D’ANCIENS EMPLOYÉS DES BASES FRANÇAISES VEULENT SE LANCER DANS L’ENTREPRENEURIAT
Lors d’un forum de l’emploi réunissant 70 entreprises, ces travailleurs ont bénéficié de conseils et d’un accompagnement en vue de leur insertion professionnelle. L’APIX s’engage à les assister dans leurs projets.

Plus d’une soixantaine d’anciens employés des Eléments français au Sénégal (EFS) ont manifesté le désir de créer leur propre entreprise, a annoncé, jeudi, le général de brigade Yves Aunis, commandant ces forces françaises sur le point de quitter le territoire sénégalais.
Parmi les anciens employés des EFS, “il y en a une soixantaine qui a manifesté le désir très concret de créer une entreprise”, a-t-il déclaré au cours d’une rencontre organisée au profit de ces anciens travailleurs des bases militaires françaises désireux de lancer dans l’entreprenariat.
Selon le général de brigade Aunis, la création d’entreprise, après les besoins de formation et d’appui, est le point qui est le plus au cours de forum de l’emploi auquel ont répondu “70 entreprises”.
“Après ce moment phare de présentation et d’explications, il y aura un accompagnement des projets qui vont être personnalisés dans les semaines et les mois à venir”, a-t-il fait savoir.
“Nous fédérons des acteurs autour de nous pour aider” ces anciens employés des Eléments français au Sénégal, a indiqué l’officier supérieur français.
L’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) a été mise à contribution dans l’accompagnement à la création d’emplois souhaitée par ces travailleurs, a-t-il ajouté.
“Ces travailleurs vont bénéficier d’une assistance, de conseils, d’orientations par rapport à leurs projets”, a promis le directeur du guichet unique et des plateformes des investissements de l’APIX, Pape Amar.
Il a précisé que dans cette optique, un dispositif d’accueil et d’assistance sera mis en place au sein de l’APIX, avec un personnel chargé de la réception des dossiers de ces travailleurs.
M. Amar s’est montré optimiste par rapport à l’avenir de ces travailleurs, soulignant que l’expérience acquise chez les EFS est “un atout majeur” dont ils peuvent se prévaloir.
“Aujourd’hui, capitaliser 20 à 30 ans d’expérience avec les EFS du Sénégal, avec les notions de mobilité, de rigueur, de ponctualité, est un atout qu’il faut mettre sur le marché du travail et de l’investissement au Sénégal”, a-t-il relevé.
Certains ex-employés désirent créer leur entreprise parce qu’ils n’ont pas forcément envie, après avoir passé 20 à 30 ans chez les EFS, de se mettre en quête d’un nouvel emploi.
Il peut s’agir d’une question d’âge, dans le cas de personnes ayant atteint la cinquantaine et qui n’ont “pas envie” de reculer, niveau salaire et hiérarchie, par rapport aux précédentes positions qu’ils occupaient, comme le confient quelques uns de ces ex-employés.
D’autres réfléchissaient depuis des années à la création de leur entreprise. Ces personnes trouvent dans leur nouvelle situation l’impulsion nécessaire pour se lancer dans l’entreprenariat.
Moro Koïta, par exemple, veut se lancer dans le maraîchage dans sa région natale de Kolda, dans le sud du Sénégal.
“Je voudrais retourner à la terre pour faire du maraîchage”, a confié cet ancien responsable de caisse au niveau du restaurant des EFS. Il assure avoir reçu la formation nécessaire pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.
Comme Moro, 58 des 162 employés locaux des EFS travaillent dans la restauration.
“On a commencé une formation en création d’entreprise. On nous a formés en analyse financière, en fiscalité, en droit du travail”, a-t-il dit, en saluant le côté pratique de cette formation offerte par les EFS avec l’accompagnement de l’APIX.
Le secrétaire général de la section syndicale des personnels civils du recrutement local des Eléments français au Sénégal (EFS), Djibril Ndiaye, s’est réjoui de cette initiative de la partie française.
“Nous apprécions à sa juste valeur la démarche des EFS parce qu’elles auraient pu s’arrêter à ce licenciement légal”, a-t-il dit, notant que l’implication de l’APIX représente “une opportunité […] pour pouvoir s’insérer dans la vie professionnelle”.
Plusieurs centaines de civils devraient perdre leur emploi, après la fermeture desdites bases, sur demande du Sénégal.
Le général de brigade commandant les Eléments français au Sénégal (EFS) a saisi, il y a quelques semaines, l’inspection régionale du travail pour l’informer du licenciement collectif, à compter du 1er juillet 2025, de l’ensemble du personnel sénégalais, 162 au total, pour “fermeture définitive des bases militaires françaises au Sénégal”.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a déclaré, le 31 décembre dernier, que le Sénégal cherchait à instaurer une “nouvelle doctrine” de coopération militaire. Dans ce cadre, il a été décidé de mettre fin, cette année, à la présence des militaires étrangers sur le territoire sénégalais, selon M. Faye.