LE FAUTEUIL
Il n’y a pas que les dirigeants politiques qui se cramponnent à leur fauteuil, toute griffes dehors se disant qu’ils ont l’éternité devant eux. Imam Khoutba de la mosquée de Ton’s, lui aussi s’accroche à son fauteuil d’imam, en dépit de son âge avancé

Il n’y a pas que les dirigeants politiques qui se cramponnent à leur fauteuil, toute griffes dehors se disant qu’ils ont l’éternité devant eux. Imam Khoutba de la mosquée de Ton’s, lui aussi s’accroche à son fauteuil d’imam, en dépit de son âge plus qu’avancé. Ses rouko sont accompagnés du craquement de ses os, une musique qui perturbe les prieurs. Ses nafila qui défient tous les autres, s’étirent en longueur. Ce qui fait bailler les fidèles et leur crée des fourmillements aux jambes. La reconversion d’Imam Khoutba avait séduit Ton’s qui fut son meilleur souteneur au moment des élections à l’imamat. Ton’s avait plaidé la cause de celui allait devenir Imam Khoutba. Ton’s en bon orateur avait mis sous l’éteignoir, le passé fantasque de Khoutba qui fut dans sa ville natale, loin de la capitale, un excellent danseur de salsa. Il s’était donné pour surnom Pacheco, à qui il vouait une adoration. Khoutba avait une impressionnante collection de disques.
Une fois élu, Imam Khoutba prit ses aises. Ses soucis financiers étaient terminés. Dans son gafaka pleuvaient des « bakha » tous neufs. On avait beau demandé à Imam de passer la main rien n’yfit. Des médiateurs s’étaient succédé à sa porte mais Imam Khoutba restait dur d’oreille. Alors Ton’s immobilisa toute son imagination. Il glissa du somnifère dans le ataya de l’imam qui le fit dormir 24 heures d’affilé. Imam se réveilla à la clinique, entouré d’infirmières toutes habillées en blanc et greffage jusqu’à la chute des reins. Et imam Xutba de s’extasier « Aguena aldiana ak kouril ayniyi ma weur. Bayil nalé ak sen diakka »