LA LUNE
Ton’s rêvassait sur son « pliane » mais sentait que ses mollets fourmillaient. Une bonne promenade pour se dégourdir les jambes, même s’il avait l’estomac dans les talons et des gargouillis au ventre.

Les premiers jours du Ramadan, Ton’s jubilait. Le temps était frais, glacial même. Rien à voir avec les Ramadans qui se déroulaient en temps de canicule où il fallait couvrir le frigo de khotou sakkou trempé, pour conserver un tantinet de fraicheur et le temps où il fallait dormir toute la journée pour échapper aux rigueurs climat. Une période où la gorge criait soif à tue-tête.
Ton’s là-bas, dans son village, se transformait en hippopotame, faisant du fleuve sa couverture. A peine sorti de l’eau, c’est comme s’il n’y était jamais entrer. Alors il y retournait autant de fois que nécessaire.
Ton’s rêvassait sur son « pliane » mais sentait que ses mollets fourmillaient. Une bonne promenade pour se dégourdir les jambes, même s’il avait l’estomac dans les talons et des gargouillis au ventre. A dire vrai, Ton’s avait l’humeur en berne bien que faisant le fanfaron.
Sur son agenda de poche, il raturait les jours. Ton’s dans son dégourdissement, s’arrêta devant des graffeurs à l’œuvre. Il contemplait l’approche futuriste des paysages en fleur, l’arrondi des lettres et les couleurs. Ton’s resta un moment à réfléchir puis lui vint une sublime idée. Il écarta l’un des graffeurs et sur un des dessins y plaça un magnifique croissant lunaire puis il demanda au gugusse « c’est quoi ça » et l’autre de répondre : « La lune ! ».
Ton’s de secouer vigoureusement le bras du jeune graffeur en répétant « Mabrouk, Mabrouk weer wi fégn na ». Le quartier d’accourir. « Weeru midi ? Aaaah ! Ton’s nakk ! ». Suivirent les « piii pooon ! piii poooon » de l’ambulance de Fann