GUY MARIUS SAGNA EMBOITE LE PAS A LA CJRS
Le député Guy Marius Sagna a adressé une question écrite au gouvernement pour lui faire part des «pénibles» conditions de travail des travailleurs des médias.

Le député Guy Marius Sagna a adressé une question écrite au gouvernement pour lui faire part des «pénibles» conditions de travail des travailleurs des médias. Déjà, l’année derrière, la Convection des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), avait mené une étude qui met notamment en lumière la précarité des jeunes journalistes.
Alors que le gouvernement, à travers le ministère de la Communication, des Télécommunications et du numérique est en plein dans le processus d’identification et de régularisation officielle, le député Guy Marius Sagna, a adressé une question écrite au gouvernement du Sénégal sur le respect des droits des travailleurs dans les organes de presse. Dans la question écrite déposée à l’Assemblée nationale, le 25 février 2025, le député rappelle à l’Etat l’obligation de ne reconnaitre comme entreprise de presse que des organes qui prennent en charge convenablement leurs travailleurs, conformément à la loi.
«Monsieur le ministre, des acteurs de la presse ont attiré mon attention sur les pénibles conditions de travail des travailleurs de la presse. Comment l’Etat peut-il reconnaître un organe de presse qui ne respecte pas le Code du travail, qui ne signe pas de contrat avec ses employés qu’il abandonne sans prise en charge maladie ou sans cotisation à l’IPRES ou la Caisse de sécurité sociale ? Violation du Code du travail, arriérés de salaires, évasion sociale, discrimination syndicale… rythment le quotidien de plusieurs travailleurs de la presse», décrit le parlementaire.
Et M. Sagna de souligner que «face à ces faits préoccupants, plusieurs interrogations se posent : Comment un groupe de presse qui ne respecte pas la Code du travail peut-il être reconnu par l’Etat du Sénégal ? Quelles mesures vos ministères envisagent-ils de prendre pour faire respecter les droits des travailleurs de la presse ? Les services de l’Inspection du travail et ceux chargés de la régulation des médias prennent-ils des sanctions contre ces manquements ? Quels mécanismes de contrôle sont en place pour éviter que de telles violations ne se produisent dans le secteur des médias ? Vos ministères prévoient-ils une intervention afin que les organes de presse retenus par l’Etat du Sénégal régularisent dans les délais raisonnables la situation salariale, syndicale et sociale de leurs employés ?»
Autant de questions consignées dans le texte qui a pour «Objet : le respect des droits des travailleurs doit être un des critères pour la reconnaissance d’un organe de presse par l’Etat ou tout au moins pour qu’un organe de presse reçoive des deniers publics» et sur lesquels le député-activiste attend des réponses de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko.
LE RAPPORT ACCABLANT DE LA CJRS
En 2024, la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) a mené une enquête dans des rédactions pour s’enquérir des conditions de travail des journalistes. Il est ressorti de l’étude, dont le Rapport a été remis aux autorités actuelles, que 23, 1% des 216 reporters qui ont répondu aux questions, ont dit avoir des contrats à durée indéterminée (CDI), 11,1% des contrats à durée déterminée (CDD), soit au total 33,2%. En outre, 22,2% ont soutenu avoir des contrats de prestation contre 17,1% de stagiaires. Les 26,4% n'ont aucun lien contractuel avec leurs employeurs.
L'étude montre également que parmi ceux qui disent avoir des contrats, il y en a qui n'ont pas d’exemplaires de leurs contrats. Sur les 183 personnes ayant répondu à la question, seuls 33% disent détenir un exemplaire de leurs contrats de travail, contre 61,7% qui n'en ont pas. Les autres n'ont pas de réponse. Pour ceux des employés qui ont des contrats, ils sont peu nombreux à pouvoir affirmer que leurs contrats sont enregistrés à l'Inspection du travail. Sur les 181 personnes qui ont répondu à cette question, seuls 19,3% ont répondu par l'affirmative ; 45,3% ont répondu par la négative. Les autres, soit ne savent soit n'ont aucune réponse.
L'enseignement principal qu'il faut en tirer, c'est que même si certaines entreprises font signer des contrats à leurs employés, très peu respectent la règlementation en les faisant enregistrer à l'Inspection du travail. L'étude a montré que très peu d'entreprises respectent les barèmes prévus par la Convention collective du secteur des médias. Encore que pour percevoir les salaires, c'est la croix et la bannière dans beaucoup d'organes de presse. Selon les résultats de l'enquête, 18,5% ont des rémunérations en deçà de 75.000 francs CFA ; 14,80% entre 75000 et 100.000 francs CFA ; 14,8% entre 100.000 et 150.000 francs CFA ; 10,2% entre 150.000 et 200.000 francs CFA. Les travailleurs ayant un salaire dépassant la barre des 300.000 francs CFA sont estimés à 7,9% ; tandis que ceux qui ne relèvent d'aucune de ces catégories sont autour de 20,40%. A l'image de la plupart des rédactions, la plupart des personnes ayant participé à l'enquête sont des reporters. 9,3% ont dit être des rédacteurs en chef. Sur les 216 personnes ayant répondu au questionnaire de la CJRS, 86% disent ne pas être pris en charge par leur entreprise quand ils sont malades.