LA PENSÉE DE MAMADOU DIA DEVRAIT ÊTRE ENSEIGNÉE
Lors du lancement des Grandes conférences de la Maison de la culture Douta Seck, l’ancienne Première ministre, Aminata Touré, a évoqué l’héritage de l'ex-président du Conseil

L’anniversaire du décès de l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia, a été commémoré samedi dernier dans le cadre d’un panel retraçant sa vie et son parcours. Ce panel dédié au regretté président du Conseil marque le lancement des Grandes conférences de la Maison de la culture Douta Seck auquel ont pris part des personnalités comme l’ancienne Pm Mimi Touré. Cette dernière demande que l’héritage de Mamadou Dia soit vulgarisé à travers l’enseignement de sa pensée dans les écoles.
Les Sénégalais se souviennent toujours de Mamadou Dia, ancien président du Conseil. Lors de la commémoration de l’anniversaire du décès de ce dernier, samedi dernier, coïncidant avec le lancement des Grandes conférences de la Maison de la culture Douta Seck, l’ancienne Pm, Aminata Touré, a évoqué l’héritage de Mamadou Dia. C’est ainsi qu’elle demande que celui-ci soit entretenu autour de la pensée de Mamadou Dia, en souhaitant son enseignement dans les écoles.
«Je considère que sa pensée devrait être enseignée beaucoup plus dans des institutions comme l’Enea, parce qu’il en est aussi le concepteur. On devrait revoir aussi ses théories sur la coopérative, voir pourquoi on a échoué au niveau des coopératives pour effectivement éviter de faire les mêmes erreurs», déclare le haut-représentant du président de la Répu¬bli-que Bas¬si¬rou Diomaye Diakhar Faye. «Il faudrait vraiment, comme je l’ai dit, que sa pensée soit réhabilitée, qu’elle soit enseignée, et que les jeunes comprennent aussi que c’est le travail et la pensée cumulative de plusieurs générations qui pourront faire avancer le Sénégal», insiste l’ancienne Pm. Le souverainisme théorisé par le régime actuel a toujours été un plan de choix dans le discours de Mamadou Dia.
«J’ai parlé du souverainisme. Parler d’un Sénégal juste, souverain et prospère, c’est aussi la pensée de Mamadou Dia. Il a beaucoup parlé de justice. Il considérait que le monde rural, qui est très en arrière, doit être au centre des préoccupations. D’abord, c’est là où vivent et travaillent l’essentiel de nos compatriotes. Et aujourd’hui, en 2025, vous avez encore des contrées qui n’ont ni eau, ni élec¬tricité, encore moins de poste de santé. Ça, c’était sa préoccupation. Et si on a une leçon à apprendre, en tout cas, moi, je considère que nous devons vraiment réinventer le développement communautaire à la base, dans les quartiers et dans les villages», mentionne Mme Touré, qui est par ailleurs ancienne militante du Mouvement pour le socialisme et l’unité (Msu), parti fondé par le regretté Mamadou Dia.
Aminata Touré est aussi revenue sur ses rapports avec le «Maodo», qui a eu à participer à sa formation.
«Je suis venue en tant qu’ancienne militante du Président Mamadou Dia puisque j’ai été militante du Msu très jeune, j’ai connu le Président Mamadou Dia et j’ai eu à bénéficier de son expérience, de sa formation, donc je peux dire que je suis aussi quelque part un produit du Président Mamadou Dia, qui est évidemment un grand homme qui a consacré sa vie à l’émancipation du Sénégal dans le contexte qui était le sien, mais je considère qu’on peut le reconnaître comme un très grand patriote», fait savoir celle qui écrivait pour Mamadou Dia quelques fois, lorsque ce dernier est décédé. «On parle beaucoup du mot patriotisme qui a été incarné par toute une génération de militants, notamment par le Président Mamadou Dia qui s’est battu pour le Sénégal jusqu’à la fin de ses jours», avance Mme Touré.
Mamadou Diop Decroix, Secrétaire général d’Aj/Pads, demande, pour sa part, à la jeune génération de s’inspirer de Mamadou Dia. «D’abord, l’amour de la Patrie. Dia n’était pas un nationaliste étroit. C’était un nationaliste, comme disent cer¬tains, mais c’était un panafricaniste. Donc, c’est à rete¬nir. Deuxièmement, Dia, par le temps qui court, c’est une valeur à retenir, il était constant dans ses convic¬tions. Troisièmement, il avait un courage physique extrêmement important. Ça aussi, c’est à retenir», soutient M. Diop.
L’humanisme du regretté Dia a aussi marqué les esprits. «Enfin, il avait une conception assez humaniste de la politique, parce que Senghor l’a réprimé, mais il n’a jamais retenu cela de Senghor. Quand il est sorti en 1974, il a dit qu’il laissait tout tomber. Il n’a pas tenu rigueur à Senghor de ce qui s’est passé. Ça aussi, c’est de la grandeur», se souvient Diop Decroix.
Né le 18 juillet 1910 à Khombole et décé¬dé le 25 janvier 2009 à Da¬kar, Ma¬madou Dia a été le pré¬sident du Conseil de 1957 à 1962. Il est l’un des principaux protagonistes de la crise politique de décembre 1962 qui l’oppose à Léopold Sédar Senghor.