VIDEOMASSAMBA DIAL ACCUSE LE MAIRE DE THIES D’AVOIR PLAGIE SON PROJET
Une polémique est en train de s’installer autour de la statue de Lat-Dior qui doit être inaugurée par le président de la République Bassirou Diomaye Faye ce 12 décembre.

Une polémique est en train de s’installer autour de la statue de Lat-Dior qui doit être inaugurée par le président de la République Bassirou Diomaye Faye ce 12 décembre. En effet, le consultant Massamba Dial a fait face à la presse hier, pour réclamer la paternité du projet. en clair, il reproche au Maire Babacar Diop de l’avoir plagié.
Ce jeudi 12 décembre, le président de la République Bassirou Diomaye Faye sera l’hôte de Thiès, sur invitation du conseil de ville. C’est pour les besoins du dévoilement de la statue de Lat-Dior sur la Promenade des Thiès. Mais actuellement, une polémique est en train de s’installer autour de ce projet. Le maire Babacar Diop avait récemment fait savoir que la statue relevait de la conception et de la réalisation de la ville de Thiès. Mais hier Massamba Dial, consultant en stratégie, développeur de contenus audiovisuels et événementiels, est monté au créneau lors d’un point de presse, pour réclamer la paternité du projet. Ainsi, il a accusé Dr Babacar Diop d’avoir plagié ce projet qu'il portait depuis très longtemps, «avant même l’élection de Dr Babacar Diop à la tête de la mairie de Thiès». Selon lui, «son seul tort, c'est d'aimer sa ville natale, d’avoir une folle ambition de participer au développement de sa localité, raison pour laquelle, il a partagé son idée avec Babacar Diop, allant dans le sens d’ériger une grande statue de Lat-Dior en centre-ville, afin de faire de Thiès un carrefour touristique». A cette occasion, il indique que le Maire avait parfaitement épousé l’idée « devant des témoins comme Adama Diawara actuel PCA de l'ASER, et des étudiants d'une école d'architecture». Malheureusement se désole-t-il, deux ans après, «le Maire Babacar Diop déclare devant la presse, sans vergogne ni retenue, que le projet de statue de Lat-Dior est une idée exclusive de la mairie de Thiès. Un mensonge ne peut être plus grotesque que celuilà». «Comment on peut usurper la pensée de quelqu’un à un certain niveau, surtout par quelqu’un qui gère une ville et qui doit aussi gérer le potentiel, l’expertise locale ?» s’indigne Massamba Dial. Pour lui, cette initiative devrait mettre en valeur le potentiel artistique des Thiessois, l’expertise dans la ville de culture de Thiès. Mais au lieu de confier la réalisation à nos propres artistes, il a préféré des Burkinabe. Il souligne que la question ne se pose pas en terme de droit d’auteur mais il s’agit d’une question morale et il urge de rendre à César ce qui appartient à César, concernant la paternité de ce projet. Il note par ailleurs que «la générosité et la justice auraient voulu que Babacar Diop le mette en avant au grand bonheur de tous les Thiessois car il symbolise le Thiès en marche culturel ». D’après lui, c’est cette question morale qui interdit qu’une personne puisse s’approprier les compétences d’autrui, pour son propre intérêt, son propre ego.
OUSSEYNOU GUEYE DIRECTEUR COMMUNICATION DE LA VILLE DE THIES «TOUT LE MONDE PEUT REVENDIQUER UN PROJET, MAIS IL FAUT EN APPORTER LA PREUVE»
Interpellé sur les récriminations de Massamba Dial, Ousseynou Masserigne Guèye, Directeur de la Communication de la Ville de Thiès, estime que tout le monde peut revendiquer la paternité d’un projet, mais il faut en apporter la preuve. Dans le cas d’espèce, il souligne qu’il s’agit d’une œuvre d’art et pour prouver qu’on est le père d’une telle idée, il faut brandir une attestation délivrée par la SODAV, à la suite d’un dépôt en bonne et due forme. Il est d’avis que cette attestation est de nature à prouver que l’œuvre a été effectivement enregistrée en son nom, afin de bénéficier des droits d’auteur et des droits voisins. «Une œuvre d’art s’enregistre et au-delà de cet aspect, il aurait dû au moins brandir la maquette qu’il avait montrée au Maire en son temps, en évoquant avec lui ce projet. La vérité est qu’il n’a pas de maquette, encore moins d’acte d’enregistrement à la SODAV pour pouvoir réclamer des droits d’auteur et des droits voisins. Au-delà de la paternité, ils entretiennent une autre polémique liée au réalisateur du projet qui se trouve être un Burkinabe. C’est parce qu’après le lancement du marché, il a été le seul artiste ayant répondu aux critères. Cet artiste Burkinabe est mondialement connu, qui a été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre National du Mérite par l’ancien Président Macky Sall. La nationalité importe peu car Pierre Goudiaby Atépa, Kalidou Kassé, Ousmane Sow Huchard, sont des Sénégalais qui ont réalisé des œuvres d’art partout en Afrique. D’un tel point de vue, pourquoi un Burkinabe ne gagnerait-il pas des marchés d’œuvre d’art au Sénégal ? Cette polémique ne doit pas être entretenue dans ce pays car autant les étrangers gagnent des marchés au Sénégal, autant les sénégalais gagnent des marchés ailleurs», a-t-il expliqué.