L’INTRIGANT SILENCE DU PDS
Ni le rapport accablant de la Cour des comptes, ni la levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom, ni même les licenciements massifs dans la fonction publique n'ont provoqué la moindre déclaration officielle du parti d'Abdoulaye Wade
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Le mutisme du Pds intrigue au point que l’on ne manque pas de se demander ce qui pourrait l’expliquer. Aucune réaction de la part du Pds par rapport aux derniers développements de l’actualité politique. Du rapport de la Cour des comptes à la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom, l’opinion n’a eu droit à aucune sortie du parti de Me Abdoulaye Wade.
Le Parti démocratique sénégalais (Pds) est devenu, en l’espace de quelques mois, aphone sur la scène politique nationale. Une absence parlante et qui pousse plus d’un à s’interroger. Pourquoi ce silence du Pds face à la situation politique économique et sociale ? La formation politique du pape du Sopi, dirigée à distance depuis plusieurs années par son fils, Karim Meïssa Wade, n’a fait part d’aucune réaction par rapport aux derniers développements de l’actualité politique.
La publication du rapport de la Cour du compte relatif à la gestion des finances publiques de 2019 au 31 mars 2024 n’a pas amené les Libéraux à réagir. Pour des hommes politiques qui ont eu à gérer le pouvoir de 2000 à 2012 avec à leur tête l’ancien président de la République Abdoulaye Wade.
La levée de l’immunité parlementaire du député membre du Groupe parlementaire Takku Wallu Senegaal dont le Pds est membre, Farba Ngom, suivie de sa convocation par le Pool judiciaire dans une présumée affaire de blanchiment d’argent portant sur une somme de 125 milliards sur laquelle le député sera entendu demain, n’a pas fait bouger les militants et responsables libéraux.
Même la difficile situation que traverse le monde du travail, avec les nombreux licenciements opérés par le pouvoir et es nombreuses revendications non satisfaites, qui suscitent la révolte des organisations syndicales, n’a pas eu d’écho du côté des Libéraux. Tout comme les nombreuses arrestations de chroniqueurs, de citoyens et d’hommes politiques.
Le parti a-t-il reçu des consignes ou instructions fermes provenant de Doha où séjourne son lointain leader, Karim Wade ? Le Quotidien ne saurait le dire. Doyen des formations politiques qui totalise plus d’une cinquantaine d’années d’existence après sa création en 1974 par son leader charismatique Abdoulaye Wade, le Pds avait habitué son monde à réunir régulièrement ses instances nationales. L’organisation politique de Me Abdoulaye Wade s’était aussi illustrée par sa constance à se prononcer sur les questions d’intérêt national.
Ne faisant pas partie de la grande coalition de l’opposition lancée par Khalifa Sall et compagnie avec un nombre de 70 partis, mouvements politiques et organisations de la Société civile, le Pds, depuis un bon bout de temps, n’affiche plus sa position sur la situation politique. Contrairement à certains leaders et formations politiques de l’opposition, qui ne ratent pas l’occasion de s’en prendre au régime actuel en dénonçant sa démarche qui n’est autre, selon ces derniers, que de «chercher des excuses en masquant son incompétence», en désignant le régime sortant comme étant le responsable des difficultés que les Sénégalais sont en train de vivre.
Certains ne manqueront pas, avec le silence du Pds, de faire un rapprochement avec la visite rendue par Bassirou Diomaye Diakhar Faye à Karim Wade au cours d’un voyage du président de la République au Qatar où le fils de l’ancien président Wade séjourne depuis quelques années. La teneur des discussions qu’ils ont eues n’a pas été dévoilée. Mais cette rencontre intervient après le soutien apporté par le Pds à la Coalition «Diomaye Président» lors de la dernière élection présidentielle de mars 2024, contribuant ainsi à la victoire de cette coalition au premier tour de ce scrutin avec 54, 28% des suffrages. Alors que l’on s’attendait à voir le Pds faire alliance avec le régime actuel lors des dernières Législatives anticipées de novembre, ce parti choisit de rejoindre un ancien adversaire politique, l’ex-président Macky Sall, tête de liste nationale de la Coalition Takku Wallu Senegaal.
Un soutien à l’ancien président du Sénégal contre lequel s’étaient ligués des responsables du Pds comme Doudou Wade et Tafsir Thioye, entre autres, qui avaient décidé de se présenter sous la bannière de Sopi Senegaal avec comme tête de liste le dernier cité. Cela avait valu à ces derniers leur exclusion du Pds.