AFFAIRE SONKO, LE DIAGNOSTIC DE JEAN LUC CORREA
Le Professeur agrégé en droit a dénoncé dimanche 14 mars l’hyper politisation de la société sénégalaise

Le Professeur agrégé en droit, Jean Luc Correa, a dénoncé hier, dimanche 14 mars l’hyper politisation de la société sénégalaise par la politique politicienne. Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée), le signataire du manifeste sur la régression de l’Etat de droit au Sénégal publié peu avant les manifestations violentes qui ont suivi l’arrestation du leader de Pastef, Ousmane Sonko, a indiqué qu’il ne souhaitait pas que lui et ses collègues aient raison sur la société».
L ’affaire Ousmane Sonko à l’origine des manifestations violentes qui ont occasionné la mort d’une dizaine de jeunes sénégalais et une centaine de blessés est juste la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La déclaration est du Professeur agrégé en droit, Jean Luc Correa.
Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 14 mars, l’enseignant chercheur a expliqué que ces manifestations trouvent leur fondement dans le bilan de la gouvernance des affaires publiques par le régime en place. «Pour une grande partie de nous Sénégalais, nous avons vécu de grands espoirs dans le passage du régime du président Abdoulaye Wade au président Macky Sall avec des slogans : « la partie avant le parti ».
Beaucoup de slogans qui ont fait naître beaucoup d’espoir mais dans la pratique, on s’est rendu compte que la compétition politique a pris le dessus sur la patrie, sur les objectifs d’Etat de droit et sur les principes. Ce qui fait que sur toutes ces questions relatives à cet Etat de droit, la primauté de la règle de droit qui nous occupe, on n’a pas le sentiment et l’impression que des avancées singulières et significatives aient été faites», déplore l’Enseignant chercheur.
Poursuivant son analyse, Jean Louis Corrèa de pointer ainsi le doigt l’hyper-politisation de la société sénégalaise par la politique politicienne comme étant l’un des causes de cette situation qui a poussé les Sénégalais à descendre dans la rue. « Le problème se situe dans une hyper politisation de la société sénégalaise par la politique politicienne qui fait que l’administration sénégalaise quoique qu’on puisse dire sous Abdou Diouf, on a pu lui reprocher d’être quelque peu partisane également un peu sous Abdoulaye Wade, elle a toujours su quand même s’assurer une certaine marge de manœuvre dans son fonctionnement, dans le respect et dans la mise en œuvre des règles juridiques qui ne sont pas le fait du pouvoir politique », a-t-il expliqué.
Avant de faire remarquer. « Maintenant, regardez ce qui se passe au sein de cette administration même jusqu’au niveau des Dage (Direction de l’Administration générale et de l’Equipement) des ministères, tous les directeurs sont encartés. Cela est un fait inédit dans l’histoire politique du Sénégal ». Par ailleurs, revenant sur les déclarations de certaines autorités le soir de la journée meurtrière du vendredi 5 mars, Jean-Louis Corrèa a jugé « très maladroite la sortie du ministre de l’Intérieur et du ministre de la Justice ».
Poursuivant son propos, il a indiqué au sujet du manifeste publié par lui et ses 101 collègues universitaires sur la situation de l’Etat de droit au Sénégal, qu’il ne voulait pas que lui et ses collègues aient raison sur la société». «Nous n’aurions jamais souhaité avoir raison sur la société », a-t-il fait remarquer avant d’ajouter. « Après publication de notre manifeste, beaucoup de personnes ont estimé que c’était des encagoulés, des syndicalistes, des gens qui étaient en mal de tribune. Du tout ! Absolument pas ! Il s’agit, d’abord et avant tout, en toute objectivité et en toute transparence, de lire des évènements politiques et surtout sociaux, et d’appeler les différents acteurs à assumer leurs responsabilités. Pour justement éviter au pays d’aller dans le mur».