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27 février 2025
LE CHEF DE L'ÉTAT ATTENDU À MADINA GOUNASS CE VENDREDI
‘’Cette visite de courtoisie revêt un caractère symbolique d’autant plus qu’elle intervient quelques jours après l’ouverture, le samedi, de la 83ème édition du Daaka”, selon le BIG.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu ce vendredi à Madina Gounass, dans le département de Vélingara, où il effectuera la prière aux côtés du khalife général Thierno Amadou Tidiane Ba, a-t-on appris de source officielle.
Selon le Bureau d’information gouvernemental (BIG), ‘’cette visite de courtoisie revêt un caractère symbolique d’autant plus qu’elle intervient quelques jours après l’ouverture, le samedi, de la 83ème édition du Daaka”, cette retraite spirituelle annuelle qui se tient sur un site situé à 10 km de la commune de Madina Gounass, dans le département de Vélingara (sud). Elle réunit des milliers de fidèles venus du Sénégal et de l’étranger.
Ce déplacement du chef de l’Etat à Madina Gounass fait suite aux visites qu’il a effectuées à Touba, Tivaouane, à la mosquée omarienne et chez Monseigneur Benjamin Ndiaye, l’Archevêque de Dakar, rappelle le BIG.
La même source souligne que le président de la République concrétise ainsi ‘’son engagement à se rendre dans tous les foyers et cités religieux du Sénégal’’.
‘’Cela, en vue de prendre en compte leur modernisation en termes d’infrastructures de base, mais aussi de réitérer sa détermination à améliorer la vie communautaire et religieuse pour un Sénégal juste et prospère’’, ajoute t-elle.
NIGER, UNE ÉPIDÉMIE DE MÉNINGITE FAIT PLUS DE 120 MORTS
La capitale Niamey est particulièrement touchée par cette maladie. Cette augmentation est ‘’inquiétante’’ comparée à la même période de l’année précédente où 1389 cas avaient été enregistrés avec 72 décès, rapporte Onuinfo.
Une épidémie de méningite a causé la mort de 123 personnes au Niger depuis la mi-mars sur plus de 2.012 cas dénombrés dans le pays, révèle l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant que les enfants sont les plus affectés.
La capitale Niamey est particulièrement touchée par cette maladie.
Cette augmentation est ‘’inquiétante’’ comparée à la même période de l’année précédente où 1389 cas avaient été enregistrés avec 72 décès, rapporte Onuinfo, le site d’information des Nations Unies, indiquant ‘’un taux de létalité de 6,1 %’’.
Le dernier décompte effectué le 17 avril dernier, par les autorités sanitaires, faisait état de 1.692 cas notifiés dont 99 décès, renseigne la même source.
L’OMS rappelle que le Niger fait partie des 26 pays d’Afrique ‘’hyper-endémiques pour la méningite’’.
Le pays est confronté à ‘’une augmentation rapide du nombre de cas avec une hausse de 50% par rapport à l’année précédente’’, déplore-t-elle.
Pour faire face à cette situation critique, l’OMS est à pied d’œuvre dans la riposte en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers pour la mobilisation de ressources en vue de l’organisation d’une campagne de vaccination pour contenir la maladie.
LE PRÉSIDENT EMBALÓ REFUSE D'EXTRADER FRANÇOIS BOZIZÉ
le président bissau-guinéen a déclaré que la Constitution de son pays ne dispose pas de loi d’extradition et que ‘’depuis qu’il est arrivé en Guinée-Bissau, François Bozizé n’a créé aucun problème’’.
Le président bissau-guinéen, Umar Sissoco Embaló, a opposé une fin de non-recevoir à la demande d’extradition de François Bozizé émise par la Cour pénale spéciale (CPS) de Bangui contre l’ancien chef d’Etat centrafricain, rapportent plusieurs médias internationaux.
La CPS a émis, mardi, un mandat d’arrêt international à son encontre pour ‘’des violations des droits de l’homme commises entre 2009 et 2013’’.
Selon Gervais Bodagy Laoulé, le porte-parole de la Cour, le mandat concerne ‘’des crimes commis sous la direction de Bozizé dans une prison civile et dans un centre d’entraînement militaire dans la ville de Bossembélém, où de nombreuses personnes ont été torturées et tuées (…) par la garde présidentielle et d’autres forces de sécurité’’.
Mercredi, le président bissau-guinéen Embaló a déclaré que la Constitution de son pays ne dispose pas de loi d’extradition et que ‘’depuis qu’il est arrivé en Guinée-Bissau, François Bozizé n’a créé aucun problème’’.
‘’Il est en exil, comme nous l’avons été par le passé’’, a-t-il dit à l’Agence de presse portugaise Lusa, dans des propos repris par le site de Radio France internationale (Rfi).
François Bozizé a dirigé la République centrafricaine de 2003 à 2013, après un coup d’État contre Ange-Félix Patassé, avant d’être renversé à son tour par la rébellion Séléka. Après le Tchad, il vit en exil, depuis mars 2023, à Bissau.
KÉDOUGOU, DEUX MORTS DANS UNE COLLISION ENTRE DEUX VÉHICULES À BANDAFASSI
La collision s’est produite entre une camionnette et un véhicule de transport en commun en milieu de journée, sur la route nationale numéro 7 (RN7).
Kédougou 2 mai (APS) – Deux personnes sont décédées et dix autres grièvement blessées dans une collision survenue jeudi, dans la zone de Bandafassi, chef-lieu de l’arrondissement éponyme, dans la région de Kédougou (sud-est), a appris l’APS de source sécuritaire.
La collision s’est produite entre une camionnette et un véhicule de transport en commun en milieu de journée, sur la route nationale numéro 7 (RN7).
Le choc a eu lieu près du poste de contrôle de la charge à l’essieu de Bandafassi.
La camionnette de marque ‘’Tata’’, qui transportait des marchandises, tentait de dépasser le véhicule de transport en commun par la gauche, a expliqué une source sécuritaire contactée par le correspondant de l’APS.
”Le véhicule de transport en commun roulait dans le sens inverse” de celui du camion, a-t-elle précisé.
Elle indique que les blessés, dont deux bébés, ont été évacués au service d’urgence de l’hôpital régional Amat Dansokho de Kédougou. Les deux corps sans vie ont été également déposés à la morgue de cet hôpital, a-t-elle ajouté.
Des dégâts matériels très lourds ont été enregistrés sur le lieu de l’accident frontal.
PRIX MARC-VIVIEN FOÉ 2024, LES TROIS FINALISTES SONT CONNUS
Pierre-Emerick Aubameyang, Nabil Bentaleb et Achraf Hakimi restent en lice après une première sélection de onze joueurs.
iGFM (Dakar) RFI et France 24 dévoilent ce jeudi 2 mai les noms des trois finalistes du prix Marc-Vivien Foé 2024, qui récompense le meilleur footballeur africain ayant évolué en Ligue 1 au cours de la saison 2023-2024. Pierre-Emerick Aubameyang, Nabil Bentaleb et Achraf Hakimi restent en lice après une première sélection de onze joueurs.
Le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang est-il en passe de remporter le Prix Marc-Vivien Foé pour la deuxième fois après 2013 ? Il est en tout cas dans la course au trophée aux côtés de l’Algérien Nabil Bentaleb et du Marocain Achraf Hakimi , alors qu’ils étaient onze prétendants.
Nommé au départ parmi les 11 prétendants, pour la première fois, la pépite sénégalaise Lamine Camara (Metz) est zappé de la liste liste finale.
Le nom du vainqueur sera annoncé le 13 mai prochain sur les ondes de RFI et sur les sites internet rfi.fr et france24.com.
NDÈYE BINETA DELPHINE NDIAYE, NOMMÉE DIRECTRICE DE LA COMMUNICATION DE LA BOAD
Dotée d’un riche parcours professionnel de près de 25 années d’expérience dans la mise en valeur de marques et d’institutions bancaires, Delphine a travaillé pendant 5 années en France au sein de la régie publicitaire Eurosport International.
iGFM - (Dakar) Ndèye Bineta Delphine Ndiaye est la nouvelle Directrice de la Communication et des Relations Publiques, de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). La banque a annoncé la nouvelle à travers un communiqué dans lequel, elle indique que la nomination de Mme Ndiaye a pris effet le 1er avril 2024.
Ndéye Binta Delphine Ndiaye remplace à ce poste M. Serge André-Philippe Bouah. Ce dernier est désormais le Directeur du département des Relations Institutionnelles de la Banque. La nouvelle patronne de la communication de la BOAD pilotera toutes les activités visant à définir les politiques et procédures de communication, de marketing et de relations publiques de la Banque.
Titulaire d’une Maitrise de Sciences de Gestion, option Marketing Quantitatif International de l’Université de Cergy-Pontoise, Ndèye Bineta Delphine Ndiaye est également spécialiste en rebranding et en projets structurants de communication d’entreprise et de conduite du changement.
Dotée d’un riche parcours professionnel de près de 25 années d’expérience dans la mise en valeur de marques et d’institutions bancaires, Delphine a travaillé pendant 5 années en France au sein de la régie publicitaire Eurosport International qu’elle a quitté pour rentrer au Sénégal où elle a créé une société spécialisée en création publicitaire en 3D. Elle a rejoint ensuite la CBAO de 2006 à 2009 en qualité de responsable communication, où elle a mené conjointement le changement de nom de la CBAO en CBAO Groupe Attijariwafa bank.
Avant d’accéder à ses nouvelles responsabilités, Delphine Ndiaye occupait depuis 14 ans le poste de Directrice de la communication du Groupe Orabank, où elle a orchestré la recherche du nom Orabank et mené entre autres, les changements de nom de Financial Bank, Bacim Bank, UIBG, BTD et BRS dans un total de 12 pays.
CAMPAGNE AGRICOLE 2024, LES ACTEURS DE L'AGROÉCOLOGIE PRENNENT DÉJÀ PARTI
Les acteurs ont discuté du système de distribution des intrants, leurs modalités d’acquisition, le dispositif d’accompagnement et la pleine implication des producteurs dans le processus à toutes les échelles.
iGFM - (Dakar) Depuis 2019 au Sénégal, les acteurs de l’agroécologie se sont fédérés autour d’une coalition nationale : la Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES). Cette plateforme multi-acteur regroupe aujourd’hui 78 membres parmi lesquels on retrouve des organisations de producteurs, des ONG nationales et internationales, des associations consuméristes, des réseaux d’élus, des communes, des institutions de recherches et de formations, des services étatiques et des privés.
Ce collectif d’acteurs œuvre depuis bientôt cinq ans pour une mise à l’échelle de l’agroécologie à travers le plaidoyer, le partage d’expérience, la recherche, la formation, l’accompagnement des territoires en transition agroécologique et le dialogue politique.
Parmi les résultats de la DyTAES, nous pouvons citer entre autres l’attribution de 10 % du budget nationale des engrais à une subvention annuelle d’engrais organiques par le gouvernement du Sénégal, la mise en place de Dynamiques pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) dans les six zones agroécologiques du Sénégal, le positionnement du Sénégal comme modèle d’agroécologie en Afrique de l’Ouest et à l’international, la contribution aux documents politiques tel que le PSE Vert ou encore la Stratégie de Souveraineté Alimentaire du Sénégal.
Dans cette logique, ce 30 avril 2024, les acteurs de la DyTAES et ses entités locales, les DyTAELs ont tenu un atelier de préparation de la campagne agricole 2024 avec la Direction de l’Agriculture du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage (MASAE) à la sphère ministérielle de Diamniadio.
Cette rencontre, cadre d’écoute, de partage, de co-construction et de projection entre les divers participants et a été fortement enrichie par les contributions des acteurs en provenance des six zones agroécologiques du Sénégal représentées par les DyTAELs.
Les échanges ont été particulièrement portés sur la subvention des intrants organiques et des perspectives concrètes de collaboration entre les parties prenantes ont été identifiés.
Entre autres, le système de distribution des intrants, leurs modalités d’acquisition, le dispositif d’accompagnement et la pleine implication des producteurs et productrices dans le processus à toutes les échelles ont été discutés pour identifier conjointement les meilleures dispositions à prendre pour la réussite de la campagne agricole 2024.
Parmi les résultats majeurs de ces échanges, nous pouvons citer : Un accord sur une implication direct des DyTAELs dans les commissions départementales et locales afin d’informer les acteurs de l’agroécologie de la disponibilité des intrants organiques et de faciliter les processus d’acquisition, un système de suivi des intrants organiques sera élaboré par chaque DyTAEL afin de faire un retour sur la qualité, la quantité et l’efficacité des produits et du dispositif actuel, une remontée de ces informations sera effectuée au MASAE par la DyTAES qui sera associé aux réunions de la direction de l’agriculture sur les intrants.
En outre, sur la base des échanges de la journée, une liste de recommandations succinctes spécifiques aux intrants organiques sera partagé au ministre et ses collaborateurs dans les meilleurs délais ainsi que le rapport global de la session.
NON À L' EXCISION
Le Collectif des femmes africaines contre l’excision et les violence liées aux traditions a organisé, jeudi, à Dakar, un rassemblement pour dire non à un projet de texte qui pourrait à nouveau légaliser l’excision, en Gambie
Le Collectif des femmes africaines contre l’excision et les violence liées aux traditions a organisé, jeudi, à Dakar, un rassemblement pour dire non à un projet de texte qui pourrait à nouveau légaliser l’excision, en Gambie, où cette pratique est interdite depuis 2015.
Cette proposition a officiellement été déposée le 4 mars dernier par le parlementaire gambien Almameh Gibba.
”Alors que les femmes du monde entier se mobilisent pour dire non à la médicalisation de l’excision, alors que le 6 février, nous célébrions la journée mondiale de lutte contre l’excision, (…) nous apprenons avec stupéfaction que le parlement Gambien examine un texte légalisant à nouveau l’excision. Nous invitons toutes les femmes du monde à nous rejoindre pour lutter contre l’abrogation de cette loi”, a déclaré Naky Sy Savané, présidente du Collectif.
”Nous refusons catégoriquement toute tentative visant à légaliser cette pratique inhumaine partout dans le monde. Au nom de quoi martyrise-t-on le corps des femmes ? Au nom de quelle religion ? De quel impératif sanitaire ? Mutile-t-on les femmes parce qu’on a peur d’elles, de leur sexualité et pour servir l’ego des hommes ? Les corps des femmes ne doivent plus être utilisés pour les soumettre”, a ajouté Madame Savané.
Le collectif à l’origine de ce rassemblement est composé de l’Union des femmes du monde/GAMS Sud, de la plateforme mondiale des femmes entreprenantes du Sénégal, de l’Association des comédiennes africaines de l’image, de l’Association du festival internationale de film de femmes de Bamako, de l’Association des femmes de l’image du Mali, de l’Association forces pour l’autonomisation des femmes africaines et de la Marche mondiale des femmes.
L’objectif du collectif est d’être en ”première ligne” dans la lutte contre l’excision et toutes les formes de violences liées aux traditions ainsi que la lutte contre les ”conséquences dévastatrices” de cette pratique sur les femmes et les filles, a souligné sa présidente.
Naky Sy Savané a demandé aux gouvernements d’intensifier leurs efforts pour éradiquer définitivement cette ”forme extrême de violence sexiste”.
” Tabourets à la main, assiégeons l’Assemblée gambienne et toutes les instances politiques du monde entier contre les décisions criminelles à l’encontre de nos filles”, a t-elle lancé.
VASTE OPÉRATION DE SÉCURISATION, 708 INDIVIDUS ARRÊTÉS PAR LA POLICE
Plus de 600 agents en uniforme et en civil ont été déployés de 21h à 5h sur l’étendue du territoire national, dans la nuit du mardi 30 avril au mercredi 1er mai 2024.
Dans la nuit de mardi 30 avril au mercredi 1er mai 2024, une vaste opération de sécurisation a été effectuée par la police sénégalaise. Plus de 600 agents en uniforme et en civil ont été déployés de 21h à 5h sur l’étendue du territoire national.
Le site d’information Seneweb nous apprend qu’au cours de ce large ratissage visant à assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens, la police a interpellé, 708 individus dont 315 pour vérification d’identité, 188 pour ivresse publique et manifeste, 34 pour nécessité d’enquête, 12 pour détention et usage de chanvre indien, 5 pour tentative de vol, 1 pour menace et injure, 35 pour vagabondage, 5 pour vol, 12 pour flagrant délit de vol, 4 pour conduite en état d’ébriété, 3 pour racolage, 1 pour destruction de biens, 10 pour tapage nocturne, 7 pour détention illégale d’arme, 2 pour contrebande de cigarettes, 17 pour usage de produits cellulosiques, 5 pour association de malfaiteurs et 52 pour non inscription sur le fichier sanitaire.
par Omar Lo et Cheikhna Ibrahima Seck
QUELLE POLITIQUE FISCALE POUR LE NOUVEAU RÉGIME DANS UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE DIFFICILE ?
Il urge de remettre en cause l’exonération de la TVA sur les jeux et paris sportifs. Il est possible de densifier le réseau des partenaires de la DGID, pour le paiement de tous les impôts et taxes, via les opérateurs de mobile money
Omar Lo et Cheikhna Ibrahima Seck |
Publication 02/05/2024
La construction d’un système fiscal est largement tributaire des mouvements socioéconomiques et des changements politiques qui s’opèrent dans un pays. La trajectoire du Sénégal indépendant permet d’établir que son système fiscal a connu des modifications et adaptations, au gré des alternances politiques, des contingences économiques et de la construction d’un espace communautaire.
L’arrivée au pouvoir des libéraux, en 2000, a entraîné une vague de réformes tendant à attirer les investisseurs, en réduisant notamment le taux de l’impôt sur les sociétés de 35 % à 33 % avant de le stabiliser à 25 % en 2006, et en portant des mesures fiscales dérogatoires dans différents textes, dont le code des investissements.
À la faveur de la loi n°2004-12 du 6 février 2004, modifiant le code général des impôts, des mesures visant à simplifier le système d’imposition, et partant, élargir l’assiette fiscale, ont été prises, avec la création de la contribution globale unique (CGU). Ces mesures ont globalement créé une inflation législative et accru les dépenses fiscales, dont l’évaluation n’a commencé qu’en 2009, tout en ne réussissant pas nécessairement l’objectif d’une embellie économique du Sénégal, malgré une augmentation non-négligeable des recettes fiscales. Le PIB du pays évoluera de manière irrégulière, avec une pointe basse à 1,3 % en 2011, selon les données de la banque mondiale. La deuxième alternance politique de 2012 portera ainsi comme ambition de rationaliser les mesures fiscales dérogatoires, à travers la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012, portant code général des impôts, qui devient le référentiel fiscal unique. L’ambition du nouveau régime est alors de rendre cohérent le système fiscal, tout en continuant le chantier de la simplification, notamment de l’impôt sur le revenu, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’augmentation des ressources fiscales (le taux de l’impôt sur les sociétés sera ramené à 30 %.).
A partir de 2020, pour soutenir les politiques de l’Etat, principalement le PSE, une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme est mise en place. Dans le même temps, l’administration fiscale a résolument renforcé son plan de développement stratégique, engagé des plans de modernisation et d’élargissement de l’assiette fiscale pour tenter de hisser le taux de pression fiscale aux standards communautaires.
Au soir du 24 mars 2024, le Sénégal a connu sa troisième alternance politique. Celle-ci intervient dans un contexte économique difficile. Outre le ralentissement de la croissance, sous la pression de l’inflation mondiale entre autres, on note un endettement qui a atteint des sommets, pour se chiffrer à 77 % du PIB1, dépassant les limites communautaires fixées à 70 % au sein de l’UEMOA, une masse salariale importante et un coût de la vie très cher.
Si les recettes fiscales se portent plutôt bien, avec des recettes en progression de 7 %, s’établissant à 2 206 milliards en 20232, il n’en demeure pas moins que le potentiel fiscal est encore sous exploité, l’assiette fiscale pas assez élargie et la modernisation des structures et des modes de travail de l’administration n’est pas totalement aboutie.
Le rétrécissement des marges de manœuvre budgétaires, sous l’effet du poids de la dette implique nécessairement de nouvelles orientations en matière de politique fiscale.
Instrument de politique économique, la fiscalité est un levier sur lequel les nouvelles autorités devront miser, pour le financement des mesures sociales, dédiées notamment à la baisse de la cherté de la vie.
Sous ses différentes déclinaisons techniques, légales et structurelles, il est possible de bâtir une nouvelle politique fiscale, en procédant d’une part, à des réajustements du dispositif légal en cohérence avec des niches de recettes identifiées et d’autre part, en modernisant le cadre organisationnel et les modes de travail de l’administration fiscale.
Les axes de renforcement du système de taxation à travers l’identification de nouvelles niches de recettes et la rationalisation des dépenses fiscales
La politique fiscale poursuit principalement deux objectifs. Elle permet, d’une part, d’améliorer le niveau des prélèvements fiscaux destinés à la dépense publique et d’autre part, de servir d’instrument de politique économique pour les autorités gouvernementales.
Ces fonctions, qui semblent s’écarter dans leurs finalités, sont complémentaires pour assurer une pleine efficience du système fiscal ; c’est-à-dire d’obtenir des recettes essentielles au financement des dépenses publiques, sans décourager l’activité économique.3
A cette fin, les nouvelles autorités auront l’épineuse tâche de rechercher de nouvelles sources de recettes qui n’emporteront pas des effets pervers sur la conjoncture économique.
C’est pourquoi les mesures de renforcement du dispositif légal que nous proposons sont orientées vers des niches de recettes peu ou pas taxées et qui ne polarisent pas des secteurs vitaux pour l’économie.
Elles visent également la simplification et l’amélioration de certains mécanismes de taxation, notamment les impôts locaux, ainsi que la rationalisation de certaines dépenses fiscales.
Dans cet ordre d’idées, des modifications majeures doivent être apportées à la fiscalité indirecte et plus spécifiquement au dispositif de la Taxe sur la valeur ajoutée, qui représente 32,44%4 des recettes fiscales projetées pour l’année 2024.
En effet, il urge de remettre en cause l’exonération de la TVA sur les jeux et paris sportifs, consacrée par le décret n° 2018-489 du 26 février 2018, approuvant le cahier des charges de la LONASE.
La pertinence d’une telle exonération se pose à l’aune de l’absence d’un enjeu vital des jeux et paris sportifs pour notre économie nationale, mais aussi à l’heure où ce secteur pose avec acuité le débat sur l’addiction, qui tend à devenir une question de santé publique.
Au regard de la portée de cette exonération, qui bénéficie non seulement à la LONASE, mais aussi à tous les acteurs présents dans son réseau commercial (revendeurs et distributeurs agréés), sa remise en cause pourrait faire accroître significativement la ligne des taxes recouvrées sur les biens et services.
L’application de la TVA sur les paris sportifs aura également un effet induit sur les frais de service et les mises des parieurs, qui pourrait aboutir à décourager les candidats à ces jeux et partant, rétrécir l’ampleur du phénomène.
Dans le même registre, la location de locaux meublés par des particuliers, qui connaît aujourd’hui une évolution importante, sous l’effet de l’apport des plateformes numériques de mise en relation, pourrait être taxée davantage.
Il est utile de souligner que la mise en œuvre d’une telle mesure, nécessite qu’une politique tendant vers une meilleure maîtrise du secteur de l’immobilier locatif soit menée. En outre, il s’agira, avec cette mesure, d’assurer un meilleur contrôle de ce secteur qui est considéré comme une niche pour le blanchissement d’argent.
Le Centre Affordable Housing Finance in Africa (CAHF) alertait déjà en 2018, dans son rapport intitulé « Comprendre et quantifier les marchés locatifs en Afrique », indexant le fait qu’il n’existe pas au Sénégal d’organisme chargé de collecter de manière régulière les données sur les fournisseurs de logements comme une insuffisance institutionnelle.
A ce sujet, la formalisation du statut de courtier immobilier ainsi qu’une meilleure réglementation des agences immobilières sont nécessaires, avec à la clé, l’insertion dans le dispositif légal d’un droit de communication automatique à leur égard, concernant l’identité de leurs clients, les propriétés données en gérance, la nature des locations pratiquées et le montant des loyers encaissés pour leur compte.
Concrètement, le renforcement de la taxation des loyers sur les locaux meublés, qui est un marché important à appréhender pour les raisons sus évoquées, pourrait se traduire par l’instauration d’un nouveau taux spécifique de TVA à 20 %, qui est le taux maximal autorisé au niveau communautaire. Ce taux s’appliquera à toutes les personnes physiques effectuant des prestations de location de locaux meublés, non-constitutifs d’établissements touristiques agréés au regard de la réglementation.
Le recouvrement de cette taxe pourrait être facilité par l’entrée en vigueur prochaine du dispositif sur la TVA numérique (qui devait être opérationnel en début avril 2024), pour ce qui concerne les locations effectuées à partir des plateformes de mise en relation, à l’exemple d’« Airbnb » et de « Booking ».
Pour sécuriser davantage les recettes concernant ce nouveau dispositif de taxation et garantir l’aboutissement de la réforme, il pourrait être pertinent de mettre à la charge des agences immobilières une obligation de précompter et de reverser la TVA collectée sur les loyers taxables perçus pour le compte de leurs clients.
Comme dernier point de réforme du cadre légal de la TVA, il est utile de veiller à une mise en application effective de l’arrêté n°34269 du 08 novembre 2023, relatif au dispositif de la TVA sur les prestations de services numériques réalisées par les assujettis étrangers. Dans un contexte de forte digitalisation de l’économie, le Sénégal doit réussir le défi de tirer avantage des opportunités qu’offrent les services numériques, à travers une fiscalité indirecte adaptée. Il s’agit, en outre, de rétablir une certaine équité fiscale, en soumettant à l’imposition toutes les personnes physiques ou morales intervenant dans les prestations de services numériques et le commerce électronique.
Pour la réussite d’un tel chantier, une collaboration active avec les assujettis ciblés (plateformes en ligne) et les partenaires institutionnels (ministère des télécommunications notamment à travers l’ADIE et l’ARTP, fournisseurs d’Internet, etc.) doit être menée, ainsi qu’une mise à niveau des moyens logistiques et humains.
Par ailleurs, la stratégie de refonte du dispositif fiscal ne devra pas occulter la fiscalité locale, afin de permettre un renforcement des moyens d’intervention des collectivités territoriales. A l’ère de la territorialisation des politiques publiques, la gouvernance locale a connu un regain d’intérêt pour les décideurs. L’ambition de créer un développement de la base vers le sommet, partant des collectivités territoriales, se heurte à la problématique de la prise en charge financière des compétences transférées à ces dernières. La réforme emblématique de la fiscalité locale, le remplacement de la patente par la contribution économique locale, même si elle a introduit une volonté d’équité dans la répartition des recettes fiscales locales, n’a pas réglé toutes les difficultés des collectivités territoriales.
Les réformes à implémenter devront donc viser principalement l’accroissement du rendement budgétaire des impôts fonciers locaux, en leur garantissant plus d’équité, plus d’efficacité et une simplification des méthodes d’évaluation de leur assiette.
Conjointement, une réforme de la contribution globale unique est nécessaire, dans la perspective d’une meilleure fiscalisation du secteur dit informel5. En effet, il serait opportun d’élargir la CGU aux PME réalisant un chiffre d’affaires compris entre 50 et 200 millions, y inclure de nouveaux secteurs d’activités, notamment certaines professions libérales, tout en ouvrant une possibilité d’option aux PME personnes morales.
Au titre de la contribution globale foncière également, le seuil du revenu foncier imposable à ce régime peut être porté à 50 millions.
Somme toute, le réajustement de ces impôts dans leurs méthodes d’assiette et de liquidation devra nécessairement s’accompagner d’une révision de leurs modalités de mise en recouvrement. Cela tient à l’absence de cohérence dans la gestion de la fiscalité locale, qui est éclatée entre les services de la DGID et de la DGCPT. La discontinuité des tâches d’assiette et de liquidation d’une part, et de recouvrement d’autre part, est à la source d’une asymétrie d’informations entre les services, qui peut affecter le rendement de leurs efforts. Il s’agit donc d’apporter les corrections législatives ou réglementaires qui siéent pour, à défaut d’un transfert de recouvrement ou une fusion des deux administrations, permettre une meilleure gouvernance de la fiscalité locale.
En dernier lieu, une attention particulière devra être portée sur les dépenses fiscales, en procédant à leur évaluation en termes quantitatifs et de portée, ainsi qu’à leur rationalisation. Pour rappel, elles désignent des mesures dérogatoires au droit fiscal commun, qui entraînent une perte de recettes pour l’Etat.
Les dépenses fiscales qui représentaient 35,4 % de nos recettes fiscales en 20216, soit 952 milliards en valeur absolue, montrent leur poids exorbitant par rapport à nos ressources budgétaires. Dès lors, le débat sur l’efficacité des mesures fiscales préférentielles est légitime.
D’après le dernier recensement général des unités économiques au Sénégal, moins de 3% exercent dans le formel et par conséquent, près de 97,1% des entreprises recensées ne sont enregistrées dans aucun registre administratif en plus de ne pas tenir une comptabilité écrite reconnue. (DPEE, Rapport d’évaluation du potentiel fiscal du secteur informel, novembre 2022)
A ce titre, l’audit du régime fiscal des entreprises franches d’exportation (EFE) agréées avant la réforme du droit commun incitatif de 2012 devra être mené à bon escient. Il s’agit surtout de jauger la pertinence de l’exonération permanente de ces entreprises à la Contribution économique locale (CEL) et à l’impôt de distribution (IRVM sur les dividendes). L’idéal serait plutôt de leur accorder une exonération temporaire sur les cinq (05) premières années d’exploitation, ou sur une durée suffisamment raisonnable pour l’amortissement de leur investissement initial et qui puisse leur permettre d’arriver à un niveau de rentabilité.
Dans le même sillage, le droit accordé aux entreprises industrielles, agricoles et de télé services qui exportent au moins 80 % de leur production, de déduire 50 % de leur bénéfice imposable pour le calcul de l'impôt sur le revenu, doit faire l’objet d’une évaluation objective, quant à son rendement économique.
Nos mesures fiscales incitatives sur le plan économique partagent le mal d’être fortement orientées vers les activités d’exportation. Elles doivent faire l’objet d’une répartition plus parcimonieuse et penser à les orienter vers les activités de transformation et de production locale.
Les mesures incitatives instaurées en 2018, pour promouvoir la fabrication locale de biens destinés à la production d’énergies renouvelables, doivent se poursuivre, en donnant plus de place aux industries manufacturières, dans les dépenses fiscales.
Les pistes d’amélioration du cadre organisationnel et des modes de travail de l’administration fiscale
L’efficacité des politiques fiscales est très largement fonction de l’organisation de l’administration fiscale qui, in fine, met en application les orientations. Cette organisation, autant dans la structure que dans les modes de travail, laisse subsister des insuffisances à combler, malgré la volonté manifeste de modernisation portée par différents projets.
Le chantier de la dématérialisation est bien entamé au sein de la DGID (il existe différentes plateformes pour réaliser des formalités fiscales), et le processus de maturation doit être poursuivi afin de rendre les services fiscaux plus accessibles.
Il s’agira de généraliser la réalisation des formalités fiscales (déclaration, paiement) et le dépôt des demandes (quitus fiscal, contentieux, etc.) à tous les contribuables, et la stabilisation du réseau/serveur qui connaît des lenteurs pendant les échéances fiscales.
Dans la même veine, il convient de constater l’existence de diverses applications dédiées aux formalités fiscales, dans l’environnement digital de la DGID. Face à cette situation, le défi sera de parvenir à une convergence applicative de ces plateformes, afin d’en faciliter la gestion ainsi que l’accès pour les contribuables.
En outre, il est possible de densifier le réseau des partenaires de la DGID, pour le paiement de tous les impôts et taxes, via les opérateurs de mobile money.
Aussi, il est important de tenir compte des spécificités des usagers du service public. La digitalisation des procédures n’est pas une panacée, dans la mesure où certaines zones n’ont pas un accès stable à internet, et des populations ne sont pas familières avec l’utilisation des applications déployées pour la réalisation des formalités fiscales. Il nous semble ainsi plus pertinent d’assurer un meilleur maillage du territoire par la DGID, pour qu’elle devienne réellement une administration de proximité, et combler les déserts administratifs qui existent de fait. A l’état actuel, la présence de ses services reste limitée, en dehors de Dakar, aux chefs- lieux de régions, à l’exception de quelques départements. Cette faible présence induit de très longs déplacements pour certains contribuables, pour rejoindre les services fiscaux, qui impactent négativement sur l’adhésion au système fiscal, et partant, sur les recettes. En outre, cette présence insuffisante crée une distorsion naturelle dans le traitement des contribuables, dans la mesure où les agents sont davantage orientés sur la maîtrise de l’assiette fiscale située dans les zones les plus accessibles. Les insuffisances en ressources humaines et matérielles ne permettent pas de couvrir toute la zone de compétence et un angle mort plus ou moins important peut se former.
L’élargissement du réseau de la DGID, en plus d’avoir des impacts positifs sur les recettes fiscales et les services rendus, sera l’occasion de corriger les incohérences liées à la carrière des agents des impôts et des domaines. Il sera nécessairement accompagné d’une dotation importante en ressources humaines bien formées et en matériels. Dans l’immédiat, les agents des collectivités territoriales pourraient être mis à profit pour constituer des contacts des usagers, dans les zones sans présence de la DGID, pour la délivrance des informations et renseignements de premier niveau.
Concernant les procédures fiscales, le débat sur leur simplification paraît relever d’un vœu pieux. La matière fiscale n’étant pas des plus simples, il en découle des procédures parfois complexes. A défaut de les simplifier dans le fond, il est possible d’en faciliter au moins la réalisation. En effet, la réduction des temps de présence des contribuables, quand ils se déplacent, est un enjeu majeur. Les bureaux de gestion sont congestionnés, pris entre le flux de la gestion des dossiers fiscaux et la réception des usagers. Il est impératif de penser le modèle d’accueil, d’orientation et d’information des usagers, avec des agents spécialisés et ainsi permettre aux agents gestionnaires des procédures fiscales de s’atteler pleinement à ces tâches pour accélérer les délais de traitement.
L’évolution des structures de la DGID, quand bien même elle est importante, ne permet pas encore de fluidifier le traitement des demandes des contribuables. La chaîne hiérarchique demeure toujours longue et la délégation de signature au profit du directeur général de l’administration fiscale sur les procédures contentieuses telles que les dégrèvements, remboursements et restitutions porte sur des montants qui sont relativement dérisoires.
Cette forte centralisation, autant à l’intérieur de l’administration fiscale qu’au niveau du ministère, n’est pas de nature à écourter les délais de traitement, et partant, à favoriser une adhésion au système fiscal. Il est nécessaire, pour permettre une meilleure qualité de services, de décentraliser davantage les décisions et les niveaux de contrôle. Une administration plus proche de ses usagers est aussi une administration dans laquelle la prise de décision est rapide, parce que décentralisée et où les services fiscaux sont plus proches des contribuables.
Dans l’optique de notre politique concernant l’imposition des revenus fonciers, la maîtrise de l’assiette fiscale peut passer par la création de sections uniquement dédiées au recensement, à l’enrôlement et à la gestion des propriétaires fonciers, au sein des centres des services fiscaux. La mise en place d’un système d’échange de renseignements automatisé et quotidiennement mis à jour entre les bureaux des domaines, du cadastre, de la conservation foncière et d’assiette, consultable par les agents habilités des centres, permettra d’animer ces sections. Il s’agira aussi de renforcer les commissions de fiscalité locales mises en place dans les collectivités territoriales, pour qu’elles viennent en appoint aux services dans l’identification et le recensement des propriétés imposables.
Aussi, pour garantir l’efficience des mesures législatives portées, il est urgent de relever le taux de contrôle fiscal des centres dits « traditionnels » et régionaux. En effet, ce taux, qui correspond au nombre de dossiers fiscaux contrôlés sur pièces ou sur place au cours de l’année, reste en moyenne en dessous de 30 %. Cette situation est largement imputable à un manque de moyens humains, mais aussi à la diversité des missions conduites par les bureaux chargés de la gestion, des services aux contribuables, du contentieux et du contrôle fiscal. Pour le rehausser, nous proposons la création de bureaux du contrôle fiscal dans ces centres, sur le même modèle que les bureaux chargés du contrôle à la Direction des grandes entreprises et à la Direction des moyennes entreprises.
Ce dispositif de renforcement du contrôle fiscal s’accompagnera d’un renforcement des moyens d’intervention de la Direction du renseignement et des stratégies de contrôle fiscal (DRESCOF) pour un meilleur appui aux services opérationnels et la mise en application de la volonté affirmée par le président de la République de déclencher des poursuites pénales contre les délinquants fiscaux notoires.
Dans la continuité de cette politique de renfoncement de la DRESCOF et partant, de la gestion du renseignement fiscal, il est utile d’interconnecter les services de l’APIX et de la DGID, afin de garantir, in fine, une unification de la chaîne de création et d’immatriculation des entreprises au niveau des administrations7. Aussi, la présentation d’un document attestant l’attribution d’un identifiant fiscal devrait être rendue obligatoire pour toute entreprise ou opérateur économique voulant procéder à l’ouverture d’un compte bancaire.
La politique fiscale n’est pas une réalité figée. Elle s’adapte aux orientations politiques données par le régime politique, tout en s’adaptant aux contingences et aux réalités socio-économiques. Le Sénégal a un cadre législatif fiscal globalement stable, qui offre des garanties certaines aux entreprises. Il demeure qu’il doit s’adapter à des activités économiques en constante mutation, à des entreprises de plus en plus innovantes.
En outre, la politique fiscale sénégalaise ne peut pas traiter le secteur informel comme une anomalie, au regard de sa part constante dans l’économie. Ce dernier mérite des mesures fortes, un accompagnement efficient, afin d’exploiter au maximum son énorme potentiel. Le relèvement du taux de pression fiscale passera inexorablement par une meilleure fiscalisation de l’économie dite informelle, des services numériques, une rationalisation des dépenses fiscales et une modernisation structurelle de l’administration fiscale. En outre, au-delà des aspects simplement budgétaires, la politique fiscale doit accompagner l’éclosion et la maturation des entrepreneurs de toute nature, qui interviennent dans les différents secteurs de l’économie. La réforme de la contribution globale unique est une parfaite solution pour y parvenir.