VIDEOLA SG DE L’ASSOCIATION INTERNATIONALE DES FEMMES FRANCOPHONES LIVRE SON DIAGNOSTIC
Invitée de l’émission Objection de la radio Sudfm, Mme Diouf, Marie Bernadette Amy Ndione a préconisé une distinction pratique entre les besoins pratiques des femmes et leurs intérêts stratégiques.

La Secrétaire générale de l’Association internationale des femmes francophones a passé en revue hier, dimanche 09 mars, l’évolution de la politique d’autonomisation des femmes au Sénégal. Invitée de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée), Mme Diouf, Marie Bernadette Amy Ndione tout en saluant les efforts accomplis par le Sénégal dans le cadre de la promotion des droits de la femme, a préconisé une distinction pratique entre les besoins pratiques des femmes et leurs intérêts stratégiques.
La Secrétaire générale de l’Association internationale des femmes francophones a dressé un état des lieux de l’évolution de la politique d’autonomisation des femmes au Sénégal. Invitée de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 9 mars, Mme Diouf, Marie Bernadette Amy Ndione a salué les efforts accomplis par le Sénégal dans le cadre de la promotion des droits de la femme. En effet, selon elle, sur le plan juridique, le Sénégal a fait des avancées significatives en matière d’égalité des sexes en citant notamment l’intégration de l’égalité homme-femme dans toutes les constitutions et l’adoption de lois spécifiques en faveur des femmes qui montrent, selon elle, une volonté politique de réduire les inégalités. Sous ce rapport, elle a cité plusieurs dispositions législatives et réglementaires adoptées par le Sénégal en faveur des femmes dont notamment l'équité fiscale en 2008, la modification du Code pénal en la faveur de l’intégration des dispositions relatives aux violences conjugales, à la répression de l'excision, du viol.
« L’une des avancées majeures reste la possibilité pour les femmes de transmettre la nationalité depuis 2013, ce qui est une grande victoire pour l’égalité des droits », a-t-elle soutenu. Toutefois, poursuivant son propos, la Secrétaire générale de l’Association internationale des femmes francophones a fait remarquer que « malgré ces progrès juridiques, l’application effective des lois reste un défi » pour le Sénégal. Citant la stratégie nationale d’autonomisation des femmes, la Secrétaire générale de l’Association internationale des femmes francophones a assuré que le diagnostic de ce document révèle la persistance « des inégalités dans l’accès à l’emploi, les écarts salariaux et la représentativité dans certains secteurs clés qui plombent l’éclosion du talent féminin »
Sous ce rapport, elle a cité les secteurs tels que l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'artisanat mais aussi l'énergie où la présence des femmes est quasi inexistante. « Nous avons également constaté que 68 % du cheptel appartenait aux hommes, tandis que le salaire minimum des femmes était de 68 000F, contre 108 000F pour les hommes. La différence est flagrante. De plus, selon l’audit de la fonction publique réalisé en 2014, les femmes ne représentent que 23 % des effectifs. Cela montre qu’elles sont sous représentées dans ce domaine et qu’il reste encore beaucoup d’efforts à fournir pour améliorer la situation », a-t-elle lancé avant d’ajouter. « C’est bien de s’occuper des besoins pratiques des femmes comme l’accès à l’eau mais l’intérêt stratégique, c’est comment faire pour corriger toutes ces formes de discriminations qui plombent l’éclosion du talent féminin »
Par ailleurs, préconisant une distinction pratique entre les besoins pratiques des femmes et leurs intérêts stratégiques, Marie Bernadette Amy Ndione a aussi prôné la révision de l’article 152 du Code de la famille concernant la puissance maritale, de l'article 153 surle choix de la résidence, de l'article 111 relatif à l'élévation de l'âge du mariage, ainsi que de l'article 196 concernant l'interdiction de la recherche de paternité.