Bamako, 9 mars 2015 (AFP) - Le Mali a promis de ne pas céder à la peur et de punir les auteurs de l'attentat de Bamako où enquêteurs maliens et étrangers joignaient lundi leurs forces après cette première tuerie à frapper des Occidentaux dans la capitale malienne.
Une magistrate de la section antiterroriste du parquet de Paris, accompagnée de dix policiers français, est arrivée dans la nuit de dimanche à lundi à Bamako pour participer à l'enquête sur l'attentat qui a fait cinq morts, trois Maliens, un Français et un Belge, ce weekend, a appris l'AFP de sources concordantes.
"Nous sommes debout", a déclaré le président Ibrahim Boubacar Keïta dimanche soir, dans une première réaction publique après s'être rendu la veille sur les lieux de l'attentat et au chevet des blessés à l'hôpital.
L'attentat perpétré au coeur de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi dans un restaurant et aux alentours, a aussi fait huit blessés, dont deux Suisses. Les auteurs "ont échoué et ils échoueront" à créer la peur, a dit le président Keïta, promettant que "ceux qui ont osé revendiquer cet attentat le paieront très cher".
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Choguel Maïga a renchéri lundi, assurant que le peuple malien ne se laisserait "ni impressionner ni intimider par les actes terroristes". "La panique ne gagnera pas le rang des Maliens", a-t-il insisté.
Il a pressé par ailleurs la rébellion à dominante touareg du nord du pays de parapher l'accord de paix déjà signé le 1er mars à Alger par le camp gouvernemental, afin qu'il "constitue une base réelle pour la stabilisation de notre pays".
Au lendemain de l'attentat, revendiqué par Al-Mourabitoune, le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, deux enfants et un Casque bleu tchadien ont été tués, et une dizaine de personnes blessées dimanche par des tirs de roquettes à Kidal, bastion de la rébellion dans le nord-est du Mali.
L'attaque contre la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), qui n'a pas été revendiquée, a suscité les condamnations du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et du Conseil de sécurité. "Cette tentative flagrante d'entraver les progrès réalisés dans un moment crucial du processus de paix au Mali est répréhensible", a protesté M. Ban.
- Rapatriement des corps -
Le corps du Français tué dans l'attentat de Bamako, Fabien Guyomard, 30 ans devait être rapatrié lundi soir. Le Belge, le lieutenant-colonel Ronny Piens, 44 ans était depuis février responsable de la sécurité pour la délégation de l'Union européenne (UE).
La tension restait palpable, surtout parmi la communauté expatriée, comme en témoigne la décision du lycée français de Bamako de reporter de deux jours la rentrée scolaire, prévue lundi après des vacances, pour renforcer sa sécurité.
Un ami malien du Français tué, lui-même rescapé de l'attentat, Zakaria Maïga, s'est dit "surpris" de la facilité avec laquelle les assaillants ont pu "avec des grenades - ils étaient bien équipés - venir au centre ville, là où il y a la police malienne, l'armée malienne et la Minusma".
Le goupe Al-Mourabitoune a dit vouloir venger non seulement un de ses chefs, Ahmed el-Tilemsi, tué par l'armée française en décembre, mais surtout son prophète, "de l'Occident mécréant qui l'a insulté et moqué".
Il faisait allusion aux caricatures du prophète Mahomet publiées par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, dont une partie de la rédaction avait été massacrée deux mois auparavant, jour pour jour, par deux jihadistes à Paris.
Une magistrate de la section antiterroriste du parquet de Paris est arrivée "dans la nuit de dimanche avec "dix policiers français à Bamako en provenance de Paris pour participer à l'enquête sur les tueries de samedi", a indiqué à l'AFP une source aéroportuaire.
Cette information a été confirmée par une source de sécurité selon laquelle la magistrate et les policiers "vont travailler main dans la main avec leurs collègues maliens". Le nord du Mali était tombé début 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont les forces de Belmokhtar.
Ils en ont été partiellement chassés par l'opération militaire "Serval", lancée à l'initiative de la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération "Barkhane", dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la région sahélo-saharienne, mais des zones entières du pays échappent toujours au contrôle de Bamako.
LES PROPOS DE JEAN-FELIX PAGANON SUR LE PROCÈS KARIM WADE AU MENU
Dakar, 9 mars (APS) – Les propos de l’ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Félix Paganon, sur le procès Karim Wade sont largement commentés par les journaux reçus lundi à l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Répondant à l’émission le Grand-Jury, sur la RFM, dimanche, à la question : ‘’Au regard du déroulement du procès, une condamnation de Karim Wade ne vous étonnerait pas ?’’, le diplomate a dit : ‘’Je dirais, qu’à l’inverse, qu’un non-lieu serait plus étonnant. Ce n’est pas un souhait, mais un sentiment’’.
Au sujet de la sortie de l’ambassadeur français, Le Quotidien titre : ‘’Paganon peu diplomate’’. L’ambassadeur ‘’s’étonne que Karim Wade obtienne un non-lieu le 23 mars au vu du déroulement du procès’’, relève le journal.
Dans Le Quotidien, Me El Hadji Amadou Sall, un des avocats du prévenu déclare : ‘’Jean-Félix Paganon (…) a tenu des propos qui, incontestablement, vont contribuer à créer durablement un sentiment anti-français tant ils sont irrévérencieux et irrespectueux’’.
L’As parle ‘’d’ingérence dans les affaires intérieures’’ du Sénégal et titre : ‘’L’ambassadeur de France +condamne+ Karim’’. ‘’Karim Wade, poursuivi pour enrichissement illicite n’a pas beaucoup de chance pour échapper à une condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). C’est ce que semble dire l’ambassadeur de France (…)’’, écrit le journal.
Le Populaire se fait également l’écho des propos de M. Paganon, ajoutant que le Parti démocratique sénégalais (PDS) ‘’dénonce une immixtion dans les affaires intérieures du Sénégal’’.
A propos de Karim Wade, le journal Enquête souligne que Me Abdoulaye Wade ‘’est de plus en plus seul dans la bataille pour la libération’’ de son fils. Enquête fait état du ‘’lobying perdant de Gorgui’’ et relève qu’après Touba et Tivaouane, ‘’Paris se braque’’.
Le journal rappelle avoir écrit que la France ‘’n’allait pas répondre à la missive que Me Wade avait envoyée au président François Hollande pour dénoncer de multiples violations des droits humains, particulièrement ceux de son fils Karim Wade, dans le cadre de la procédure spéciale enclenchée contre lui’’.
Après la sortie de l’ambassadeur, le journal estime que ‘’c’est maintenant limpide que la France a choisi de s’éloigner d’Abdoulaye Wade dans son combat paternaliste pour obtenir la libération de son fils’’.
Dans sa livraison du jour, Le Témoin au quotidien revient sur la loi-cadre des universités en titrant : ‘’Les concessions de l’Etat au SAES (Syndicat autonome de l’enseignement supérieur)’’. Cette loi-cadre, selon le journal, ‘’sera complétée par une loi interprétative qui donnera aux enseignants le privilège de désigner les 10 membres du conseil d’administration provenant de la société civile ou des entreprises’’.
‘’Cette nouvelle loi sera rétroactive et le premier texte sera gardé intact. Le gouvernement a fait cette concession pour sauver l’année universitaire’’, ajoute Le Témoin au quotidien.
Les journaux Sud quotidien et Le Soleil reviennent sur la journée du 8 mars. Sud s’intéresse à l’univers carcéral féminin où 72% des femmes sont en détention préventive. Il y a aussi les traumatismes, la mauvaise alimentation, selon le journal qui titre : ‘’Drame des détenues’’.
Dans Le Soleil, le Premier ministre exhorte les futures femmes leaders à s’approprier le Plan Sénégal émergent (PSE). Le chef du gouvernement participait à une réunion organisée par le mensuel Intelligences Magazine, en partenariat avec ONU-Femmes dans le cadre de la Journée internationale de la femme.
«QUE CHACUN GAGNE CHEZ LUI, ET NOUS GAGNERONS PARTOUT»
L’union régionale des coordinations socialistes de thiès s’est retrouvée ce week-end pour décliner la feuille de route d’animation, de mobilisation, de sensibilisation et de massification du parti, conformément aux décisions du secrétariat exécutif. la question de la formation politique et économique des militants est revenue comme un leitmotiv et ousmane tanor dieng n’a pas manqué de fouetter l’orgueil de ses camarades en leur demandant de gagner chacun chez soi. Ce qui permettra au parti socialiste de gagner partout.
Conformément aux décisions du secrétariat exécutif et pour montrer l’exemple, selon ses propos, Ousmane Tanor Dieng a réuni ce week-end à Thiès l’union régionale des coordinations socialistes. Ce fut une rencontre de partage des informations. Tirant les conclusions du dernier congrès, le secrétaire général du Ps a particulièrement insisté sur le travail politique à la base, seule voie permettant de réussir dans une compétition électorale. «Il faut que chacun gagne chez lui et nous gagnerons partout. C’est bien de lancer des slogans au niveau national, mais il est certain que la meilleure stratégie s’appuie forcément sur un travail efficace à la base. Il faut que chacun maîtrise sa base et lors des élections, qu’on soit les meilleurs. Mais tout cela ne peut être que la résultante du travail dans l’unité, le rassemblement et la discipline», explique Ousmane Tanor Dieng. Il considère que la vocation de tout parti politique est de participer à des joutes électorales, et pour cela il doit être organisé à travers un travail à la base pour massifier les rangs. Même dans le cadre d’une coalition, dit-il, «il faut rassembler des partis qui ont une certaine organisation, un certain poids, une certaine représentativité au lieu d’ajouter des partis qui ne représentent rien. Si vous ajoutez des partis qui ne représentent rien, au bout du compte vous n’aurez rien. Un parti, c’est la base, c’est le terrain et il faut que nos camarades aillent sur le terrain, rencontrent les populations, discutent avec elles et se mettent à leur disposition».
A en croire Ousmane Tanor Dieng, le Ps va aussi vers un processus d’identification des sympathisants qui supportent le parti, mais qui ne disposent pas de carte de membre. Il urge, selon lui, de dessiner des mécanismes qui puissent permettre de travailler aussi avec ces derniers.
«CHASSE AUX MILITANTS DANS LES FORUMS, LES RESEAUX SOCIAUX, LES SITES WEB…»
Ousmane Tanor Dieng propose aussi d’aller chercher les E-militants qui seront identifiés à travers les forums, les réseaux sociaux, les sites web et les intéresser à ce qui est en train d’être fait. Parlant de la vie du parti socialiste, le patron des Verts de Colobane trouve normal que dans un parti démocratique, il y ait des divergences. «C’est même salutaire, mais le débat découlant d’une telle situation ne doit pas induire la division. Toute idée peut être exprimée, mais faudrait- il qu’elle le soit dans la discipline, la mesure et dans le cadre des instances du parti», indiquet- il avant d’ajouter : «Le terrorisme verbal ne peut pas passer dans le parti ; nous sommes entre camarades, chacun donne son point de vue poliment, pose des questions au besoin et des réponses sont apportées à toutes les interrogations. nous tirons ensuite des conclusions que nous essayons ensemble de mettre en oeuvre. Il n’y a pas lieu de faire preuve d’impertinence et d’insolence qui ne mènent à rien. Nous nous devons un respect mutuel, d’où l’importance de la formation ».
D’ailleurs, la question de la formation a été évoquée à maintes reprises. Et selon Ousmane Tanor Dieng, pour donner un contenu aux structures et leur permettre de jouer leur véritable rôle, il faut assurer aux militantes une formation politique, mais aussi une formation économique liée à l’acquisition d’un esprit d’entreprise.
«Ainsi, le parti peut se doter de militants techniquement bien armés pour engager les prochains défis», dit-il. Dans ce cadre, il annonce qu’il sera trouvé des mécanismes permettant de mettre à la disposition des femmes des fonds qui serviront d’apport pour capter des financements remboursables pouvant générer des revenus. A en croire Ousmane Tanor Dieng, la réunion de l’Union régionale de Thiès entre dans le cadre de l’application d’une recommandation du secrétariat national qui avait demandé que des programmes d’activités soient conçus au niveau des instances régionales et locales et que la feuille de route d’animation, de mobilisation, de sensibilisation et de massification du parti soit déclinée.
PAR ABDOU KHADRE LÔ
INCAPACITÉ COLLECTIVE
La Communauté internationale se contente de s’émouvoir des opérations d’envergure de Boko haram (enlèvement des 276 lycéennes et massacres de Baga) mais en réalité, rien n’est véritablement fait pour endiguer le mal
Boko haram a à son actif, l’enlèvement de 276 lycéennes, le massacre de 15 000 civils (principalement des villageois), 20 000 réfugiés nigérians dans les pays frontaliers et 650 000 déplacés à l’intérieur du pays.
La secte, qui vient de prêter allégeance à Daech, a un message simplissime qui se résume en 2 mots : Boko Haram ou «Book interdit», littéralement «l’éducation occidentale est haram».
En 13 années, elle est passée de la dénonciation de la corruption du gouvernement central d’Abuja, responsable, selon elle, de la misère des régions du Nordà une volonté d’établir un khalifat en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Elle est passée du combat initialement local (Maiduguri) de Mohamed Yussuf, à la volonté hégémoniste de son successeur, Abubakar Shekau. De rébellion, le groupe est passé au terrorisme aveugle et sanguinaire.
La responsabilité de l’Etat nigérian dans cette mutation est totale. Comme, s’il en avait besoin, le gouvernement a créé des milices pour appuyer ses Forces de l’ordre. En représailles, Boko Haram s’en prend davantage aux civils pris entre le marteau de la secte et l’enclume des forces de défense et de sécurité.
Aujourd’hui, des pays voisins (Cameroun, Tchad et Niger) craignent la propagation de la violence sur leur territoire. Au point que Paul Biya et surtout Goodluck Jonathan ont accepté la présence de troupes tchadiennes sur leur sol.
La «Communauté internationale» se contente de s’émouvoir des grandes opérations d’envergure de Boko haram (enlèvement des 276 lycéennes et massacres de Baga) mais en réalité, rien n’est véritablement fait pour endiguer le mal.
L’entrée dans le conflit des Armées camerounaise, nigérienne et surtout tchadienne, marque un tournant dans la nature de cette guerre qui prend de plus en plus l’allure d’un conflit régional. Le pouvoir nigérian s’est montré incapable de venir à bout de Boko haram ou au moins de le confiner. Il est même très soulagé de voir, malgré ses 200 000 militaires, le Tchad voisin venir prendre le commandement et affronter frontalement les hommes de Abubakar Shekau.
Goodluck Jonathan n’a apparemment pas peur de perdre la face. Ses calculs politiques semblent prendre le dessus sur n’importe qu’elle autre considération. Une honte suprême.
Et à l’observation de la situation catastrophique actuelle, on peut être doublement peiné par : La non-intervention des puissances militaires occidentales indirectement concernées (Grande Bretagne, France et Usa), du fait de leurs investissements économiques, notamment dans le domaine pétrolier. Alors qu’ils claironnent partout leur «lutte contre le terrorisme».
Aussi et surtout, l’immobilisme légendaire de la Cedeao et de l’Union africaine qui semblent ne pouvoir bouger que sur injonction et assistance des puissances citées plus haut. Un proverbe africain dit : «Lorsque tu vas au marigot et que quelqu’un te frotte le dos, tu peux au moins te frotter le ventre.» Nous, nous voulons que l’on nous frotte et le dos et le ventre. Pour le moment, les pays frontaliers du Nigeria interviennent à la carte, selon l’immédiateté de la menace.
Les autres se sentent vaguement ou nullement concernés. «Cela se passe chez l’autre.» Notre incapacité à nous prendre en charge et à penser «global» est affligeante. On évoquera certainement encore le manque de moyens financiers et logistiques pour mobiliser des troupes africaines, alors que des milliards de dollars sont consacrés à des dépenses de prestige ou détournés dans chacun de nos Etats.
L’esplanade du Grand théâtre de Dakar a refusé du monde vendredi dernier, à l’occasion de la soirée animée par la chanteuse titi. au cours de ce concert intitulé «djiguéen beusseum», l’interprète de «musik» a rendu hommage à la femme en cette veille du 8 mars. du fait de la forte mobilisation du public et des nombreux artistes venus la soutenir, titi, fort émue, a craqué avant de fondre en larmes au moment de couper le gâteau.
Le vendredi 06 mars, Titi a anticipé la Journée internationale de la femme en animant une soirée en l’honneur de la femme sur l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar. Celle que l’on surnomme «La Lionne» a célébré la femme en compagnie de ses nombreux fans venus de partout du pays et du monde (France, Etats Unis, Dubaï, Gambie etc) et parés de leurs plus beaux atours. C’est à 23 h 30 que les deux animateurs Cheikh Sarr et Alima Ndione ont introduit l’artiste vêtue d’une belle tenue traditionnelle : grand boubou en Thioub multicolore, tresses, bijoux traditionnels. Son visage était mis en valeur par une fine couche de maquillage.
Accompagnée des divas de la musique traditionnelle comme Soda Mama Fall, Maty Thiam Dogo, Khar Mbaye et Fatou Talla Ndiaye, Titi a ouvert la soirée par une chanson traditionnelle. D’autres chansons fort rythmées suivront, rendant l’ambiance telle que l’assistance s’est levée pour esquisser des pas de danse.
Certains chanteurs comme Daba Sèye, Demba Guissé, Baka Niang et Dame Sène qui ont répondu à l’invitation de «La Lionne» ont rejoint cette dernière sur la scène pour un «Boeuf» d’enfer. Parmi les gueststars, Adji Diarra de Kaolack a chauffé la salle avec un morceau de «Tassou».
Comme il est de coutume lors de ces soirées, les marraines et certains fans ont rivalisé de largesses en offrant des enveloppes bourrées de billets de banque, des cadeaux de toutes sortes et des bijoux en or à leur idole. Au moment de couper le gâteau, Titi a invité ses amis artistes à se joindre à elle. Et il revenait à Fallou Dieng de chanter au moment où elle devait souffler sur ses bougies. Ce moment fut si émouvant que Titi n’a pas pu s’empêcher de fondre en larmes. Encore une fois, elle a démontré par sa prestation qu’elle n’a pas usurpé le surnom de «Reine du Grand Théâtre» qui lui a été attribué l’année dernière.
PAR MALICK SY
SÉNÉGAL : ALERTE À LA HAINE
A trop vouloir saigner Karim Wade, Maître Yérim Thiam a transgressé la ligne de partage entre la pulsion et la justice
L'incident se déroule dans la salle 4 du Tribunal de Dakar. Nous sommes au premier jour du procès de Karim Wade. Une très vive empoignade oppose juste avant le début de l'audience, Victor Kantoussan, le garde du corps de l'ancien ministre d'Etat, à Maître Yérim Thiam, avocat de la partie civile. Si l'algarade n'a pas été d'ordre autre que verbal, la violence des diatribes chuchotées ce jour-là par l'avocat contre le "clan Karim", préfigurait d'entrée, le torrent de vitupérations qu'il fera entendre tout au long du procès, visant à faire passer le principal prévenu et ses proches, comme l'axe du mal absolu.
Yérim Thiam et la haine de l'autre
Pourquoi tant de haine ? Cette haine qui, même drapée d'une toge d'avocat, reste la haine. Cette haine qui commence toujours avec les mots et se termine souvent dans le fracas des rancunes. En ânonnant "qu'en Chine, on aurait tout simplement exécuté Karim Wade d'une balle dans la tête et demandé à sa famille de payer l'addition", Monsieur Yérim Thiam a non seulement institutionnalisé la haine dans un (tribunal de la République, mais il a aussi corrompu le serment d'obligation d'humanité qui constitue la clé de voûte de la profession d'avocat.
Et même si quelques médias en ont fait leurs gros titres, il ne s'est pas trouvé une seule "voix autorisée", excepté une timide allusion de Mamoudou Ibra Kane dans une de ses chroniques du vendredi, pour condamner cette logorrhée imbibée d'une rancœur qui n'aurait jamais dû avoir droit de cité, dans une institution judiciaire de la République.
On a beau être avocat, voire même défenseur à but lucratif de la présomption de culpabilité, cela n'exonère pas de l'exigence d'éthique.
A trop vouloir saigner Karim Wade, au point de regretter lors de sa plaidoirie, que les tribunaux sénégalais ne soient pas à l'image des juridictions chinoises qui, sans preuve aucune, peuvent condamner un prévenu à la peine capitale, Maître Yérim Thiam a transgressé la ligne de partage entre la pulsion et la justice.
Sa plaidoirie faite d'outrances et dirigée de bout en bout contre un homme plus que contre ses actes présumés, a choqué de nombreux Sénégalais qui ne veulent pas de cette justice de bourreaux.
Alors on s'interroge. Qu'est-ce qui peut bien pousser un avocat, avec des mots de haine et de sang, à profaner son serment d'obligation d'humanité, dans ces moments de sidération qui engagent le destin d'un homme, d'un père seul avec ses enfants.
Quel profit personnel Maître Thiam aurait-il à tirer de voir Monsieur Wade s'écrouler sous les rafales d'un peloton d'exécution, fût-il chinois. L'avocat a-t-il une seule fois, envisagé combien ses mots, pouvaient engendrer de douleur chez les enfants, les parents et les proches d'un homme présumé innocent.
Code pénal contre code électoral
Maître Yérim Thiam, "simple" avocat de l'Etat dans la traque des biens supposés mal acquis, doit aussi nous dire, qui sert-il véritablement, au point qu'il suffise qu'un micro lui soit tendu, pour qu'il se prononce sur la candidature de l'ancien ministre d'Etat. Comme s'il avait entre autres missions, celle d'imprimer dans les esprits sénégalais, deux ans avant l'échéance, l'impossible légitimité de Karim Wade à briguer le suffrage des sénégalais.
Au nom de qui et de quoi, Monsieur Yérim Thiam, peut-il décréter Karim Wade "enfant illégitime" de la République, "qui ne sera ni aujourd'hui ni demain" Président du Sénégal. Que l'Honnête juge Yaya Dia m'excuse de le paraphraser, mais "c'est quelle justice ça" qui veut troquer le Code pénal contre un code électoral ?
"C'est quelle justice ça" qui, par tous les moyens, veut ériger la culpabilité d'un homme en vérité d'Etat ? "C'est quel Etat ça" dont les avocats peuvent élever leur simple haine d'un prévenu au statut de condamnation politique et judiciaire ?
Plusieurs questions mais au bout du compte, une seule évidence : la gestion désastreuse de cette star ac judiciaire qui, depuis son déclenchement, charrie des relents de harcèlement et d'acharnement, a fini de diviser le Sénégal entre "pro et anti Karim". Deux camps opposés, deux opinions divergentes, deux convictions irréconciliables plus que jamais séparées par une frontière invisible faite de ressentiments.
Le calembour du Président Wade
La violente sortie de l'ancien Président Abdoulaye Wade contre Macky Sall n'aura été que le point d'orgue de ce climat de division et de haine qui enveloppe le Sénégal depuis le début du procès de Karim Wade. Les propos de Maître Wade doivent être condamnés de la manière la plus ferme. Il s'est attaqué à l'homme Macky Sall avec des accusations d'un autre âge et en stigmatisant sa famille.
Cela est inacceptable de la part d'un ancien président de la République. Mais seulement voilà, si le calembour de Abdoulaye Wade a quelque peu assombri cette vitrine démocratique sénégalaise qu'il aura contribué à faire briller comme personne avant lui, le tsunami de réactions généré par ses propos a de fortes remontées d'égouts.
Et pour ceux qui ont loupé les épisodes précédents, voici un petit florilège de ce jeu de massacre anti Wade, qui aura mobilisé pendant plusieurs jours, tout ce qui pense, parle et écrit au sein de la majorité présidentielle.
Mankeur Ndiaye, ministre: "Une déclaration aux relents fascistes et racistes. Ce monsieur est méchant et diabolique. Il est capable de tuer, de sang-froid."
Mbaye Ndiaye, ministre: "Wade fait partie de cette classe de vieillards délinquants qu'il faut mettre en résidence surveillée." -Mamadou Oumar Ndiaye, journaliste : "Le vieillard Abdoulaye Wade... et il est temps de l'emmener à l'asile..."
Mbagnick Ndiaye, ministre : "Il faut que ça soit clair, on ne peut pas laisser impunément un vieillard sénile se comporter de cette manière déstabilisatrice. Abdoulaye Wade n'est pas un vieillard de la dimension de Hampathé Bâ ...Il est un Seytané (démon) qui disparaît et les sérères l'appellent le Khone fafe (mort-vivant)."
Mais dans ce concours d'outrances à l'encontre de l'ancien Président, la palme revient incontestablement au journaliste et secrétaire d'Etat, Yakham Mbaye : "Chez Wade, qui est la crasse personnifiée, permanemment boudé par la grâce, devenu crassier, sa longue évolution aidant, toutes les poules du pays s'échineraient dans ce dépotoir, elles ne décèleraient que crasse, méchanceté digne d'un primate, cruauté et bassesse. Jusqu'à son extinction, on n'en tirera rien de bon...Sur le chemin menant à sa dernière demeure, des Sénégalais pourraient légitimement s'interroger comme le faisait le comédien et humoriste Français, Pierre Doris, en observant certaines figures du paysage politique de l'Hexagone : "sur le mur d'un cimetière, j'ai lu : "défense de déposer des ordures"."
N'en jetez plus, le dépotoir est plein.
La tentation de relativiser les propos de Wade
Entre toutes ces réactions opportunistes, ces indignations à but lucratif et ces malaises surjoués pour faire remarquer son zèle auprès du couple présidentiel, il y a la violence des propos et leur consternante vulgarité. Cette indécente surexploitation politico-médiatique du calembour de l'ancien Président a compromis tout le profit que Macky Sall espérait tirer de la sortie de route du Président Wade.
Car une fois les souffles repris et les émotions retombées, certains Sénégalais semblent gagnés par la tentation de relativiser les propos de l'ancien chef de l'Etat. A chacun son libre arbitre. Mais une chose est sûre, la sortie de Wade, ainsi que les réactions qu'elle a suscitées, dépassent tout ce qui est acceptable et tolérable dans le cadre d'un affrontement politique.
Et nous devons tous nous interroger, avant qu'il ne soit trop tard : comment un ancien Président de la République a-t-il pu se laisser aller à de tels propos qui ont déclenché à l'échelle de tout un pays, un malaise qui a transcendé toutes les barrières politiques et sociales.
Dans un papier publié il y a quelques mois et intitulé "Le procès Karim Wade ou le naufrage de Macky Sall", l'auteur de cet article écrivait ceci : "Plus qu'un procès, c'est un duel entre la firme FayeSall et le clan Wade... Il risque de se dérouler dans un fracas de haine où tous les mensonges et manipulations seront permis. Un procès qui, plus qu'une simple affaire de justice, est l'ultime séquence emblématique de la confrontation entre les Sall et les Wade."
Nous sommes aujourd'hui de plain-pied dans ces prédictions confortées par les récentes mises en garde de Wade, qui ne compte pas "rester pas les bras croisés à contempler Macky Sall détruire sa famille".
Macky Sall : "Je n'ai pas d'épouse toubab, je n'ai pas d'enfants toubabs"
Mais comment on en est arrivé à un tel niveau inédit de violence et de haine entre un Président en exercice et son prédécesseur. Pour aller aux confins de cette guerre des clans Wade-Faye/Sall, il faut remonter en mars 2012. Nous sommes dans l'entre-deux tour de l'élection présidentielle la plus disputée de l'histoire, avec sa dramaturgie des actes posés et des discours prononcés. Macky Sall est à Rufisque pour l'un de ses ultimes meetings de campagne.
Emporté par la ferveur de ses militants et le contexte de l'époque, il lâche, sous les applaudissements de son auditoire : "Je ne suis pas Toubab, je n'ai pas une épouse toubab, je n'ai pas d'enfants toubabs." Ces allusions plus que transparentes à la famille de celui qui était encore chef de l'Etat et dont l'épouse est blanche, n'avaient pourtant à l'époque, pas choqué grand monde. Ils étaient peu nombreux ceux qui à l'époque, avaient osé dénoncer ces propos aux relents racistes proférés par le probable futur président de la République.
Dans un article publié en mars 2012, presque trois ans jour pour jour, l'auteur de ces mêmes lignes s'indignait déjà contre ces attaques ad hominem. "...les propos de Macky Sall sont scandaleux et inacceptables de la part d'un probable futur président de la République du Sénégal. Ses déclarations stigmatisent une partie des Sénégalais aux origines différentes des siennes...Un homme d'Etat doit avoir la maîtrise de son propos et de ses pulsions... Et c'est là tout le problème de Macky Sall. Il veut paraître Président avant l'heure, mais pour le moment, il n'en est qu'une piètre réplique."
Trois ans après l'élection de Macky Sall à la tête de l'Etat, c'est un retour à la même case division. Le Sénégal se trouve aujourd'hui dangereusement empêtré dans un labyrinthe de rancœur et de rancune dont il peine à se sortir. Notre horizon est obscurci par la haine de l'autre et les désirs de vengeance des opposants d'hier. Le risque n'a jamais été aussi grand de voir les affrontements politiques épouser les contours de certaines divisions ethniques, confrériques voire confessionnelles.
Ce qui n'est pour l'instant qu'un petit bruit de fond, pourrait se transformer en un vacarme assourdissant. Mais le sujet est si sensible pour ne pas dire tabou que chacun évite d'en parler ouvertement. Et pourtant il faudra bien un jour poser le débat, déballer, confesser mais avec toute la prudence, la responsabilité et la pédagogie requises. Le journaliste Barka Bâ, dans un papier intitulé "Le péril pulaar : thèse et foutaise" abordait déjà cette délicate question.
A quelques jours du verdict du procès Wade, la division des Sénégalais en "pro et anti Karim", ajoutée aux crispations identitaires, politiques, confrériques et parfois personnelles, sont une menace réelle pour la paix civile. Notre pays traverse une crise existentielle sans précédent, exacerbé par un Président qui peine à incarner le Peuple du Sénégal dans toute sa diversité.
Un Président qui, depuis son élection, est en séparation de corps avec une bonne partie de sa population. Le Sénégal ressemble aujourd'hui à un tramway nommé Haine et qui peut dérailler à tout moment. Il appartient à Macky Sall, Président de tous les Sénégalais, de tirer sur le signal d'arrêt d'urgence.
LES FEMMES DE L’APR SURFENT SUR L’INDISCIPLINE ET LA DIVISION
La journée internationale de la femme a été célébrée en grande pompe par les femmes de l’alliance pour la république (apr), mais elles ont encore une fois surfé dans la division. En effet, si la plupart d’entre elles s’étaient retrouvées à la promenade des thiessois autour de la coalition benno bokk Yaakaar, d’autres étaient les invitées du mouvement des femmes de l’entente Citoyenne de mamadou dieng au centre culturel daniel brottier.
La célébration de la journée du 8 mars a été marquée à Thiès par deux manifestations différentes des femmes de l’Alliance Pour la République (Apr). Ainsi, elles ont encore surfé dans l’indiscipline et la division, malgré les appels à l’unité et les initiatives prises dans ce sens. La plupart des femmes du parti étaient cependant sur la promenade des Thiessois, en présence des ténors de la coalition Benno Bokk Yaakaar comme le Dr Augustin Tine, Ministre des Forces Armées, Demba Diouf son Directeur de Cabinet, Oumar Diop Directeur Général de la Société Africaine de Raffinage (SAR), le député Hélène Tine, Dr Pape Amadou Ndiaye, etc. La fête s’est déroulée dans un tohu-bohu total suite à des divergences sur la liste des orateurs. C’est ainsi que Ndèye Soukèye Guèye de Thiès-Est a finalement boudé tandis que même si elles sont restées jusqu’à la fin, les militantes de Pape Siré Dia, directeur général de la poste, ont tout au long de la rencontre exprimé leur mécontentement.
Selon Lamine Gaye, c’est inadmissible que la force politique de Siré Dia soit zappée. Il révèle qu’à la suite des rencontres préparatoires, il avait été décidé qu’il y aura un orateur pour chaque leader, mais au finish cela n’a pas été respecté et ils ont volontairement zappés certains comme Siré Dia. Tout compte fait, la rencontre a pu se tenir jusqu’à la fin et elle a été l’occasion pour les femmes républicaines de revenir sur des questions politiques de fond comme les récents actes posés par l’opposition. Et sans le nommer, la coordinatrice Maïmouna Sène a sévèrement savonné Me Abdoulaye Wade. «Un pays ne se construit pas avec du verbiage, encore moins avec des invectives, mais avec les vertus cardinales, le sérieux et cet esprit républicain que nous ont laissé les illustres fils du pays comme Léopold Sédar SENGHOR, Abdou Diouf, dignes prédécesseurs du Président Macky Sall et pour qui, la notion de la République, qui est « une forme de gouvernement où le peuple est le suprême détenteur du pouvoir est bien comprise», ditelle.
Dans ce sillage, elle a affirmé que les femmes du département de Thiès « admirent le calme et la sérénité affichés par le Chef de l’Etat Macky Sall, face aux attaques odieuses qui datent d’un autre siècle ». Après avoir appelé les femmes de tout le département à unir leurs forces pour assurer sa réélection, elle conclut : « la caravane de l’émergence, qui a transporté les bourses familiales, le financement des mouvements de femmes il y a quelques jours, ne saurait être retardée par les balbutiements d’un mauvais perdant ».
Pendant ce temps, les autres femmes de l’APR et de la coalition Benno Bokk Yakaar étaient au centre culturel Daniel Brottier, à l’initiative du mouvement des femmes de l’Entente Citoyenne ak Mamadou Dieng et du mouvement des femmes favorable à Thierno Alassane Sall. Et la femme a été célébrée à travers une conférence introduite par Oustaz Idrissa Gaye.
‘’LES SOCIÉTÉS MINIÈRES VEULENT NOUS POUSSER À QUITTER’’
MAMADOU DRAMÉ, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES ORPAILLEURS DE KÉDOUGOU
Exploitant artisanal, Mamadou Dramé est l’interlocuteur désigné par ses pairs. Ce président de la Fédération des orpailleurs de la région de Kédougou revient sur sa compréhension des stratégies de l’Etat et des sociétés minières souvent mises en œuvre au détriment de ses camarades.
Monsieur le président pourquoi les orpailleurs ont-ils senti la nécessité de se regrouper en association ?
La fédération a été créée en 2011. Son but est d’aider les orpailleurs traditionnels et les petits exploitants. Elle ne regroupe que des Gie (Groupements d’intérêt économique), 35 au total, à cette date (l’entretien a eu le 24 février 2015). Nous étions formés pour aider les Gie d’orpailleurs à faire une demande d’exploitation artisanale. Une douzaine de Gie étaient formés.
C’est à la suite de cela qu’on a mis une fédération. A la fin de ce projet, nous avons cherché à pérenniser le projet dans la région en essayant de formaliser les orpailleurs. A partir de là, d’autres Gie ont été formés et ils ont fait des demandes.
Aujourd’hui, beaucoup d’exploitants ont tendance à passer à la petite mine. Mais faute de grands partenaires, ils n’y arrivent pas. Il y a des Canadiens, des Gambiens, des Maliens et des Français qui viennent ici (Tomboronkoto).
Ce sont de petits partenaires. Il y a aussi un projet de l’Onudi (Organisation des Nations-Unies pour le développent industriel) qui couvre le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal. Elle veut amener les orpailleurs à exploiter de manière responsable.
Les Gie sont-ils concernés par la mesure de fermeture des sites d’orpaillage ?
Non, mais ici à Tomboronkoto, il y a un seul couloir d’orpaillage. Au mois de mai passé, le gouvernement a décidé de fermer les diouras (site d’orpaillage) brusquement, sans impliquer les orpailleurs et les collectivités locales dans le processus de prise de décision. N’empêche que nous nous sommes dit qu’il faut s’organiser pour exploiter. Les gens parlent ici de l’agriculture.
Nous sommes nés dans l’agriculture, mais la région a une potentialité aurifère. Il faut que nous en bénéficions avant que d’autres ne viennent. Il y a beaucoup de ressortissants de l’Afrique de l’Ouest ici. Ils sont mieux outillés que nous.
Ils sont plus expérimentés que les Sénégalais. Ils ne paient rien. Quand ils seront formalisés, nous ne pourrions rien contre eux.
Y a-t-il parfois des conflits qui vous opposent à des étrangers ?
C’est quand même rare. Ça a eu lieu à Diabougou, dans la région de Tambacounda. Ce conflit opposait des Maliens, des burkinabè à des Sénégalais. Pourtant dans chaque site, il y a des gens qui règlent les problèmes.
Il y a des tomboulmans (agent de sécurité) qui assurent un rôle de policiers dans les diouras. C’est réglementé, traditionnellement parlant. Mais il y a des gens qui s’en foutent. Ils font ce qu’ils veulent.
L’Etat a décidé de confectionner des cartes d’orpailleur. Comment appréciez-vous cette mesure ?
Auparavant, l’Etat disait qu’il allait formaliser les Gie pour leur donner des titres miniers sur des sites d’orpailleurs ne dépassant pas 50 ha. Treize couloirs sont actuellement identifiés dans la région de Kédougou. Le site que mon Gie exploite a cette superficie. Après la fermeture des diouras, les autorités ont fait des simulations entre les orpailleurs traditionnels et ceux qui ont des titres d’exploitation artisanale.
Finalement, elles ont tout confondu alors qu’il s’agit de deux réglementations différentes. Lors de la visite du ministre des Mines et de l’industrie (16 février 2015), nous avons fait un mémorandum. Nous leur avons dit que les réglementations ne sont pas les mêmes. Le ministre nous a demandé de déposer notre mémorandum à la Gouvernance. Ce que nous avons fait. Mais, l’autorité ne nous a même pas répondu.
Nous avons fait la situation des petits exploitants et des propositions sur l’organisation du secteur. Pour avoir la carte d’orpailleur, il faut payer 5 000 francs Cfa, en plus des autres frais de dossiers. Il faut trouver un casier judiciaire, alors que la région n’a pas encore de Tribunal régional.
Je ne maîtrise pas trop le reste. Je sais qu’on peut avoir un permis d’exploitation artisanale, ensuite passer à la mine et devenir demain une société. Je viens de demander une extension de mes 50 ha. Là où j’étais, la teneur en or n’était pas bonne.
Les couloirs identifiés par l’administration des mines sont-ils les bons pour vous ?
Quand le ministre était là, les gens ont cité quelques couloirs. Certains ne font pas l’affaire des populations. Elles vivent de l’orpaillage depuis très longtemps. Ces sociétés sont venues nous trouver dans ces sites, avec un permis d’exploration de l’Etat. Elles veulent nous pousser à quitter.
Comment vous écoulez vos productions d’or ?
Ce n’est pas du tout réglementé. Il n’y a aucun contrôle. Des commerçants viennent de la Guinée, du Mali... On ne sait pas comment ils ont obtenu leur argent. Ça se passe ainsi, parce qu’il n’y a pas de comptoir d’or au Sénégal. Sans cela, la vente ne peut pas être réglementée. Le prix n’est pas fixe.
Parfois, le gramme coûte 18 000 francs Cfa, parfois, 20 000 francs Cfa... Parfois le carat n’est pas bon et on se tourne vers Dakar pour vendre clandestinement à 25 000 francs Cfa le gramme. Parfois, on se demande si le client n’est pas un blanchisseur. Mais personne ne contrôle, parce que ce ne sont pas de grandes exploitations. Donc, il faut que les gens aient leurs titres miniers.
"QUE LES FEMMES COMPRENNENT QUE DANS L’ENTREPRISE, RIEN NE S’OFFRE..."
MARIAM SELLY KANE DIOP, JOURNALISTE, DIRECTRICE DE RTS 2
Mariam Selly Kane Diop, directrice de la Rts 2, lance ce 12 mars un magazine en ligne focalisé sur le genre. Journaliste spécialiste des médias audiovisuels, elle préside, depuis 2011, le Réseau pour le Développement des Femmes du Nord qui est une organisation d’encadrement et d’autonomisation des femmes qui vise à les insérer dans l’entrepreneuriat féminin. Dans cet entretien, la journaliste exhorte les femmes à plus d’audace...
Mariam Selly Kane apparaît de moins en moins sur le petit écran. Qu’est-ce qui l’explique ?
En fait, je suis plus dans l’administration de la télévision que dans la production. Depuis 2012, j’ai été nommée directrice de la RTS 2 qui peine à démarrer ses programmes. Mon équipe et moi avons terminé le montage éditorial de cette chaîne et restons dans l’attente du feu vert de la direction générale. Ce qui est dommage, parce que cette chaîne aurait dû se positionner comme une réponse pertinente à la perte d’audimat de la RTS. Dans ce tournant numérique, la RTS 2 se devait d’être à l’avant-garde des chaînes thématiques pour présenter une offre programmatique aux Sénégalais. Bien sûr, j’ai le loisir de prendre une émission et de la dérouler à l’antenne, mais je m’investis beaucoup dans les nouveaux enjeux de la télévision nationale.
Le Sénégal célèbre, à l'image de la communauté internationale, la journée de la femme, ce 8 mars ; que représente cette date pour vous ?
Je suis de celles qui pensent que la date du 8 mars n’est en fait qu’un rappel, parce que les femmes n’ont pas besoin d’une date pour commémorer leurs actions et leur engagement pour le développement de la société. La célébration de la journée du 8 mars permet cependant de faire le point sur les politiques en vigueur afin de les évaluer pour voir quelles sont les avancées et les limites de ces politiques, d’organiser des panels sur la cause des femmes et de faire des revues conjointes avec les partenaires au développement qui interviennent dans la promotion féminine. Donc globalement, la journée internationale des femmes est un point marqué dans l’agenda annuel qui permet une prise de conscience plus large des hommes et des femmes sur ce qu’est le rôle de celles qui représentent la moitié de la planète, surtout du continent africain, qui ont les vies les plus difficiles.
Une table ronde organisée récemment par l'institut Panos et l'article 19 a mis en exergue la sous-représentativité des femmes dans les sphères décisionnelles au sein des médias. Qu'est-ce qui l'explique à votre avis, si l'on sait que les journalistes femmes sont, pour la plupart qualifiées ?
Avec l’avènement des nouvelles technologies, le monde des médias est devenu un business, cela l’a toujours été d’ailleurs dans les continents comme l’Amérique et l’Europe. Alors à mon avis, il faut appréhender les organes de presse comme de l’entrepreneuriat. Or, on sait que dans le milieu de l’entreprise, rien ne s’offre tout se conquiert. Pourquoi les femmes ne dirigent-elles pas les entreprises de médias ? Tout simplement parce qu’elles ne sont pas assez entrées dans le monde de l’entreprise en général. Mais cela viendra parce qu’effectivement, elles sont très qualifiées et souvent très motivées. En fait, le milieu des médias est un milieu très macho dans le monde entier.
Vous procédez au lancement d'un magazine en ligne dénommé Debbosenegal, dans quelques jours, la semaine prochaine. Qu’est-ce qui a motivé ce projet ?
Ce n’est pas ma première expérience en dehors de la télévision. J’avais eu à lancer en 2008 un magazine d’informations générales et d’analyses économiques dénommé Emergence plus, qui a été une riche expérience pour mes associés et moi. Mais cette fois-ci, il s’agit d’un magazine féminin en ligne qui va présenter la femme sénégalaise et africaine dans tous ses aspects. Notre motivation est de rendre hommage au rôle et à l’action des femmes de notre continent, de leur donner la parole et un peu de visibilité. Il s’agit de permettre aux femmes d’ici et de la diaspora de saisir les opportunités qui s’offrent à elles sur le continent. Elles pourront ainsi mieux entreprendre et mieux s’insérer dans le développement économique de nos pays. Le magazine s’inspire des concepts occidentaux dans sa modernité et le design, mais avec un contenu bien de chez nous qui devra fédérer des femmes de talent sur une plateforme communicationnelle à valeur ajoutée afin de sortir des chantiers battus.
Qu’est-ce que Debbo va apporter de particulier au paysage médiatique ?
Debbosenegal est une initiative d’un groupe de jeunes professionnels qui vivaient au Canada et qui ont décidé de revenir entreprendre au Sénégal dans le domaine de l’informatique. Debbosenegal est un de leurs trois projets en développement. Je les soutiens de même que d’autres professionnels des médias et nous voulons tout simplement animer un peu plus le paysage médiatique sénégalais, lui apporter un peu de fraîcheur et de légèreté dans le cadre d’un magazine consacré aux femmes.
L’EAU INSALUBRE ET LE MANQUE D’HYGIENE PROVOQUENT LA MORT DE 800 000 FEMMES CHAQUE ANNEE
CITES PARMI LES 5 PREMIERES CAUSES DE MORTALITE FEMININE
Les maladies liées à l’eau non potable et au manque de toilettes adéquates sont la cinquième cause de mortalité des femmes dans le monde. Selon les chiffres publiés par l’Organisation internationale de développement Water Aid, ce fléau provoque davantage de décès chez les femmes que le diabète, le Vih/sida ou le cancer du sein, et tue une femme toutes les 40 secondes.
Dans un communiqué rendu public, hier, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, Water Aid, présent dans 26 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Pacifique, souligne avoir identifié les dix principales causes de mortalité chez les femmes dans le monde. En effet, le document indique que les maladies liées au manque d’accès à l’eau potable, aux équipements sanitaires et à l’hygiène de base provoquent par an le décès de près de 800 000 femmes à travers le monde. Soit, la cinquième cause de mortalité des femmes après les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, les infections respiratoires des voies inférieures et la broncho-pneumopathie chronique obstructive.
380 millions de femmes sans accès à l’eau potable…
Près de 88 % de toutes les maladies diarrhéiques et la moitié de toutes les carences nutritionnelles sont associées au manque d’accès à ces services de base. Aussi, la même source révèle que plus de 380 millions de femmes sur la planète vivent aujourd’hui encore sans accès à l’eau potable, et 1,25 milliard n’ont pas accès à des sanitaires adéquats, respectueux de l’intimité. La vaste majorité des décès liés à un accès insuffisant à l’eau potable et à un assainissement de base, soit quatre sur cinq, survient dans les pays en développement. «Cette situation totalement inacceptable affecte l’éducation des femmes et des filles, leur santé, leur dignité et aboutit bien trop souvent à un décès prématuré qui aurait pu être évité», a dénoncé la directrice régionale de Water Aid Afrique de l'Ouest.
…1,25 milliard n’ont pas accès à des sanitaires adéquats
Pour Mariame Dem, «alors que nous célébrons la réussite des femmes, c’est une véritable honte que tant de femmes, tant de filles se voient privées de leur droit le plus fondamental à l’eau et à l’assainissement». Par ailleurs, souligne-t-elle, ces femmes et ces filles qui n’ont pas d’endroit pour faire leurs besoins risquent davantage d’être victimes de harcèlement ou de se faire agresser. «On estime que les femmes et les filles qui n’ont pas accès à des toilettes passent 97 milliards d’heures chaque année à chercher un endroit sûr pour se soulager», fait-elle remarquer.
Raison pour laquelle, Mariame Dem a plaidé pour que soit défini «un objectif dédié à l’accès à l’eau et l’assainissement parmi les Objectifs de développement durable qui sont en train d’être négociés à l’Organisation des Nations unies (Onu), et que ces services de base soient inclus dans les objectifs portant sur la santé, l’éducation et l’égalité hommes-femmes».