LE FDR CHERCHE SES MARQUES
Le Front censé incarner la résistance face au pouvoir Pastef, semble déjà en panne de dynamisme trois semaines après sa création officielle, faisant naître des questions sur sa capacité à proposer une alternative crédible
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Lancé en grande pompe le 9 février dernier, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) qui regroupe environ 76 partis de l’opposition suscite déjà des interrogations. En effet, près de trois semaines après sa mise sur pied, le nouveau front qui a été boycotté par beaucoup de ténors de l’opposition (Pds, Nouvelle responsabilité d’Amadou Ba, Parti de l’unité et du rassemblement, Gueum Sa Bopp, la République des valeurs, les Serviteurs de Pape Djibril Fall) s’illustre par son absence totale dans le débat public sur l’actualité brûlante de ces derniers jours.
Apeine lancée, la nouvelle coalition de l’opposition sénégalaise dénommée Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a-t-elle déjà pris du plomb dans l’aile ? Cette question mérite bien d’être posée au regard du silence qui entoure ce nouveau front qui voulait « donner forme et contenu à la résistance du peuple sénégalais contre les politiques néfastes du pouvoir Pastef ».
En effet, depuis son lancement en grande pompe, le dimanche 09 février, ce nouveau front de l’opposition composé sur le papier d’environ 76 partis se distingue par son absence du débat public. Ses responsables n’ont tenu aucune activité encore moins fait de prises de position publiques sur l’actualité brûlante de ces derniers jours, dominée par la situation dite chaotique des finances publiques. Cette situation qui serait liée à la poursuite des concertations en interne autour des instances et du plan d’action, d’après certains responsables du Fdr qui annoncent par ailleurs le démarrage imminent des activités de leur organisation avec la tenue d’une première manifestation, suscite toutefois des interrogations sur la viabilité de cette organisation.
Composé pour l’essentiel des formations politiques issues de l’ancienne coalition au pouvoir, Benno Bokk Yakaar dont l’ex-parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), et de la coalition Yewwi askan wi, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) fait déjà face à plusieurs défis dont le boycott du Parti démocratique sénégalais (Pds) et d’autres ténors de l’opposition. Pour sa part, le parti libéral a officiellement justifié son absence de ce front par son agenda de re dynamisation de ses instances. « La décision du Parti démocratique sénégalais (Pds) de ne pas intégrer ce nouveau front de l’opposition se justifie par notre agenda.
En effet, après les élections législatives, nous avons décidé d’organiser une tournée incessamment dans toutes les fédérations de notre parti pour évaluer ensemble et voir comment redynamiser le Pds », a expliqué la secrétaire générale à la communication du Pds, Nafy Diallo. Et de poursuivre : « C'est juste ça parce que quand on sort d'une élection, il n'y a pas longtemps, on doit aller voir toutes les fédérations pour évaluer et essayer d’apporter des solutions aux manquements. On a donc décidé de se concentrer sur le parti, pour le redynamiser, le massifier mais surtout le réorganiser. Notre position n’a rien à voir avec l'histoire du front. C’est juste que, pour le moment, on est vraiment dans la réorganisation de notre parti. C’est un choix qu’on a fait et ce n’est rien d’autre. C’est tout ! ».
Le Pur, Gueum Sa Bopp, la République des valeurs, les Serviteurs de Pape Djibril Fall et la Nouvelle responsabilité, aussi aux abonnés absents du FDR
Il faut souligner que le Pds n’est pas le seul parti politique de l’opposition à tourner le dos au nouveau front. En effet, plusieurs autres ténors de l’opposition ont également opté pour le boycott. Il s’agit entre autres du Parti de l'unité et du rassemblement (PUR), du mouvement Gueum Sa Bopp, de la République des valeurs de Thierno Alassane Sall, les Serviteurs de Pape Djibril Fall mais aussi de la Nouvelle responsabilité de l’ancien Premier ministre, Amadou Ba, par ailleurs candidat malheureux arrivé deuxième derrière l’actuel chef de l’Etat lors de la présidentielle du 24 mars dernier. D’ailleurs, le cas de l’ancien Premier ministre Amadou Ba a été le plus spectaculaire. Bien que le nom d'Amadou Ba figure parmi les 71 leaders de partis membres fondateurs de ce nouveau front, des sources proches de la « Nouvelle Responsabilité » ont déclaré que ce dernier ne peut s'associer avec des gens qui l’avaient abandonné lors des dernières élections présidentielles et législatives anticipées.