LE SAMES REJETTE TOUTE IDEE DE BAISSE DES SALAIRES
Les responsables de ce syndicat estiment qu’au vu du traitement qui leur est réservé en matière salariale, ils méritent plus d’être revalorisés que de se faire appliquer une baisse.

Le Sames n’est pas prêt à accepter la baisse des salaires annoncée par les membres du gouvernement. Les responsables de ce syndicat estiment qu’au vu du traitement qui leur est réservé en matière salariale, ils méritent plus d’être revalorisés que de se faire appliquer une baisse.
La baisse des salaires évoquée par des membres du gouvernement ne concerne pas le Sames, affirment les responsables du Syndicat autonome des médecins et chirurgiens-dentistes du Sénégal. Ils estiment même que leur traitement salarial devrait être revu à la hausse, au lieu de faire l’objet d’une diminution.
«Au niveau du Sames, on aura une revalorisation de notre rémunération parce que c’est une rémunération qui a été assez catastrophique pendant des décennies, et cela plombe la qualité des services qui sont offerts par les structures de santé», affirme Mamadou Demba Ndour, Sg du Sames, qui intervenait hier, lors de la conférence annonçant la grève de 48 heures. Cette baisse de salaire doit être appliquée, selon le Sames, à d’autres salariés beaucoup mieux lotis que les médecins.
«Cette baisse de salaire concerne les corps de l’Etat qui ont toujours été choyés, qui ont toujours été favorisés par rapport aux autres. C’est à ceux-là qui profitent d’avantages que l’Etat leur a conférés, avantages ne répondant ni à leur niveau d’études, ni à la pénibilité de leur travail, ni à la charge de leur travail, d’être les premiers dans l’austérité», avance le Sg du Sames.
Quid de l’appel de l’Etat à se serrer la ceinture à cause d’un contexte de crise économique ? Le Sg du Sames l’écarte de la main.
«La position du Sames est claire. Le pays vit une situation économique, d’après le gouvernement, qui laisse à désirer. Donc, il faudrait, dans les mesures, relancer l’économie du pays. Pour cela, il faut des bras valides. Et pour que les bras soient valides, il faut qu’ils soient en bonne santé. Donc, dans les secteurs qui doivent faire un effort en termes de report de certaines revendications, la santé n’en fait pas partie. La santé est unsecteur sur lequel ondoit s’appuyer pour relancer l’économie du pays. Et sur cette base, on ne peut pas demander à ceux qui ont subi des injustices depuis fort longtemps, injustices connues de toutes les personnes informées dans ce pays, de concéder encore des sacrifices supplémentaires», défend Dr Mamadou Demba Ndour. Les sacrifices devraient concerner les plus nantis qu’eux en matière de traitement salarial. «C’est à ceux-là qui étaient favorisés par ce régime de rémunération dans la Fonction publique de faire des sacrifices, et c’est à eux qu’est destiné ce message. En tout cas, nous, du côté du Sames, estimons que le message du Secrétaire général du gouvernement ne nous est pas adressé.»
Panne de la radiothérapie de Dalal Jamm : les solutions du Sames
La panne de la radiothérapie de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye a été évoquée hier par le Sames. Les responsables de ce syndicat s’en désolent et disent avoir établi depuis longtemps le diagnostic pour que ce genre de chose ne se produise plus au Sénégal. «Le diagnostic, nous l’avions posé depuis longtemps. La qualité de la santé fait intervenir plusieurs déterminants, parmi lesquels l’infrastructure et l’équipement. C’est pourquoi le Sames, dans sa plateforme revendicative, a inséré ce renforcement de la carte sanitaire. Il est inconcevable que dans un pays comme le Sénégal, une seule machine de radiothérapie soit en panne et que les patients utilisateurs de ce service se retrouvent dans le désarroi. Parce qu’aujourd’hui, quand on fait le point au niveau national, la redondance n’existe qu’à Touba au niveau de l’hôpital Cheikhoul Khadim, ce qui est assez préoccupant pour la prise en charge de ces pathologies», regrette le Secrétaire général du Sames. «Donc, globalement, le Sames reste dans sa position de principe, qui est le renforcement de la carte sanitaire à travers de meilleurs équipements, à travers la construction d’infrastructures décentralisées, mais aussi à travers le volet ressources humaines pour une meilleure distribution de la santé.»