CES FEMMES PARLEMENTAIRES SANS ADRESSE MAIL
« Avant je n’étais ni sur Facebook, ni sur Twitter encore moins sur Instagram. Je ne connaissais pas leur utilité même si j’en avais entendu parler. », confesse Fatma Diop, vice-présidente à l’Assemblée nationale

« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard », disait Louis Aragon. Pour les femmes parlementaires, il n’est jamais trop tard pour se mettre à la page et surtout au digital.
Sous d’autres cieux, les politiques ne se départissent presque jamais de réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Instagram, des blogs personnels et autres directs/live afin de garder un lien continu avec leurs concitoyens. Sous d’autres cieux. Au Sénégal, les femmes parlementaires (certaines pour ne pas tomber dans la généralisation) semblent être les exceptions confirmant la règle. Questionnées lors d’un atelier de formation sur la digitalisation, plusieurs d’entre elles n’avaient pas… d’adresses email. « Avant cette formation, je n’étais ni sur Facebook, ni sur Twitter encore moins sur Instagram. Je ne connaissais pas leur utilité même si j’en avais entendu parler. », confesse Fatma Diop, vice-présidente à l’Assemblée nationale et l’ainée des parlementaires ayant bénéficié de la formation. Aminata Diao Baldé, benjamine des parlementaires a, en revanche, une autre pratique digitale. « En tant que représentante du peuple, je publie des éléments des sessions plénières sur les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp). Ainsi j’informe les populations de ma localité ainsi que mes amis sur ces canaux », confie la jeune député du département de Vélingara.
Si parmi les 45 femmes parlementaires, la majorité a un compte Facebook, très peu d’entre elles connaissait l’utilité de Twitter, très utilisé par les personnalités publiques car c’est le réseau social d’influence par excellence. Twitter est créé depuis mars 2006. « Ces ateliers nous ont permis de créer, nous mêmes, le site du collectif des femmes parlementaires. La méconnaissance des outils technologiques est un obstacle à notre travail », reconnaît Sira Ndiaye, chargée de la communication du réseau des femmes parlementaires. Présente presque sur tous les réseaux sociaux, elle milite pour « des parlementaires de leur époque ».