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3 avril 2025
Société
ARRET DE LA COUVERTURE SECURITAIRE DES COMBATS DE LUTTE JUSQU’A NOUVEL ORDRE
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, a décidé de l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’étendue du territoire national
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, a décidé de l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’étendue du territoire national, rapporte la Division communication et relations publiques de la Police sénégalaise dans un communiqué.
Cette décision fait notamment suite »au déchainement de violence » et autres »actes de vandalisme » notés lors du combat ayant opposé Franc à Ama Baldé, dimanche dernier, à l’arène nationale, souligne le communiqué.
Il signale que lors de ce combat, « bon nombre d’amateurs ayant acheté leurs billets ont été dans l’incapacité d’accéder à l’arène. La jauge maximale atteinte, les responsables de la Police nationale » ont été amenés à fermer les portes « pour parer à toute éventualité de drame ».
« Le déchainement de violence qui s’en est suivi, s’est poursuivi après le verdict et a débouché sur des actes de vandalisme, des dégradations de biens publics et privés, d’autres atteintes aux biens et aux personnes, dont la plus regrettable a été l’agression mortelle d’un jeune dans la banlieue dakaroise ».
Le communiqué pointe un « énième manquement du comité national de gestion de la lutte (CNG) et des acteurs impliqués, aux injonctions et recommandations à eux faites, notamment au sujet du respect des horaires, de l’observation de la jauge et de la définition d’itinéraires offrant moins de risques de confrontations entre groupe de supporters ».
Sur cette base, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique « a décidé de l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’entendue du territoire national ».
PLUS DE 2.500 CALEBASSES DE SOLIDARITE DENOMBREES A TRAVERS LE PAYS
Le Sénégal compte « plus de 2.500 calebasses de solidarité », un concept dédié à la promotion de processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales
Le Sénégal compte « plus de 2.500 calebasses de solidarité », un concept dédié à la promotion de processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales, a-t-on appris du ministre de la Microfinance et l’Economie sociale solidaire.
Alioune Dione, présidant mardi à Thiès la Journée nationale de la Calebasse de solidarité (CDS), a fait état de « plus de 2.500 calebasses de solidarité dans 13 régions, avec plus de 80. 000 membres, constitués de 95% de femmes ».
Le ministre de la Microfinance a insisté sur l’importance de la Journée de la Calebasse de solidarité, un évènement qui, dit-il, a fini de s’inscrire dans les traditions de son département, qui la parraine depuis sa première édition.
« Les principes sur lesquels repose la calebasse, à savoir la transparence, l’équité, la confidentialité et la solidarité, sont pleins de leçons », a relevé souligné le Alioune Dione.
Il a précisé que la Calebasse de solidarité est un outil visant à créer un filet de sécurité et à promouvoir des processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales.
Les membres d’une Calebasse de solidarité accumulent un fonds commun, dont les ressources sont utilisées pour aider les plus démunis à se nourrir, se soigner et à s’éduquer à travers des prêts solidaires sans intérêt.
Selon Alioune Dione, la Calebasse de solidarité se base au Sénégal sur « 272 réseaux de proximité, 67 réseaux communaux, 15 réseaux fédéraux formalisés en sociétés de coopératives de consommation ».
Au vu des résultats produits par ce concept, le ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale solidaire s’est engagé soutenir cette initiative à un niveau institutionnel.
« Je me charge d'(en) assurer le portage institutionnel, pour que vos initiatives d’économie sociale et solidaire fassent tache d’huile au Sénégal », a-t-il promis.
LES TRAVAILLEURS EN SURSIS
Grand Théâtre national, Port autonome de Dakar, ministère de l’Energie…, les licenciements se multiplient depuis quelques mois au Sénégal, avec l’activation de plans sociaux dans certains cas
La crise sociale s’accentue au Sénégal. Grand Théâtre national, Port autonome de Dakar, ministère de l’Energie…, les licenciements se multiplient depuis quelques mois au Sénégal, dans certains cas avec l’activation de plans sociaux. Ce qui met en péril l’avenir des travailleurs dans un contexte de vie difficile.
Alors que le coût de la vie devient de plus en plus cher au Sénégal, la situation économique et sociale risque de s’aggraver face à la perte d’emplois. Pour cause, depuis quelques mois, les vagues de licenciements se multiplient dans plusieurs structures particulièrement publiques. Pour des motifs économiques, structurels, politiques ou encore en raison des contrats arrivés à termes, elles sont en tout cas loin d’être bien accueillies. La dernière en date concerne des travailleurs du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose.Dans une note, l’établissement évoque de « sérieux problèmes organisationnels et structurels» mais aussi des « raisons économiques très difficiles pour la structure ». Cette séparation avec les travailleurs intervient après le rejet de l’offre faite pour un départ négocié. Au Commissariat à la Sécurité alimentaire et à la Résilience, on parle de dix travailleurs licenciés, parmi lesquels des titulaires de contrat à durée indéterminée. Au Port autonome de Dakar (Pad), la vague de licenciements y est intervenue depuis la fin de l’année. Des centaines de travailleurs ont été remerciées par la Direction générale.
«Ce sont plus de 700 jeunes qui ont été renvoyés. Ce qui se passe au Port de Dakar est un drame social. En réalité, ce ne sont pas 700, mais 781 personnes qui se retrouvent actuellement sans emploi», a précisé représentant du syndicat des agents du PAD Abdoul Ndiaye vendredi dernier, lors du grand rassemblement des centrales syndicales. Autre structure qui a mis fin à sa collaboration avec certains de ses travailleurs, c’est bien sûr le Fonds de Garantie d’Investissement Prioritaire (Fongip).
Au ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, 44 agents ont été licenciés en octobre dernier. « Il s’agit d’un problème de finances. Mes prédécesseurs ont signé des contrats avec des personnes qui, pour les payer, ont eu recours à un fonds dénommé caisse d’avance pour payer ces agents alors que ce fonds était destiné à autre chose. Pour les 298 personnes qui ont été recrutées, leurs salaires en 2023 étaient estimés à 1, 052 milliard FCFA. Ce qui signifie qu’on a dépassé le fonds de la caisse d’avance et pour payer le reste des 234 millions, ils sont allés puiser un autre fonds », avait expliqué le ministre de l’Energie, du Pétrole et des mines, Birame Soulèye Diop.
Toujours dans le cadre du départ des agents, dans d’autres structures publiques, il est proposé un plan social aux agents. C’est le cas par exemple de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et à l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser). Ce n’est pas seulement le secteur formel qui est impacté. Depuis la suspension des travaux de construction dans les régions de Dakar et de Thiès, par exemple, par les nouvelles autorités, une crise sociale s’installe. Des milliers d’ouvriers, maçons, ferrailleurs et manœuvres, majoritairement issus du secteur informel, se retrouvent sans emploi. Faute de revenus, ces travailleurs peinent à subvenir aux besoins de leurs familles, aggravant la précarité dans les foyers. Certains tentent de se reconvertir dans d’autres activités, tandis que d’autres s’endettent pour survivre. L’arrêt brutal des chantiers impacte aussi les commerces liés au secteur, comme les vendeurs de matériaux et les transporteurs de sable et de ciment.
De leur côté, les promoteurs immobiliers et les propriétaires de chantiers en arrêt expriment leurs inquiétudes face aux pertes économiques. Si la situation perdure, elle pourrait freiner l’ensemble du secteur du bâtiment, moteur de l’économie nationale.Ne dit-on pas « quand le bâtiment va, tout va ? »
Par Vieux SAVANE
LA HONTE !
"Il s’appelle Thiam. Quand tu quittes le Sénégal pour venir en Côte d’Ivoire, tu vas sauter d’abord un pays…le nom de Thiam est de quelle région de la Côte d’Ivoire ?" Ces propos ignobles sont indignes d’une Côte d’Ivoire résiliente
« Il s’appelle Thiam. Quand tu quittes le Sénégal pour venir en Côte d’Ivoire, tu vas sauter d’abord un pays…le nom de Thiam est de quelle région de la Côte d’Ivoire? » Pénible résurgence d’une histoire récente douloureuse tournée autour de cette « identité meurtrière » que symbolise « l’Ivoirité »
Immondes, indignes, insoutenables sont les propos de Célestin Serey Doh, ministre délégué auprès du ministre des Transports chargé des affaires maritimes de Côte d’Ivoire, prononcés le 8 février dernier, à Tacourably, à l’ouest du pays dans la région des Dix-huit Montagnes.
Ces propos ignobles sont indignes d’une Côte d’Ivoire résiliente, qui sort péniblement de longues années de guerre civile et fait la fierté de beaucoup d’Ivoiriens et d’Africains pour son dynamisme économique.
Tidjane Thiam est un digne fils de l’Afrique, un digne fils de Côte d’Ivoire, de Guinée, Du Cameroun, du Ghana, d’Ethiopie, du Congo, etc. Par son cursus, il est une fierté africaine. On ne peut que s’étonner du fait que le président de la République dont le serment en fait le garant de la cohésion nationale ne l’ait pas débarqué illico presto ou suspendu de son poste.
En attendant, un citoyen a saisi le Procureur de la République pour exiger l’ouverture d’une enquête et l’application des sanctions pénales prévues par la loi notamment en son article 227 qui punit d’une peine d’emprisonnement d’1 à 2 ans et d’une amende de 500.000 à 2.000.OOO FCFA », toute personne qui se « rend coupable de racisme, de xénophobie, de tribalisme ou de discrimination ».
UNE SOCIÉTÉ QUI JUGE PLUS QU'ELLE N'ÉCOUTE
Le psychologue Ngor Dieng analyse les enjeux et les responsabilités de la famille, de l’université et de la société dans la prise en charge du bien-être mental.
Le suicide présumé d’un étudiant à l’UGB, accompagné d’une lettre bouleversante, remet sur la table la question de la santé mentale et du mal-être profond qui touchent une partie de la jeunesse sénégalaise. Dans une société où l’accompagnement psychologique reste marginalisé, quelles leçons tirer de ce drame ? Le psychologue conseillé Ngor Dieng analyse les enjeux et les responsabilités de la famille, de l’université et de la société dans la prise en charge du bien-être mental.
Que vous a inspiré, en tant que psychologue-conseiller, la lettre de l'étudiant qui se serait suicidé à l'UGB, la semaine dernière ?
Cette lettre, si elle est authentique, est une sorte de confession renversante, bouleversante ; un récit de vie glaçant, symptomatique de toute la souffrance physique et mentale de son auteur, mais surtout du désespoir extrême qui a marqué ses derniers instants de vie sur terre.
C’est une lettre-confession qui semble laisser apparaitre en filigrane les causes profondes de son suicide. Sa lettre a le mérite d’interpeller nos consciences, d’inviter les vivants que nous sommes à faire une introspection sur nos comportements et attitudes de tous les jours vis-à-vis de nous-mêmes, de notre entourage immédiat et des autres. Elle met à nu notre capacité à accorder de l’attention, voire de l’importance à autrui, de lui prêter une oreille attentive, d’être tout simplement bienveillant autour de nous et avec nos semblables. Cette lettre pose une réflexion profonde sur le sens de la vie, sur l’espoir qui doit aussi la sous-tendre.
Enfin, pour moi, cette lettre pose la problématique générale de la santé mentale, un sujet jusque-là tabou dans notre société qui a tendance à mettre l’accent plus sur le paraître, l’apparence que sur le véritable bien-être mental, dans un contexte de pressions sociales sur les familles et surtout sur les jeunes.
On a tendance à considérer que l’accompagnement psychologique, c’est plus pour les autres. Pensez-vous que notre société prend suffisamment en charge cette problématique ?
Nous vivons dans une société qui n’a pas toujours la culture d’aller voir le psychologue en cas de difficultés, même si c’est une tendance qui commence à se renverser aujourd’hui. Pour preuve, beaucoup de Sénégalais préfèrent se confier à un “voyant” avec ses cauris plutôt que de solliciter l’expertise d’un psychologue, d’un thérapeute ou d’un coach. On associe souvent consultation psychologique à folie telle qu’on la connaît, de manière populaire, dans notre société.
Mais ce n’est pas toujours le cas. Souffrir mentalement ne veut pas toujours dire perdre carrément la tête et traverser les rues en haillons. Notre société est une société qui exerce une pression sur les gens que tout le monde n’est pas prêt à supporter. C’est une société où le stress, l’anxiété, la déprime, la dépression, bref la détresse psychologique sont monnaie courante. Elle laisse peu de bouffées d’oxygène à ses différentes composantes.
Ces segments traditionnels d’assistance sociale et mentale, que sont la famille traditionnelle, l’arbre à palabres, les groupes de pairs, la case de l’homme, les rites traditionnels, les sagesses ancestrales, se sont effrités, laissant la place aux déballages de la vie privée et des secrets de famille et de couples dans les médias et réseaux sociaux et/ou à la solitude et à l’isolement total, au rejet et à la stigmatisation de l’autre, à la vindicte populaire. Notre société actuelle met plus l’accent sur la course aux richesses que sur l’exploration des chantiers de l’humain. Elle est plus dans le jugement, la stigmatisation, la marginalisation, l’isolement, la mauvaise foi, l’hypocrisie que dans l’intercompréhension, la bienveillance et le soutien psychosocial.
Pouvez-vous revenir sur l’importance de cette prise en charge psychologique et qui en a besoin ?
La prise en charge psychologique ou psychosociale est fondamentale dans une société. La vie, n’étant pas un exercice facile, est faite de hauts et de bas. L’individu étant aussi solide qu’il est fragile a, par moments, besoin d’accompagnement psychosocial pour traverser des périodes difficiles qui peuvent lui arriver dans sa vie.
Le besoin de parler et d’être écouté est naturel, mais faudrait-il que l’écoute soit une écoute active pour comprendre et pas pour juger, pour soutenir et pas pour faire des secrets partagés une arme. Souvent, on peut ignorer le cri d'un appel au secours, rester sourd à une voix intérieure qui nous parle. L’accompagnement psychologique est un besoin pressant dans notre société où la communication interhumaine est aujourd’hui plus virtuelle que réelle avec les Tic et Internet.
C’est d’autant plus important que la vulnérabilité de la famille est devenue une réalité dans ce contexte de vitesse et de modernité accélérée, et que les instances d’écoute et de partage sincères se sont considérablement réduites, voire quasi inexistantes maintenant et l’attention tournée vers des faits divers et le buzz.
Qu’en est-il de l’accessibilité des spécialistes, sur les plans géographique et financier, mais aussi en nombre ?
Il faut d’abord noter, comme je l’ai dit plus haut, que notre société n’a pas la culture de la consultation chez le psychologue. À cela s’ajoute, ensuite, le fait que les psychologues ne sont pas assez nombreux au Sénégal, surtout en ce qui concerne certaines spécialités. À côté de ces considérations, il y a l’aspect financier de la consultation et du suivi psychologique dont le coût n’est pas toujours à la bourse de tout le monde. La consultation chez le psychologue est aussi associée, dans notre imaginaire collectif, à la folie, à l’internement à Fann, à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye ou à Dalal Xel et, par conséquent, parfois mal vue dans notre société.
Mais c’est un créneau qui doit être davantage exploré au profit d’une population confrontée aux dures réalités de la vie, aux problèmes de santé mentale et de bien-être mental et affectif. Et pourtant, l’un des enseignements majeurs qu’on devrait tirer de la crise de la Covid-19, c’est la nécessité pour nos pays de renforcer ou repenser leurs systèmes de santé en y intégrant la dimension psychologique ou psychosociologique et en valorisant davantage les “métiers de la relation d’aide”.
Quid du rôle de l’université et de la famille ? Quel rôle devrait être les leurs pour éviter ce genre de drame ?
La famille avant, la famille maintenant et la famille après ! Le premier pilier de l’être humain, c’est la cellule familiale. Dans le cadre familial, on doit renforcer la confiance en soi de nos enfants en adoptant une parentalité bienveillante, en les respectant et en les écoutant exprimer leurs émotions positives comme négatives, poser leurs questions et faire leur questionnement. La famille doit être le premier réconfort de la personne. Elle doit être soucieuse de chacun de ses membres et pour cela, il faudrait qu’elle accorde plus de temps, mais aussi d’attention à ces derniers. La communication au sein de la cellule familiale est fondamentale. C’est un élément essentiel de socialisation et d’intériorisation des valeurs. Elle permet d’exprimer ses émotions et d’extérioriser ses sentiments et/ou ressentiments.
Quant à l’université sénégalaise, elle n’est que le réceptacle des réalités de la société sénégalaise. Elle doit plus tenir compte de la dimension psychosociale dans les enseignements-apprentissages. La réussite dans les études n’a pas pour préalable que l’aspect pédagogique. Elle tient compte, en particulier, de l’aspect psychosocial, c’est-à-dire des dispositions mentales et des réalités sociales dans lesquelles baignent les apprenants et leurs enseignants.
C’est pourquoi il est nécessaire de réfléchir sur la création de services dédiés à la prise en charge psychosociale des étudiants dans chaque université publique avec un personnel qualifié, c’est-à-dire un psychologue, un assistant social, bref un spécialiste de la relation d’aide et de l’accompagnement au bien-être. Ces services vont jouer le rôle d’alerte et de veille, pour anticiper et éviter ce genre d'événement dans l’espace scolaire et universitaire. Et c’est bien possible au Sénégal avec la volonté politique et l’appui des autorités étatiques.
LA CRISE CONGOLAISE VUE PAR BOUBACAR BORIS DIOP
De la Conférence de Berlin au génocide des Tutsi, en passant par les discriminations contre les Congolais rwandophones, l'intellectuel sénégalais remonte le fil d'un conflit aux racines profondes
(SenePlus) - Dans un entretien accordé au journaliste Momar Dieng d'Impact.sn, l'écrivain et intellectuel sénégalais Boubacar Boris Diop, décrypte les enjeux complexes du conflit qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), offrant une perspective historique et géopolitique rarement mise en lumière.
La prise récente de Goma par le M23 s'inscrit, selon l'analyste, dans une longue histoire de tensions régionales dont les racines remontent à la fin du XIXe siècle. La Conférence de Berlin (1884-1885) constitue un point de départ crucial, ayant redessiné arbitrairement les frontières africaines. "L'Afrique a été découpée comme on l'aurait fait d'un zoo gigantesque", souligne l'écrivain, pointant du doigt la mentalité raciste des élites européennes de l'époque qui a conduit à ces décisions aux conséquences durables.
Le Rwanda, amputé alors de plusieurs territoires au profit de l'Ouganda, de la Tanzanie et de l'actuelle RDC, ne cherche pourtant pas à reconquérir ces terres, précise Boubacar Boris Diop. Il décrit le président Kagame comme "beaucoup trop rationnel pour caresser une telle idée", soulignant que les enjeux actuels sont ailleurs.
L'héritage du génocide de 1994 constitue, selon l'intellectuel, une clé de compréhension essentielle du conflit. La présence en RDC des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), composées d'anciens génocidaires ayant fui grâce à l'Opération Turquoise, représente une menace existentielle pour le Rwanda. "Dans l'imaginaire des Rwandais qui savent dans leur chair ce que signifie le mot génocide, un seul FDLR c'est un génocidaire de trop", explique-t-il avec force.
La situation des Congolais rwandophones constitue un autre aspect critique du conflit. L'écrivain révèle qu'en 1965 déjà, ces populations étaient privées du droit de vote, et plus récemment exclues de la "Conférence nationale souveraine" du Zaïre. Cette discrimination systématique, couplée à des violences ethniques, fait écho aux événements qui ont précédé le génocide rwandais, créant une inquiétude légitime à Kigali.
Concernant le soutien présumé du Rwanda au M23, Boubacar Boris Diop adopte une position nuancée. S'il reconnaît une présence militaire rwandaise en RDC, il refuse de réduire le M23 à un simple instrument de Kigali. "Les rebelles du M23 sont des citoyens qui exigent précisément la reconnaissance de leur nationalité congolaise", affirme-t-il, ajoutant que "beaucoup de jeunes combattants du M23 se considèrent en état de légitime défense".
La chute rapide de Goma pourrait marquer un tournant décisif dans la région. L'auteur de "Murambi" souligne l'échec de la stratégie du président Tshisekedi, qui aurait misé sur une victoire militaire rapide contre le Rwanda en s'appuyant sur des mercenaires étrangers et diverses forces armées. "Ma conviction est qu'il y aura un avant et un après Goma 2025", prédit-il.
L'intellectuel s'attaque également aux idées reçues concernant les ressources minières de la région. Contrairement aux allégations répandues, le Rwanda est le deuxième producteur mondial de coltan, après la RDC mais devant le Brésil, le Nigeria et la Chine. Il appelle à un travail d'enquête journalistique approfondi pour identifier les véritables acteurs de l'exploitation minière dans l'Est du Congo.
Quant à l'avenir de la RDC, Boubacar Boris Diop évoque la possibilité d'une solution fédérale, tout en soulignant que cette décision appartient aux Congolais eux-mêmes. Il insiste sur la nécessité d'un leadership fort, comparable à celui de figures historiques comme Nyerere ou Mandela, pour surmonter les défis actuels. "Ce n'est pas en réveillant les démons de la haine qu'on peut se donner une chance de refermer la funeste page ouverte en janvier 1961 par l'assassinat de Patrice Lumumba", conclut-il.
L'intellectuel appelle à une approche plus nuancée et moins manichéenne du conflit, soulignant que la RDC est "le terrain des jeux les plus malsains du monde entier" où interviennent de nombreux acteurs internationaux, bien au-delà du seul Rwanda.
LA QUESTION DES RÉPARATIONS POUR L’AFRIQUE EST RELANCÉE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le 38ème Sommet de l'UA pose clairement la question des réparations coloniales, avec un soutien international grandissant incluant l'ONU. Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir
Le 38ᵉ Sommet de l'Union africaine (UA) a effectivement discuté de la question des réparations en mettant un accent particulier sur le thème annoncé « Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine grâce aux réparations ».
« Le Conseil économique, social et culturel de l'UA (ECOSOCC) a affirmé que « les réparations sont le sujet brûlant à Addis-Abeba ». Le général-major Dr. al-Tayeb Abdul Jalil, professeur soudanais de droit international, a élaboré une carte des réparations, estimant que Londres doit 700 milliards de dollars au seul Soudan en raison des pertes subies durant la domination coloniale britannique.
Dr. al-Tayeb Abdul Jalila indiqué qu’il ne parlait pas au nom du seul Soudan mais de plusieurs pays africains, ajoutant : « La compensation matérielle n'est pas une tentative de mesurer les souffrances en argent, mais une opportunité de consacrer ces fonds au développement de nos pays. »
La Première ministre de la Barbade, Mia Motley a quant à elle lancé un appel passionné en faveur des réparations, en demandant à l’Europe et aux USA de commencer par reconnaître leurs torts historiques.
"Dites pardon. Dites pardon et soyez sincères. Et après avoir dit pardon, reconnaissez que l'avenir du monde n'est pas possible sans la stabilité de l'Afrique et de sa diaspora", a-t-elle souligné.
La Première Ministre Mottley a souligné la nécessité d'actions tangibles telles que la création de ponts aériens et maritimes pour faciliter les voyages et les échanges entre l’Afrique et les Caraïbes.
Le Secrétaire de l’Organisation des Nations Unies, M. Antonio Guterres a pour sa part pris position très clairement an faveur des réparations en déclarant notamment devant l’Assemblée Générale, au cours de son allocution du 15 février 2025 :
« Le monde ne doit jamais oublier que l’Afrique est victime des effets conjugués de deux injustices colossales. Tout d’abord, les profonds ravages du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves. C’est un mal dont les racines remontent à plusieurs siècles et dont les Africains et les personnes d’ascendance africaine continuent de pâtir aujourd’hui encore…La décolonisation, en elle-même, n’a pas été une panacée. L’indépendance politique n’a pas débarrassé les pays des structures fondées sur l’exploitation et des décennies de sous-investissement économique, social et institutionnel. Il est grand temps de mettre en place des cadres de justice réparatrice… »
Ainsi la question des réparations de la part de l’Europe et des Etats Unis en faveur de l’Afrique a été relancée par le 38eme Sommet de l’Union Africaine.
Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir et de faire sorte que les chefs d’Etat posent des actes concrets, en direction de l’ONU notamment pour la réalisation des engagements pris au cours de ce 38eme Sommet.
Image d'illustration: Alwihda Info
PERTURBATIONS DE LA DISTRIBUTION D’EAU À DAKAR
La société nationale de distribution d’eau annonce des interruptions temporaires en raison de travaux d’entretien sur plusieurs forages de Dakar. Plusieurs quartiers, dont Sicap Foire et HLM Grand-Yoff, seront affectés entre le 17 et le 21 février.
La société nationale de distribution d’eau annonce, à travers un communiqué, la perturbation de la distribution allant à des coupures à partir du lundi 17 février 2025.
La note indique que, compte tenu des travaux d’entretien de certains forages sur le territoire de Dakar ville prévus du lundi 17 février au vendredi 21 février, «des perturbations de la distribution d’eau dans les zones desservies par les ouvrages », seront notées.
Il s’agit de Sicap Foire, cité SOCABEG à la date du 17 février; Nord Foire, Keur Damel, le 18 février. Cité Léopold Sédar Senghor pour le mercredi 19 février, Nord Foire, Keur Damel pour le jeudi 20 février et HLM Grand-Yoff, Keur Yoff, Cité Ataya et Mixta pour le vendredi 21 février.
Le communiqué précise que ces travaux ont pour objectif d’améliorer la qualité de service.
MADIAMBAL DIAGNE CONTESTE SA CONDAMNATION, FACE À L’ABSENCE DE TÉLIKO
Condamné en première instance pour diffamation à l’encontre du magistrat Souleymane Téliko, le journaliste a dénoncé des irrégularités dans la procédure. Devant la cour, il a affirmé avoir agi en défense de l’institution judiciaire.
Madiambal Diagne a été condamné en première instance pour diffamation à l’encontre du magistrat Souleymane Téliko. L’affaire trouve son origine dans des déclarations faites par M. Diagne lors d’une émission, au cours de laquelle il a évoqué un rapport des Chambres africaines mentionnant des indemnités indûment perçues par Téliko.
Selon Madiambal Diagne, ses propos visaient à défendre l’institution judiciaire et étaient fondés sur des preuves. À la barre, il a affirmé que cette affaire n’aurait jamais dû arriver en jugement. ‘’Les parties s’étaient initialement mises d’accord, mais la partie civile s’est rétractée par la suite’’, a-t-il expliqué. Il se considère comme une victime, ayant agi par souci de justice. ‘’J’ai défendu l’institution judiciaire. Si cette posture doit me valoir une condamnation, je l’accepte’’, a-t-il déclaré.
Madiambal Diagne a également dénoncé des irrégularités procédurales : ‘’Je n’ai pas été cité régulièrement, mes droits ont été bafoués et on m’a refusé la parole lors de l’audience. La partie civile m’a insulté, mais ces propos n’ont pas été consignés dans le plumitif.’’ Il a intenté une procédure contre Téliko, mais celle-ci a été rejetée en raison de l’absence de traces écrites des insultes.
Maitre Abdou Dialy Kane, avocat de Madiambal Diagne, a souligné que son client ne pouvait être poursuivi que comme complice et non comme auteur principal. ‘’La procédure est viciée. La citation initiale ne respecte pas les règles et la cour ne peut pas requalifier les faits en matière de délit de presse. La décision de première instance n’est pas fondée en justice’’, a-t-il plaidé, demandant l’annulation des poursuites.
Maitre Arona Basse, un autre avocat de la défense, a ajouté que la citation était nulle, car elle ne mentionnait pas les textes visés.
Le représentant du procureur général a pris la parole, bien que le parquet n’ait pas fait appel. Il a estimé que le jugement de première instance était régulier et bien motivé, demandant sa confirmation. Maitre Mbaye Sène, avocat de la partie civile, a défendu Téliko, décrivant ce dernier comme un ‘’digne magistrat’’ dont les qualités ont justifié sa nomination. ‘’Les faits diffamatoires sont là et leur auteur les a reconnus’’, a-t-il affirmé, insistant sur la gravité des accusations portées contre son client.
La cour rendra sa décision le 3 mars prochain.
LES CINQ PRÉSUMÉS PARTISANS DE FARBA NGOM RELAXÉS
Dahirou Diallo, Yagouba Ka, Seydou Thiam comparaissaient ce mardi pour actions diverses. Ils ont nié avoir pris part à une manifestation pour contester contre les démêlés judiciaires du député et soutenu qu’ils vaquaient à leurs occupations respectives.
Arrêtés jeudi dernier aux alentours de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) dans la matinée de l’audition de l’ancien député Farba Ngom, devant le Pool judiciaire financier, cinq individus ont été relaxés par le tribunal des flagrants délits de Dakar.
Ils comparaissaient il y a quelques minutes pour actions diverses. Les mis en cause Dahirou Diallo, Yagouba Ka, Seydou Thioye,Hamdiatou Ba et Saïkou Demba Gaye sont videur dans une boîte de nuit, agents de sécurité au Centre des Œuvres et Universitaires deDakar (Coud) et au Port autonome de Dakar (Pad).
Ils ont nié avoir pris part à une manifestation pour contester contre les démêlés judiciaires de Farba Ngom et soutenu qu’ils vaquaient à leurs occupations respectives.
La représentante du parquet a requis l’application de la loi pénale. Mes Alassane Cissé et Abdou Djaly Kane de la défense ont plaidé et obtenu la relaxe pure et simple.