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27 février 2025
par Macky Sall
LE SYSTÈME FINANCIER INTERNATIONAL APPROFONDIT LES INÉGALITÉS
Notre accès au capital est à la fois restreint et scandaleusement onéreux. Nos politiques fiscales et monétaires sont dictées, de fait, par des banques centrales lointaines. Nous n'avons pas voix au chapitre
Dans une tribune publiée le 8 mai 2024 sur le site de Context, une plateforme de la Thomson Reuters Foundation consacrée au changement climatique, aux impacts des technologies sur la société et aux économies inclusives, Macky Sall, l'ancien président devenu Envoyé spécial pour le Pacte de Paris pour les peuples et la planète depuis la fin de son mandat, dénonce le système financier international.
"Lorsque je réfléchis à mes 12 années passées en tant que président du Sénégal, une leçon se détache : à quel point le système financier international est déloyal envers les pays en développement comme le mien. Peu importe la solidité de nos politiques économiques, nous sommes considérés comme un pari risqué. Notre accès au capital est à la fois restreint et scandaleusement onéreux. Nos politiques fiscales et monétaires sont dictées, de fait, par des banques centrales lointaines. Et quand nous essayons de protester, nous découvrons que nous n'avons pas voix au chapitre.
Il a fallu une pandémie, et l'implosion économique qui a suivi, pour que ces failles deviennent visibles pour tous. Cela a conduit les Nations Unies et le Fonds Monétaire International (FMI) à appeler à un nouveau « moment de Bretton Woods » : une réforme en profondeur des institutions financières internationales.
Quatre ans plus tard, avec le Covid sous contrôle et une fragile reprise économique mondiale en cours, l'élan réformiste risque de s'estomper au fur et à mesure que le sentiment d'urgence s'estompe.
Mais pour la plupart d'entre nous dans le monde en développement, ces efforts ont été insuffisants. Les multiples crises auxquelles nous sommes confrontés n'ont pas disparu. Au cours des trois dernières années seulement, il y a eu 18 défauts souverains dans 10 pays en développement - plus que tous les défauts de paiement de la dernière décennie réunis.
Les inégalités mondiales continuent de croître
Selon la Banque mondiale, 60% des pays à faible revenu courent un risque élevé de surendettement ou y sont déjà. Les paiements d'intérêts de ces pays ont quadruplé au cours des 10 dernières années alors que les taux d'intérêt mondiaux ont bondi.
Pour honorer le remboursement de leur dette, les pays à faible revenu réduisent les dépenses dans l'éducation, la santé et autres services publics. Ce faisant, ils sacrifient aussi leur droit à un avenir meilleur.
L'Afrique paie désormais davantage en service de sa dette qu'elle ne consacre à investir dans la résilience climatique, estimée à 50 milliards de dollars par an. Sa dette extérieure a atteint 824 milliards de dollars en 2021, les pays y consacrant 65% de leur PIB pour rembourser ces obligations.
Lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI cette année, le FMI a mis en garde contre la croissance des inégalités mondiales, avec « les pays les plus pauvres qui s'éloignent encore davantage ».
Le besoin de rendre le système financier international plus équitable, plus réactif aux besoins réels du monde en développement, et plus représentatif de la communauté mondiale, est plus urgent que jamais.
L'année dernière à Paris, lors d'un sommet mondial convoqué par le président français Emmanuel Macron, 32 pays dont le Sénégal se sont mis d'accord sur le Pacte de Paris pour les peuples et la planète (P4).
Nos objectifs sont clairs : créer un monde où la pauvreté a été éradiquée et la planète préservée, et où les pays vulnérables sont mieux armés pour faire face aux crises. Pour ce faire, nous visons à mobiliser toutes les sources de financement, ce qui explique pourquoi la réforme du système financier international est au sommet de notre agenda.
Nous savons que de nombreuses institutions partagent nos objectifs et que nous ne souhaitons pas dupliquer leurs efforts. Au contraire, nous plaidons pour une nouvelle approche, que j'appelle le 'multilatéralisme inclusif'.
Nous cherchons à rassembler le plus de pays possible, de tous les continents et niveaux de revenus, en surmontant les divisions - Est contre Ouest, Nord global contre Sud, pays verts contre pollueurs - qui ont nui aux initiatives par le passé.
Réécrire les règles de la finance mondiale
En tant que plateforme, nous pouvons d'ores et déjà pointer certains progrès. Par exemple, notre campagne en faveur d'une plus grande représentation des pays en développement dans la gouvernance des institutions financières internationales commence à porter ses fruits.
En octobre dernier, les membres du FMI ont approuvé l'élargissement de son Conseil d'administration pour inclure un troisième représentant africain sur 25, ce qui contribuera à renforcer la voix du continent dans les affaires économiques et financières.
Mais il nous reste encore un long chemin à parcourir.
Nous encourageons également les gouvernements à exiger des agences de notation des critères objectifs, transparents et mesurables dans l'évaluation du risque souverain.
Des recherches menées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) montrent que ces agences attribuent systématiquement des notations de risque plus élevées aux pays pauvres, indépendamment des réalités économiques sur le terrain.
Cela a abouti à une situation où, en moyenne, les pays africains paient quatre fois plus pour emprunter que les États-Unis et huit fois plus que les économies européennes les plus riches. Notre accès au financement du développement et du climat dépend de la fin de cette discrimination financière.
Un autre objectif est d'attirer au moins un euro de financement privé pour chaque euro de financement public dépensé dans le développement, le climat et la nature.
Nous invitons davantage de pays à rejoindre le Pacte de Paris pour réécrire les règles de la finance mondiale, donner aux pays en développement une plus grande influence dans les institutions financières internationales et mobiliser le financement pour une croissance durable.
Ce faisant, nous espérons créer un nouvel ordre financier mondial inclusif et à la hauteur des enjeux du 21ème siècle."
ENCORE UNE!!!
L’histoire se répète encore sur la relation entre aides ménagères et enfants avec l’actualité qui secoue la toile. Les parents sont encore visés par cette histoire d’une nourrice qui a choisi d’assouvir ses pulsions sur un bébé de 11 mois
L’histoire se répète encore sur la relation entre aides ménagères et enfants avec l’actualité qui secoue la toile. Les parents sont encore visés par cette histoire d’une nourrice qui a choisi d’assouvir ses pulsions sur un bébé de 11 mois, relatée par le quotidien “Les Echos”.
Heurtées par la mauvaise nouvelle qu’elles viennent d’apprendre, ces trois mères de familles ont un point en commun, c’est d’avoir fait le choix de rester à la maison pour prendre soin de leurs enfants au prix de suspendre leur carrières professionnelles.
Les mots sortent difficilement, les visages peureux, le trio se pose des questions. “Ça s’est passé où ? Quand est-ce que ces faits ont eu lieu ? Un bébé de 11 mois ? Un garçon ou une fille? ”, tout est flou dans leurs têtes.
Après quelques secondes d’échanges entre parents, exprimant ainsi leur choc, les femmes s’apprêtent maintenant à s’accrocher à notre micros.
“Personnellement je n’ai pas confiance aux bonnes même si j’en ai à la maison. j’ai fait le choix de rester à la maison jusqu’à ce que mes enfants grandissent. La tendance pour les femmes d’aujourd’hui c’est d’aller travailler, toutes comme leurs maris mais moi je préfère suspendre mes activités professionnelles le temps de bien m’occuper de mes enfants et après si le temps nous le permet, on reprend le boulot si non on laisse tomber”, a déclaré Mme Thiam.
Même son de cloche pour Aicha Diédhiou qui préconise aux parents “d’avoir toujours un mauvais pressentiment à propos de nos enfants et les bonnes qui sont presque toute la journée ensemble à la maison. C’est d’ailleurs à cause de ce mauvais pressentiment que j’ai sur les bonnes que j’ai décidé de ne pas chercher du travail. Pourtant, je peux bien enseigner dans les écoles coraniques parce que je suis diplômée en la matière”.
Cette pratique malsaine de certaines nourrices qui développe dans les foyers appelle à une prise de conscience partagée entre les aides ménagères et les maîtresses de maison car, selon toujours Aicha Diédhiou, “les aides ménagères sont aussi responsables que leurs patronnes parce qu’elles sont payées pour cela. Donc, elles ont l’obligation de respecter les consignes qu’on leur donne. Les maîtresses de maison aussi doivent se ressaisir parce qu’il est anormal qu’une mère de famille reste au travail toute la journée sans avoir des nouvelles de ses enfants sous prétexte que la bonne va faire son travail”.
Technicienne de surface dans un immeuble à Dakar, Adama Gning dit avoir confié son enfant à sa grand-mère, mais cela ne la rassure guère. En effet, d’après elle “seule une mère peut prendre soin de son enfant car gérer un enfant est une pratique très complexe avec beaucoup de risques. Pour les bonnes, si ce n’est pas pour des choses de ce genres, elles se comportent pour la plupart comme des bourreaux des enfants”.
LE NOUVEAU DÉFI DE PAPE ALÉ NIANG
Lanceur d'alerte intrépide des scandales d'Etat, PAN collectionne les séjours en prison. Sa nomination aux commandes de la RTS surprend. Saura-t-il conjuguer engagements et rigueur déontologique à la tête de cette grande maison ?
Pape Alé Niang, nouveau directeur général de la RTS, a toujours été un personnage clivant qui n’a jamais hésité à assumer ses opinions et ses points de vue. Une posture qui, selon ses détracteurs, va à l’encontre du principe d’objectivité qui est la base du métier de journaliste. Depuis ses débuts à Sud Banlieue en passant par la 2STV et finalement à la RTS, Pape Alé Niang (Pan) s’est imposé dans le paysage médiatique sénégalais comme un des plus farouches ‘’opposants’’ à Macky Sall qui l’a emprisonné plusieurs fois. Une situation qui n’a pas fait fléchir ce chevalier blanc prêt à lutter contre l’injustice et la corruption.
‘’Je refuse tout soin et je suis prêt à en assumer toutes les conséquences’’, dit Pape Alé Niang dans un de ses vidéos sur sa chaîne YouTube, à la suite de sa libération le 10 janvier 2023. Le journaliste est alors emprisonné pendant plusieurs jours pour diffusion de fausses nouvelles et indique aux yeux de l’opinion publique sénégalaise de sa détermination à aller jusqu’au bout de ses idées.
Pape Alé Niang, Directeur de Dakar Matin, a été inculpé, le 9 novembre 2023, entre autres, pour ‘’divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale’’, de ‘’recel de documents administratifs et militaires’’ et de ‘’diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques’’. Cette inculpation suivie d’une détention avait déclenché une levée de boucliers de tous les organismes de droits et de la Coordination des associations de presse (Cap). Cette mobilisation avait abouti à l’élargissement de l’ancien journaliste de la 2STV, mais n’avait pas réussi à faire taire ses détracteurs qui l'accusent d’avoir troqué sa casquette de journaliste pour celle d’activiste et plus particulièrement de partisan de Pastef, le parti d’Ousmane Sonko.
Sa couverture de l’arrestation de ce dernier, sur son site Dakar Matin pour ‘’terrorisme, appel à l’insurrection et atteinte à la sureté de l’État’’ lui vaut son incarcération pour une dizaine de jours. Il n’en sortira qu’après une grève de la faim et un passage à l’hôpital, mais placé sous contrôle judiciaire.
Il faut dire que l’ex-pensionnaire de l’Issic a multiplié les séjours à la prison de Sébikotane, depuis le début de l’affaire Sweet Beauté. Pape Alé avait été arrêté en novembre et en décembre 2022, avant d’être libéré en janvier 2023, à la suite d’une grève de la faim. Des affirmations que ce dernier balaie d’un revers de main et rappelle souvent à ses détracteurs qu’il fut l’une des rares personnes à avoir été accepté dans l’entourage de Macky Sall, alors que ce dernier, opposant de Me Abdoulaye Wade, a été convoqué au commissariat central pour des questions de blanchiment d’argent en 2011.
En outre, ce titulaire d'une Maîtrise en sociologie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar n’hésite pas à rappeler que son micro était ouvert à tous les opposants de Wade dans son émission sur la 2STV et qu’il n’a jamais été encarté chez les patriotes. Une manière pour ce membre de la Cellule Norbert Zongo (Cenozo), qui regroupe les journalistes d'investigation en Afrique de l'Ouest, d’indiquer le principe de la lutte contre l’injustice comme celle de l’affaire de corruption et de détournement de deniers publics qui mit fin à la carrière de l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall.
Pape Alé Niang refuse de voir son engagement se cantonner à la défense de la cause d’Ousmane Sonko avec qui il a tissé des liens d’amitié. Un rapport de confiance entre les deux hommes qui s’est traduit lors de la soirée électorale de la Présidentielle 2019.
Devant la presse nationale et internationale, le maire de Ziguinchor va dénoncer d’éventuelles fraudes perpétrées par le camp présidentiel, sur la base des informations fournies par de son ‘’ami’’.
Un lanceur d’alerte au cœur des scandales de la République
Ce quadragénaire s’est fait le spécialiste des révélations en tout genre sous le règne de Macky Sall. Malgré la présence d’un frère ainé au cœur de l’appareil étatique, Maguette Niang, directeur général du Budget au ministère des Finances, Pape Alé Niang s’est fait un devoir de faire tomber le régime de ‘’Niangal’’ Sall et n’hésite pas à cogner sur le président et certains pontes du régime.
Dans son livre ‘’Scandale au cœur de la République - Dossier Coud’’ en 2020, il n’a pas hésité à fouiller, sur la base du rapport 2014-2015 de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), la gestion du Centre des œuvres universitaires de Dakar qu’il considérait comme l’un des plus gros scandales financiers sous l’ère Macky Sall.
Pape Alé Niang a toujours été un personnage indépendant et de nature têtue. ‘’Je peux aussi dire que Pan est une personne très joviale, un peu taquine à la limite. Mais dès qu’il croit en quelque chose, il va jusqu’au bout et il faut déployer une bonne capacité de persuasion pour le contraindre à renoncer. C’est un esprit téméraire et un peu rebelle qui se cache derrière ce syndicaliste qui n’a jamais hésité à monter au front pour défendre des collègues embastillés’’, soutient l’ancien directeur de Sud FM, Oumar Diouf Fall.
Doté d’une audace sans limites, il n'hésite pas à mettre le doigt sur des dossiers sulfureux de la République, comme celui de Locafrique au blanchiment d’argent opéré par certains membres éminents de la communauté libanaise au Sénégal, en passant par l’assassinat de Me Babacar Sèye. D'après plusieurs informations, ces enquêtes serviront de base de travail au livre d’Abdou Latif Coulibaly, son ancien professeur à l’Issic, consacré à cette affaire.
Un nouveau directeur général de la RTS à l’épreuve
Pape Alé Niang, qui n’a jamais été tendre avec la RTS, se trouve désormais propulsé à la tête de la grosse boite du Triangle Sud, provoquant l’incompréhension de certains employés qui auraient préféré un personnage moins clivant à la tête de la Radiotélévision du Sénégal.
Mais pour Mama Moussa Niang, secrétaire général de la section RTS du Syndicat des professionnels de l’audiovisuel public (Synpap), c’est un faux débat. ‘’Ce qui importe pour nous, c’est d’avoir un bon directeur capable de jouer le rôle de coordinateur, de capitaine’’, indique-t-il.
Pape Alé Niang a toujours été un homme engagé, qui n’a jamais hésité à défendre les opprimés et les victimes d’injustice, même au péril de sa vie, nous révèle son ancien patron à la radio Sud FM Oumar Diouf Fall. ‘’J’ai encadré Pape Alé Niang, quand il est fraîchement sorti de l’Issic. Il a affûté ses armes dans la station Sud Banlieue avec d’autres jeunes reporters comme Isseu Niang, Ndèye Marième Ndiaye, Abdoulaye Cissé et Fabrice Nguema. C’était un journaliste compétent, doté d’un bagage intellectuel et bosseur par nature. Il ne rechignait jamais à la tâche et était très dévoué à sa tâche. Il était présent dès 4 h pour faire la revue de presse avec l’équipe du matin’’, informe-t-il.
Combatif, Pan aime bousculer les hiérarchies et les codes de son métier qui rendent parfois routinier le travail de journaliste. ‘’En tant que rédacteur en chef de l’information, il nous incitait quotidiennement à faire des reportages et à délaisser les conférences de presse. Il ne voulait pas d’un journalisme passif’’, révèle un de ses reporters. Cette personne s’est toujours présentée comme quelqu'un d'indépendant, qui n’hésite jamais à vous dire la vérité en face, peu importe les conséquences. Une intransigeance qui va lui coûter sa place dans la chaîne d’El Hadj Ndiaye avec lequel il s’est brouillé à la fin de leur collaboration en 2019, après l’épisode Sud FM. Selon plusieurs rumeurs, le choix d’inviter le leader du Pastef, Ousmane Sonko, le 31 décembre 2018, lui a valu son licenciement à la 2STV. Une version contestée par le président-directeur général d’Origines SA qui évoque une succession de pieds de nez à son autorité de la part de son animateur fétiche qui a finalement justifié son licenciement.
Après un passage éclair à la Sen TV, cet homme marié réussit à mettre sur pied son propre site d’informations Dakar Matin, offrant une large tribune aux opposants du régime de Macky Sall.
Pour Oumar Diouf Fall, cette volonté de préserver sa liberté d’action et ses convictions profondes est si forte en lui qu’il n’hésitera pas à démissionner ou à aller au clash si on veut le forcer à faire des choses contraires à ses croyances.
Profession de foi d’un journaliste militant
La profession de foi de ce journaliste militant trône en première page sur son compte X : ‘’Je suis un journaliste sénégalais engagé pour les causes justes. Je me bats pour une véritable société démocratique ancrée dans la bonne gouvernance.’’ Une démarche qui a toujours été en adéquation avec sa dévotion pour le métier de journaliste.
Ainsi, d’après Ibrahima Lissa Faye, journaliste et fondateur du site en ligne Pressafrik qui l’a côtoyé au groupe Sud Communication, derrière ce petit homme à la carrure frêle et aux lunettes bien ajustées sur le nez, lui donnant un air de professeur, se cache un farouche combattant et défenseur de la presse. ‘’Je me souviens qu’on avait créé avec Habiboulah Fall, Papé Alé Niang et moi la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) et lui était chargé des relations publiques. On s’est engagé corps et âme dans la lutte pour faire libérer Madiambal Diagne, patron du journal ‘le Quotidien’, en 2004. On peut dire qu’il a toujours fait du journalisme engagé. Je peux vous dire que c’est un homme très gentil et affable. Mais, par moments, il peut s’emporter’’, affirme le président de l’Association de la presse en ligne.
Pape Alé Niang s’est toujours présenté comme un chevalier blanc qui part en croisade contre l’autoritarisme et la gabegie. Ndèye Fatou Sy, son ancienne collègue, se souvient d’un journaliste toujours à l’affût d’informations de première main et si possible dérangeantes pour le pouvoir, fait-elle savoir dans le magazine panafricain ‘’Jeune Afrique’’. Depuis 2019, à travers son site en ligne Dakar Matin, Pape Alé Niang, à travers ses vidéos en wolof, a réussi à avoir un public fidèle et une forte communauté en ligne qui en fait l’un des journalistes les plus suivis sur le Net. Même si les principes de base du journalisme d’investigation sont parfois chahutés au profit de la recherche effrénée de scoops et de la volonté d’alimenter un narratif anti-pouvoir sous Macky Sall.
PUBLICATION DE LA LISTE DES NAVIRES DE PÊCHE PAR LE SÉNÉGAL, LA RÉACTION DE GREENPEACE AFRIQUE
Greenpeace Afrique salue la publication par le nouveau gouvernement sénégalais de la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux nationales, démontrant son engagement envers la transparence et la durabilité des ressources marines.
Greenpeace Afrique salue la publication par le nouveau gouvernement sénégalais de la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux nationales, démontrant son engagement envers la transparence et la durabilité des ressources marines. Cependant, tempère l’Ong dans un communiqué, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer la durabilité de l’exploitation des ressources halieutiques.
« Depuis plus de quatre ans, Greenpeace et les communautés de pêcheurs ont mené des campagnes et produit des rapports sur la problématique de la transparence de la gestion des pêches au Sénégal. Greenpeace et l’une des demandes phare était la publication de cette liste. Greenpeace Afrique encourage vivement l’État du Sénégal à continuer sur cette lancée et à auditer le pavillons sénégalais et à adhérer à la Fisheries Transparency Initiative (FiTI), une initiative mondiale promouvant la transparence et la divulgation publique des informations sur la gouvernance des pêcheries. En rejoignant la FiTI, le Sénégal renforcera sa position de leader régional ainsi que son engagement dans la gestion durable et transparente des ressources naturelles et consolidera la confiance des citoyens et des acteurs de la pêche, » a déclaré Dr. Aliou Ba, responsable de la campagne Océan.
« Nous espérons qu’après la publication de cette liste, un solide mécanisme de suivi sera mis en place pour contrôler et s’assurer que la pêche s’effectue en toute légalité. Ce n’est que de cette manière qu’on pourra donner l’opportunité aux communautés d’avoir suffisamment de poisson et de vivre décemment de leurs activités. Greenpeace Afrique est prête à accompagner le nouveau gouvernement sénégalais dans ses efforts pour accroître la transparence et la durabilité dans le secteur de la pêche, » a poursuivi Dr Ba de Greenpeace Afrique.
MULTIPLE PHOTOS
GUAL BI TER, UNE ŒUVRE POIGNANTE QUI QUESTIONNE L'IMMIGRATION ET LE DÉVELOPPEMENT
Une pirogue coupée en deux exposée à Ouakam. Derrière cette œuvre choc se cache une réflexion sur l'immigration clandestine et ses conséquences. L'artiste Moussa Ndiaye questionne aussi les difficultés des communautés côtières à travers ce symbole fort
L'artiste sénégalais Moussa Ndiaye frappe fort avec sa dernière création, "Gual bi Ter". Cette installation monumentale sur la plage Jean le Fèvre à Ouakam sur les Mamelles attire l'attention sur les réalités complexes de l'immigration et les défis auxquels sont confrontées les communautés côtières au Sénégal.
"Gual bi Ter" met en scène une pirogue coupée en deux, symbole puissant des tragédies humaines liées à l'immigration clandestine. L'œuvre invite à une réflexion profonde sur les motivations des migrants, les dangers qu'ils encourent et les conséquences de ces migrations sur la jeunesse.
"Gual bi Ter" est une composition artistique soigneusement élaborée, mettant en scène une pirogue chargée d'histoire. Ayant chaviré sur la plage de Ouakam, cette embarcation venue d’ailleurs a été le théâtre d'une tragédie humaine, transportant des migrants clandestins cherchant un avenir meilleur en Europe. L'œuvre explore visuellement cette histoire en positionnant les deux moitiés de la pirogue à la verticale, se faisant face et créant un espace entre elles qui offre une vue suggestive sur la mer. L'installation évoque une pirogue inclinée vers le ciel, remettant en question l'image traditionnelle dans la culture lébou d'une embarcation pointant vers l'océan.
Ndiaye explore également d'autres thématiques cruciales, telles que la pêche infructueuse, les pertes foncières et le manque de perspectives d'avenir pour la jeunesse. Son message est clair : il est urgent de trouver des solutions durables aux problèmes qui touchent les communautés côtières sénégalaises mais aussi à ces voyages périlleux qui impactent toute une génération en désespoir sur tout le continent africain.
Un geste de résistance artistique face à la prédation foncière
Le choix d'installer "Gual bi Ter" sur la plage Jean le Fèvre à Ouakam sur les Mamelles n'est pas anodin. Cette plage, lieu symbolique et cher aux Lebou de Ouakam, était menacée par une prédation foncière. En choisissant d'y installer son œuvre monumentale, Moussa Ndiaye a posé un geste de résistance artistique, attirant l'attention sur cette problématique et empêchant la destruction de ce site patrimonial.
La dimension monumentale de l'œuvre a imposé le respect et a contribué à clore le débat sur l'avenir de cette plage. "Gual bi Ter" est devenu un symbole de la lutte contre la prédation foncière et un rappel de l'importance de préserver le patrimoine culturel et naturel du Sénégal.
"Gual bi Ter" est une œuvre d'art puissante et émouvante qui ne manquera pas de susciter des débats et réflexions. C'est une invitation à repenser nos perceptions de l'immigration et du développement et à agir pour un monde plus juste et équitable.
Un dialogue ouvert et constructif
L'objectif de Moussa Ndiaye n'est pas de donner des leçons ou de proposer des solutions toutes faites. Il s'agit plutôt d'ouvrir un dialogue, de susciter la réflexion et d'encourager une prise de conscience collective. Son art agit comme un catalyseur de discussions et d'actions, permettant de faire avancer la cause des communautés marginalisées et de construire un avenir meilleur.
"A travers cette œuvre je cherche à donner une voix visuelle aux réalités difficiles de l'immigration et à stimuler une prise de conscience sur les défis complexes auxquels font face les communautés côtières au Sénégal mais aussi la jeunesse africaine les poussant vers ces périlleux voyages. Je souhaite inspirer un dialogue ouvert et constructif sur ces enjeux."
VERS L’ARRIVÉE D'AMADOU BÂ À L’ASSEMBLÉE
Mandataire du candidat Bassirou Diomaye Faye lors de l’élection présidentielle, Amadou Bâ est annoncé à l’Assemblée nationale. C’est pour y remplacer le député Birame Soulèye Diop, promu ministre dans le gouvernement du nouveau régime
Mandataire du candidat Bassirou Diomaye Faye lors de l’élection présidentielle, Amadou Bâ est annoncé à l’Assemblée nationale. C’est pour y remplacer le député Birame Soulèye Diop, promu ministre dans le gouvernement du nouveau régime. Si l’entrée de Bâ à l’Hémicycle est confirmée, cela serait la récompense pour un homme qui s’est beaucoup investi pour la cause du Pm Ousmane Sonko et Cie.
Amadou Bâ devrait faire son entrée à l’Assemblée nationale. Il va y prendre la place du député Birame Soulèye Diop, qui a été nommé ministre du Pétrole, de l’énergie et des mines. Suppléant sur la liste départementale de la Coalition Yewwi askan wi de Thiès, Bâ va occuper le siège de son camarade, précédemment président du Groupe parlementaire Yewwi askan wi. Ce remplacement est le résultat du principe de la parité et de la structure interne de la coalition.
Amadou Bâ a su montrer son expertise lors de moments critiques tels que la sélection des candidatures pour l’élection présidentielle. Démontrant ainsi ses qualités de débatteur, notamment dans le domaine de la Justice. Il s’est fait connaître du grand public fin 2023, lorsque l’actuel Président, alors emprisonné, l’avait choisi pour être son mandataire.
L’ancien régime a mis en œuvre diverses stratégies validées par le Conseil constitutionnel. Cependant, grâce à l’intervention de Amadou Bâ, les tentatives de l’ancien régime pour empêcher la candidature de Bassirou Diomaye Faye, alors détenu, d’être validée par le Conseil constitutionnel ont été déjouées par ce responsable du parti Pastef. Permettant ainsi à l’actuel Président du Sénégal de participer à l’élection présidentielle et de la gagner.
Amadou Bâ n’a pas obtenu de poste ministériel, ni de rôle auprès du Président actuellement en fonction. Une réalité prenant à contre-pied les prédictions de certains observateurs, qui voyaient en lui un futur ministre ou un acteur majeur au sein du gouvernement actuel.
L’arrivée de Amadou Bâ à l’Assemblée nationale est donc anticipée avec intérêt, étant donné qu’il pourrait apporter une contribution enrichie aux discussions et débats portant sur des enjeux pour le Sénégal. D’autant que l’Hémicycle va jouer un rôle plus qu’important durant la mandature du Président Diomaye Faye, tant il a promis des réformes sur la Justice, la politique, le social, entre autres. Si ce remplacement est confirmé, Bâ jouera sans doute un rôle important dans la formulation des politiques publiques du Président Bassirou Diomaye Faye et le renforcement de la démocratie dans le pays, selon Senego.
AUTOROUTE À PÉAGE MBOUR-FATICK-KAOLACK, LE PASSAGE A PROBLEMES
Les habitants du village de Diob Ndoffène, situé dans la commune de Diouroup, département de Fatick, se plaignent de l’étroitesse du tunnel de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack traversant la localité, le jugeant inadapté à leurs déplacements.
Les habitants du village de Diob Ndoffène, situé dans la commune de Diouroup, département de Fatick, se plaignent de l’étroitesse du tunnel de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack traversant la localité, le jugeant inadapté à leurs déplacements. Lors d’un point de presse, ils ont réclamé la modification de ce tunnel afin de pouvoir vaquer librement à leurs occupations, comme promis par les responsables dudit projet.
Selon Robert Diouf, membre du Collectif de gestion des problèmes du village, dans le cahier des charges, il est clairement indiqué que ce passage n’est pas destiné aux populations, mais sert de conduite d’eau. «Alors, je vous demande comment nous allons nous déplacer pour rallier les autres localités. Ce tunnel ne nous permet pas de vaquer à nos occupations.
Une charrette chargée de paille de mil ne peut pas y passer, sans parler des camions chargés de sable ou de béton», a-t-il souligné.
Autre souci : «une fois les travaux terminés et les clôtures installées le long de la route, nos troupeaux ne pourront plus circuler librement», se désole-t-il.
Dans la foulée, il lance une alerte aux autorités compétentes à corriger cette anomalie. «Nous n’avons pas besoin d’une conduite d’eau, mais d’un pont avec une hauteur qui nous permettra de vaquer normalement à nos occupations. Nous ne sommes pas en conflit avec les autorités qui sont au courant de notre préoccupation et nous avons récemment rencontré notre maire Tamsir Faye», a-t-il déclaré.
Pour Sémou Diouf, membre du collectif, les responsables de l’autoroute n’ont pas tenu leurs promesses. «Lorsqu’ils nous ont rencontrés pour nous présenter le projet, ils nous avaient promis qu’il n’y aurait aucun problème d’accès, même les véhicules (cars, bus…) pourront emprunter ce tunnel, ce qui est impossible», dénonce-t-il.
Toutefois, les populations ne comptent pas baisser les bras. Et si les autorités ne réagissent pas, elles vont passer à la vitesse supérieure en organisant un grand sit-in.
SCANDALE DE MBOUR 4, LA DEFENSE DE BABACAR DIOP
Le carnage foncier à Thiès continue de révéler des secrets et occupe l’actualité nationale. Le docteur Babacar Diop, qui se dit interpellé en sa qualité de maire de la Ville de Thiès a livré, lors d’une conférence de presse, son entrevue avec le Président
Le carnage foncier à Thiès continue de révéler des secrets et occupe l’actualité nationale. Le docteur Babacar Diop, qui se dit interpellé en sa qualité de maire de la Ville de Thiès, a livré, lors d’une conférence de presse, son entrevue avec le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sur le dossier Mbour 4 alors qu’il était dans les liens de la détention à la prison du Cap Manuel à Dakar.
«Le Président Bassirou Diomaye Faye vient de respecter un engagement qu’il avait pris, devant moi, alors qu’il était encore dans les liens de la détention. En effet, après deux échanges téléphoniques, il m’avait demandé de venir le rencontrer à la prison du Cap Manuel à Dakar», renseigne le maire de la Ville de Thiès. Lors de leur entrevue, les deux hommes politiques ont longuement échangé sur la situation foncière de Mbour 4. L’édile de Thiès lui avait fait part des actes de gestion nébuleuse du dossier de Mbour 4 et de la Nouvelle Ville de Thiès. Babacar Diop croit savoir que depuis la visite du Président à Mbour 4, des décisions salutaires ont été prises au sujet du foncier national, avec un large écho dans l’opinion publique.
«Je me présente devant vous aujourd’hui, par devoir de responsabilité, car la responsabilité est la première dette du pouvoir. Aucun gouvernant, dans une démocratie, ne saurait se voir confier le pouvoir sans être de facto tenu pleinement responsable devant celui qui le lui a confié. Le mandat politique n’est pas aveugle : si le Peuple le confie aux gouvernants pour l’exercer en son nom, ces derniers sont tenus de lui rendre compte de leurs actions, afin de savoir si le pouvoir exercé est conforme au mandat confié», indique le maire de Thiès.
Pour bien poser et présenter le carnage foncier de Mbour 4, l’édile de Thiès est largement revenu sur la genèse. «En vérité, nous avons hérité du dossier de Mbour 4 de la précédente équipe municipale. Ainsi, nous avons constaté dès notre prise de fonction, une volonté du régime de Macky Sall de nous écarter (en tant que maires) du pilotage et de la gestion de cet important dossier. Toute chose qui a motivé et justifié ma visite sur le site, le 29 juillet 2023, où je dénonçais publiquement le scandale et la corruption dans la gestion de Mbour 4», dira-t-il.
«Je ne suis attributaire d’aucune parcelle à Mbour 4, ni ailleurs à Thiès»
Le maire de Thiès a rappelé que 120 parcelles ont été attribuées au Conseil de Ville de Thiès qu’il a affectées aux conseillers municipaux et agents de la mairie, à des organisations sociales et religieuses, et à certains citoyens qui avaient introduit des demandes. «A ce stade, je voudrais faire remarquer que je ne suis attributaire d’aucune parcelle à Mbour 4. Aucune ! Pourtant, plusieurs offres et des propositions dans ce sens m’ont été faites, et elles ont, toutes, reçu des fins de non-recevoir. Mon éducation, mes principes et ma conception du service de l’Etat m’interdisent toute velléité sur nos biens publics qui sont sacrés pour moi», se défend-il.
Pour Babacar Diop, c’est une impérieuse nécessité de mettre fin aux spoliations foncières sur l’étendue du territoire national. «Le scandale foncier de Mbour 4 et tous les autres que nous avons vécus dans ce pays, sont symptomatiques d’une République de copains et d’une gestion de l’Etat par copinage. L’intérêt général, le principe d’ordre sur lequel l’Etat a construit sa légitimité, suggère que les gouvernants et les fonctionnaires se mettent exclusivement à son service. Il demeure impératif, pour nous tous, de réhabiliter l’intérêt général au Sénégal. Voilà pourquoi il n’a jamais été question pour moi, chef de parti, de négocier des postes en contrepartie de mon soutien au candidat Bassirou Diomaye Faye. Il n’a été question que de Thiès, Thiès et Thiès. Il n’a été question que du Sénégal, le Sénégal et le Sénégal. Il en sera ainsi toujours, toujours et toujours», a-t-il clarifié.
Dr Diop a noté que l’intérêt général a guidé son choix, et continuera de le guider pour l’objectif ultime de satisfaire le bien-être des Sénégalais. Car un homme politique est un serviteur public. «En ma qualité de maire de la ville, dépositaire de la confiance des Thiessois, je ne pouvais tolérer que nos concitoyens soient lésés, que leur propriété soit aliénée. Maire de Thiès, il est de mon devoir de soutenir les efforts du Président Bassirou Diomaye Faye, de contribuer à la mise en œuvre des directives présidentielles, de lutter contre l’injustice sociale sous toutes ses formes, de défendre les droits des Thiessois, de réclamer la justice et de faire la lumière sur ce scandale foncier de grande envergure», conseille-t-il au président de la République.
LE RISQUE DE REGNER SANS OPPOSITION VÉRITABLE
Le nouveau régime incarné par le duo Diomaye-Sonko est en train de prendre ses marques. Leur brillante élection, inédite dans l’histoire du Sénégal, laisse entrevoir cette possibilité de régner durablement sans opposition véritable.
Le nouveau régime incarné par le duo Diomaye-Sonko est en train de prendre ses marques. Leur brillante élection, inédite dans l’histoire du Sénégal, laisse entrevoir cette possibilité de régner durablement sans opposition véritable.
Bassirou Diomaye est le Président le mieux élu de l’histoire du Sénégal. Issu de l’opposition avec sa coalition, il gagne largement le scrutin du 24 mars 2024 dès le premier tour. Lui comme son mentor en politique, Ousmane Sonko, en plus du pouvoir des urnes, jouissent d’une popularité sans commune mesure particulièrement chez les jeunes qui constituent un poids démographique considérable. Selon les statistiques de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) de 2023, l’âge médian de la population s’élève à 19 ans et la moitié de la population est âgée de moins de 19 ans. Toujours d’après l’agence, les chiffres issus du précédent recensement révèlent que les Sénégalais de moins de 35 ans représentent 76 % de la population. Et le duo Diomaye Sonko tire sa puissance de cette couche qui constitue un vrai vivier politique. A la limite, les jeunes sénégalais «vénèrent» ces deux hommes et nourrissent un grand espoir envers eux pour changer leur quotidien.
Mieux, le duo a réussi à démontrer que les appareils politiques classiques sont obsolètes aussi bien dans leur mode de fonctionnement que de propagande en privilégiant les réseaux sociaux comme moyen principal de communication. Il a ainsi dominé cet espace numérique avec une armée composée de gens venus d’horizon divers avec un niveau d’engagement qui peut varier d’une personne à une autre (modérés et radicaux).
Ils ont également su vendre un nouveau discours souverainiste et anti systémique que les masses ont très vite adopté. Cela est facilité par les échecs des partis classiques qui depuis l’indépendance n’ont pas su vraiment mettre le pays sous les rampes de l’émergence. Pis, ce sont souvent des régimes qui se distinguent par la mal gouvernance, la corruption et les détournements de deniers publics. Sans compter une profonde crise de leadership dans ces différentes formations. Aujourd’hui, dans pratiquement tous les partis politiques u pays, ce sont des vieux fragilisés par l’âge ou des leaders sans charisme qui tiennent les rênes. Ces derniers ne sont plus écoutés et leurs partis politiques n’attirent plus.
fité de cette brèche pour occuper l’espace. Aujourd’hui au pouvoir, il y a un fort risque qu’il règne sans opposition dans la mesure où les jeunes qui peuvent mettre la pression sur les régimes sont avec eux et tels des chiens de garde ils surveillent comme du lait sur le feu «LE PROJET».
Aussi, la coalition «Diomaye Président» avait réuni une bonne partie de l’opposition avec environ 200 partis et mouvements réunis en son sein. Elle a regroupé une grande partie des fortes têtes des acteurs de l’arène politique (Mimi Touré, Mary Teuw Niane, Cheikh Bamba Dièye, Yassine Fall, …) qui aujourd’hui ne sont pas prêt à faire face à Pastef. Tous ces potentiels opposants sont aujourd’hui à la merci du duo «Diomaye-Sonko».
MACKY QUI VOULAIT REDUIRE L’OPPOSITION A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION EN A FAIT LES FRAIS
Du côté des autres acteurs et entités avec qui «Diomaye Président» partage l’espace politique ; on peut noter le PDS qui à la veille de la présidentielle a ouvertement soutenu Diomaye à ce scrutin. Et ce n’est pas demain que les libéraux vont quitter le navire. Karim est aujourd’hui plus proche de ce duo que de l’opposition.
Des leaders comme Barthélémy Dias qui a été virulent contre Ousmane Sonko avec qui les relations s’étaient gravement détériorés semble vouloir revoir ses plans. Tout le monde s’attendait à la radicalisation extrême, mais l’édile de la capitale semble ne pas prêt à s’opposer d’ores et déjà contre ce nouveau régime. Monsieur Dias a annoncé dernièrement qu’il veut même rencontrer Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Malgré leurs rivalités, le maire de la Ville de Dakar dit vouloir éviter les obstacles notés dans l’exécution des projets de la municipalité de la capitale. Cette posture de Barth devrait être suivi par ses camarades de Taxawu Sénégal moins radicaux que lui dans l’opposition politique.
Il faut surtout noter qu’aujourd’hui, c’est l’Alliance pour la République (APR) qui devrait incarner l’opposition. Mais elle est tellement minée par les divisions que ses priorités devraient être la réconciliation et le consensus autour d’un leader fort et charismatique. L’APR est en effet une armée mexicaine dans laquelle les généraux se font la guerre.
Pour ce qui est la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), son malheur réside dans sa gestion par Macky Sall. Celui-ci a quasiment fait péricliter tous les partis classiques qui étaient membres de cette coalition présidentielle. S’il n’a pas débauché leurs membres, il l’a récupéré beaucoup de leurs bastions politiques ou mis en mal les différents responsables. Aujourd’hui, qu’il n’est plus au pouvoir certains partis commencent à s’éloigner de cette plateforme politique. Or, si BBY constituait un bloc fort il pourrait causer des problèmes au nouveau régime.
Il faut relever en définitive, avoir une opposition est toujours une bonne chose. A risque, le régime risquera de faire face à son peuple et de se mettre en danger. En effet, sans opposition, on ne verra pas venir sa chute. Il faut un fusible en contact direct avec le peuple ; sinon cela risque de semer le chaos dans le pays dans la mesure où les problèmes ne seront pas débattus dans l’espace public pour trouver d’éventuelles solutions ; mais ils vont être exposés dans la rue parfois violemment suite à des exaspérations profondes. Macky qui voulait réduire l’opposition à sa plus simple expression en a fait les frais. En voulant faire taire les voix contraires en politique, il s’est retrouvé avec une nouvelle catégorie d’hommes politiques plus forts ; plus rusés et plus pernicieux. C’est ce qui a précipité la chute de son régime.
SURUTILISATION DES PESTICIDES, L’ALERTE DES ACTEURS
Des défenseurs d’une agriculture plus saine et éco-responsable tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences de l’utilisation des pesticides. Au Sénégal, entre 500 et 700 tonnes sont subventionnées chaque année.
Des défenseurs d’une agriculture plus saine et éco-responsable tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences de l’utilisation des pesticides. Au Sénégal, entre 500 et 700 tonnes sont subventionnées chaque année.
Entre 500 et 700 tonnes par année de pesticides, c’est le volume que le contribuable sénégalais subventionne chaque année, d’après Fabian Heppe. Le directeur de la Fondation Heinrich Böll estime que «l’Afrique dépend de plus en plus des pesticides agricoles. 33 millions de petits exploitants agricoles du continent sont ciblés par les fabricants qui y vendent également des substances interdites dans l’Union européenne. Les importations de pesticides en Afrique de l’Ouest ont doublé en cinq ans». Et pour prévenir sur les dangers d’une surutilisation, l’Atlas des pesticides au Sénégal a été publié hier. Il regroupe 27 contributions sur la propagation, l’utilisation et les risques des pesticides pour l’humanité et l’écosystème dont trois proviennent du Sénégal. Il fournit des faits et des chiffres sur l’utilisation des pesticides et leur impact dans l’agriculture, sur la santé humaine, la biodiversité, l’eau et le sol. «Les importations de pesticides en Afrique de l’Ouest ont doublé en cinq ans. L’augmentation du coût de la main-d’œuvre agricole, la pression pour accroître la productivité des terres et la disponibilité de produits bon marché fabriqués à l’étranger expliquent cette utilisation croissante en Afrique», informe Fabian Heppe. Qui précise que «les données sur leur utilisation restent insuffisantes, ce qui est préoccupant, car l’impact réel sur l’environnement, les agriculteurs et les consommateurs est probablement sous-estimé». Fort de ce constat, Fabian Heppe affirme que l’utilisation excessive engendre désormais des problèmes de santé et de dégradation des sols, nuisibles pour l’écosystème. «Chaque année, 385 millions de personnes sont victimes d’empoisonnement par les pesticides, les agriculteurs étant les plus exposés. Cependant, les pesticides affectent également ceux qui ne travaillent pas directement dans ce secteur, contaminant l’environnement et la nourriture. Dans des pays à faible revenu comme le Burkina Faso, jusqu’à 83% de la population agricole active sont touchés par des empoisonnements», constate-t-il.
Par ailleurs, c’est le comité mixte Comité sahélien des pesticides (Csp)/Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (Coahp) qui est chargé de l’homologation des pesticides devant pénétrer dans les pays membres du Cilss et de la Cedeao. Pour tout nouveau produit, le Csp/Coahp délivre d’abord une Autorisation provisoire de vente (Apv) si la plupart des données requises, afin d’évaluer les critères d’homologation, sont fournies et que seules les informations complémentaires, qui ne peuvent être fournies qu’après application à grande échelle du pesticide, sont manquantes. L’Apv a une durée de 3 ans renouvelables une fois, le temps de permettre la production de données complémentaires nécessaires pour une nouvelle évaluation pouvant permettre une homologation.
En 2022, la liste des pesticides homologués et avec Apv comprenait 161 produits. La Direction de la protection des végétaux (Dpv) du ministère en charge de l’Agriculture contrôle l’entrée des pesticides homologués ou avec Apv dans les pays du Coahp, mais le commerce transfrontalier et les trafics illicites échappent souvent à ce contrôle. Au Sénégal, la Direction de l’environnement du ministère chargé de l’Environnement accorde parfois, pour diverses raisons, des dérogations à des sociétés agro-industrielles nationales pour importer directement des pesticides en dehors du processus d’homologation. Au Sénégal, la surveillance du Centre antipoison fait ressortir ceci : «Sur 99 cas de pesticides sur 721 entre 2008 et 2020. 74% enregistrés dans la région de Dakar, plus de la moitié concerne les hommes, soit 54%.»
«Nous sommes aussi témoins de la disparition alarmante des pollinisateurs essentiels tels que les abeilles, de nombreux cas d’intoxication alimentaire critique, la pollution des eaux, sans pour autant susciter une prise de conscience massive au sein des populations, surtout chez les couches les plus exposées, c’est-à-dire les agriculteurs, et chez les couches les plus vulnérables», s’alarme le Secrétaire exécutif d’Enda Pronat. A en croire Jean-Michel Waly Sène, l’Afrique est le continent qui utilise le moins de pesticides en volume et pourtant c’est la région du monde où ces produits dangereux font le plus de dégâts. «Cela nous met aujourd’hui face à une crise sanitaire silencieuse, où l’exposition aux pesticides agricoles est devenue omniprésente, touchant les travailleurs agricoles, les communautés rurales et même les consommateurs finaux à travers les résidus présents dans les aliments», dit-il.