LE RUR DENONCE UNE LEGERETE DANS LA METHODOLOGIE DE COLLECTE ET UN MAQUILLAGE DES CHIFFRES
Dans un communiqué dénommé «Réponse à l’association DEMAIN SENEGAL», le Pr Moussa Baldé et ses amis font un cours magistral sur un travail intellectuel avant de révéler les failles de l’étude.
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Dans une étude rendue publique hier, l’association Demain Sénégal (DS) révèle que 83% des Sénégalais sont insatisfaits de la situation de l'État de droit et de la gouvernance. Des chiffres que conteste le Réseau des Universitaires républicains (RUR) qui parle de légèreté méthodologique déconcertante et d’absence d’un référentiel crédible pour une étude de cette nature. Selon les membres du réseau des Universitaires républicains (RUR), les résultats de l’étude, publiés par l’association Demain Sénégal (DS), souffrent d'ambiguïté et de véracité. Pis, elle n’est basée sur aucun processus de collecte et d’analyses rigoureuses de données de terrain.
Dans un communiqué dénommé «Réponse à l’association DEMAIN SENEGAL», le Pr Moussa Baldé et ses amis font un cours magistral sur un travail intellectuel avant de révéler les failles de l’étude. Pour eux, la première marque d’un intellectuel, c’est l’honnêteté de son discours, la justesse de ses prises de position et l’exactitude des faits qu’il relate. Or sur ce terrain, regrettent ils au passage, les membres de SENEGAL DEMAIN sont complètement passés à côté de ce qu’on pouvait attendre «d’intellectuels» de leur rang. Pour la simple raison que leur étude souffre d’une légèreté méthodologique déconcertante, avec l’absence d’un référentiel crédible pour une étude de cette nature. Ils estiment qu’un intellectuel soucieux d’un résultat ne souffrant d’aucune contestation doit respecter les normes et les références dans ses études et publications. Ils indiquent à cet effet que le Sénégal s’est toujours soumis à des enquêtes et évaluations sérieuses dont le dernier en date constitue la publication de l’indice MO IBRAHIM dans le premier trimestre de l’année 2023.
Sur les révélations de l’étude à savoir une très large majorité, 83% des Sénégalais qui sont insatisfaits de la situation de l'État de droit et de la gouvernance qu'ils considèrent comme le socle de notre paix sociale et de notre développement, le RUR juge très fallacieux d’avancer certaines statistiques. Rappelant qu’un tel résultat ne peut être brandi ex nihilo sans aucun processus de collecte et d’analyses rigoureuses de données de terrain. «Les membres de SENEGAL DEMAIN ont consciemment menti avec de tels résultats. Sur la question de la bonne gouvernance, le Sénégal est parmi les 10 best scorers africains et sur le podium en Afrique de l’ouest selon indice Mo Ibrahim 2022», lit-on dans le communiqué. Selon le Pr Moussa Baldé, depuis 2012, le score du Sénégal s’est amélioré dans 9 des 16 sous-catégories. En 2021, le Sénégal obtient un score supérieur à la moyenne du continent dans toutes les sous-catégories et figure parmi les dix pays les mieux classés concernant 7 des 16 sous-catégories. Mieux, poursuit-il, le Sénégal obtient un score supérieur à la moyenne du continent concernant 70 des 81 indicateurs. De plus, notre pays a obtenu une note supérieure à 50 dans toutes les sous-catégories sauf sur celle des «infrastructures» notée 45 avec une tendance haussière de +8,7. La sous-catégorie «lutte contre la corruption» a enregistré une note de 61,1 avec une tendance haussière de +4,8. Parmi les sous-catégories où le Sénégal a récolté de bons scores figurent la Sécurité et sûreté (84,5/100), l’Administration publique (73,7/100), entre autres. Des sous-catégories qui, dit-il, englobent plusieurs indicateurs dont «l’absence de conflit armé», évaluant «le nombre d’événements violents survenant dans le cadre de conflits étatiques et non étatiques ainsi que le nombre de conflits non étatiques survenant sur le territoire d’un pays».
Dans la même dynamique, il renseigne que le Sénégal se classe à la 9e place (sur 54) en matière de gouvernance globale en 2021 avec un score de 62,4%. Un score de gouvernance globale jugé satisfaisant au cours de ces dix dernières années, (période comprise entre 2012 et 2021). Mieux, depuis 2012, le score du Sénégal s’est amélioré dans trois des quatre catégories, à savoir Sécurité et Etat de droit. Des résultats de l’étude MO IBRAHIM qui, de l’avis du RUR, sont plus sérieux que celle menée avec des subjectivités par des politiciens encagoulés, des intellectuels en mal de popularité et des has been nostalgiques de pouvoir».
«OU ETIEZ-VOUS LORSQUE DES PYROMANES BRULAIENT NOS UNIVERSITES ?»
Revenant en outre sur le processus électoral et la radiation d’Ousmane Sonko sur les listes électorales, le Rur rassure que le processus électoral du Sénégal ne souffre d’aucune ambiguïté. Car la révision des listes électorales s’est faite sans aucune difficulté, le parrainage des candidats à la candidature se poursuit sans aucune contrainte et les institutions électorales fonctionnent de façon transparente. «Il nous plaît de rappeler aux membres de DEMAIN SÉNÉGAL que notre pays a une longue tradition en matière électorale, ce qui lui a valu d’être considéré comme la vitrine de la démocratie en Afrique. Le Président Macky Sall a consolidé cette position sénégalaise de démocratie majeure. Le défi de l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives n’est pas nouveau au Sénégal», relève-t-on dans ledit document.
Par ailleurs, ils rappellent aux signataires que la radiation ou la réintégration d’un citoyen dans les listes électorales n’est point du ressort de l'administration électorale. En principe, dans un Etat de droit, il y a la séparation des pouvoirs. Et dans ce cas, la justice est seule habilitée à statuer sur les différends entre citoyens ou entre les citoyens et l'État ; la procédure suit son cours dans nos tribunaux. «Vous appelez au respect de l’Etat de droit ou non ! Cette injonction nous conforte que l’échantillon en question n’est constitué que des 84 signataires de Demain Sénégal», minimise Moussa Baldé qui ne manque pas d’interpeller les signataires sur le saccage de l’Université lors des manifestations de juin dernier. «Où étiez vous lorsque des pyromanes brûlaient nos universités ? Personne ne vous a entendus ni lus. Avez-vous signé un communiqué avec au moins deux (2) signatures pour condamner ces actes criminels et barbares ?
Les dégâts sont énormes. Les services compétents font leur travail pour rendre fonctionnelles ces universités. Ces dernières sont pour la plupart ouvertes. Nous vous rappelons que l’Université Cheikh Anta Diop était la plus touchée par les évènements de mai-juin 2023. Les instances pédagogiques et sociales autonomes dans leur gestion, ont jugé nécessaire de faire les cours à distance et de faire l’état des lieux pour une ouverture prochaine», martèlent les enseignants du RUR. Dans un autre élan, ils indiquent que le Sénégal va vers son PAP 3 allant de 2024 à 2028 pour entrer définitivement dans le cercle des pays émergés. Vu cette avancée, ils invitent les signataires à mener une étude diligentée et sérieuse sur le PSE, qui leur permettra de voir «que ce plan a permis une transformation structurelle de notre économie avec un capital humain épanoui dans un pays sécure et paisible».