UN SOUS-OFFICIER DES DOUANES ET SON EPOUSE DEVANT LA BARRE
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme

Le sous-officier des Douanes N. Ndiaye, en service au fret de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd), et son épouse N. F. Kane ont fait face hier au juge de la Cour d’appel de Dakar, pour escroquerie, association de malfaiteurs, faux et usage de faux au préjudice de Djily CSB et autres. Le parquet général demande l’application de la loi. Les mis en cause seront fixés sur leur sort le 3 mars prochain.
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme. Ils avaient interjeté appel. Hier, les mis en cause ont comparu devant la barre de la Cour d’appel de Dakar. Le gabelou renseigne qu’il a divorcé de son épouse mais ils étaient mariés au moment des faits. Il clame son innocence dans ce dossier. «Je suis toujours un agent des douanes. Dans ce problème, j’ai cherché à aider ma femme. Je n'ai absolument rien à voir avec ça», s’est-il défendu. Le juge lui fait savoir que les plaignants ont eu confiance en lui et lui ont remis leurs marchandises parce qu’il s’est présenté en sa qualité de douanier. «Tu ne devais même pas être dans la douane. Ce que tu as fait est grave», a indiqué le magistrat à qui le prévenu a confié qu’il est toujours en fonction.
Sa co-prévenue, N. F. Kane soutient avoir interjeté appel parce qu’elle estime n’avoir pas commis les faits qui lui sont reprochés. «N. Ndiaye était mon mari. À l’époque, ma mère était dans sa dernière phase de maladie. Elle avait un cancer. C’est ainsi que j'ai dit à mon mari que je vais arrêter le travail puisque je ne pouvais plus allier les va et vient de l’activité de commerce et l’hôpital. Il m’a demandé de le laisser gérer mon commerce puisqu’il voulait faire un business parallèle. Il ne m’a jamais financée comme il l’a dit à la barre», s’est dédouanée N. F. Kane.
L’une des parties civiles, Djily, renseigne qu’à l’époque, N. Ndiaye était l'époux de N. F. Kane. «Son mari est venu me voir en se présentant comme douanier. Il avait brandi sa carte professionnelle, une décharge et un chèque sans provision. C’est sur ces déclarations que je me suis basé pour accepter la commande de marchandises qu’il avait faite auprès de moi. À date échue, je l’ai appelé mais il m’a renvoyé auprès de sa femme. Et quand j’ai contacté celle-ci, elle m’a dit aussi de retourner vers lui pour recouvrer ma créance», dit-il.
Me Khadim Kébé, avocat de N. F. Kane, soutient que sa cliente n’a jamais eu de problèmes avec ses fournisseurs. «Quand elle était sur le point d’accoucher et malade, elle a dit à son mari qu’elle comptait arrêter. Mais N. Ndiaye s’est immiscé dans son commerce. Et quand il est allé pour la première fois auprès des fournisseurs, il y est allé avec son épouse. Mais les autres fois, il y allait seul pour faire les commandes. Et pour leur mentir, il leur montrait sa carte professionnelle tout en leur disant qu’il est un colonel des douanes, en leur laissant des chèques de garantie avant d’encaisser les téléphones portables. Ainsi, je demande la relaxe de ma cliente», a plaidé l’avocat
Me Ousseynou Gaye, conseiller de N. Ndiaye, déclare que toute la plaidoirie de son acolyte a consisté à charger son client alors qu’ils oublient qu’ils étaient mariés. «La posture deN. Ndiaye, c’était juste de lui venir en aide puisqu’elle était dans un coma diabétique. Il lui est reproché des faits d'association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie et d'exercice illégal de commerce. C’est un agent de constatation des douanes. Ndiaye a constaté que sa femme avait des problèmes etil est venu faire un engagement avec sa carte professionnelle pour donner son engagement. Raison pour laquelle je demande la relaxe», plaide Me Gaye. Le parquet général a requis l’application de la loi. Délibéré le 3 mars prochain.