CES FACTEURS AGGRAVANTS DE LA CANICULE À KAOLACK
Kaolack souffre des contraintes environnementales, climatiques en plus de celles de l'assainissement entre autres facteurs. la forte salinisation de la région et l'absence d'arbres dans plusieurs quartiers sont aussi devenus des facteurs aggravants ?
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La ville de Kaolack fait partie des zones les plus chaudes du pays. avec le changement climatique, le thermomètre dans cette localité peut afficher les 47° Celsius. Kaolack souffre des contraintes environnementales, climatiques en plus de celles de l'assainissement entre autres facteurs. la forte salinisation de la région et l'absence d'arbres dans plusieurs quartiers sont aussi devenus des facteurs aggravants ?
Dans la ville de Kaolack, des plans de reboisement ont été élaborés par le service des Eaux et Forêts, la mairie et des environnementalistes. Toutefois, l'on note une insuffisance voire une absence d'espaces verts et d'arbres dans plusieurs quartiers de la ville. Selon Samba Ba, environnementaliste et président du Mouvement «Kay Liggéy Kaolack», il reste encore beaucoup d'efforts à faire sur le plan du reboisement. «La ville de Kaolack souffre d’une raréfaction d’arbres dans un contexte marqué par la forte chaleur. Il y a des quartiers où on trouve une absence totale d’arbres et cela pose aussi des problèmes aux populations. Le constat est alarmant. Sur le plan du reboisement, ça ne marche pas. La mairie doit faire des efforts, beaucoup plus d’efforts, car il y a des quartiers qui ne bénéficient pas d’arbres et aujourd’hui, les arbres jouent un rôle très important dans l’adoucissement du climat, dans l’infiltration des eaux pluviales et la rétention du sel», a déclaré l’environnementaliste. Toutefois, pour inverser les tendances, il invite la municipalité de Kaolack à la mise en œuvre de son programme environnemental. « La mairie a un programme bien défini mais il reste la mise en œuvre. Vous savez, on peut avoir un programme bien défini mais parfois, c’est la mise en œuvre et le déroulement qui pose problème. Surtout le volet reboisement », explique-t-il. À en croire M. Ka, l'avancée du sel est causée par le changement climatique et le déséquilibre hydrostatique eau douce et eau salée. Le changement climatique a provoqué une forte variabilité pluviométrique marquée notamment par un déficit des apports eau douce-eau salée.
KAOLACK A UN BON PROGRAMME ENVIRONNEMENTAL, MAIS….
«La commune de Kaolack a un bon programme environnemental», réitère Fallou Amar, conseiller en environnement du maire Serigne Mboup. Il est revenu sur le programme mis en œuvre par la commune de Kaolack depuis l'avènement de Serigne Mboup. «L'année dernière, le maire et son équipe ont distribué près de 5 000 plants. Les 2 500 ont été plantés par la mairie à travers son programme de reboisement. Le reste des plants a été distribué aux populations, aux associations et mouvements citoyens pour donner une autre image à la ville de Mbossé. Malheureusement, c'est le suivi qui fait défaut. Les habitants de Kaolack n'ont pas ce patriotisme en matière d'environnement et de reboisement. Toutefois, il y a des champions qui ont su entretenir leurs plants», a ajouté Fallou Amar. À en croire ce dernier, Kaolack est confronté à une forte chaleur depuis plus de deux mois. «Nous avons constaté une canicule qui sévit dans la ville depuis deux mois. Cela peut s'expliquer par la culture du sel dans la commune. Cette activité a de plus en plus d'ampleur. Il y a ce qu'on appelle l'enfouissement du sel dans le sol. Ce qui explique cette forte chaleur. Il y a les Salins du Sine-Saloum et les petites entités privées qui s’adonnent à cette activité. Ces structures devraient accompagner la mairie à travers la responsabilité sociétale d'entreprise pour l'embellissement des grandes artères de Kaolack», soutient le conseiller municipal.
LA CANICULE IMPACTE NEGATIVEMENT LES ACTIVITES
Cette forte canicule n’est pas sans conséquences sur les activités quotidiennes des populations, notamment dans les secteurs du commerce, l’artisanat, le transport entre autres. Rencontrée en centre-ville, Ndèye Maty Guèye se confie : «Je suis née et j’ai grandi à Kaolack, mais je n'ai jamais vécu une telle chaleur. Il fait très chaud à Kaolack. Et si on ne boit pas, on risque de se déshydrater. Il faut boire beaucoup d'eau et éviter de sortir durant certaines heures de la journée, surtout pour les personnes âgées et les hypertendus. La forte teneur en sel de la région et l'absence d'une politique de reboisement peuvent accentuer ce phénomène que nous traversons actuellement. Nous ne pouvons même pas porter certains habits.» Le constat est le même chez les conducteurs de vélo-taxi. Abdoulaye Cissé dit Ndiang Cissé s'inquiète pour sa santé à cause de cette température très élevée. «Chaque jour, nous sommes dehors en train de sillonner les artères de la ville sous cette forte canicule. Je me demande tout le temps si cette condition de travail ne va pas impacter plus tard sur ma santé. Conduire à une certaine heure est un danger pour les Jakartamen. Rien que la chaleur, le vent sec et la poussière peuvent faire des dégâts. La canicule n'est ni bonne pour notre santé, ni pour les organes de notre outil de travail. Je transpire beaucoup», a ajouté M. Cissé. Trouvée devant sa maison, sous un grand arbre, au quartier Kasnack, vers les coups de 18 heures, cette vieille dame d'une soixantaine d'années se lamente. Pour Marième Ndiaye, il fait très chaud et ce n'est pas un bon climat pour les personnes âgées. «Vous m'avez trouvée sous cet arbre en train de prendre l'air et en quête de fraîcheur parce que je n'ai pas de climatiseur chez moi. Les ventilateurs, n'en parlons même pas, ils dégagent un vent très sec et c'est très difficile pour une personne de mon âge de supporter cette forte chaleur. J'ai constaté que Kaolack fait de plus en plus chaud. Plus les années passent, plus la température augmente. En tout cas, moi je bois de l'eau pour ne pas me déshydrater. À cause de la chaleur, les gens sont obligés de se réfugier dans les maisons ou sous les arbres», a expliqué Mme Ndiaye.
LES VENDEURS D'EAUX FRAICHES SE FROTTENT LES MAINS
Comme dit l'adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Avec cette canicule, les vendeurs d'eau fraîche et de sachets de glace se frottent les mains. Cette femme rencontrée à la gare routière de Nioro ne dit pas le contraire. «Tout se passe bien actuellement avec la vente de sachets d'eau fraîche. On vend le sachet à 50 francs. D'habitude, dans la journée, je vendais 3 à 4 ballons d'eau. Mais depuis le mois de Ramadan, j'ai doublé mon bénéfice. Je vends jusqu'à 8 ballons d'eau dans la journée. Il arrive également que je vende à 150 francs le sachet de la glace qui se vend à 100 francs. C'est la forte chaleur qui l'impose. Je touche du bois», se réjouit cette femme qui a voulu garder l'anonymat.