«MON PROJET POUR LES LIONS»
ALIOU CISSÉ INVITÉ AU CLUB DE LA PRESSE

Invité hier vendredi du Club de la presse de l’ANPS, Aliou Cissé a décliné son projet qu’il compte dérouler sur quatre ans. Le sélectionneur des Lions a mis l’accent sur le facteur temps car pour lui, une équipe compétitive se construit dans la durée.
«Vous devinez ma joie et ma fierté d’être au Club de la presse. Celui-ci est une tribune d’intelligence, une boîte à idées, un cadre d’échanges pour toute la famille sportive. ma joie est d’autant plus grande que cette rencontre ne se passe pas dans l’émotion et l’euphorie de la nomination, encore moins dans l’ambiance pesante d’une publication de liste ni dans le stress des préparations de match. mais, il s’agit de dialogue et d’échanges avec des partenaires.
J’ai signé un contrat de quatre ans comme vous le savez et cela demande un programme qui aboutisse à un déclic sur le plan sportif. Ça demande une démarche, une gestion, et bien sûr des moyens. C’est ces ressorts et grandes articulations que je me propose aujourd’hui de vous soumettre. la bonne compréhension de ce projet m’aidera à mieux gérer le groupe pour atteindre nos objectifs.
Nous avons commencé notre mission par la confection d’une liste de 28 joueurs en direction des matchs amicaux du 28 mars contre le ghana et du 31 mars contre l’équipe du Havre aC, en france. nous avons élargi la liste à 28 pour ratisser large, parce qu’il fallait d’une part revoir tout le groupe qui revenait de la guinée équatoriale et d’autre part y inclure des joueurs au nombre de quatre. Ces deux matchs se sont soldés par des victoires 2-1 pour nous.
il faut dire que le choix était risqué, mais ce fut une bonne chose dans la revue d’effectif. sur les 28 joueurs 1 seul absent a été noté. C’est lys gomis qui était blessé. tous les 27 autres ont pu prendre part à la rencontre, ce qui était une bonne chose pour le staff. au-delà des chiffres 2 victoires, 4 buts marqués contre 2 encaissés, il fallait évaluer l’esprit du groupe après l’élimination à la dernière Can.
Sur ce plan, je veux dire qu’on a un groupe qui n’est pas traumatisé après la contreperformance et elle reste déterminée à gommer cette blessure. C’est ainsi que ce premier contact nous a permis de mettre à profit des séances collectives d’échanges. À côté, nous avons eu des discussions individuelles avec chacun. Ceci nous paraissait important, non seulement pour parler du projet, des objectifs, aussi en tant qu’acteur. Ce fut un séjour très riche d’enseignements car nous avons trouvé auprès d’eux des garçons plus que jamais déterminés. le travail se fera dans l’union des coeurs et des esprits dans une solidarité sans faille et de discipline collective.
J’ai l’intime conviction que ce groupe a de beaux jours devant lui. nous avons de la qualité, nous avons désormais un engagement engagé et consolidé pour atteindre ensemble nos objectifs. notre optimisme peut se fonder sur cette osmose entre anciens et nouveaux. ensemble, ils ont vécu en parfaite harmonie pendant ce regroupement. seulement, il nous faudra travailler pour renforcer la solidarité et inculquer la notion de la gagne et une force morale, cet esprit de conquérant indispensable à toute équipe pour se sublimer pendant les grandes épreuves.
C’est ce que j’ai continué à faire. C’est ce que j’ai continué à faire en me rendant en angleterre pour rencontrer d’autres joueurs pour poursuivre la discussion avec eux. Cette démarche mentale et psychologique est importante et constitue pour moi un préalable intéressant dans la constitution d’une équipe techniquement dotée pour aborder les éliminatoires de la Can-2017. J’ai confiance en ce groupe, mais la réalité sera sur le terrain. À première vue, on a l’impression qu’on dispose de temps, mais lorsqu’on regarde le programme on va vite déchanter car le travail est énorme et le chantier est vaste et les attentes sont immenses dans le groupe K que nous partageons avec le niger, la namibie et le Burundi.
Sur le plan administratif, la fédération améliore à chaque campagne sa maîtrise du voyage et de la logistique. sur le plan technique, beaucoup de choses restent à faire car gérer une compétition, c’est gérer aussi des hommes. le temps est un aspect primordial. J’aurais besoin du temps. Certes mon contrat s’étale sur quatre ans, seule une bonne gestion du temps donnera le sens de ce contrat. le temps de mettre en place les grandes lignes, un groupe fort équilibré et une équipe solidaire.
À mon avis, une bonne équipe repose sur la complémentarité et la discipline, et j’insiste là-dessus. Je n’ai pas hérité d’un groupe indiscipliné, loin de là, au contraire, j’ai trouvé un groupe perfectible, mais, il est important pour moi de continuer à travailler cette dynamique au sein de la tanière. quatre ans ensemble, forcément des changements se feront. il y aura des changements dans la vie comme dans chaque équipe. le championnat du sénégal est en train de progresser, je vois les joueurs évoluer ainsi que les clubs et les entraîneurs qui évoluent aussi. sans oublier la petite catégorie. et on a répertorié presque 500 ou 600 jeunes à travers le monde. Ces derniers seront emmenés à taper à la porte de la tanière. l’adhésion des hommes au projet, leur dynamisme et leur force physique feront la différence. nous allons encourager la concurrence saine au poste dans la sportivité. Je reste convaincu que c’est la meilleure façon de donner une âme et une identité à cette équipe. tout doit être basé sur des valeurs et tout ce travail demande de la patience, pas de précipitation. Je suis ouvert à tous les footballeurs sénégalais. le court terme n’a jamais fait de résultat intéressant et durable. les grandes équipes ne se sont pas constituées du jour au lendemain, il leur faut du vécu. pour les choix d’hommes, j’en reste à ma philosophie qu’il n’y a qu’une seule star qui reste l’équipe. J’ai besoin des joueurs engagés et déterminés pour leur pays. Aucune place n’est réservée à qui que ce soit. il faut travailler dur. les places ne se discutent pas dans le bureau du coach ou dans les gros titres des journaux. les places ne se gagnent pas non plus sur des plateaux de télévision ou de radio. De toute façon, je connais leur degré de professionnalisme, l’amour qu’ils ont pour leur pays et son football.
Notre plus grande articulation de ce projet reste la préparation qui a nos yeux est fondamentale. Cette préparation, nous l’avons entreprise en europe en commençant par le travail mental. la différence entre l’europe et l’afrique à travers le climat, les infrastructures et parfois même l’arbitrage. il faut qu’ils puissent transformer cette différence et ne pas en faire un handicap. Donc, mentalement, il nous faut être préparés sur tous les plans.
Au plan sportif, nous voulons mettre en place une équipe qui puisse s’adapter aux réalités du terrain. nous devons travailler à donner une âme, une identité du jeu. l’attitude des joueurs sera déterminante et ceci est une préoccupation pour nous le staff. nous allons donc allier préparation mental et préparation technique. Ce n’est qu’à partir de ce moment que nous aurons un style, une identité pour ne pas dire un label. la logistique suivra, j’en suis sûr car notre fédération est assez outillée et ne cesse de progresser dans la mise en place des équipes pour les grands événements. C’est ensuite que nous parlerons du meilleur onze sénégalais en lieu et place des onze meilleurs sénégalais. Ce sont des axes qui me paraissent essentiels avec l’appui des fédéraux pour bâtir une équipe performante et rayonnante partout où elle aura à se produire, aussi bien en afrique qu’ailleurs.
Vous l’avez constaté, j’ai choisi de ne pas évoquer la question des moyens. la raison est simple. J’ai l’appui et le soutien de la fédération qui s’est engagée à m’accompagner avec le ministère des sports. Je ne me fais aucun souci dans ce sens. C’est sur cette base que nous serons évalués après la Can si nous nous qualifions. une étape qui nous permettra de nous rectifier sur tous les plans car après tout travail, il faut un diagnostic sans complaisance pour réorienter afin de rayonner et faire des pas de géant.