LE FMI PRÔNE LA RATIONNALISATION
MASSE SALARIALE DANS LA FONCTION PUBLIQUE

Le Sénégal et le Fonds monétaire international (Fmi) vont conclure un nouveau round d’assistance dans le cadre de l’Instrument de soutien aux politiques économiques (Ispe). Une mission qui vient de séjourner dans le pays a livré hier les grandes lignes de ce nouveau programme sollicité par le Président Macky Sall pour soutenir le Pse. Le Fmi demande tout de même au Sénégal de revoir sa masse salariale.
Pour le Fonds monétaire international (Fmi), les premiers pas du Plan Sénégal émergent (Pse) sont encourageants. Mais le principal défi que les autorités devront relever reste celui de la masse salariale, indique M. Ali Mansoor, l’économiste principal pays.
«On ne peut pas réussir le Pse si la moitié des recettes fiscales, 750 milliards, vont aux salaires», dit-il. Pour les experts du Fmi, cette situation nécessite la mise en place d’un système «plus transparent et plus équitable dans lequel chaque personne qui travaille pour l’Etat soit rémunérée de la même manière pour le même travail et en même temps de mettre en place un système qui prenne en considération les capacités financières de l’Etat», indique M. Mansoor.
De la même façon, le Fmi met le focus sur l’élargissement de l’assiette fiscale. «Un tiers des financements du Pse vient de l’Etat. Et si on n’a pas de recettes fiscales, on ne peut pas financer le développement», souligne l’économiste.
Malgré tout, M. Loko salue les efforts déjà faits avec la restructuration de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid), l’adoption du nouveau Code des impôts et les efforts de formalisation des entreprises évoluant dans le secteur informel.
Le Sénégal et le Fmi reconduisent l’Ispe
Après une tournée d’une dizaine de jours effectuée au Sénégal, l’équipe du Fmi a partagé hier avec la presse les grandes lignes du nouveau round d’assistance dans le cadre de l’Instrument de soutien aux politiques économiques (Ispe) à l’étude et qui doit toutefois être validé par le Conseil d’administration de l’institution.
«Le nouveau programme vise à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) afin d’accroître la croissance et davantage réduire la pauvreté tout en préservant la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette», explique le Fmi. Alexeï Kireyev, économiste principal du Fmi, est un des membres de cette mission. Il explique que le Fmi a développé des agrégats macroéconomiques pour les trois prochaines années.
Dans les objectifs que les deux parties ont retenus, figure l’atteinte d’un taux de croissance de 5% en 2015 contre 4,7% en 2014, tout en maintenant l’inflation en dessous de 2%. A moyen terme, les objectifs sont de porter le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) a plus de 6%, de contenir l’inflation en dessous de 3% et de ramener le déficit budgétaire à 3,6% du Pib en 2017 avec l’objectif de le réduire à 3% en 2018. «Il s’agit vraiment de quelques indicateurs macroéconomiques principaux qui nous donnent la possibilité de suivre l’évolution de l’économie en temps réel.
Et nous nous sommes mis d’accord sur quelques repères quantitatifs et structurels du programme», indique M. Kireyev. Ces indicateurs concernent les chiffres de la croissance, les projections sur le déficit budgétaire et la trajectoire de la dette extérieure.
Et M. Boileau Loko, représentant résident du Fmi, explique qu’il s’agit «d’augmenter la quantité et la qualité des dépenses d’investissement et dépenses sociales et d’améliorer l’environnement des affaires». Selon la formule de l’économiste principal pays, Ali Mansoor, même si le Sénégal a fait un bond de 10 rangs dans le classement du Doing Business, il n’en demeure pas moins qu’il se situe en queue de peloton.