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27 février 2025
PAS DE REPIT POUR LE REGIME DE DIOMAYE
Publication des rapports cour des comptes, Ofnac - Comme il l’a annoncé lors de son adresse à la nation, le 03 avril dernier, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, veut rendre public la gestion des deniers publics
Comme il l’a annoncé lors de son adresse à la nation, le 03 avril dernier, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, veut rendre public la gestion des deniers publics. C’est ainsi que les corps de contrôle juridique et financier(Cour des comptes, l’Ofnac) ont publié leurs rapports, épinglant d’anciens ministres et directeurs généraux du régime de Macky Sall. Une démarche saluée par la classe politique ainsi que la société civile qui invitent le nouveau régime à aller au bout de sa logique. Ceci, en traitant les dossiers sans contrepartie et qu’il y ait dessuivis.
Le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, Lsdh, Alassane Seck, salue le principe. Pour ce fervent défenseur des droits humains, ceci permettra de prévenir les futurs chefs d’entreprise des risques de sanction sur le détournement des deniers publics. Alassane Seck exhorte le régime de Bassirou Diomaye Faye à aller au bout après la publication de ces rapports. A l’en croire, ils (Ndlr) les gens du gouvernement) ont intérêt car, dit-il, le peuple sénégalais a décidé de leur porter sa confiance sur ce qu’ils ont longtemps prôné. C’est à dire un gouvernement de rupture. «Un rapport doit être public pour que nul n’en n’ignore. C’est important que ceux qui seront promus soient prudents. Parce que demain, il y aura des rapports sur leur gestion. Comme ils (Ndlr: Ousmne Sonko et son gouvernement) l’ont dit, le nouveau régime, c’est la rupture. Donc, il y aura une nouvelle forme de gestion plus ouverte, plus transparente à l’endroit des populations. Donc, s’ils vont jusqu’au bout de leur logique, c’est à saluer. Ceci permettra d’être beaucoup plus prudent pour quelqu’un qui pense avoir une position d’impunité. Il sera sanctionné après infraction », a détaillé le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, Lsdh, Alassane Seck
ALASSANE SECK, PRÉSIDENT DE LA LSDH : « Pourquoi le régime a intérêt d’aller jusqu’au bout »
M. Alassane Seck encourage et salue cette forme de gestion. C’est-à-dire que tous les rapports, surtout de l’Ofnac, soient publiés comme par le passé. Il insiste que le nouveau régime a intérêt à aller jusqu’au bout. « Les populations ont porté leur confiance sur eux. Parce que demain, ils auront des comptes à rendre. On leur a confié le pays pour suivre leur logique. C’est pourquoi ils ont appelé les gens à la rupture. Le mot est lâché. Il faut aller jusqu’au bout pour que les Sénégalais sachent qu’il n’y a pas de justice à deux vitesses. Il ne faudrait pas qu’il y ait d’état d’âme. On doit aller jusqu’au bout quelles que soient les conséquences », a beaucoup insisté le président de la ligue sénégalaise des droits de l’homme, Lsdh, Alassane Seck.
Moundiaye Cissé ONG 3D «Le Conseil constitutionnel doit servir d’exemple aux organes de contrôle. Elles doivent garder leur autonomie»
Le secrétariat exécutif de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, estime que les organes de contrôle ne devraient pas attendre qu’on leur demande de publier des rapports pour le faire. Parce que, souligne-t-il, la loi leur impose la publication de ces rapports. Selon lui, ces organes de contrôle doivent montrer leur autonomie, leur indépendance, voire suivre la voie tracée parle Conseil constitutionnel qui avait rejeté le report de la présidentielle et les conclusions du dialogue de l’ancien président Macky Sall. « Ce qu’il faudrait dire, c’est plus jamais de retard dans la publication des rapports. Que cela soit l’Ofnac ou la Cour des comptes et même l’inspection générale d’État (Ige). Donc ces rapports doivent être publiés à date échue. On ne doit pas attendre. Pourquoi attendre d’ailleurs que le président de la République demande qu’on les publie. Les organes de contrôle doivent garder leur autonomie. Elles doivent montrer qu’elles sont autonomes. Le Conseil constitutionnel a montré la voie. Le problème peut être situé à une question d’hommes. C’est-à-dire des hommes qui sont à la tête des organes-là et qui doivent faire preuve d’indépendance et de liberté» a-t-il exhorté.
Pour un traitement équitable des dossiers, mettre l’accent sur les recommandations des rapports, les risques de passer à côté des questions essentielles!
Moundiaye Cissé est pour qu’il y ait dessuivis et un traitement équitable des dossiers. Dans cette affaire, il considère qu’il ne faut pas aussi confondre reddition des comptes et règlements des comptes. Mieux, dit-il, ces rapports ne doivent surtout pas retarder le pays sur des questions essentielles: la réduction du coût de la vie, la question de l’employabilité des jeunes. A l’en croire, ces rapports n’ont pas seulement une vocation répressive, ils ont aussi une vocation pédagogique, une vocation d’amélioration de la gouvernance par l’amélioration des procédures de gestion. « Maintenant, les rapports sont publiés, il faut donner une suite à ces rapports. Sinon, ça crée une frustration. Pour tous les rapports publiés, il faut donner une suite en évitant de faire un traitement sélectif. Il ne faut pas qu’on donne l’impression que c’est un rapport dont le traitement constituera à sanctionner certains et l’impunité pour d’autres. Il faudra un traitement équitable de ces rapports. C’est pourquoi leur traitement doit être vraiment équidistant. L’autre aspect, que ces rapports ne nous retardent pas non plus pour oublier l’essentiel. Aujourd’hui, la priorité des Sénégalais, c’est qu’on règle la réduction du coût de la vie, (le panier de la ménagère), la question du chômage. Et qu’on aille vers des réformes approfondies pour qu’il ne soit plus possible de détourner des deniers publics. Dans ces rapports, il n’y a pas que des sanctions. Il y a également des recommandations pour améliorer la gouvernance» conclut le secrétaire exécutif de l’ONG 3D Moundiaye Cissé.
NGOUDA FALL KANE, ANCIEN IGE ‘’Voir au niveau de la Justice qu’est-ce qui a été fait pour donner suite à certains dossiers qui lui ont été transmis’’
L’ancien de l’Inspection générale d’État, (Ige), Ngouda Fall Kane, salue la démarche de transparence de publication de ces rapports. « La publication des rapports de contrôle est une chose. Maintenant, quelles sont les procédures qui conviennent de mettre en œuvre pour les publier ? C’est une question que nous nous posons. Ce qui est important aujourd’hui à mon avis, qu’il ne faut pas oublier, c’est le traitement diligent des dossiers qui sont transmis à la justice. C’est une forte demande. Il est bon de publier, mais il est aussi bon de voir du côté de la Justice quel est le traitement de ce volet des dossiers qui ont été transmis », précise Ngouda Fall Kane. Selon qui la publication uniquement de ces rapports ne suffit pas. Comme nos deux précédents interlocuteurs, il prône qu’il y ait des suites au niveau de la justice dans le traitement des dossiers. « Si la justice transmet à bonne date les dossiers, je dis c’est une excellente chose à laquelle d’ailleurs les autorités doivent s’atteler. La publication uniquement ne suffit pas, il faudrait qu’il y ait dessuivis de ces traitements de dossiers. Voir au niveau de la Justice qu’est-ce qui a été fait pour donner suite à certains dossiers qui lui ont été transmis. Publier, c’est important. C’est une démarche de transparence, mais il faut qu’il y ait des suivis au niveau de la Justice » souligne Ngouda Fall Kane ancien de l’Ige.
LA PALESTINE ET LE SILENCE GÊNANT DES UNIVERSITÉS SÉNÉGALAISES
A l’heure où des jeunesses européennes, américaines et asiatiques agissent pour la paix en Palestine/Israel, qu’exigent les étudiants sénégalais si prompts à envahir la rue et les ondes pour diverses causes ?
Il ne faut jamais cesser de condamner l’attaque du 7 octobre et les prises d’otages de civils israéliens perpétrées par le Hamas. Mais la riposte israélienne, son ampleur, son absence totale de discernement, les crimes perpétrés par l’une des plus puissantes armées au monde sur des civils dont une majorité d’enfants, sont indignes de toute forme d’humanité.
En sept mois, plus de 30 000 Palestiniens sont tués, la bande de Gaza rasée pour ne plus y permettre une possibilité de vie. La déshumanisation d’un peuple et la volonté de son effacement doivent faire réagir tous ceux qui croient encore en l’humanité.
Le gouvernement d’extrême-droite israélien, après avoir reçu un soutien inconditionnel de ses alliés traditionnels occidentaux, voit son image compromise et son isolement moral progressivement s’installer vu l’ampleur des crimes.
Les opinions publiques dans le monde face à la riposte massive et disproportionnée ont exprimé leur vive émotion face à ce que la Cour internationale de justice a qualifié de risque plausible de génocide. Nous sommes au 21e siècle, et cette barbarie qui s’installe devant les yeux du monde impuissant est intolérable.
Les jeunesses occidentales partout lèvent la voix pour dénoncer les crimes de guerre voire contre l’humanité commis par Benjamin Netanyahou et son gouvernement composé de suprémacistes juifs, ouvertement racistes, qui ont plusieurs fois appelé au nettoyage ethnique des Palestiniens.
Les universités américaines sont au cœur d’un tourbillon, avec des étudiants acquis à la cause palestinienne, qui appellent depuis des mois au cessez-le-feu malgré l’inertie d’un gouvernement Biden dont le soutien vis-à-vis d’Israël est absolu. Surtout que si cette guerre se poursuit, c’est aussi grâce au soutien de Washington, en fonds et en armes au gouvernement israélien. Face au caractère massif des protestations, vite les accusations d’antisémitisme ont émergé pour delégitimer une parole qui n’est pas hémiplégique et qui dit que les Palestiniens existent et ne doivent pas voir leur dignité d’exister bafouée.
En France également la polémique est vive. Les étudiants de Science-Po Paris manifestent pour l’arrêt des massacres à Gaza. Plusieurs conférences sont organisées dans les locaux de la prestigieuse institution et dans de nombreuses autres universités pour dénoncer l’ampleur des crimes de Netanyahou contre les civils palestiniens. Des troubles ont même été notés rue Saint Guillaume, générant un débat médiatique public national entre deux lignes distinctes. Tantôt accusés de soutenir le Hamas, tantôt faisant l’objet d’accusations d’antisémitisme, des jeunes étudiants prennent leur responsabilité pour élever la voix face à ce qui est devenu insupportable pour toute conscience un tant soit peu juste.
Dans notre pays, nous avons une tradition historique et diplomatique, depuis ininterrompue, de soutenir la cause palestinienne. Depuis Senghor, nous avons porté à l’Onu une voix exigeante sur la crise au ProcheOrient. Je me souviens, encore ces dernières années, de la hargne et de la redoutable efficacité, toujours avec une infinie délicatesse, des ambassadeurs Paul Badji, Fodé Seck et Cheikh Niang, qui ferraillaient aux Nations unies pour une paix et une solution à deux Etats.
A côté de l’Etat, que font les universités ? A l’heure où des jeunesses européennes, américaines et asiatiques agissent pour la paix en Palestine/Israël, qu’exigent les étudiants sénégalais si prompts à envahir la rue et les ondes pour diverses causes ?
Historiquement, l’Ucad a été un haut lieu de soutien au Peuple palestinien comme il l’a été pour le combat contre l’Apartheid. Notre pays a toujours été au cœur des convulsions du monde au nom de nos valeurs de paix, de tolérance et d’humanisme. Mais ces valeurs s’effritent et, outre la médiocrité qui a gagné les espaces de pensée, s’est installé un désintérêt vis-à-vis des grands principes universalistes. Nos universités fécondent de plus en plus des étudiants et des enseignants plus soucieux de la petite querelle politicienne locale, pour laquelle ils peuvent incendier un antre du savoir ou signer d’innombrables pétitions souvent sans intérêt autre que défendre des fascistes. Ils sont aussi désormais de plus en plus, dans la défense d’idées conservatrices et rétrogrades au lieu d’être des producteurs de nouveaux imaginaires progressistes conformes au sens de l’histoire.
Je suis surpris du mutisme de certains parmi nos illustres universitaires et penseurs sur un crime de cette ampleur et de cette gravité qui touche à ce que l’humanité a de plus essentiel, eux qui se disent pourtant parangons de la vertu et des grandes valeurs, et qui au nom de ces valeurs ont perturbé notre quiétude avec leurs tribunes massivement signées pour défendre une orientation politique rance animée par des gens à la moralité républicaine plus que douteuse.
Au regard du contexte international qui voit un chantage sur l’antisémitisme effectué sur de nombreuses voix critiques sur la politique israélienne, il est possible de comprendre le silence de nos intellectuels qui enseignent dans les établissements américains et européens.
S’ils soutiennent l’Etat hébreu, ils vont subir les assauts de nos compatriotes qui les taxeraient tout de suite de suppôts de «l’occident islamophobe». Et, à l’inverse, s’ils prennent publiquement position en faveur des droits légitimes du Peuple palestinien, leur faciès, leur origine voire leur foi religieuse seront instrumentalisés pour les harceler, jeter l’opprobre sur eux et peut-être exiger leur excommunication. Et ce sera leur mort sociale dans le champ intellectuel occidental avec ses conférences, ses rencontres et autres colloques.
En revanche, au moins depuis les amphithéâtres et les campus des facultés de notre pays, où ils ne peuvent pas brandir l’argument du risque de procès d’intention et de délit de faciès, les étudiants, les universitaires, la Société civile rentière de toutes les causes devraient davantage prendre position pour le Peuple palestinien. Pour la paix, pour deux Etats côte à côte dans des frontières sûres et reconnues, au nom du Droit international mais surtout au nom de la simple humanité.
LES AUTORISATIONS DE PÊCHE ET LA VISITE OFFICIELLE DU PRÉSIDENT FAYE EN CÔTE D’IVOIRE A LA UNE DE LA REVUE DE PRESSE DE L’APS CE MARDI
Les parutions de ce mardi évoquent la publication de la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise et la visite officielle du chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye en Côte d’Ivoire.
Dakar, 7 mai (APS) – La publication de la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise et la visite officielle du chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye en Côte d’Ivoire, sont les sujets les plus en vue dans les quotidiens reçus mardi à l’Agence de presse sénégalaise (APS).
‘’Dr Fatou Diouf publie la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises’’, titre L’Info.
‘’D’après le nouveau ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, la publication de la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise entre dans le cadre de la transparence dans la gestion des ressources’’, écrit le journal.
‘’132 navires nationaux et 19 étrangers autorisés à pêcher au Sénégal’’, affiche à sa Une Sud Quotidien.
Sud rapporte que ‘’la ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Dr Fatou Diouf a publié la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise, à la date du 6 mai, conformément aux engagements des plus hautes autorités’’.
‘’132 bateaux nationaux, 19 bateaux étrangers, 17 449 pirogues et 7449 permis de pêche’’, titre Le Soleil, soulignant que c’est ‘’ce que révèle la liste du ministère des Pêches’’, à la date du 6 mai 2024, sur les navires autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises.
Le quotidien national précise que ‘’Dr Fatou Diouf, ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, a fait le point sur la situation du pavillon Sénégal, dans un communiqué publié hier’’.
Le journal relève que ‘’cette liste ne tient pas compte des dossiers en cours de renouvellement’’.
L’As souligne qu’en publiant cette liste, la nouvelle ministre des Pêches a satisfait l’exigence de transparence tant chantée par la société civile et l’opposition d’alors, dans l’attribution des licences de pêche.
‘’Toutefois, derrière la liste se cache une montagne de mystères”, écrit le journal qui titre : ‘’Les mystères d’une liste’’.
‘’Des bateaux inexistants depuis quatre ans cités dans la liste. Des navires français, italiens, chinois prête-noms sénégalais sur la liste. La +SOPASEN+ de Saer Seck et Adama Lam se taillent la part du lion’’, rapporte la publication.
WalfQuotidien relève un ‘’parfum de prête-noms’’ dans la publication des licences de pêche.
‘’ Sur les 151 bateaux de pêche répertoriés par le ministère des Pêches, les 132 sont +sénégalais+, les 19 autres sont des étrangers, français et espagnols. Bizarrement, aucun bateau chinois ni russe n’a été répertorié par le ministère des Pêches’’, note Walf.
Pour Libération, en publiant la liste des navires autorisés à pêcher au Sénégal, ‘’Dr Fatou Diouf joue la carte de la transparence’’.
‘’L’Etat pêche pour la transparence’’, note de son côté Le Quotidien.
Les quotidiens signalent par ailleurs que le président de la République Bassirou Diomaye Faye effectue une visite officielle en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la diplomatie de bon voisinage.
Le président Faye en est à sa quatrième visite officielle dans la sous-région depuis son installation, le 2 avril 2024.
‘’Diomaye chez Ouattara ce mardi’’, affiche Bès Bi. ‘’Après la Mauritanie, la Gambie, la Guinée Bissau, le chef de l’Etat effectue une visite officielle ce mardi, en Côte d’Ivoire’’, annonce le journal.
”Cette visite de Bassirou Diomaye Faye en Côte d’Ivoire, est le premier contact avec le pays qui pèse le plus dans la zone UEMOA’’, explique la publication.
‘’Le président Diomaye reprend les airs’’, annonce pour sa part La Tribune.
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NAFI GUEYE, LA REINE-MÈRE DE DES APATRIDES
Tout être humain devrait être inscrit à l’état civil et obtenir toute les pièces administratives qui actent son existence. Mais force est de constater qu’au Sénégal des millions de personnes n’ont pas cette existences légale.
Coach en entrepreneuriat et consultante indépendante, Nafi Gueye est la fondatrice de l’Association J’Existe. Une jeune association qui se dédie à la régularisation des personnes non déclarées à la naissance pour diverses raisons et qui n’ont pas, de ce fait, d’actes d’État civil.
Avec son équipe, Nafi travaille à identifier ces personnes et surtout les enfants concernés. J’Existe enclenche le processus pour que ces documents précieux leur soient établis par l’Administration.
Interrogée à Abidjan en mars dernier, en marge d’un atelier de formation sur la mobilisation des ressources et la durabilité organisationnelle offert par Open Society Africa, la jeune entrepreneure explique face à la camera d’AfricaGlobe Tv en quoi consiste le travail de son association et pourquoi il est pertinent que chaque tout être humain soit muni de tous ses actes d’État civil.
Suivez son entretien sur AfricaGlobe Tv.
Par Amadou Lamine SALL
NON, LA BIENNALE DAK’ART N’EST PAS HOSPITALISÉE
Radioscopie oui, autopsie non ! Le Dak’Art est bien vivant. Mais il faut toujours commencer par le commencement : remercier l’État du Sénégal !Ne jamais oublier ceux qui vous ont aidé à grandir
Radioscopie oui, autopsie non ! Le Dak’Art est bien vivant ! mais il faut toujours commencer par le commencement : remercier l’État du Sénégal !Ne jamais oublier ceux qui vous ont aidé à grandir. On dit souvent : « l’État n’a pas tout fait ». Avec le Dak’Art, il a tout fait. De 1990, date de sa création jusqu’à la prochaine édition de novembre 2024, près de 34 années se sont écoulées et l’État assume toujours le budget du Dak’Art. Ce n’est pas peu.
Moche, belle, pauvre ou riche, la Biennale a tenu, parce que l’État a tenu. Elle est née d’une volonté politique partie d’un rêve et d’une initiative du poète Amadou Lamine Sall et d’intellectuels qui le rejoindront dont le surdoué Moustapha Tambadou et l’écrivain Cheikh Hamidou Kane qui deviendra le 1er Président en exercice de la 1ère édition de 1990. Il y a eu surtout l’affirmation d’un homme : feu Moustapha KA, alors ministre de la Culture du Président Abdou Diouf. Les archives sont là pour tout attester. Une correspondance adressée au Président Abdou Diouf pourinstituer une « Biennale internationale des lettres et des arts », dans son appellation première, aura un écho favorable. Une réponse signée par un certain Jean Colin, Secrétaire Général de la présidence de la République de l’époque, nous donnera le feu vert.
L’année 1990 accueillit alors l’édition des Lettres. L’an 1992 celle des Arts, avant que Amadou Lamine Sall ne passe la main comme 1er Secrétaire Général en exercice. La Biennale devient alors une « Biennale de l’art africain contemporain », contre sa volonté, sous Madame le ministre feue Coura Ba Thiam. Son successeur, le brillant Rémy Sagna, fut d’une compétence hors norme. Pas un seul Secrétaire Général de la Biennale ne doit être omis dans les félicitations. Les ministres de la Culture également, même si certains nous laissent des souvenirs bien douloureux, à vite oublier.
Le Dak’Art est un tout. C’est l’œuvre d’une formidable famille depuis sa naissance. Pour l’histoire, nous avions convaincu le très chic et couru « BeauxArts Magazine » de Paris, dont le directeur de publication était Jean-Noël Beyler, de publier sous forme de numéro spécial, le catalogue de la Biennale des arts 1992, pour plus de rayonnement international. Même souvent en décomposition très avancée, le Dak’Art gagna et étonna le monde. Sa permanence, la foi des acteurs qui l’animent, la forte demande artistique africaine, l’encrage de la place de Dakar comme foyer ardent des arts depuis Senghor, la résonnance des galeristes dakarois, l’engagement admirable des critiques d’art nationaux, le travail colossal des journalistes culturels laissés à eux-mêmes, avec le nom du brave et inépuisable Alassane Cissé à retenir. Autant de dynamiques plurielles qui nourrissent la pérennité du Dak’Art.
Il est temps, désormais, que l’État du Sénégal dont nous ne cesserons jamais de louer l’action, accepte enfin de franchirle pas et de donner à la Biennale un statut décisif qui sied à ses missions, dû-t-il garder avec elle un cordon ombilical protecteur. Cela pourrait être sous la forme d’une « Fondation internationale d’utilité publique » dénommée, entre autres, « Fondation Art Mécénat International ». Cette proposition date déjà des années 92. Mais les États sont un peu comme les continents qui se déplacent plus lentement que les hommes. L’État est lent, comme figé. Combien d’études ont été financées sur le renouveau du statut de la Biennale pour aboutir à des rapports laissés aux rats dans les tiroirs des ministres ? En un mot, il ne s’agit de rien d’autre que de créer un outil performant et gagnant, un réservoir précieux de ressources humaines qualifiées, aptes à conduire le Dak’Art, à lui offrir l’opportunité d’aller capturer des financements internationaux hors de portée d’un État, pour mieux assurer l’avenir toujours chancelant mais incroyablement debout d’une Biennale unique en Afrique et désirée du monde.
Jean Loup Pivin, critique d’art, auteur d’essais sur les expressions contemporaines africaines, également fondateur de la célèbre « Revue Noire » écrit ceci : « …la survie de la Biennale ne viendra que dans son externalisation à une structure tiers sénégalaise avec un droit de regard sur la probité de sa gestion, soit avec un État qui continue mais arrête de faire croire qu’il sait faire… le Sénégal ne capitalise pas ce formidable engouement, mais au contraire le détruit. Sa gestion étatique remet en question sa crédibilité et interdit tout autre forme de financement… Qu’un pays, le Sénégal, s’investisse dans la propagation de sa vitalité reste à célébrer. Mais qu’il en finisse avec le bricolage organisationnel ». Enfin, Pivin fait sa propre évaluation de l’édition Dak’Art 2016, allant du choix des commissaires, aux productions et expositions, au colloque international « invraisemblable de désorganisation et sans traducteurs… aux torpeurs du Village des arts, un village atone, des artistes assoupis qui vous accueillent comme des marchands maladroits d’une galerie de misère … le non-retour des œuvres quand elles arrivaient à être dédouanées et exposées… un programme inaccessible … Il semblait qu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion ». Oui, les critiques sont nécessaires, même quand elles font mal. Hélas, nous n’en avons pas la culture !
Le Dak’Art pourrait s’autofinancer si on lui accordait l’autonomie adéquate et laisser enfin l’État sénégalais souffler. Ce n’est pas l’argent qui manque chez les bailleurs. Il fait florès. La Biennale est « vendable ». Elle est crédible, créatrice d’emplois, de visibilité et elle rayonne. Ce qui a fait jusqu’ici défaut, c’est l’engagement concret de ministres en charge de la Culture qui n’ont jamais pris solidement en main le dossier de la Biennale et le porter sur le bureau du président de la République. Encore que ce dossier de réforme puisse être traité sans que l’on soit obligé d’aller déranger le Président qui a tant à faire. Parions que Madame le ministre Khady Diène Gaye la Joalienne et son branché Secrétaire d’État M. Bacary Sarr, s’y essayeront et réussiront. Juste les laisser prendre le temps de mieux comprendre pourtrancher. Il est également temps de surseoir à la fonction de « Président » du Dak’Art, pour dégrossir. Les évaluations sont incontournables. Elles reflètent la transparence et la rigueur d’un management ! Le « Comité dit d’orientation ou comité scientifique » de la Biennale devrait pouvoir être dirigé parle Secrétaire général lui-même avec à ses côtés le Directeur artistique et ses commissaires. Il arriverait même que le Président et le Secrétaire Général se marchent sur les pieds. D’ailleurs, à la vérité, ni l’un ni l’autre n’occupe des fonctions bien définies qu’un Arrêté ministériel tiède fixe sans définition stricte les missions.
Pour parler d’un certain Simon Njami deux fois Directeur artistique du Dak’Art, disons qu’il a parrapport à tous les précédents Directeurs artistiques de la Biennale, l’éclat, l’insolence oratoire et créatrice de nous secouer, de nous contrarier, de nous étonner, de nous montrer nos insuffisances créatrices. Il est écrivain, commissaire d’exposition, essayiste et critique d’art. Il est « polysémique » ! C’est cela la marque apportée par ce Directeur artistique audacieux, énigmatique, subtilement génial et si dérangeant. C’est bien avec lui que Dak’Art a innové avec des thématiques osées, décisives ! Il est venu réveiller les éternels retardataires et poussiéreux critiques classiques de l’art africain qui se suffisent du peu. En art, cela fait du bien de venir avec l’insulte et le coup de pied dans la fourmilière. N’était-ce pas cela la posture féconde et révoltée que l’éclectique et osé artiste sénégalais El Hadji Sy comme feu Mbaye Diop, avaient eu face aux peintres de la fameuse école de Dakar, sortie de la non moins géniale vision de Senghor ? C’est dans l’audace, le refus, la révolte, que l’art se tisse. C’est un don de saisissement et de provocation. C’est un court-circuit électrique, une foudre. Dans l’histoire de l’art et de ses surprises légendaires, on se souvient de Marcel Duchamp qui avait « envoyé une pissotière à un jury américain en déclenchant une révolution esthétique. » On pense aussi dans le contexte de l’aprèsguerre à cette émergence d’un art américain, une sorte « d’expressionisme abstrait » avec des peintres comme Jakson Pollock et Barnett Newman. Le Dak’Art est devenu un boulevard de feux verts. Il faut y mettre des feux rouges. On veut des accidents esthétiques spectaculaires ! C’est cela l’éclat de l’art contemporain ! Nous sommes en train de créer ensemble une nouvelle histoire de l’art africain avec le Dak’Art. Il nous faut alors des directeurs artistiques téméraires, singuliers, poliment irrévérencieux, libres, dérangeants, explorateurs d’espaces nouveaux. Faire également appel demain à des directeurs artistiques asiatiques, américains et sud-américains, afin d’ouvrir un regard toujours neuf sur le Dak’Art pour le réinventer sous le saisissement d’autres cultures qui l’enrichiront en dialoguant avec l’Afrique « prodigieuse ».
Il faut libérer le Dak’Art ! L’art a besoin d’infinis, de « coups d’état », de génocides plastiques, de meurtres esthétiques et de ruines habitables ! Au diable l’académisme des critiques d’art ! L’imposture artistique est même devenue un nouveau courant par l’incongruité d’œuvres qui nous perturbent par le surgissement de supports quirenversent notre vision tranquille de l’art. Les « installations » en font partie ! Aux critiques d’art de s’adapter aux nouveaux rites ! Aux galeristes de donner leur place aux « voyous », aux « violeurs », aux « marginaux » d’un art qui très vite a atteint ses limites de créativité courte et d’imitation. Les embouteillages des copistes sont devenus insoutenables. Nous sommes fatigués des « photocopies ». Nous voulons de nouveaux fous. Il nous faut de nouveaux « asiles » pour l’art africain contemporain. L’avenir est dans de nouvelles autoroutes artistiques et plastiques, sans tracés et sans péage ! N’oublions pas surtout la part fondamentale que doit prendre l’enseignement de l’éducation artistique dans nos écoles, juste pour faire naître des vocations. Elle devrait être une discipline obligatoire dans l’éducation nationale comme le latin l’était au temps de Senghor !
En art, le temps ne rattrape jamais les mauvais artistes déjà consacrés. Il les renforce. Il est des œuvres qui sont de véritables mensonges artistiques, mais on les fait gagner. Oui, on fabrique des artistes comme on fabrique des smartphones ! J’ai vécu cette incroyable aventure en rencontrant des galeristes qui font et défont le marché de l’art sur la place de Paris, Londres, New-York, Tokyo, la Havane, Johannesburg, Kinshasa. La Biennale a fait du Sénégal la capitale artistique et culturelle de l’Afrique et du monde. « Ce que la politique et la diplomatie n’ont pas su faire », Dak’Art l’a fait ! Ils viennent de partout, ils sont tous là les passionnés de l’art contemporain, jusqu’aux pernicieux et fidèles pilleurs et voleurs de patrimoine aux yeux bleus. Vivement, par ailleurs, la mise en fonction du musée d’art contemporain. Soyons ambitieux. Redonnons à l’Afrique sa place dans l’histoire de l’art. Elle a plus donné qu’elle n’a reçu. Nos artistes, sans injure, décolonisent en silence notre art et ses espaces de représentations. Nous sommes assez puissants et « divins » pour reconstituer et proposer au monde un art nouveau et des musées vivants. Nos artistes le prouvent. Le Dak’Art n’est plus seulement une Biennale, un pays. Le Dak’Art est ce qu’un continent peut apporter à d’autres continents dans l’émerveillement et le métissage artistique mondial. Si nos artistes ne dialoguent pas avec les autres créations esthétiques du monde, ils mourront. Tant mieux alors si la Biennale dialogue désormais aux confins des métissages, avec de meilleurs Picasso, de meilleurs Manet, des Gauguin plus fous encore, de meilleurs Manessier, de meilleurs Vinci.
Je repensais aux deux tableaux de Picasso revendus il y a peu, à 27 millions d’euros, soit près de 17 milliards FCFA et au Vinci récemment découvert et vendu à près de 450 millions de dollars, soit près de 270 milliards de FCFA. Comment devant le vertige de tels chiffres, ne pas replacer l’art dans sa dignité et les artistes dans leurs droits au respect, au confort, à la reconnaissance ? C’est si injuste cette dignité des mendiants dont on habille nos artistes en Afrique ! Un marché de l’art africain crédible et puissamment pensé et encadré par un partenariat syndiqué des plus puissantes institutions financières et bancaires africaines avec leurs homologues du Nord, pourrait faire rêver les héritiers de Pape Ibra Tall, Ibou Diouf, Bocar Diongue, Iba Ndiaye, Souley Keïta, Ndary Lo, l’éthiopien Zérihun Yetmgeta, le Zimbabwéen Tapfuma Gutsa, le Nigérian Muaina Oyélami, l’algérien Malek Salah. Le Dak’Art doit avoir cette ambition et ne pas s’arrêter à rien d’autre qu’à des expositions in et off, des colloques, des remises de distinctions et des prix si faiblement dotés et vite oubliés ! C’est d’ailleurs ici l’occasion de rechercher et de trouver toutes les œuvres primées depuis la Biennale des arts de 1992 à nos jours, pour les exposer dans notre prochain musée d’art contemporain avec un espace dénommé : « Regard sur les trésors nominés du Dak’Art depuis sa création ».
C’est ici, à Dakar et nulle part ailleurs, que la terre se donne rendez-vous pour voir, admirer, l’art africain contemporain. Les suites et les retombées économiques sont immenses et dépassent notre attente, sans que nous essayions d’en consigner les statistiques, ce qui a toujours fait notre faiblesse non usurpée. Comment, diable, dans notre maladive manque de rigueur et de prospective, arrivons-nous d’ailleurs, avec deux sous, une organisation boiteuse et plâtrée, à toujours étonner le monde ?
Quoiqu’il arrive, la prochaine édition de novembre 2024 sera encore une belle fête, même avec une claudicante organisation. C’est notre secret à nous les grands et prodigieux nègres ! Toutefois, la réussite existe toujours. Il suffit d’en payer le prix !
TRAFIC INTERNATIONAL D’ANGUILLES : LA DIC DEMANTELE LE RESEAU SENEGALAIS
«Plusieurs personnes ont été interpelées et entendues, notamment un ressortissant chinois, contre lequel un mandat d’arrêt international a été délivré, et qui pourrait faire l’objet d’une demande d’extradition parla France.
La Division des investigations criminelles (DIC) a démantelé un réseau sénégalais de trafic International d’anguilles. Selon une note parvenue à Sud Quotidien, «Plusieurs personnes ont été interpelées et entendues, notamment un ressortissant chinois, contre lequel un mandat d’arrêt international a été délivré, et qui pourrait faire l’objet d’une demande d’extradition parla France. Plusieurs perquisitions ont été opérées, permettant de récolter de précieux éléments de preuve, et de saisir une grande quantité de matériel utilisé par le réseau de trafiquants (climatiseurs, purificateur d’eau, appareil d’oxygénation de l’eau, bassins, congélateurs etc.)». La source précise que l'ONG EAGLE-Sénégal, qui lutte contre le trafic de faune en Afrique, a également apporté son concours et soutien à cette affaire en mettant à disposition de la Police Judiciaire Sénégalaise, à travers la Division des Investigations Criminelles (DIC), les renseignements qu’elle détenait sur les agissements de l’organisation criminelle au Sénégal.
En effet, renseigne-t-on dans le document, une délégation conduite par un Juge d’Instruction français a séjourné au Sénégal, du 28 au 30 avril 2024, pour enquêter sur les ramifications africaines d’un trafic international portant sur espèce protégée, anguila anguila (civelle européenne). L’enquête a débuté en février 2023, suite à la découverte parla Direction des Opérations Douanières (DOD) française d’un entrepôt situé en région parisienne abritant plus de 300 kg de civelles (anguilles), destinés à être envoyés au Sénégal. Dans le cadre d’investigations confiées au Service d’Enquête Judiciaires des Finances (SEJF) français, d’autres saisies ont été opérées par les douaniers de l’aéroport de Roissy.
«L’enquête a rapidement permis d’établir que le Sénégal était vraisemblablement utilisé comme pays de rebond de ces espèces protégées ayant pour destination finale l’Asie, nécessitant une coopération entre les deux pays. C’est dans ce cadre qu’une demande d’entraide judiciaire internationale a été transmise par le juge d’instruction français aux autorités judiciaires sénégalaises conformément à la Convention d'entraide judiciaire entre le Sénégal et la France», indique la même source.
Et de relever que les éléments recueillis lors de l’exécution de la Commission Rogatoire Internationale (CRI) ont permis de «confirmer les premières investigations. La coopération entre les enquêteurs sénégalais de la DIC et les enquêteurs français a permis d’établir que les civelles pêchées en France étaient acheminées depuis l’aéroport de Roissy dans les bagages en soute de passeurs de diverses nationalités asiatiques (des Chinois et des Malaisiens). Après un séjour d’environ 3 semaines dans des bassins spécialement aménagés dans des entrepôts de la périphérie de Dakar, les civelles étaient réexportées vers Hong Kong par fret aérien. Le passage par l’Afrique permettait de masquer l’origine réelle des civelles et d’éluder la réglementation liée à l’exportation de civelles (anguila anguila) protégées par la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en déclarant frauduleusement la marchandise comme une autre espèce non protégée». Déjà, le Sénégal règlemente la détention, circulation, commercialisation, importation et exportation des espèces sauvages notamment grâce au Code de la chasse et de la faune et son adhésion en1977à la Convention de Washington, la CITES. Conformément à la loi, aucune espèce sauvage, ne peut faire l’objet d’import-export au Sénégal de façon illicite sans en subir les conséquences légales.
La Dic démantèle un réseau de trafiquants d’anguilles…
Suite à la découverte en 2023 par la Direction des Opérations Douanières (DOD) françaises d’un entrepôt situé en région parisienne abritant plus de 300 kg de civelles (anguilles), destinées à être envoyés au Sénégal, une délégation conduite par un Juge d’Instruction français a séjourné au Sénégal du 28 au 30 avril 2024 pour enquêter sur les ramifications africaines d’un trafic international portant sur une espèce protégée, Anguilla (civelle européenne). L’enquête a rapidement permis d’établir que le Sénégal était vraisemblablement utilisé comme pays de rebond de ces espèces protégées ayant pour destination finale l’Asie, nécessitant une coopération entre les deux pays. Ainsi une demande d’entraide judiciaire internationale a été transmise par le juge d’instruction français aux autorités judiciaires sénégalaises conformément à la Convention d'entraide judiciaire entre le Sénégal et la France. Les éléments recueillis lors de l’exécution de la Commission Rogatoire Internationale (CRI) ont permis de confirmer les premières investigations. Ce qui fait que plusieurs personnes ont été interpellées et entendues, notamment un ressortissant chinois contre lequel un mandat d’arrêt international a été délivré, et qui pourrait faire l’objet d’une demande d’extradition par la France. Plusieurs perquisitions ont été opérées, permettant de récolter de précieux éléments de preuves, et de saisir une grande quantité de matériel utilisé par le réseau de trafiquants.
…D’autres saisies opérées par les douaniers
Dans le cadre d’investigations confiées au Service d’Enquêtes Judiciaires des Finances (SEJF) français, d’autres saisies ont été opérées par les douaniers de l’aéroport de Roissy. La coopération entre les enquêteurs sénégalais de la DIC et les enquêteurs français a permis d’établir que les civelles pêchées en France étaient acheminées depuis l’aéroport de Roissy, dans les bagages en soute de passeurs de diverses nationalités asiatiques (des Chinois et des Malaisiens). Après un séjour d’environ 3 semaines dans des bassins spécialement aménagés dans des entrepôts de la périphérie de Dakar, les civelles étaient réexportées vers Hong Kong par fret aérien. Le passage par l’Afrique permettait de masquer l’origine réelle des civelles et d’éluder la réglementation liée à l’exportation de civelles (anguila anguila) protégées par la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en déclarant frauduleusement la marchandise comme une autre espèce non protégée. L'Ong eagle-Sénégal, spécialiste de la lutte contre le trafic de faune en Afrique, a également apporté son concours et soutien à cette affaire en mettant à disposition de la Police Judiciaire Sénégalaise, à travers la Division des Investigations Criminelles (DIC), les renseignements qu’elle détenait sur les agissements de l’organisation criminelle au Sénégal. Il est à rappeler que le Sénégal réglemente la détention, circulation, commercialisation, importation et exportation des espèces sauvages notamment grâce au Code de la chasse et de la faune et son adhésion en 1977 à la Convention de Washington, la CITES. Aucune espèce sauvage ne peut faire l’objet d’importexport au Sénégal de façon illicite sans en subir les conséquences légales.
Guirassy reçoit les Inspecteurs
Le ministre de l'Education nationale poursuit ses rencontres avec les acteurs de l'éducation. Moustapha Guirassy a reçu hier les inspecteurs d’Académie et les inspecteurs d’éducation et de formation (IEF). Ces derniers ont présenté au ministre leurs difficultés. Ils ont relevé le manque de logistiques et d’infrastructures en fonction des localités. Le coordonnateur des IA, Gana Sène, a évoqué également des problèmes de ressources humaines pour assurer un encadrement rapproché des enseignants.
L’élève s’essaie au vol
L’élève de 19 ans F. Sylla a emprunté le chemin de la délinquance jusqu’à s’ouvrir les portes de la prison. Il s’est rendu dans un appartement à la cité Mixta pour tenter de voler un poste téléviseur. Les choses se sont produites samedi. Mais au moment de sortir de l’appartement, il a eu la malchance de croiser sa victime O. Ly qui alerte les voisins. Des vigiles du quartier sont venus à sa rescousse. Ils ont interpellé l’élève indélicat avant de le conduire à la police des Parcelles assainies. F. Sylla a nié les faits. Ce récidiviste a été placé en garde à vue et déféré au parquet pour flagrant délit de vol.
Abus de confiance
Tailleur de profession, Malick devient un courtier de visas à ses heures perdues. Et la dame Nd. A. Mbaye l’a appris à ses dépens. Voulant convoyer son jeune frère aux Etats-Unis, la femme d’affaires s’en est ouverte à Malick qui lui réclame 05 millions. La victime lui remet une avance de 03 millions et le reliquat sera payé à l’arrivée. Mais le tailleur ne respectant pas ses engagements s’est fondu dans la nature. Ce qui a poussé la dame Mbaye à porter plainte contre le mis en cause qui sera interpellé par la police. Il est placé en garde à vue et déféré au parquet pour abus de confiance.
Le Sudes/Esr bloque Pr Ismaila Madior Fall
Le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) est en train de chercher une planque au Pr Ismaïla Madior Fall, ancien ministre. Il tente de parachuter le constitutionnaliste à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN/UCAD). Mais la Section UCAD du Syndicat unitaire démocratique des Enseignants du Sénégal (Sudes-Esr) dit niet. Dans un communiqué parvenu à «L’As», le porte-parole du Sudes-Esr, Pr Sylvestre, trouve que celle-ci est en violation du décret portant organisation et fonctionnement de l’Institut fondamental d’Afrique noire. Par ailleurs, le syndicaliste souligne que dans une optique d’optimisation des ressources humaines telle que prônée par les nouvelles autorités, Pr Ismaïla Madior Fall serait beaucoup plus utile à sa faculté d’origine qu’il connaît très bien et où l’attendent d’importantes tâches d’enseignement et d’encadrement dans un contexte de déficit de personnel enseignant et de recherche.
Diomaye en Côte d’Ivoire
Le Président Bassirou Diomaye Faye poursuit sa tournée diplomatique qu’il a entamée par les pays voisins. Il est attendu aujourd’hui à Abidjan où il aura une séance de travail avec le Président Alassane Ouattara. Pour rappel, Diomaye a été en Mauritanie, en Gambie et en Guinée Bissau.
Transfert de technologie ARNm au Sénégal
Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a lancé hier le programme de transfert de la technologie à ARNm de l’Organisation mondiale de la Santé. Il permettra d’améliorer la capacité du Sénégal à répondre aux futures pandémies et de promouvoir la durabilité des applications de la technologie à ARNm. Le Sénégal tire ainsi les leçons de la covid-19 qui avait révélé les inégalités à l’accès aux médicaments et vaccins. C’est pour cette raison que l’OMS a exhorté les pays à revenus faibles et intermédiaires à développer des stratégies pour renforcer leurs capacités à faire face à de nouvelles crises sanitaires et à promouvoir la production locale. C’est le sens de l’ambition du Sénégal de réaliser la souveraineté pharmaceutique.
Des officiers de la marine formés
Pour mieux maîtriser les infractions en cybersécurité dans le milieu maritime, une session de formation de cinq jours en matière de cybersécurité maritime s’est ouverte hier à Dakar. L’objectif est, entre autres, de permettre à des officiers de la marine de 16 pays du Golfe de Guinée de maîtriser les techniques de détection des attaques maritimes et d’appréhender les techniques d’investigations numériques. L’atelier a été organisé par l’institut de sécurité maritime interrégional (Ismi) basé à Abidjan et l’École nationale de cybersécurité à vocation régionale de Dakar tiennent, hier.
IL FAUT ASSAINIR SANS FAIBLESSE
Face à l’ampleur de la problématique foncière au Sénégal, Alioune Tine exprime son inquiétude et appelle le président à prendre des mesures décisives pour y remédier.
Face à l’ampleur de la problématique foncière au Sénégal, Alioune Tine exprime son inquiétude et appelle le président à prendre des mesures décisives pour y remédier.
«La question foncière et les forces d’inertie qui bloquent toute volonté ou initiative de faire bouger les lignes. La transgression de la loi, des traditions, des valeurs morales par les prédateurs fonciers est sans limite, décomplexée mais gare à ceux qui osent toucher à ses «ressources foncières dérobées», avec la complicité de fonctionnaires corrompus.
Alors on sort tout l’arsenal juridique pour « laver», ses biens accaparés en toute illégalité. PR Bassirou Diomaye Faye, il faut assainir sans faiblesse, vous êtes porteur d’un mandat clair et vous avez les moyens juridiques et constitutionnels pour réussir. Il faut foncer», a réagi Alioune Tine, le président AfrikaJom Center, sur X.
MBOUR 4, LA FACE CACHÉE DU FONCIER
Alors que le Médiateur de la République tente d'apaiser les tensions, l'affaire Mbour 4 révèle l'ampleur des distorsions et des attributions irrégulières de terrains à de nombreuses personnalités politiques et du monde des affaires
La décision des autorités de suspendre toutes les opérations domaniales sur le littoral de Dakar et plusieurs autres lotissements litigieux à l’intérieur du pays continue de susciter des réactions et appréciations diverses. Le tout sur fond de rebondissements, de «scandales» présumés et de «non-dits» dans le dossier complexe de la gestion du foncier au Sénégal dont celui de Thiès (Mbour 4).
Le Médiateur de la République organise un atelier «d'échanges sur le foncier au Sénégal». La rencontre qui se tient ce mardi 07 et demain mercredi 08 mai 2024, à partir de 09H, à Dakar, «a pour objectif : de faire l'état des lieux de la problématique ; de permettre au Médiateur de mieux documenter ses recommandations et propositions de réformes pour une gestion transparente et juste du foncier au Sénégal en particulier en milieu rural», informe un communiqué. Ce séminaire se tient dans un contexte de rebondissements sur fond de «scandales» présumés et de «non-dits» dans le dossier complexe de la gestion du foncier au Sénégal notamment les dossiers du littoral et de Thiès (Mbour 4). «Il est inconcevable, au nom de la justice sociale, et du droit de chaque citoyen à un logement décent, de voir un Thiessois, sans mérite particulier, recevoir 13 hectares (ha), tandis que la Ville n'en dispose que de 3. Il est inacceptable que cette personne se sente à l'aise en regardant ses concitoyens et même en leur demandant leur soutien pour diriger cette ville. Croyez-moi, cela ne restera pas impuni», déclarait le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, lors d’une visite inopinée qu’il a effectué, le mercredi 1er mai 2024, dans la matinée, à Mbour 4, à Thiès, pour s’enquérir de la situation sur place, suite à sa récente décision de faire arrêter les travaux de construction dans certaines zones dont des domaines maritimes. Alors que des Sénégalais s’interrogent sur l’identité de cet homme politique indexé par le chef de l’Etat, l’on assiste à un rebondissement dans ce dossier.
Selon le quotidien Bes-Bi, le président Diomaye Faye faisait référence à Idrissa Seck, détenteur du TFNKM/27, avec une parcelle de 13 hectares dans la zone ZAC (Zone d’aménagement concerté). En effet, contrairement à Thiès Ville Neuve, la Nouvelle Ville de Thiès-FandèneNotto-Keur Mousseu où c'était le ministère de l'Urbanisme et le Directeur des Domaines qui se chargeaient de la répartition des terres, à Mbour 4, les allocations de terres se faisaient en hectares. Toutefois, partant de l’édition d’hier lundi de ce journal, le mal est plus profond car ces 13 ha ne sont que l’arbre qui cache la forêt des parcelles octroyées à d’autres attributaires notamment des dignitaires politiques, hommes d’affaires, leaders religieux etc.
Identité de bénéficiaires de « gros lots » à Mbour 4
En plus de l’ancien maire de la ville de Thiès et président de Rewmi, Idrissa Seck, dont les 13 ha semblent offusquer plus d’un, Kalidou Wagué a aussi bénéficié de trois titres fonciers (3TF) pour un total de 17 ha. L’artiste et homme d’affaires Youssou Ndour est attributaire du TFNKM/75 dont la superficie est de 05 ha, Antoine Félix Abdoulaye Diome, le ministre de l’Intérieur au moment des faits, en juillet 2023, et Augustin Tine sont propriétaires des TFNKM/96 avec 05 ha et TFNKM/145 de 05 ha. Mouhamadou Lamine Massaly bénéficie de 40 parcelles, sous le TFNKM/104.
L’ancien ministre Daouda Dia dispose du TFNKM/132 de 01 ha et Arona Dia du TFNKM/98 avec 10 ha. Il y a également les anciens ministres Mor Ngom bénéficiaire du TFNKM/138 avec 01 ha et Doudou Ka 10 ha. Cheikh Oumar Anne détient 3 TF qui font 05 ha. La députée-maire de Gniby, Ami Ndiaye, est attributaire du TFNKM/169 de 01 ha. Jean Paul Diaz a son TFNKM/208 de 05 ha. On retrouve sur la liste des attributaires Pape Diop avec le TFNKM/26, couvrant une superficie de 10 hectares dans la même zone, le député Abdou Mbow, avec à la fois le TFNKM/117 de 01 hectare et le TFNKM/170 d'une superficie de 01 hectare également.
Dressant l’état des lieux des lotissements de Thiès, le journal relève également des parcelles qui reviennent à plusieurs services et organisations. Ainsi, pour ce qui est des différentes collectivités territoriales, la commune de Keur Moussa a obtenu 25 parcelles, la commune Thiès-Nord 50, la Ville de Thiès 120, la commune de Fandène 50, la commune de Thiès-Ouest 65, la commune de Thiès-Est 50, le Conseil départemental de Thiès 50. En outre, les délégués de quartier ont bénéficié de 47 parcelles, les communicateurs traditionnels 10, la presse 27, la justice 163, la société civile 50, les religieux 100, les personnes handicapées 10 parcelles ou encore les anciens combattants 25. Et la liste est loin d’être exhaustive. Il reste, néanmoins, d’autres attributions non encore répertoriées et qui font l’objet de demandes de parcelles et divers contentieux, au nombre de 636. En attendant, certains justifient ces attributions par une «décision de l’autorité» et son «souci de ne laisser aucune composante» de la population.
Spectre d’une situation ou l’État se retrouverait en situation délictuelle
Une situation qui a motivé le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, dans sa décision de mettre de l’ordre dans le secteur du foncier, à s’engager «à suspendre toutes les opérations sur les terrains de Mbour 4 et ceux dans le même cas». Tout en dénonçant «de graves distorsions à l’égalité et à l’équité entre les citoyens», sur ce site dont la première partie se trouve dans la commune de Thiès-Ouest, dans la ville de Thiès, tandis que la deuxième partie, plus récente et couvrant plus de 2000 hectares, est située dans la commune de Keur Mousseu. Cette mesure épouse les décisions prises environ une semaine plus tôt, demandant notamment l’arrêt des travaux sur le littoral et la suspension des procédures et opérations domaniales sur certains lotissements litigieux. A travers une lettre circulaire datée du 29 avril 2024, le ministre des Finances et du Budget a saisi le Directeur général des Impôts et des Domaines (DGID) à qui il est demandé de prendre des mesures concernant la lancinante question du foncier, objet de litiges. Mieux, le document liste les zones et opérations foncières concernées par cette décision d’arrêt de travaux au niveau de plusieurs lotissements notamment à Dakar, Thiès, Mbour et Saint-Louis. Seulement, cette décision de l’autorité d’arrêter toutes les procédures et travaux notamment sur littoral est considérée comme «sans fondement», par l’avocat Me Doudou Ndoye.
L’ancien ministre de la Justice, invité de l’émission Grand Jury sur RFM, est d’avis que «le président n’en a pas le droit. Jusqu’à présent, je n’ai pas entendu ou lu où le président Bassirou Diomaye ordonne l’arrêt de tous les travaux sur le littoral et dans d’autres localités». Selon lui, «il s’agit et n’existe» qu’une circulaire du ministre compétent. «Une circulaire est un document interne, qu’envoie le ministre à ses collaborateurs domaniaux pour interdire une quelconque collaboration avec ces constructeurs de ces zones. Mais il ne s’agit pas du président de la République. Mais je réaffirme ce que j’ai dit, il n’en a pas le droit de faire ça», a précisé Me Doudou Ndoye qui appelle à situer les responsabilités avant toute décision. «J’estime que celui qui a ordonné de tout casser et arrêter n’est pas en règle. Il faudra faire des enquêtes avant de décider. Je ne dis pas néanmoins que ceux qui ont construit là-bas sont en règle», a-t-il soutenu. Pour Me Doudou Ndoye, qui a expliqué comment les terrains ont été acquis dans la zone, «sur le littoral, toute personne qui touche à une construction commet un délit». Car, «(…) c’est sur un terrain qu’on a reçu légalement avec un titre foncier donné par l’Etat. Et puis on vous donne une autorisation de construire légalement. Quiconque touche votre construction commet un délit au sens du Code pénal sénégalais», a-t-il dit dans Emedia.
Lotissement de Mbour 4 : un programme aux objectifs dévoyés
Le lotissement de Mbour 4 est réservé, selon l’ancien régime, à la construction de 2051 logements sociaux de Type F3 de 60 m² habitables, destinés aux familles à revenus faibles et irréguliers. Il y est prévu aussi 942 logements économiques de Type F4 de 80 m² habitables qui seront construits pour la diaspora ; histoire de renforcer les liens avec les Sénégalais établis à l’étranger, défendait l’ancien ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, Abdoulaye Saydou Sow, lors d’un déplacement sur les lieux, en juillet 2023. En outre, 731 logements de standing de Type F5 de 163 m² habitables y seront érigés pour la classe moyenne, leur offrant un cadre de vie à la hauteur de leurs aspirations.
UN VERITABLE SAC A NŒUD
Gratuite de la dialyse au Sénégal - La prise en charge des malades du rein est un véritable serpent de mer dans les politiques de santé communautaire au Sénégal.
Depuis quelques jours, la dialyse est citée dans les dossiers épinglés dans les rapports de l’Ofnac concernant la gestion des fonds Covid et cie. Une prise en charge gratuite au Sénégal, mais qui a amené à un moment, certains malades à acheter des compléments pour pouvoir accéder à leur séance.
La prise en charge des malades du rein est un véritable serpent de mer dans les politiques de santé communautaire au Sénégal. Tant elle est source de controverse et d’opposition entre les principaux acteurs, comme en témoigne cette affaire sulfureuse affaire de kits de dialyse dévoilée par un rapport de l’Ofnac. Pourtant, face aux allégations des associations de malades en situation de dialyse qui parlaient de surfacturation dans l'achat des kits de dialyse par l'Agence de la Couverture Maladie Universelle, les autorités du ministère de la santé et de l’action sociale avaient catégoriquement nié. Selon elles, l’Acmu achèterait même ces kits à un prix bien supérieur au marché. Pis encore, ces associations avaient dénoncé l’achat de certains médicaments très souvent en rupture et indispensables dans le processus de dialyse pour pouvoir le faire. A défaut, la séance était reportée. Le ministère de la Santé et de l’action sociale s’est encore braquée et a souligné que les intrants étaient disponibles et aucun frais n’a été déboursé par un malade dans les structures publiques de santé du pays. Avant d’arguer que dans le privé, l’Etat avait souscrit un partenariat qui permettait de prendre en charge des patients à moindre coût. Cependant, de la parole à l’acte, un grand fossé a été constaté. Les malversations n’en finissaient pas. Dans certaines structures de santé, des malades étaient obligés d’acheter certains médicaments pour faire leurs séances. Dans le privé, le prix varie entre 60 mille par séance à 120 mille. Cependant, il faut souligner que dans certaines structures privées, la prise en charge reste gratuite à cause d’un partenariat entre ces deux entités. Toutefois, il faut avoir une imputation budgétaire pour en bénéficier. Ces allégations ont couté cher au président de l’association des insuffisances rénales, feu Hamidou Diallo qui avait avancé : « le ministère de la Santé et de l’action sociale a refusé de nous donner l’autorisation de faire fonctionner notre centre de dialyse. Le matériel est là avec tout le dispositif ». Et d’ajouter : « c’est à cause de ces sorties que la tutelle ne veut pas de son projet ». L’homme qui a quitté ce bas monde avait aussi alerté sur des kits de dialyse du pays qu’on retrouvait dans la sous-région, particulièrement en Gambie et au Sénégal
Aujourd’hui, après la publication des rapports de l'Ofnac, l’enquête révèle des pratiques supposées frauduleuses et de corruption, d’abus de confiance et de violation d’une convention Etat-privé dans le cadre de la prise en charge de la maladie rénale chronique dans la gestion des dialyses au Sénégal. Elle a mis en lumière une surfacturation des kits de dialyse, des détournements de fonds publics et des conflits d'intérêts dans les centres de dialyse privés coordonnés par l’Administrateur de l’Institut clinique de performance (Icp) et l’assistante-secrétaire.
Prise en charge de la dialyse Les personnes souffrant de maladie du rein sont nombreuses au Sénégal. Plus de 800 mille personnes ont une défaillance et la majorité est soumise à la dialyse dans le pays. Seulement parmi ce nombre, plus de la moitié ne bénéficie pas de la gratuité de la dialyse dans le public, faute d’accueil. Une gratuité qui implique la possibilité de subir sans frais des séances d’hémodialyse ou de dialyse péritonéale dans l’attente d’une place en hémodialyse ; la possibilité de subir des séances d’hémodialyse à un tarif réduit dans les structures privées ayant signé une convention avec l’Agence de la CMU, en fonction des places disponibles. Selon la convention du ministère de la Santé et de l’action sociale, pour bénéficier de cette gratuité, le patient doit s’inscrire sur la liste d’attente d’un centre de dialyse d’une structure publique. Rappelons que sont gratuits pour les patients en dialyse au niveau d’une structure publique, la séance de dialyse ; le kit d’hémodialyse ou le kit de dialyse péritonéale.
Malgré le scandale sur les kits de dialyse relevé par le rapport de l’Ofnac, le Sénégal poursuit ses efforts dans la décentralisation des centres de dialyse. Aujourd’hui, dans toutes les régions du Sénégal et dans plusieurs départements, des centres de dialyse y sont implantés facilitant la prise en charge aux patients. Même si cette offre est à améliorer à cause des nombreuses défaillances techniques et les ruptures d’intrants, le maillage demeure une réalité avec au moins un néphrologue par région en dehors de la capitale. Pour le ministère de la Santé et de l’action sociale, en 2022, il a procédé au recrutement de 30 prestataires pour la formation au Master en suppléance rénale à la Faculté de médecine de Dakar.