploitation d’un hangar et d’une unité de stockage des récoltes d’oignon, a constaté l’APS, jeudi, à Diamniadio (ouest).
‘’Cet accord entre nos deux structures couvre une période de cinq ans. C’est pour la construction et l’exploitation, par l’ARM, d’un hangar et d’une unité de stockage des récoltes d’oignon sur le terre-plein du marché d’intérêt national’’, a expliqué Fatoumata Niang Ba, la directrice générale de la SEMIG.
Les ouvrages attendus du partenariat vont contribuer à la conservation de l’oignon et, par voie de conséquence, à la souveraineté alimentaire du pays, selon Mme Ba.
‘’Nous sommes conscients que la complexité de la politique de souveraineté alimentaire exige des partenariats nouveaux et des approches novatrices’’, a-t-elle souligné lors de la signature de l’accord.
Ansoumane Sané, le directeur général de l’ARM, signale que le partenariat des deux structures publiques a été noué moins d’un trimestre après le ‘’dysfonctionnement’’ du marché des produits horticoles.
Cette distorsion découlait de perturbations du marché international et des changements climatiques, a-t-il dit, rappelant qu’elle a engendré un triplement du prix de l’oignon au Sénégal.
Pour éviter que cette situation survienne de nouveau, l’ARM et la SEMIG veulent s’atteler à la conservation de la production nationale d’oignon, ce produit horticole étant fortement consommé dans le pays.
Il est urgent de renforcer la production locale et d’investir massivement dans les infrastructures de stockage, pour assurer la souveraineté du Sénégal en produits horticoles, selon M. Sané.
La SEMIG peut aider à réduire les pertes de récoltes de l’horticulture sénégalaise, selon le directeur général de l’ARM.
Les pertes représentent 20 à 30 % de la production nationale, a-t-il dit.
Ansoumana Sané estime que le pays importe une grande quantité de produits horticoles à cause du manque d’infrastructures de stockage et de conservation.
LA RÉACTION DES "BAYE FALL" APRÈS LA MORT PAR BALLE D’UN DES LEURS
Ces derniers jours, Touba a été secoué par l’affaire du "Baye Fall" tué par balle. Ce jeudi, Sérigne Alune Ndam Fall, un des responsables des "Baye Fall" s’est exprimé sur la question.
Ces derniers jours, Touba a été secoué par l’affaire du "Baye Fall" tué par balle. Ce jeudi, Sérigne Alune Ndam Fall, un des responsables des "Baye Fall" investis de la mission d’appliquer les instructions de Serigne Mountakha à Touba, s’est exprimé sur la question.
«Nous sommes, aujourd’hui, plus que jamais focalisé sur le travail qui nous a été confié», a-t-il confié. «Au moment où je vous parle même certains de nos hommes sont sur le terrain. Et nous faisons le travail comme nous l’avait recommandé le Khalife, c’est-à-dire dans la sérénité et sans brutalité», dit-il.
Pour ce qui est de l’incident meurtrier de qui a pris la vie d’un Baye Fall, il explique : «Peut-être que certains ne veulent pas que les instructions du khalife soient matérialisé et ont une certaine posture. C’est peut-être ce qui a entrainé l’incident qui a eu lieu.»
Pour ce qui est de la suite des évènements, M. Fall indique qu’ils sont à l’écoute des autorités religieuses : «Le marabout nous a demandé de rester à l’écoute, c’est ce que nous faisons actuellement. C’est-à-dire rester à l’écoute de Serigne Amdy Fall qui, lui aussi, est à l’écoute de serigne Mountakha. Nous ferons ce qu’ils nous demanderons de faire», dit-il.
LIBERTÉ PROVISOIRE REJETÉE POUR HANNIBAL NDJIM
Placé sous mandat de dépôt en février dernier, dans le cadre de l’affaire Kopar Express, Hannibal Djim va devoir encore garder son mal en patience.
Placé sous mandat de dépôt en février dernier, dans le cadre de l’affaire Kopar Express, Hannibal Djim va devoir encore garder son mal en patience. En effet sa demande de liberté provisoire a été rejetée.
Selon Libération dans sa parution du jour le militant de l’ex Pastef s’est vu refuser sa liberté provisoire par le procureur et le juge en charge du dossier. Il s’agit du cinquième rejet pour ses avocats, renseigne le journal.
Hannibal Djim est poursuivi pour financement d’activités séditieuses et subversives, appel à l’insurrection, incitation à des actes de nature à troubler la sûreté de l’État et apologie de la violence.
EL HADJI MALICK SAGNE, L’INGÉNIEUR AGRONOME QUI TRANSFORME LE CACTUS EN BIOGAZ
Pour certains, il n’est rien d’autre qu’un arbre banal qui jonche le long de la plage. Pour d’autres, il est juste épineux sans saveur ni douceur. Mais lui l’adoube. Mieux, El Hadji Malick Sagne le transforme en énergie bio et en engrais
Pour certains, il n’est rien d’autre qu’un arbre banal qui jonche le long de la plage. Pour d’autres, il est juste épineux sans saveur ni douceur. Mais lui l’adoube. Mieux, El Hadji Malick Sagne le transforme en énergie bio et en engrais. Une initiative verte d’un jeune ingénieur sénégalais, militant des énergies renouvelables. Et ce, dans un contexte où le nord et le sud peinent à accorder leur violon à propos des énergies fossiles.
À l’Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale de Bambey (ISRA), il suffit de dire son prénom, pour qu’on vous indique son lieu de prédilection. Un champ de cactus, clôturé par des branches d’arbres. A l’entrée un réservoir d’eau, à l’extrémité une bâche flottante à côté d’un tuyau relié à un sceau noir. Il s’agit là d’un laboratoire à ciel ouvert pour El Hadji Malick Sagne. Mais aujourd’hui, l’ingénieur en travaux agricoles semble dépassé la phase expérimentale. En cause : dans ce périmètre agricole jaillit de l’énergie bio. Et comment ? Muni de gangs en cuir de couleur rouge, en face d’un seau bleu, El Hadji Malick Sagne découpe les feuilles de cactus avec un couteau. « Ça devrait suffire ! » s’exclame-t-il avec le sourire. L’autre étape, moins épineuse, est aussi cruciale. À l’aide d’une broyeuse, il réduit la matière avant d’y ajouter de l’eau. Un mélange de « solution verte » pour lancer l’ultime phase. Le sceau bleu à la main droite, un autre rempli d’eau à la main gauche. Le jeune ingénieur, front en sueur, un chapeau-noir en cuir contre les rayons ardents du soleil, se dirige vers le dispositif de digesteur à bâche. « le digesteur, rempli de ce mélange cactus – eau, va nous permettre, après quelques heures, de produire du biogaz », explique El Hadji Malick Sagne. Une quête d’énergie verte dont l’origine repose sur sa terre natale.
Son village, la salinisation et l’expérience
La découverte « Cactus » de El Hadji Malick Sagne, n’est pas le fruit du hasard. Tout est parti d’une observation. « Le verger de notre village (Mbour) est affecté par la salinité. Les plantes mouraient. Face à cette situation en tant qu’agronome, j’étais, en permanence, à la recherche de solutions », raconte-t-il. « Un jour, de retour du sport, l’eau de la mer avait débordé à cause de la pluie. Et j’ai constaté que l’arbre (le cactus) résistait malgré la forte teneur en sel », ajoute l’ingénieur trentenaire. Une simple observation qui va s’avérer concluante. Le cactus résiste, s’adapte et protège les autres plantes qui parviennent à se développer. Pour percer les mystères de la plante, pour ne pas dire les épines, l’ingénieur fait des prélèvements. Pour démarrer, El Hadji Malick Sagne veut connaitre sa composition exacte. Une fois à l’ISRA, il lance une étude chimique. Débordant de curiosité scientifique, il enferme les échantillons dans des boîtes. Au bout de 24 heures, des éléments naturels promoteurs (glucides, eau… ) qui participent à la méthanisation s’y dégagent. Le mystère percé, l’enfant de Mbour est convaincu que « de la fermentation, jaillira la lumière ». Il voit juste puisque « la solution fermentée » remplie dans le sac de stockage et branché à un réchaud à gaz, produit du biogaz. Une découverte qui met sur orbite « Cactus-Innovation ». Objectif, au-delà du feu sans fumée, exposer les autres vertus cachées de la plante.
Le cactus, fertilisant et sécurisant
L’image repoussante qu’il renvoie à cause de ses épines, est trompeuse. En effet, le Cactus-raquette est non seulement source d’énergie, il est également un fertilisant. « Regardez, ce liquide issu de la production d’énergie, c’est du digestat ! », se réjouit El Malick Sagne.
Il affirme que des études scientifiques ont permis de prouver que chaque litre contient « 100 grammes d’azote, 200 grammes de phosphore et 500 grammes de patassium ». Des compositions qui lui permettent d’échapper aux engrais chimiques et de produire des légumes et fruits sans pesticides. Conséquence : le cactus permet de préserver ou restaurer le sol et de lutter contre le stress hydrique. « Il fait partie des plantes xérophytes », explique le pensionnaire de l’Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale de Bambey. C’est-à-dire : « des plantes qui stockent de l’eau et au besoin peuvent alimenter les autres ». Tout ceci pour dire que ses éléments minéraux et organiques sont vecteurs d’autonomie agricole.
La plante reflète le modèle intégré tant vanté par les militants de l’environnement : une ferme, une énergie sans pollution et une récolte sans pesticide. S’y ajoute ses épines qui jouent un rôle de protection et de barrière. « Elles sont aussi efficaces contre les rongeurs » d’après lui. Il explique « qu’une fois la plante fixée, elle peut servir à limiter ses éléments nuisibles. »
Malgré toutes ses vertus mises en exergue, El Malick ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’ingénieur veut désormais contourner les épines. Il mène des recherches pour trouver une variété moins épineuse afin de faciliter la manipulation. Fort de son expérience, il a initié une association entre la variété locale et celle mexicaine ou marocaine. Autant de travaux et défis qui lui ont déjà valu quelques récompenses nationales et internationales. El Malick Sagne et Cactus-Innovation ont remporté l’édition 2023 de Falling Walls Lab Dakar. Une plateforme mondiale d’échanges scientifiques qui met en évidence des projets innovants. Et d’ailleurs, représentant du Sénégal lors de la finale mondiale du Falling Walls Lab, Elhadji Malick Sagne s’est encore illustré de la plus belle des manières. Le pensionnaire de l’Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale vient de remporter à Berlin, en Allemagne, la catégorie talents émergents.
Toujours au plan international, « l’homo-cactus » comme le surnomment ces proches, a raflé la mise de l’innovation lors d’un concours organisé par l’entreprise Eiffage à Paris devant le Maroc, la France et d’autres pays. Des récompenses qui lui ont permis de moderniser son site de production de biogaz. Malgré ses succès, le jeune ingénieur a le triomphe modeste. Son vœu le plus cher : fournir de l’électricité à base de cactus aux zones les plus reculées du pays, pour rendre leur quotidien moins épineux.