L’ETAT ANNONCE DES REFORMES STRUCTURELLES ET AMBITIEUSES
Le ministre des finances estime que ce rapport marque un tournant décisif. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple exercice de constatations mais le début d’une transformation profonde et irréversible de la gouvernance financière

Suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques au titre des gestions de 2019 au 31 mars 2024 qui a révélé des irrégularités dans la gestion des comptes publics, le gouvernement s’engage à mener des réformes structurelles et ambitieuses pour renverser la tendance. L’annonce a été faite hier, jeudi 13 février, par le ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, lors d’une conférence de presse.
«Il faut retenir que ce rapport est une photographie fidèle de la situation financière du pays. Il confirme et valide les constats établis par l’inspection générale des finances et met en lumière des insuffisances. Qu’il est désormais impératif de corriger avec rigueur et détermination ». Ces propos sont du ministre des Finances et du budget Cheikh Diba qui s’exprimait hier, jeudi 13 février, lors de la conférence de presse du gouvernement suite à la publication du rapport d’audit de la Cour des comptes sur les finances publiques. Ainsi, il annonce que le gouvernement s’engage à mettre en œuvre des réformes structurelles et ambitieuses pour garantir la soutenabilité budgétaire et la prospérité de notre nation.
« Le déficit budgétaire moyen annuel de 11,1% enregistré sur la période 2019-2023 et le niveau d’endettement atteignant 99,67% du Pib en décembre 2023 illustrent la gravité des déséquilibres financiers accumulés ces derniers années. Face à ces défis majeurs, nous n’avons qu’une seule voie : c’est d’agir vite avec responsabilité et méthode », indique-t-il. L’argentier de l’Etat informe que le gouvernement a déjà engagé une réforme en profondeur de la gestion budgétaire et de la dette publique avec un objectif très clair qui est d’assurer la viabilité des finances publiques tout en préservant notre souveraineté économique.
« Ces réformes s’articulent autour de 3 axes majeurs. Premièrement, le renforcement du contrôle budgétaire et de la gestion des investissements publics. Deuxièmement, la modernisation et la digitalisation de la gestion des finances publiques. Et troisièmement, les réformes structurelles visant à une réorganisation des services impliqués dans la gestion de la dette », a-t-il fait part.
Il ajoute que ces réformes structurelles seront traduites comme suit et mises en œuvre de manière séquencée.
« Premièrement, il faudra améliorer la qualité comptable et de l’information financière à travers la mise en place d’un système d’information intégré de gestion des finances publiques garantissant un meilleur contrôle des dépenses et des financements. Cette modernisation permettra d’améliorer la qualité et la fiabilité des données financières, de faciliter leur accessibilité et d’assurer la sincérité des comptes publics, un contrôle plus stricte des projets financés sur ressources extérieures avec la désignation d’un agent comptable chargé du suivi comptable des projets financés à cet effet », a-t-il laissé entendre. Selon lui, cette mesure vise à assurer un contrôle rigoureux et une meilleure gestion des engagements financiers du pays. Il faudra aussi, dit-t-il, veiller à la réorganisation du réseau comptable afin d’accélérer la centralisation des données, d’améliorer leur fiabilité et d’optimiser la gestion de la trésorerie de l’Etat. Il ajoute que l’intégration de supports indispensables facilitera la fluidité des opérations comptables et garantira une meilleure traçabilité des flux financiers. Le ministre indique le deuxième axe porte sur la réforme de la dette publique et elle s’opérera à travers le retour à l’orthodoxie en matière de gestion de la dette par une centralisation des fonds de négociations, d’utilisation et de gestion de la dette publique.
« Cette centralisation permettra de surmonter les difficultés liées à la dispersion des compétences dans l’administration de la dette publique. Cette réforme devra garantir une meilleure coordination de l’information financière et une gestion efficiente des ressources publiques. Elle passera parla création d’un service unique au sein de l’Etat compétent pour la gestion des emprunts et des garanties associées. Ce qui assurera ainsi une approche plus transparente et harmonisée de la politique d’endettement », a-t-il expliqué.
Enfin le troisième axe porte sur le renforcement de l’efficacité et de la transparence des finances publiques. Selon Cheikh Diba, il s’opérera à travers le renforcement du dispositif de collecte et de fiabilisation des institutions sur les finances publiques, l’instauration d’une déclaration de responsabilité personnelle de tous les agents impliqués dans la production de l’information financière.
« CHAQUE FRANC DEPENSE VA DESORMAIS ETRE JUSTIFIE »
Le Ministre des finances et du budget estime, par ailleurs, que ce rapport marque un tournant décisif. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple exercice de constatations mais le début d’une transformation profonde et irréversible de la gouvernance financière au Sénégal.
« Notre responsabilité est de faire mieux pour aujourd’hui et pour les générations futures. Nous devons rétablir la confiance, renforcer la souveraineté financière et garantir une gestion publique exemplaire. Chaque franc dépensé va désormais être justifié. Chaque engagement budgétaire doit être optimisé et chaque réforme doit être appliquée avec la plus grande rigueur. Nous devons cette rigueur aux Sénégalais, cette transparence à nos partenaires et cette exemplarité à l’histoire. C’est avec détermination que nous relèverons ce défi », rassure-t-il.