PARFUM D’AFRIQUE
Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.

Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.
Et à l‘arrivée, malgré les 5 buts inscrits, la victoire des visiteurs (3 – 2) et un spectacle parfois plaisant, on a compris en partie pourquoi nos « Africains » peinent à exister à l’international : nos équipes ont du mal à être constantes sur un match complet. Teungueth FC avait très tôt ouvert le score et tellement dominé la première période qu’on a un moment pensé que le Jaraaf était encore groggy et ne s’était pas totalement remis de son élimination en phase de poules de la Coupe de la CAF, une semaine plus tôt à Alger.
Et qu’à l’inverse, les Rufisquois, qui n’avaient pas pu passer le tour préliminaire de la Ligue des champions, avaient eu le temps de digérer leur désillusion d’août dernier face au Stade d’Abidjan. Même si par ailleurs ils sont carrément à la ramasse en championnat et éliminés de la Coupe du Sénégal. Battus dans le jeu et dans l’envie, les « Vert et blanc » semblaient avoir du mal à retrouver leurs esprits et à revenir aux joutes domestiques après avoir, eux, failli fréquenter les cimes continentales. Et puis changement de décor à la reprise.
Le Jaraaf transfiguré s’est enfin décidé à … commencer son match. Alors, les locaux de TFC perdent pied, le temps d’encaisser trois buts avant, eux aussi, de se rappeler qu’ils étaient champions du Sénégal en titre et qu’ils avaient un rang à défendre. Mais ils ne purent que réduire la marge dans le temps additionnel. Intermittents du jeu (et accessoirement du spectacle), Jaraaf et TFC ont aussi alternativement eu Eole pour autre adversaire. Ceci explique certainement cela. Car aucune des deux formations n’a réellement développé son jeu lorsqu’elle avait le vent de face. Or, pour exister, surtout en Afrique, il faut savoir s’accommoder à certains facteurs exogènes, tels que le vent, la canicule, la pluie, la fraicheur pour ne pas dire le froid.
Samedi, ce n’était pas l’Afrique même si deux ex « Africains » étaient de sortie en rattrapage de la 10e journée du championnat de L1. On ne s’est certes pas ennuyé, mais on était en droit d’attendre bien plus. Le retour sur le continent passe par des prestations bien plus convaincantes. Surtout que, même s’il s’est arrêté aux portes des quarts de finale de la Coupe de la CAF, le Jaraaf a donné des idées à certaines formations qui rêvent de réussir à faire au moins autant. L’US Gorée qui n’a plus humé l’enivrant parfum d’Afrique depuis bientôt 20 ans mène « la révolte » et même les promus Wally Daan et Oslo s’amusent à jouer les trouble-fête.
C’est vrai que, comme dans la pub d’une certaine boisson énergisante, « l’Afrique donne des ailes ». Mais, attention à ne pas se les brûler et gare à la gueule de bois des lendemains de terribles désillusions. PS : Pour rester en Afrique, ce soir, le Sénégal connaîtra ses premiers adversaires à la CAN de football « Maroc 2025 ». Les spécialistes de la météo sportive auront ainsi presque onze mois (et le début de la compétition le 21 décembre prochain) pour tirer des plans sur la comète.