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27 février 2025
LE LAISSER-ALLER AU 3FPT
Au Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), la directrice générale Aby Sèye est épinglée pour avoir fait des recrutements sans appel d’offres. Son prédécesseur Dame Diop s’est offert une Toyota Prado à 30 000 000 F CFA
Le rapport de la Cour des comptes pour l’année 2020 continue de révéler ses secrets. Au Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), la directrice générale Aby Sèye est épinglée pour avoir fait des recrutements sans appel d’offres. Son prédécesseur Dame Diop s’est offert une Toyota Prado à 30 000 000 F CFA, dont 21 000 000 F CFA à la charge du 3FPT, sans oublier les autres irrégularités du même acabit.
Le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière, a été créé par décret n°2014-1264 du 7 octobre 2014. Il est placé sous la tutelle technique du ministre chargé de la Formation professionnelle et technique et sous la tutelle financière du ministre chargé des Finances.
Durant la période sous-revue, deux directeurs généraux s’y sont succédé. Il s’agit de Dame Diop nommé par décret n°2015-383 du 19 mars 2015, et Aby Sèye nommée par décret n°2019-820 du 24 avril 2019.
L’audit qui a été diligenté avait pour principal objectif de déterminer si la mise en œuvre des activités du 3FPT s’effectue dans un cadre optimal et se traduit par une utilisation rationnelle des ressources mobilisées et l'atteinte des objectifs qui lui sont assignés.
Selon le document, de 2015 à 2019, le personnel du 3FPT est passé de 34 à 60 agents, mais cette progression n’a pas été accompagnée par l’élaboration de tous les référentiels nécessaires pour une bonne gestion de ces ressources humaines.
D’abord, plusieurs recrutements ont été effectués sans appel à candidatures et sans constitution d’un comité de recrutement en méconnaissance des dispositions du manuel de procédures. Il en est ainsi du recrutement de l’actuel directeur administratif et financier (Daf) effectué sans appel à candidatures.
Sur cette question, la directrice générale Aby Sèye a indiqué que le recrutement du Daf s’est effectué après sélection et étude de trois curriculum vitae et a joint une validation du Conseil d’administration (CA) en date du 4 octobre 2019 à sa réponse.
Or, elle avait pourtant assumé, en entretien, le recrutement du Daf sans appel à candidatures et n’avait pas joint à ses réponses les 3 CV annoncés.
Dame Diop se fait plaisir
Également, le CA a autorisé, par délibération du 18 février 2018, la mise en place d’un plan-car au bénéfice du personnel cadre suivant les conditions ci-après : le véhicule est subventionné par le 3FPT à hauteur de 70 % et remboursé par les employés éligibles à hauteur de 30 % sur une période de 60 mois. Cependant, il a été constaté que l’ancien directeur général Dame Diop a bénéficié de ce plan, par l’acquisition à son profit d’un véhicule Toyota Prado pour un montant de 30 000 000 F CFA, dont 21 000 000 F CFA à la charge du 3FPT.
Cet avantage n’est pas conforme aux dispositions du décret n°2014-1186 du 17 septembre 2014 modifiant le décret n°2012-1314 du 16 novembre 2012 fixant la rémunération des directeurs généraux, directeurs, présidents et membres des conseils de surveillance des agences qui prévoit, en son article 11, que le directeur général n’a droit qu’à un véhicule de fonction.
Interrogé sur cette question, M. Diop a confié que le plan-car vise à doter une catégorie d’agents d’un moyen de transport certes professionnel, mais, in fine, personnel. Également, il estime que les dispositions de l’article 11 du décret n°2012-1314 du 16 novembre 2012 déjà cité, suivant lesquelles les avantages en nature comprennent un véhicule de fonction à l’exclusion de tout autre élément, n’écartent pas la possibilité du bénéfice d’un plan-car. Il indique que le CA est allé dans ce sens, en autorisant l’octroi d’un plan-car au DG.
N’empêche que la Cour a maintenu son observation selon laquelle le DG n’a pas droit au bénéficie d’un plan-car et considère que la délibération du CA, du reste non produite, ne saurait valider l’octroi d’un avantage indu.
En outre, le rapport a montré que des postes d’affectation sont largement en dessous du potentiel des agents concernés. Il s’y ajoute qu’ils ont été affectés, sans lettre de mission ni fiche de poste, dans les pôles où les fonctions de responsable qualité et de responsable informatique ne sont pas exercées. L’utilité de ces agents dans leur poste d’affectation n’est pas établie.
Cette situation dénote une utilisation non optimale des ressources humaines, d’autant plus que les postes stratégiques qu’ils occupaient sont restés longtemps non pourvus.
La DG Aby Sèye informe qu’un audit organisationnel a été commandité dans le but de revoir tous les processus liés aux ressources humaines (RH) incluant l’adéquation des profils aux postes.
Manquements dans l’évaluation des conventions signées avec les structures de communication
Le 3FPT a signé plusieurs conventions entre 2017 et 2019, avec des structures de communication pour accroître sa visibilité et atteindre ses cibles. Les plus visibles sont la RTS (49,5 millions) et le GFM (19,19 millions).
D’après le rapport, le 3FPT n’a pas élaboré de rapports sur la mise en œuvre et l’évaluation des conventions signées avec les structures de communication. Ainsi, les éléments relatifs au respect par le prestataire des obligations qu’il a souscrites ne sont pas fournis. Dans ces conditions, il est difficile d’apprécier la réalisation effective des prestations et leur conformité à la commande.
Il ressort des entretiens avec le personnel une insuffisance des cadres de coordination et de partage des informations, amplifiée par le réseau intranet non fonctionnel. Aussi, le défaut de planification et le caractère peu inclusif du processus d’identification des activités de communication expliquent la faible adhésion du personnel et les difficultés relevées plus haut. Au niveau des localités, le caractère non diversifié des supports de communication n’a pas toujours permis d’atteindre certaines cibles spécifiques (groupements féminins, organisations professionnelles, talibés, handicapés, analphabètes, etc.).
Le rapport souligne aussi que la faiblesse des activités de communication auprès des établissements de formation professionnelle et technique entraîne le défaut de maîtrise des critères d’éligibilité aux offres du 3FPT.
Ainsi, plusieurs responsables d’organisations de jeunes, notamment le Conseil national de la jeunesse, ont indiqué, à Saint-Louis et à Diourbel, que les jeunes en quête de formations ne connaissent pas suffisamment les possibilités offertes par le fonds. ‘’Pourtant, le 3FPT a effectué plusieurs publireportages portant sur des tournées, des formations déroulées, des colloques, des rencontres professionnelles. Cependant, l’exploitation de ces supports de communication n’est pas optimale, puisque le point de vue largement partagé est que les missions du 3FPT ne sont pas assez connues et vulgarisées’’, souligne le texte.
Absence de sincérité et de visibilité sur les ressources issues de la CFCE
Il ressort des entretiens que les services du ministère des Finances ont demandé au 3FPT d’élaborer ses budgets, entre 2015 et 2019, sur la base d’une prévision de ressources au titre de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (CFCE) globale de 20 milliards F CFA. Ainsi, le 3FPT a juste appliqué à ce montant le taux équivalent à la part dont la gestion lui est confiée pour arrêter le montant de ses prévisions de ressources tirées de la CFCE.
Les diligences effectuées montrent que ce montant est fourni par le ministère des Finances de manière forfaitaire sans que celui-ci mette en œuvre les procédures nécessaires pour une évaluation réaliste des prévisions.
En effet, la CFCE versée étant égale à 3 % de leur masse salariale et les entreprises assujetties étant identifiées, il existe des éléments objectifs permettant d’obtenir des prévisions fiables. Cette situation traduit le manque de sincérité des prévisions au titre la CFCE et ne permet pas une planification optimale des activités de formation.
Il découle des documents reçus de la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) que les recouvrements au titre de la CFCE, de 2017 à 2019, s’élèvent respectivement à 19 579 997 354 F CFA ; 25 612 984 016 F CFA et 26 803 705 194 F CFA.
Ainsi, suivant le tableau de répartition, la part du 3FPT doit se situer respectivement 8 810 998 808 F CFA, 17 929 088 811 F CFA et 25 463 519 934 F CFA. Or, les prévisions de ressources et les réalisations effectives au titre de la CFCE ont évolué de 2017 à 2019.
Il est ainsi relevé des écarts entre la part des recouvrements de la DGID affectée au 3FPT et les réalisations inscrites dans les situations d’exécution du 3FPT de 5 051 275 810 F CFA en 2017, 8 476 066 455 F CFA en 2018 et 5 883 305 898 FCFA en 2019. Cette situation traduit l’inexistence d’une base formelle d’évaluation des ressources issues de la CFCE et la difficulté pour le 3FPT de s’assurer de la fiabilité des montants recouvrés.
En réponse, le ministre chargé des Finances indique que les montants relevant du 3FPT issus des recouvrements de la CFCE par les services de la DGID sont crédités sur le compte de dépôt du 3FPT domicilié à la Trésorerie générale sur la base des transferts de recettes effectués par les comptables assignataires desdites recettes (TPR et RGT). Il précise que ces transferts sont établis sur la base des bordereaux de reversement de la comptabilité des receveurs de la DGID, au regard des recouvrements effectifs. Il estime qu’il convient de s’assurer de la bonne répartition des recettes en amont.
RAPPORT COUR DES COMPTES- LE LAISSER-ALLER AU 3FPT
Absence de sincérité et de visibilité sur les ressources issues de la CFCE-Manquements dans l’évaluation des conventions signées avec les structures de communication
Le rapport de la Cour des comptes pour l’année 2020 continue de révéler ses secrets. Au Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), la directrice générale Aby Sèye est épinglée pour avoir fait des recrutements sans appel d’offres. Son prédécesseur Dame Diop s’est offert une Toyota Prado à 30 000 000 F CFA, dont 21 000 000 F CFA à la charge du 3FPT, sans oublier les autres irrégularités du même acabit.
Le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière, a été créé par décret n°2014-1264 du 7 octobre 2014. Il est placé sous la tutelle technique du ministre chargé de la Formation professionnelle et technique et sous la tutelle financière du ministre chargé des Finances.
Durant la période sous-revue, deux directeurs généraux s’y sont succédé. Il s’agit de Dame Diop nommé par décret n°2015-383 du 19 mars 2015, et Aby Sèye nommée par décret n°2019-820 du 24 avril 2019.
L’audit qui a été diligenté avait pour principal objectif de déterminer si la mise en œuvre des activités du 3FPT s’effectue dans un cadre optimal et se traduit par une utilisation rationnelle des ressources mobilisées et l'atteinte des objectifs qui lui sont assignés.
Selon le document, de 2015 à 2019, le personnel du 3FPT est passé de 34 à 60 agents, mais cette progression n’a pas été accompagnée par l’élaboration de tous les référentiels nécessaires pour une bonne gestion de ces ressources humaines.
D’abord, plusieurs recrutements ont été effectués sans appel à candidatures et sans constitution d’un comité de recrutement en méconnaissance des dispositions du manuel de procédures. Il en est ainsi du recrutement de l’actuel directeur administratif et financier (Daf) effectué sans appel à candidatures.
Sur cette question, la directrice générale Aby Sèye a indiqué que le recrutement du Daf s’est effectué après sélection et étude de trois curriculum vitae et a joint une validation du Conseil d’administration (CA) en date du 4 octobre 2019 à sa réponse.
Or, elle avait pourtant assumé, en entretien, le recrutement du Daf sans appel à candidatures et n’avait pas joint à ses réponses les 3 CV annoncés.
Dame Diop se fait plaisir
Également, le CA a autorisé, par délibération du 18 février 2018, la mise en place d’un plan-car au bénéfice du personnel cadre suivant les conditions ci-après : le véhicule est subventionné par le 3FPT à hauteur de 70 % et remboursé par les employés éligibles à hauteur de 30 % sur une période de 60 mois. Cependant, il a été constaté que l’ancien directeur général Dame Diop a bénéficié de ce plan, par l’acquisition à son profit d’un véhicule Toyota Prado pour un montant de 30 000 000 F CFA, dont 21 000 000 F CFA à la charge du 3FPT.
Cet avantage n’est pas conforme aux dispositions du décret n°2014-1186 du 17 septembre 2014 modifiant le décret n°2012-1314 du 16 novembre 2012 fixant la rémunération des directeurs généraux, directeurs, présidents et membres des conseils de surveillance des agences qui prévoit, en son article 11, que le directeur général n’a droit qu’à un véhicule de fonction.
Interrogé sur cette question, M. Diop a confié que le plan-car vise à doter une catégorie d’agents d’un moyen de transport certes professionnel, mais, in fine, personnel. Également, il estime que les dispositions de l’article 11 du décret n°2012-1314 du 16 novembre 2012 déjà cité, suivant lesquelles les avantages en nature comprennent un véhicule de fonction à l’exclusion de tout autre élément, n’écartent pas la possibilité du bénéfice d’un plan-car. Il indique que le CA est allé dans ce sens, en autorisant l’octroi d’un plan-car au DG.
N’empêche que la Cour a maintenu son observation selon laquelle le DG n’a pas droit au bénéficie d’un plan-car et considère que la délibération du CA, du reste non produite, ne saurait valider l’octroi d’un avantage indu.
En outre, le rapport a montré que des postes d’affectation sont largement en dessous du potentiel des agents concernés. Il s’y ajoute qu’ils ont été affectés, sans lettre de mission ni fiche de poste, dans les pôles où les fonctions de responsable qualité et de responsable informatique ne sont pas exercées. L’utilité de ces agents dans leur poste d’affectation n’est pas établie.
Cette situation dénote une utilisation non optimale des ressources humaines, d’autant plus que les postes stratégiques qu’ils occupaient sont restés longtemps non pourvus.
La DG Aby Sèye informe qu’un audit organisationnel a été commandité dans le but de revoir tous les processus liés aux ressources humaines (RH) incluant l’adéquation des profils aux postes.
Manquements dans l’évaluation des conventions signées avec les structures de communication
Le 3FPT a signé plusieurs conventions entre 2017 et 2019, avec des structures de communication pour accroître sa visibilité et atteindre ses cibles. Les plus visibles sont la RTS (49,5 millions) et le GFM (19,19 millions).
D’après le rapport, le 3FPT n’a pas élaboré de rapports sur la mise en œuvre et l’évaluation des conventions signées avec les structures de communication. Ainsi, les éléments relatifs au respect par le prestataire des obligations qu’il a souscrites ne sont pas fournis. Dans ces conditions, il est difficile d’apprécier la réalisation effective des prestations et leur conformité à la commande.
Il ressort des entretiens avec le personnel une insuffisance des cadres de coordination et de partage des informations, amplifiée par le réseau intranet non fonctionnel. Aussi, le défaut de planification et le caractère peu inclusif du processus d’identification des activités de communication expliquent la faible adhésion du personnel et les difficultés relevées plus haut. Au niveau des localités, le caractère non diversifié des supports de communication n’a pas toujours permis d’atteindre certaines cibles spécifiques (groupements féminins, organisations professionnelles, talibés, handicapés, analphabètes, etc.).
Le rapport souligne aussi que la faiblesse des activités de communication auprès des établissements de formation professionnelle et technique entraîne le défaut de maîtrise des critères d’éligibilité aux offres du 3FPT.
Ainsi, plusieurs responsables d’organisations de jeunes, notamment le Conseil national de la jeunesse, ont indiqué, à Saint-Louis et à Diourbel, que les jeunes en quête de formations ne connaissent pas suffisamment les possibilités offertes par le fonds. ‘’Pourtant, le 3FPT a effectué plusieurs publireportages portant sur des tournées, des formations déroulées, des colloques, des rencontres professionnelles. Cependant, l’exploitation de ces supports de communication n’est pas optimale, puisque le point de vue largement partagé est que les missions du 3FPT ne sont pas assez connues et vulgarisées’’, souligne le texte.
Absence de sincérité et de visibilité sur les ressources issues de la CFCE
Il ressort des entretiens que les services du ministère des Finances ont demandé au 3FPT d’élaborer ses budgets, entre 2015 et 2019, sur la base d’une prévision de ressources au titre de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (CFCE) globale de 20 milliards F CFA. Ainsi, le 3FPT a juste appliqué à ce montant le taux équivalent à la part dont la gestion lui est confiée pour arrêter le montant de ses prévisions de ressources tirées de la CFCE.
Les diligences effectuées montrent que ce montant est fourni par le ministère des Finances de manière forfaitaire sans que celui-ci mette en œuvre les procédures nécessaires pour une évaluation réaliste des prévisions.
En effet, la CFCE versée étant égale à 3 % de leur masse salariale et les entreprises assujetties étant identifiées, il existe des éléments objectifs permettant d’obtenir des prévisions fiables. Cette situation traduit le manque de sincérité des prévisions au titre la CFCE et ne permet pas une planification optimale des activités de formation.
Il découle des documents reçus de la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) que les recouvrements au titre de la CFCE, de 2017 à 2019, s’élèvent respectivement à 19 579 997 354 F CFA ; 25 612 984 016 F CFA et 26 803 705 194 F CFA.
Ainsi, suivant le tableau de répartition, la part du 3FPT doit se situer respectivement 8 810 998 808 F CFA, 17 929 088 811 F CFA et 25 463 519 934 F CFA. Or, les prévisions de ressources et les réalisations effectives au titre de la CFCE ont évolué de 2017 à 2019.
Il est ainsi relevé des écarts entre la part des recouvrements de la DGID affectée au 3FPT et les réalisations inscrites dans les situations d’exécution du 3FPT de 5 051 275 810 F CFA en 2017, 8 476 066 455 F CFA en 2018 et 5 883 305 898 FCFA en 2019. Cette situation traduit l’inexistence d’une base formelle d’évaluation des ressources issues de la CFCE et la difficulté pour le 3FPT de s’assurer de la fiabilité des montants recouvrés.
En réponse, le ministre chargé des Finances indique que les montants relevant du 3FPT issus des recouvrements de la CFCE par les services de la DGID sont crédités sur le compte de dépôt du 3FPT domicilié à la Trésorerie générale sur la base des transferts de recettes effectués par les comptables assignataires desdites recettes (TPR et RGT). Il précise que ces transferts sont établis sur la base des bordereaux de reversement de la comptabilité des receveurs de la DGID, au regard des recouvrements effectifs. Il estime qu’il convient de s’assurer de la bonne répartition des recettes en amont.
LE FLÉAU DE LA PRÉCARITÉ SECOUE LA PRESSE
Une étude de la CJRS dresse un constat peu reluisant des conditions de travail des journalistes au Sénégal : contrats précaires, salaires insuffisants, absence quasi-totale de protection sociale
Contrat, rémunération, cotisations sociales, couverture maladie : la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) a dressé un tableau peu reluisant des conditions de travail des journalistes dans une étude rendue publique à l’occasion de la Journée de la liberté de la presse célébrée ce vendredi.
Plus de 200 jeunes professionnels ont répondu au questionnaire sur la nature de leurs contrats, le niveau de leurs rémunérations, le respect des cotisations à l’IPRES et à la Caisse de sécurité sociale, selon l’étude dont l’APS a eu connaissance.
‘’La plupart se contentent du minimum : des salaires à la fin du mois. Et même là, c’est la croix et la bannière pour ceux qui en ont. Beaucoup sont dans le bénévolat le plus triste, souvent obligés de dépendre des subsides immorales que leur donne indument certains organisateurs d’activités et qu’on appelle pompeusement perdiem’’, lit-on dans le rapport.
Sur 216 travailleurs des médias interrogés, 23,1% disent avoir des contrats à durée indéterminée (CDI) contre 22,2% de CDD), soit au total 45,3%. 17,1% ont soutenu avoir des contrats de prestation contre 11,1% de stagiaires. Les 26,4% n’ont aucun lien contractuel avec leurs employeurs, détaille l’étude.
‘’L’étude montre également que parmi ceux qui disent avoir des contrats, il y en a qui n’ont pas d’exemplaires de leurs contrats. Sur les 183 personnes ayant répondu à la question, seuls 33% disent détenir un exemplaire de leurs contrats de travail, contre 61,7% qui n’en ont pas. Les autres n’ont pas de réponse’’, mentionne le rapport.
L’enquête a révélé que 31,5% des travailleurs ayant répondu au questionnaire n’ont pas de salaire. 68,5% bénéficient d’une rémunération.
Selon l’étude, ‘’très peu d’entreprises respectent les barèmes prévus par la Convention collective’’, alors que ‘’c’est la croix et la bannière dans beaucoup d’organes de presse’’ pour percevoir son salaire.
Les résultats de l’enquête indiquent que 18,5% des personnes interrogées ont des rémunérations en deçà de 75000 francs ; 14,8% entre 75000 et 100000 francs ; 14,8 entre 100000 et 150000 francs ; 10,2% entre 150000 et 200000 FCFA.
Les travailleurs ayant un salaire dépassant la barre des 300000 francs sont estimés à 7,9%, tandis que ceux qui ne relèvent d’aucune de ces catégories sont autour de 20,4%.
Selon l’étude, ‘’la plupart des personnes ayant participé à l’enquête sont des reporters, soit plus de 77% ; 9,3% ont dit être des rédacteurs en chef’’.
Sur la régularité du paiement des salaires, 54,2% de l’échantillon ont répondu qu’ils sont payés au-delà du 8 du mois. Environ 45% perçoivent avant cette échéance conformément à la législation.
L’étude relève que 77,7% des personnes enquêtées disent n’avoir pas de bulletins de salaires contre 22,3%.
Elle note que dans les entreprises de presse, ‘’les obligations sociales ressemblent plutôt à un luxe hors de portée de la plupart des reporters’’.
Sur les 215 personnes interrogées, ‘’86% disent ne pas être pris en charge par leur entreprise quand ils sont malades’’ et n’ont pas de numéro IPRES.
La CJRS souligne que les professionnels des médias, ‘’mal payés, dépourvus de toutes couvertures sociales, font partie de ceux qui travaillent le plus et les moins protégés’’.
L’enquête montre qu’environ 34% seulement travaillent 8 heures par jour ; 30,7% entre 8 et 10 heures ; 34,4% plus de 10 heures de temps de travail par jour.
Sur le plan syndical, l’étude a également montré que ‘’le droit de syndiquer est un véritable luxe dans le milieu de la presse’’.
En effet, seuls 14,9% disent être affiliés au SYNPICS, qui est la principale organisation de défense des reporters. En revanche, 23,3% ont répondu qu’il existe une section SYNPICS dans leurs rédactions.
Pour corriger ce tableau, la CJRS recommande, entre autres, de ‘’veiller à l’effectivité des règles prévues par le Code de la presse pour toute entreprise dans le secteur’’ et d’exiger la transparence dans la gouvernance des entreprises de presse.
Elle demande la création d’un environnement propice pour le développement des médias ; la mise en en place d’une fiscalité adaptée et allégée pour le secteur de la presse ; la multiplication des visites de contrôle de l’Inspection du travail et du contrôle social dans les entreprises de presse.
La CJRS demande de ‘’fermer tout simplement les entreprises qui ne parviennent pas à respecter un minimum de conditions exigées par la législation en vigueur, malgré le soutien de l’Etat’’ et de ‘’mettre fin à la concurrence déloyale entre de pseudo entreprises qui n’ont aucune obligation et d’autres qui s’efforcent d’être en conformité avec les lois, ainsi que les règles d’éthique et de déontologie’’.
La CJRS, créée il y a 20 ans, se présente comme une association à but non lucratif dirigée par un Bureau exécutif national sous la supervision du Comité directeur et est représenté à l’intérieur du pays par des cellules zonales (Nord, Sud, Est, Ouest et Centre).
Elle a objectif principal de ‘’renforcer les capacités des reporters sur toute l’étendue du territoire, à travers des sessions de formations continue et des bourses’’ qu’elle offre à ses membres.
APRÈS LA SUSPENSION DE LA CONCESSION, 4 PRÉTENDANTS DANS LES EAUX DE DAKARNAVE
Après la suspension de l’attribution du contrat de concession du chantier naval de Dakar (DakarNave), quatre candidats préparent leurs dossiers pour entrer en lice.
Après la suspension de l’attribution du contrat de concession du chantier naval de Dakar (DakarNave), quatre candidats préparent leurs dossiers pour entrer en lice. Il s’agit du groupe turc Ozata, de la société portugaise Lisnave, de Piriou, groupe français, et du conglomérat néerlandais Damen.
Par Dialigué FAYE – Dans sa décision du 12 avril 2024, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a cassé l’attribution de la concession DakarNave pour 25 ans, au groupement Dakarnaval/Ozata/Shipyard, suite au recours du groupe Damen/Atmar/Maritalia. Ainsi Bassirou Diomaye Faye a-t-il demandé au ministre des Pêches et des infrastructures maritimes et portuaires de faire le point sur ce dossier, avant la fin de la concession prévue en juin 2024.
En attendant, quatre sociétés préparent inlassablement leurs dossiers, pour conquérir cette concession des chantiers navals de Dakar. Il s’agit de la société turque Ozata, à qui le régime de Macky Sall, via son ministre de la Pêche et de l’économie maritime, avait attribué la concession avant son départ. Au-delà de la réparation navale, ladite société intervient dans la construction de navires de pêche, de passagers, de tankers et de navires rapides. Employant environ 250 personnes, elle dispose de deux chantiers navals, avec deux docks, basés en Turquie. En 39 ans d’existence, le groupe a construit 72 navires et en a réparé 403, soit en moyenne 10 navires par an. Son chiffre d’affaires annuel est estimé à environ 25 milliards de francs Cfa.
Le groupe portugais Lisnave qui, depuis 25 ans, gère le chantier naval du Sénégal, n’entend pas laisser le champ libre aux autres. Son champ d’action se limite à la réparation et à la maintenance, à travers deux chantiers navals basés au Portugal. Il comptabilise environ 80 réparations par an et un chiffre d’affaires annuel de 110 milliards de francs Cfa.
L’autre groupe en lice, c’est Piriou. Cette société française, qui a été créée en 1965, a comme domaine d’expertise la réparation, la maintenance et la construction de tous types de navires. Elle compte environ 1400 employés à travers ses 5 chantiers navals établis en France, en Roumanie, au Vietnam, au Nigeria. En 55 ans d’existence, Piriou a construit 600 navires, en moyenne 11 bateaux par an, et 100 réparations par an. Son chiffre d’affaires est estimé à environ 190 milliards de francs Cfa par an.
Le quatrième prétendant, c’est le conglomérat néerlandais de défense, de construction navale et d’ingénierie basé à Gorinchem, en Hollande méridionale. Le Groupe Damen, en 97 ans, a construit 10 mille navires, soit 100 navires par an en moyenne, et plus de 1500 réparations par an.
Son expertise tourne autour de la réparation, la maintenance de terminaux portuaires, de dragage, offshore, de défense nationale et navires militaires, de transport, de pêche, de plaisance, de servitude portuaire, de reconversion. Il compte environ 12 500 employés, 35 chantiers navals dans 26 pays à travers le monde. Le groupe néerlandais intervient en Afrique du Sud, au Kenya, et collabore avec des partenaires en Djibouti et au Nigeria. Son chiffre d’affaires est évalué à environ 1635 milliards de francs Cfa par an.
Bref, ce tableau comparatif offre un aperçu des éventuels soumissionnaires à l’appel d’offres du contrat de concession du chantier de réparation navale du Sénégal.
Pour rappel, les travailleurs de DakarNave ont, ces derniers jours, invité les nouvelles autorités à «préparer un appel d’offres concurrentiel sur la base d’un cahier des charges ambitieux et structurant ; s’assurer des capacités réelles et dûment prouvées du soumissionnaire pour faire face aux défis notamment liés à l’exploitation du pétrole et du gaz ; exiger l’engagement ferme du contractant à relever le plateau technique du chantier au meilleur standard international».
MALGRÉ LES CRAINTES, LA COOPÉRATION SÉNÉGAL-FMI SE POURSUIT
Leur discours souverainiste pouvait laisser entrevoir d’autres perspectives, mais les nouvelles autorités poursuivent le programme 2023-2026 conclu avec l'institution de Bretton Woods, qui prévoit un décaissement de 1150 milliards de francs CFA
Les autorités ont décidé de poursuivre le programme 2023-2026 conclu avec le Fmi dont la délégation séjourne à Dakar depuis une semaine. Pour Faye-Sonko, les visions des deux parties convergent, alors que certains pouvaient redouter une remise en cause de la coopération. Pour les projets des 100 mille logements sociaux, les Bourses de sécurité familiale, ils ont décidé de rester sur la voie de la continuité. En attendant ?
Que dire ? Dans sa communication en Conseil des ministres, le Premier ministre a détaillé ses discussions avec le chef de la Mission des services techniques du Fonds monétaire international séjournant actuellement à Dakar : «Il est ressorti des échanges avec la Mission technique du Fmi, une appréciation satisfaisante relativement au fort engagement des nouvelles autorités pour une meilleure gouvernance économique et sociale. La Mission a également relevé la similitude du programme gouvernemental avec le programme signé avec le Fmi.» En termes clairs, les nouvelles autorités poursuivent le programme 2023-2026 conclu avec le Fonds monétaire international, qui prévoit un décaissement total de l’ordre de 1150 milliards de francs Cfa. Finalement, une nouvelle Mission viendra à Dakar au début du mois de juin 2024, pour procéder à la revue du programme et préparer un deuxième décaissement au mois de juillet 2024, après validation par le Conseil d’administration du Fmi.
Dans son édition du 24 avril dernier, Le Quotidien annonçait la visite d’une délégation du Fmi après le séjour à Washington des ministres des Finances, de l’Economie et du Secrétaire général du gouvernement pour discuter avec les nouvelles autorités de leurs orientations des politiques économiques et financières. Si cette Mission devait être celle de la clarification, on peut dire que les nuages ont été dégagés pour permettre la poursuite du programme, surtout que certains pouvaient redouter la suspension de la coopération jusqu’à l’aboutissement de nouvelles négociations concluantes. Le discours souverainiste tenu par le ministre de l’Economie, de la coopération et du plan, lors de sa passation de services, pouvait laisser entrevoir d’autres perspectives. Que nenni !
Il est par contre sûr que le gouvernement va continuer à honorer ses engagements électoraux, notamment la réduction ou la suppression pure et simple des subventions sur certains produits pour atténuer les prix. Il l’a répété en Conseil des ministres. Une réunion technique avec le patronat, les organisations syndicales, les consommateurs, s’est tenue hier à la Primature, pour essayer de trouver la bonne formule pour y arriver. En apparence, cela s’avère encore difficile de trouver le meilleur mécanisme de réduction et de régulation des prix.
100 mille logements sociaux, Bourses de sécurité famille poursuivis
Aujourd’hui, Ousmane Sonko annonce aussi que les «mesures prioritaires de la feuille de route du gouvernement seront également focalisées sur la campagne de production agricole 2024» et surtout le «Programme 100 000 logements». Si les dernières mesures sur le foncier, notamment la suspension des travaux du Pôle urbain Dagga-Kholpa, cœur du projet, et dans d’autres zones, vont ralentir son rythme d’avancement, l’Etat a décidé de rester dans la continuité du précédent régime pour permettre aux Sénégalais d’accéder au toit de manière moins coûteuse.
Par ailleurs, il y a aussi la poursuite d’un programme important sur le «filet» social. Selon le communiqué du Conseil des ministres, le président de la République a indiqué l’urgence «d’une actualisation du Registre national unique (Rnu) avant le 30 juin 2024 et de revoir les critères d’éligibilité et les listes des bénéficiaires des Bourses de sécurité familiale». Il faut savoir que le montant des bourses est passé de 25 mille à 35 mille F Cfa par trimestre et touche un million de ménages. Alors que le programme concernait à ses débuts 320 ménages.
Dans le secteur du transport, le président Faye veut une «évaluation rapide du système de gestion des sociétés publiques de transport, notamment de la société Dakar Dem Dikk, dont l’audit des activités, des parcs de bus, des ressources humaines, du modèle économique et de la gouvernance globale». Quid du Brt toujours en phase d’essai ? «Il a, de plus, invité le ministre des Transports terrestres à faire le point sur le lancement effectif des activités du Bus rapid transit (Brt) et ses modalités d’exploitation et de gestion», note-t-il. Sur la voie de la continuité ?
VERS LA DÉMATÉRIALISATION DES PROCÉDURES DOUANIÈRES DANS LE SUD DU PAYS
Les douanes sénégalaises annoncent avoir entrepris un projet de dématérialisation des procédures douanières de leurs services des régions du sud du pays, dans le but de faciliter le dédouanement des marchandises et d’augmenter leurs recettes.
Ziguinchor, 3 mai (APS) – Les douanes sénégalaises annoncent avoir entrepris un projet de dématérialisation des procédures douanières de leurs services des régions du sud du pays, dans le but de faciliter le dédouanement des marchandises et d’augmenter leurs recettes.
Cette initiative est le prolongement de la ‘’dématérialisation intégrale’’ entamée en janvier dernier par la direction générale des douanes.
‘’Dans peu de temps, toutes les unités douanières qui travaillent en mode manuel vont fonctionner de manière automatisée’’, a assuré le directeur général des douanes, Mbaye Ndiaye, lors d’une visite à Ziguinchor et dans les autres régions méridionales du pays.
Cette initiative va augmenter la ‘’célérité’’ des services douaniers, concernant les procédures de dédouanement notamment, a-t-il dit en recevant la visite d’opérateurs économiques de la région de Ziguinchor à l’occasion de son séjour dans cette partie du pays.
‘’La mission économique des douanes, au-delà de la lutte contre la fraude, consiste essentiellement à accompagner et à encadrer les opérateurs économiques en mettant à leur disposition des instruments et des procédures permettant d’assouplir les rigueurs de la réglementation douanière’’, a expliqué Mbaye Ndiaye.
L’administration douanière sénégalaise offre même aux opérateurs économiques des services garantissant une suspension des droits de douane sur certaines importations, selon M. Ndiaye.
Il s’est réjoui des ‘’performances’’ du bureau des douanes de Ziguinchor.
‘’La collecte des recettes se passe de la meilleure des manières dans le sud du pays’’, a assuré le directeur général des douanes, précisant que les recettes collectées dans la région de Ziguinchor représentent 15 à 20 % de celles engrangées au niveau national.
En plus de leur mission d’ordre fiscale, ‘’les douanes ont un rôle d’encadrement’’ des opérateurs économiques et une vocation ‘’sécuritaire’’, a-t-il rappelé.
Elles contribuent à la surveillance des frontières et à la lutte contre les trafics illicites, selon Mbaye Ndiaye.
‘’Aucune des forces de défense et de sécurité ne peut, à elle seule, gagner le pari de la sécurisation de nos frontières’’, a souligné M. Ndiaye.
CHAMPIONNATS D’AFRIQUE, TROIS MÉDAILLES DONT UNE EN OR POUR LE SÉNÉGAL
Les nageurs sénégalais ont décroché trois médailles dont une en or, jeudi, lors de la troisième journée des championnats d’Afrique des nations de la discipline à Luanda (Angola).
Dakar, 3 mai (APS) – Les nageurs sénégalais ont décroché trois médailles dont une en or, jeudi, lors de la troisième journée des championnats d’Afrique des nations de la discipline à Luanda (Angola).
La nageuse Oumy Diop a remporté une médaille d’or au 100 m papillon et une médaille de bronze au 50m dos.
Avec ses deux médailles gagnées jeudi, le porte-étendard de la natation sénégalaise compte quatre médailles depuis les 16èmes championnats d’Afrique seniors de natation.
Elle avait obtenu une médaille d’argent à l’épreuve de 100 m nage libre et une de bronze au 50 m papillon.
Installée depuis 2022 au campus de FIU, Florida International University, près de Miami (Etats-Unis), la nageuse sénégalaise originaire de Grenoble (France) avait déjà brillé lors des derniers Jeux africains au Ghana, en mars.
Oumy Diop avait obtenu la médaille de bronze sur 50 mètres papillon ainsi que sur 100 mètres papillon.
Chez les hommes, le nageur Steven Kilian Aimable a décroché le bronze au 50 m dos.
L’équipe du Sénégal est représentée aux 16èmes Championnats d’Afrique seniors de natation en Angola par 8 membres, dont 6 nageurs et 2 encadreurs.
EMPLOI, ÉMIGRATION CLANDESTINE ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ, UN RÔLE PRÉPONDÉRANT ASSIGNÉ À L’AGRICULTURE
Le Premier ministre Ousmane Sonko a estimé vendredi que le secteur agricole devra “désormais” jouer un “rôle prépondérant dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, la lutte contre l’émigration clandestine et la lutte contre la pauvreté”.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a estimé vendredi que le secteur agricole devra “désormais” jouer un “rôle prépondérant dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, la lutte contre l’émigration clandestine et la lutte contre la pauvreté”.
“Désormais, l’agriculture devra jouer son rôle, le rôle prépondérant dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, la lutte contre l’émigration clandestine et la lutte contre la pauvreté”, a-t-il notamment déclaré.
Le chef du gouvernement intervenait à l’ouverture, au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, un conseil interministériel consacré à la campagne agricole 2024-2025.
Ousmane Sonko a rappelé qu’il s’agissait du premier du genre organisé depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
“Cela témoigne de l’importance que le président de la République et son gouvernement accordent au secteur de l’agriculture au sens large et au monde rural en particulier”, a-t-il souligné.
Le Premier ministre a assuré que “la doctrine de la souveraineté alimentaire guidera désormais les interventions de l’Etat”. “La campagne agricole 2024-2025 marque l’amorce de cette nouvelle dynamique, celle de notre marche résolue pour l’atteinte de notre souveraineté alimentaire”, a expliqué le chef du gouvernement.
“Avec la doctrine de la Souveraineté alimentaire, il s’agit de faire de l’agriculture, le levier essentiel du développement inclusif et durable de notre pays”, a ajouté le Premier ministre.
Assane Gueye
LA RUPTURE ATTENDRA
Il faut écouter le sage Confucius parler de la parole donnée comme aucun autre ne l’a fait auparavant. «Examine bien si ce que tu promets est juste et possible. Car la promesse est une dette». De plus, cette dette est morale.
Il faut écouter le sage Confucius parler de la parole donnée comme aucun autre ne l’a fait auparavant. «Examine bien si ce que tu promets est juste et possible. Car la promesse est une dette». De plus, cette dette est morale. Moralité, quand un conseil est avisé, il défie le temps et ne prend pas de ride. À l’opposé, un contre- modèle comme Machiavel, maître dans l’art de l’apologie du malin pour le mal déride dans sa capacité à faire mouche. «La fin justifie les moyens» est une de ses leçons qui font fureur auprès de disciples de plus en plus nombreux chez les politiciens. En mal de concept, les politiques ont élevé la formule au rang de précepte. Certes, il faut se garder de tomber dans cette facilité consistant à leur faire de mauvais procès. Ceux qui s’engagent et décident d’être sous les feux des projecteurs méritent le respect. Cependant, il faudra bien qu’on nous applique la réciprocité en matière de considération. Les professionnels de la politique continuent de briguer les suffrages de concitoyens qui, à leurs yeux, sont nés de la dernière pluie. Il y a du mépris dans l’air. Le pire des sentiments humains. Pour parvenir à leurs fins et à tout prix, ils font pleuvoir des tombereaux de slogans qui sont autant de vannes que de vanités. Leurs boutades tombent en panne aussitôt après la conquête du pouvoir. Le Sopi avait un pouvoir magique. Il a fait son temps. Qu’est-ce qu’on en a fait ? Une histoire désopilante et puis c’est tout. Déçus du socialisme, les Sénégalais avaient associé les libéraux à la gestion publique. On ne peut pas dire qu’ils ont changé grand-chose. D’autres libéraux dont le libéralisme a été frelaté sont également passés entre les gouttes dans une sorte de parricide. Le sobre et le vertueux n’étaient pas si propres que ça. Ce ne fut qu’un canular. Pris la main dans le sac, le libéralisme sénégalais prompt à célébrer le veau d’or ne fera pas 50 ans au sommet. Aujourd’hui, c’est le Projet pastéfien qui a hypnotisé l’électeur. Personne n’en maîtrise encore le contenu ni les contours.
Être bienveillant ne coûte rien
Pas de procès d’intention. On jugera sur pièces. C’est à l’arrivée et non au départ qu’on saura si le projet est un progrès ou s’il ne rime qu’avec regret et rejet. Il faut préférer les paradigmes aux dogmes. Les appels à candidature sont inclassables. Ils donnent l’impression d’un appel au secours dans une situation de déficit de compétences internes. Quand les clés de la République vous sont confiées, il n’y a rien d’autre à faire que de gouverner et prendre des décisions sur la base d’une vision. On pourvoit aux postes comme le consacre la Constitution. Ils sont distribués à des hommes et à des femmes qui inspirent confiance et qu’on connaît. Les candidatures ouvertes supposent le lancement d’interminables procédures alors qu’on n’a jamais le temps quand tout est urgent. Comme effet d’annonce, ça fait joli mais les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Les strapontins sont susceptibles de tomber incognito aux mains d’adversaires qui ne tirent pas dans le même sens que vous. Le saut dans l’inconnu, c’est un risque incalculé. L’inconnu fait toujours peur. Avec tant de responsabilités sur les épaules, la première chose dont il faut se méfier est de vouloir faire plaisir à tout le monde ou de ne pas reconnaître qu’on s’est trompé dans les propositions. Autre changement de méthode proposé qu’il faut aussi prendre avec des pincettes, c’est ce dossier des lanceurs d’alerte qui pourrait déboucher sur des fausses aler- tes. On tire la sonnette d’alarme parce que les corbeaux ne garantissent pas le beau et le bien. Avec les dénonciations anonymes et peut-être calomnieuses, c’est du retour en force des listes noires, du totalitarisme auquel il faut s’attendre. Le Président Diomaye qui dégage un parfum de sainteté n’a pas de velléités totalitaires. Toutes les réussites ne sont pas suspectes. La transparence absolue n’est pas une religion et tout dans la vie ne peut pas être transparent. Il faut que chacun reste à sa place. Il y a déjà suffisamment d’administrations dédiées pour combattre le manque d’éthique. La vraie rupture doit être de rompre avec les mauvais comportements. Rompre avec les habitudes qui ne mènent à rien. Cesser aussi de jouer avec les mots. La grande problématique du Sénégal est que le pays est en rupture d’équilibre depuis fort longtemps. Il faut mieux l’assister en assistant ses nouvelles autorités. Ça ne coûte rien d’être bienveillant.
LA DPI, UN PILIER ESSENTIEL DE LA BONNE GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
Désormais, toute importation de marchandises d’une valeur supérieure ou égale à cinq cent mille (500.000) cfa doit faire l’objet d’une Déclaration Préalable d’Importation (Dpi).
Depuis avant-hier, la direction générale des douanes dirigée par Dr Mbaye Ndiaye a réactivé voire dépoussiéré le décret relatif à la Déclaration préalable d’Importation (Dpi). Cette mesure d’informer la Douane sur la nature, le volume, la valeur et la provenance des marchandises est devenue obligatoire pour toute importation d’une valeur supérieure ou égale à 500.000 francs CFA. Cette ancienne réglementation que l’administration des douanes peinait à faire appliquer depuis 1991 consiste à sécuriser les recettes douanières, accélérer les opérations de dédouanement et lutter contre la fuite des capitaux afin de permettre au tout nouveau ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba à relever le défi budgétaire.
Désormais, toute importation de marchandises d’une valeur supérieure ou égale à cinq cent mille (500.000) cfa doit faire l’objet d’une Déclaration Préalable d’Importation (Dpi). A cet effet, le transitaire, l’opérateur économique ou le commerçant sénégalais important des marchandises de Chine, de France ou des Usa par exemple, est contraint à informer la douane sur la nature, le volume, l’origine et la valeur de la cargaison avant tout embarquement à destination du Sénégal. Autrement dit, tout conteneur personnalisé, quelle qu’en soit la valeur « Fob » c’est-à-dire sans frais à bord dans le cadre de l’Inspection à Destination qui se trouve être le port de Dakar, l’aéroport de Diass ou les postes frontaliers terrestres.
Il s’agit d’un simple formulaire électronique à remplir pour ensuite se faire délivrer une « Dpi » par le système « Orbus », une plateforme conçue pour faciliter les formalités et les échanges de pré dédouanement. En poussant sa curiosité auprès des opérateurs économiques et spécialistes en droit douanier, « Le Témoin » est convaincu que la généralisation de la Dpi actée depuis le 1e mai 2024 présente plusieurs avantages pour les acteurs. D’abord, elle est une garantie de traitement équitable des opérateurs économiques visant à mettre fin au favoritisme entre acteurs du secteur formel et informel en matière de procédures de dédouanement. Ensuite, la Dpi permet aux autorités en charge du Commerce d’avoir les informations et statistiques sur tous les produits importés afin de prévoir les stocks de denrées de première nécessité (Huile, riz, sucre, oignons, pommes de terre etc). Cette déclaration préalable est un renfort de taille dans la lutte contre la fraude commerciale afin de sécuriser davantage les recettes douanières et entre autres avantages.
La commission Douane/Trésor de l’Usetta approuve
Ces avantages, M. Baye Modou Lo commissionnaire en Douane agréé les a confirmés avant de saluer la mesure de généralisation de la Dpi récemment prise par l’Administration des douanes « D’abord permettez-moi de féliciter le directeur général des Douanes et de saluer cette dynamique d’avoir réactivé le décret relatif à la Dpi signé par le Président Abdou Diouf. A l’époque, c’était la Société générale de surveillance (Sgs) devenue Cotecna qui avait initié le projet et porté le combat de sa mise en œuvre afin de permettre à l’Etat du Sénégal de disposer des informations et statistiques fiables dans le domaine de l’importation des marchandises. Et surtout de mieux inspecter et vérifier la nature, la qualité et le volume des produits importés de l’étranger. La Dpi permet également de contrôler les flux des transactions bancaires à travers le commerce pour mieux lutter contre la fuite des capitaux. Mieux la Dpi aide les entreprises formelles dans la lutte contre la concurrence déloyale tout en alertant les commissaires en douane agrées sur les risques de fausses facturations et les marchandises prohibées. Par ailleurs, nous demandons à l’Administration des douanes d’encadrer les commerçants-importateurs qui s’activent dans l’informel en faisant des conteneurs regroupés. Donc l’application effective de la Dpi imposée par le directeur général des Douanes Mbaye Ndiaye est une mesure forte après celle de la dématérialisation des procédures de dédouanement » explique le président de la commission Douane et Trésor de l’Union Sénégalaise des Entreprises de Transit et de Transport Agréées (Usetta). Ensuite, Baye Modou Lo invite ses collègues commissionnaires agrées et autres opérateurs économiques de se plier à la loi relative à la Dpi « Pourtant, l’Administration des Douanes pouvait ne pas largement communiquer sur la Dpi qui fait partie de la législation douanière. Parce que nul n’est censé ignorer la loi ! », rappelle le directeur général de « Planète –TransLo », une société de transit et de transports.
Une généralisation qui vient à son heure !
Il ressort de nos investigations que le rôle de la Douane sénégalaise n’a cessé de se complexifier au cours des années. Et la généralisation de la Dpi vient à son heure ! Car, les experts financiers, les opérateurs économiques sénégalais du secteur formel, les partenaires au développement, les acteurs des chaînes logistiques etc… ont toujours fait pression sur l’Etat du Sénégal pour qu’il mette en place de nouveaux modèles opérationnels en matière d’importation et de dédouanement comme la dématérialisation intégrale et la Dpi. Des plateformes fondées sur des procédures simplifiées accélérant la mainlevée des marchandises et la sécurisation des recettes douanières en vue de se conformer aux meilleures pratiques et standards internationaux.
Ce que l’Administration des douanes aurait oublié de préciser, c’est que la Dpi est un frein à la fuite des capitaux. Car vous n’êtes pas sans savoir que le commerce présente un caractère intrinsèquement complexe et compliqué, reflétant la nature des chaînes d’approvisionnement interconnectées qui s’étendent dans le monde entier. Ces chaînes d’import/export sont exploitées par des groupes criminels de commerçants organisés dans le blanchiment ou la fuite de capitaux. Surtout le blanchiment de capitaux basé sur le commerce qui n’a pas pour but non seulement de déplacer des biens, mais de déplacer de l’argent sale ou deniers publics. Et les transactions commerciales font partie des mécanismes facilitant cette mafia au détriment de l’économie sénégalaise. Parce que l’impact des fuites de capitaux ou des blanchiments d’argent peuvent provoquer l’instabilité économique, les troubles politiques et des conditions commerciales défavorables tout en entraînant une pénurie de fonds, une diminution des investissements et un déclin de la croissance économique.
Il convient de souligner que la généralisation de la dématérialisation des procédures de dédouanement, puis la déclaration préalable d’importation (Dpi) n’imposent aucune nouvelle taxation ni frais supplémentaire dans les opérations de dédouanement. Elles n’ont également aucune incidence sur le prix de revient des marchandises importées et donc sur le pouvoir d’achat des consommateurs sénégalais. Bref, ces deux récentes fortes mesures douanières ne font que renflouer davantage les caisses du Trésor public et améliorer la vie sociale des Sénégalais.