SOUTENIR LE KUYAN BAA, UN DEVOIR, UNE NECESSITE
Eriger en Casamance, dans une région repoussée à la périphérie des programmes de développement culturel les plus acceptables, une infrastructure d’accès et de diffusion dotée d’équipements de dernière génération ?

Eriger en Casamance, dans une région repoussée à la périphérie des programmes de développement culturel les plus acceptables, une infrastructure d’accès et de diffusion dotée d’équipements de dernière génération? Tel était, tel est le projet d’Omar Camara, promoteur du KUYAA BAA, du nom du Bois sacré mandingue. Cela pouvait ressembler à un défi colossal, un défi à la fois ambitieux et téméraire. A un rêve impossible.
Peintre au génie et au talent internationalement consacrés, Omar se veut, avant tout, le fils de cette région meurtrie lancée depuis des décennies dans la quête pathétique d’une paix se dérobant constamment aux espoirs les plus ardents.
Son rêve est celui de l’enfant du pays ayant eu la chance de traverser l’Atlantique sans confier sa vie à une frêle embarcation risquant de le livrer, à l’instar de milliers de ses frères et sœurs, à la furie meurtrière des flots. Après avoir obtenu loin de ses terres une reconnaissance et une aura à sa dimension il a choisi de mettre sa réussite acquise de haute lutte, au service des siens. Le nom choisi pour l’espace culturel qu’il construit dans la forêt de ziguinchoroise de Diabir, jadis lieu d’affrontements meurtriers, KUYAN BAA est en soi, doublement, l’emblème de la fierté identitaire et de la culture obstinée du vivre ensemble. Petit à petit, avec des moyens personnels péniblement réunis et le seul soutien de quelques partenaires et mécènes étrangers, le KUYANN BAA sort e terre. Et, déjà, on y organise des événements tels que des expositions internationales d’arts visuels, des rencontres échanges animés par des artistes et critiques venus de divers coins d’Afrique et d’Europe. Déjà Omar avance dans l’illustration, et la promotion de la richesse culturelle et du génie artistique de son terroir , bien sûr, mais également de notre pays et de notre continent. Qui n’a, par exemple, jamais entendu parler de la Biennale Z’ARTS la biennale des arts visuels de Ziguinchor qu’il a fondée?
Cet événement phare du KUYAN BAA a organisé cette année sa treizième édition. C’est-à-dire, pour s’exprimer sans langue de bois, a survécu à 26 années d’inénarrables difficultés dans la mise en place des activités que nous venons d’évoquer, pourtant unanimement saluées pour leur importance dans la mise en lumière des patrimoines et des génies. Hélas, découragé par l’inaction des autorités nationales et territoriales, déçu par l’indifférence des sponsors, Omar Camara est aujourd’hui à bout de souffle et tout près de jeter l’éponge.
Ensemble, refusons cette sinistre éventualité.