LA CHINE, PREMIER FOURNISSEUR DEVANT LA FRANCE
Longtemps principal pourvoyeur du marché sénégalais, la France cède désormais sa position dominante à la Chine qui s’impose en 2024 comme le premier partenaire commercial du Sénégal.

Longtemps principal pourvoyeur du marché sénégalais, la France cède désormais sa position dominante à la Chine qui s’impose en 2024 comme le premier partenaire commercial du Sénégal. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations sénégalaises en provenance de la France ont enregistré une baisse significative de 17 % en 2024, s’établissant à 725,252 milliards FCFA, soit environ 1,1 milliard d’euros.
À l’inverse, les importations en provenance de Chine ont connu une hausse notable de 8,3 %, atteignant 848,242 milliards FCFA (environ 1,3 milliard d’euros). Cette progression consolide la position de la Chine en tant que principal fournisseur du Sénégal, marquant ainsi un tournant dans la structure des échanges commerciaux du pays. Ce renversement de tendance relègue la France à la deuxième place du classement des fournisseurs du Sénégal. Derrière elle, la Russie, les Émirats arabes unis et la Belgique occupent respectivement les troisième, quatrième et cinquième places, avec des volumes d’importations estimés à 578,966 milliards FCFA, 408,962 milliards FCFA et 397,632 milliards FCFA. Trois nouvelles nations intègrent par ailleurs le classement des dix premiers fournisseurs du Sénégal ; il s’agit de l’Inde (329,816 milliards FCFA), le Nigeria (314,782 milliards FCFA) et la Turquie (238,935 milliards FCFA), occupant respectivement la sixième, septième et huitième position. Enfin, le Nicaragua et les États-Unis ferment ce classement, avec des importations respectives de 229,696 milliards FCFA et 198,234 milliards FCFA. À eux seuls, ces dix pays totalisent 60 % des importations sénégalaises en 2024, pour un montant global de 4 270 milliards FCFA.
CONTEXTE ET IMPLICATIONS ÉCONOMIQUES
Ce basculement traduit une redéfinition stratégique des partenariats commerciaux du Sénégal, visant à diversifier ses sources d’approvisionnement et à réduire sa dépendance historique vis-à-vis de la France. La montée en puissance de la Chine dans les échanges bilatéraux s’explique notamment par son engagement croissant dans les infrastructures, la technologie et la fourniture de biens de consommation.
Parallèlement, le Sénégal a enregistré une réduction de son déficit commercial en 2024, lequel s’établit désormais à 3 252,3 milliards FCFA, en baisse de 731,06 milliards FCFA par rapport à 2023, où il atteignait 3 983,4 milliards FCFA. Toutefois, les importations globales ont connu un léger fléchissement de 0,6 %, s’élevant à 7 161,4 milliards FCFA. Ce tournant illustre une évolution majeure de la dynamique commerciale en Afrique de l’Ouest, où l’influence historique des puissances européennes tend progressivement à s’effacer au profit de nouveaux acteurs économiques émergents.
PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTÉS PAR LA CHINE VERS LE SÉNÉGAL
Les exportations chinoises à destination du Sénégal sont essentiellement composées de biens manufacturés et d’équipements, répondant à une logique de développement économique et de renforcement des infrastructures. Parmi les principales catégories de produits importés figurent en bonne place les équipements électroniques dominés par les smartphones, les tablettes et divers appareils électroniques, en adéquation avec la demande croissante en nouvelles technologies. Pour les machines et équipements industriels on note du matériel de construction, engins lourds et machines agricoles, soutenant les chantiers d’infrastructures et la modernisation du secteur agricole. S’agissant des textiles et habillement ; les vêtements, chaussures et textiles à bas coût, destinés à satisfaire un marché de consommation en expansion dominent.
Pour les matériaux de construction on note l’acier, le ciment et autres fournitures essentielles aux projets immobiliers et d’infrastructures.
Pour les produits chimiques on note les engrais, plastiques et matières premières utilisées dans les industries agricoles et manufacturières. Et enfin pour les véhicules et moyens de transport, on note les automobiles, motos et autres engins motorisés, adaptés aux besoins de mobilité du pays. Ce repositionnement du commerce extérieur sénégalais reflète une réorientation stratégique de ses relations économiques, avec un accent mis sur des partenariats diversifiés et une intégration accrue dans les dynamiques commerciales mondiales.