LE GOUVERNEMENT SE RETIRE DES NEGOCIATIONS
POURRISSEMENT DE LA CRISE SCOLAIRE

Devant l’entêtement des syndicalistes à continuer leur plan d’actions qui fait sombrer l’école sénégalaise dans une crise perpétuelle, le gouvernement a décidé tout bonnement de se retirer à la table de négociation.
C’est par la voix du ministre de la Fonction publique, que le gouvernement a constaté l’échec des négociations avec les syndicats enseignants. Par conséquent, il se retire des discussions et demande aux syndicats de prendre leur responsabilité. Car ayant tout tenté pour sortir de la crise, en vain. L’Etat se désole en effet que les enseignants s’obstinent sur la question de l’indemnité de logement.
«Nous pensons que le gouvernement avait fait suffisamment d’efforts, donc qu’il était question que la partie syndicale décide aujourd’hui de lever le mot d’ordre de grève et que les enfants retournent en classe. Malheureusement, tel n’a pas été le cas», se désole Viviane Bampassy, ministre de la Fonction publique qui annonce que, face à ce blocage, le gouvernement a décidé d’interrompre les négociations. «Le gouvernement prendra toute ses responsabilités. Nous avons décidé de nous retirer sans avoir signé le Pv sanctionnant la rencontre pour évaluer. Parce que nous pensons qu’il est temps que chacun prenne ses responsabilités», déclare Mme Bampassy.
«Il est temps que chacun prenne ses responsabilités»
Meurtrie par cet entêtement des enseignants, elle lâche : «On ne peut pas tout exiger quelque chose et tout avoir tout de suite et maintenant. Nous sommes dans une logique de mise en œuvre, il faut que les syndicats sachent raison garder. Il faut qu’il y ait de la responsabilité et la nôtre est de mener l’école à bon port. Nous allons évaluer ce qui s’est passé dans cette salle et le gouvernement prendra ses responsabilités».
Se voulant encore plus explicite, elle assène : «A la différence de l’Useq, le Grand cadre qui avait sollicité particulièrement le report de la rencontre du lundi à mardi, a encore demandé un report, ce que nous ne comprenons pas, nous partie gouvernement. Cela fait deux mois que les enfants ne suivent pas les cours correctement et nous avons mis tout sur la table. Le gouvernement a donné tout ce qu’il pouvait donner. Aujourd’hui, le gouvernement ne peut plus attendre, il faut que les enfants retournent à l’école».
«Le gouvernement a donné tout ce qu’il pouvait»
Pour sauver l’année scolaire, le ministre lance un appel du cœur aux enseignants. «J’en appelle à la responsabilité personnelle des enseignants, je ne parle pas de tel ou tel syndicat, mais de l’enseignant qui est dans sa classe et qui a pour mission fondamentale de transmettre du savoir. Que cet enseignant prenne sa responsabilité. Nous avons réellement avancé, l’indemnité de logement reste le seul point où on n’a pas enregistré un accord formel. Et là, il faut lever toutes équivoques, il a juste été demandé aux syndicats d’attendre les conclusions d’une étude qui est en cours et je pense que cela peut être compris par la partie syndicale. Parce que le gouvernement ne peut, aujourd’hui, être là à tergiverser, nous avons la responsabilité de donner une éducation de qualité à nos enfants».
Les enseignants campent sur leur position et menacent
Face à ce constat d’échec des négociations, les syndicats d'enseignants que sont le Grand cadre et le Cusems, préviennent qu’ils ne comptent pas lâcher prise. Abdoulaye Ndoye, Secrétaire général du Cusems, d’exprimer ainsi sa déception. «Après plusieurs rounds de négociations, on croyait que le gouvernement aller se prononcer sur cette question de l’indemnité. Mais nous avons constaté l’immobilisme du gouvernement sur cette question. Alors que, aujourd’hui, si on veut l’apaisement dans le milieu scolaire, il faut que le gouvernement se prononce sur l’alignement de l’indemnité de logement avec les agents de même niveau de qualification», soutient-il.
Il ajoute que pour le Cusems, il s’agit tout simplement de «l’acceptation du principe de l’alignement pour les professeurs du moyen secondaire, ensuite tenir compte des modalités, il faut que cela soit clair. Et nous avons constaté au cours de cette réunion que le gouvernement s’est inscrit dans une logique de confrontation. Nous avons pris acte, nous allons aviser nos militants qu’ils comprennent que demain, quoi qu’il arrive, le gouvernement sera seul et unique responsable de cette situation».
Pour Mamadou Lamine Dianté du Grand cadre, «le gouvernement n’a pas su prendre l’engagement sur l’indemnité de logement. Nous avons rappelé au gouvernement que, malgré notre volonté d’aller vers l’apaisement, les mesures qu’il a prises ne vont pas dans le sens de l’apaisement». «Nous allons nous retrouver en plénière demain et jeudi nous donnerons une conférence de presse en présence des médiateurs. Nous allons donner notre position officielle par rapport à la suite à donner à notre combat», annonce-t-il.