DAKAR, LABORATOIRE SPORTIF À CIEL OUVERT
De l'aquagym sur les plages aux entraînements de lutte à la tombée du jour, la capitale vibre au rythme du sport populaire malgré l'urbanisation croissante. Un phénomène qui s'amplifie à l'approche des JOJ 2026

(SenePlus) - À l'approche des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026, la première compétition olympique jamais organisée sur le continent africain, Dakar confirme sa position de métropole sportive majeure en Afrique. Selon un reportage de Jeune Afrique, la capitale sénégalaise voit ses pratiques sportives se diversifier et conquérir un public toujours plus large, malgré les défis de l'urbanisation galopante.
Dans les premières heures de la journée, la plage de Ngor s'anime déjà d'une activité intense. Comme le rapporte JA, des centaines de Dakarois s'y retrouvent pour des séances d'aquagym et d'exercices physiques. Ndiambé Samb, ancien militaire et pionnier de l'aquagym dans la capitale, explique comment cette pratique s'est développée : "Lorsque j'ai ouvert l'école, il y a quinze ans, nous n'étions qu'une poignée. Aujourd'hui, nous avons entre 250 et 300 participants par jour, et deux autres clubs ont ouvert depuis."
Le succès de ces initiatives repose en grande partie sur leur accessibilité économique. Le magazine précise que les cours sont proposés à un tarif modique de "300 F CFA (0,46 euros) la séance, 10 000 F CFA l'abonnement mensuel, gratuité pour tous ceux qui ne peuvent pas payer." Cette politique tarifaire inclusive permet à une large population d'accéder à ces activités, transformant le sport en véritable pratique sociale.
L'une des caractéristiques remarquables de la culture sportive dakaroise est sa capacité à transformer chaque recoin de la ville en espace d'entraînement. Jeune Afrique observe que "les Dakarois savent investir tous les espaces de la ville. Un bout de terrain vague devient un stade de foot ; les marches du Monument de la renaissance africaine, un moyen de faire du cardio."
À la plage de la Mosquée-de-la-Divinité, dans le quartier de Ouakam, les séances collectives attirent chaque soir de nombreux jeunes. Moussa Diop, un habitué, témoigne de l'attrait de ces pratiques informelles : "C'est à côté de chez moi et c'est gratuit. On peut profiter de l'expérience des lutteurs, mais on peut arrêter l'entraînement dès qu'on le souhaite. Pas de pression !"
Cette appropriation de l'espace public par le sport s'observe partout dans la capitale. Le magazine note qu'"à la fin de la journée, la ville tout entière semble convertie en terrain de sport, ouvert aussi bien aux hommes qu'aux femmes, de plus en plus nombreuses dans l'espace public, en dépit de la privatisation accrue de ce dernier."
Au-delà des pratiques quotidiennes, Dakar s'est imposée comme un lieu d'accueil pour des compétitions internationales majeures. En 2019, la ville "a abrité pour la première fois une étape du championnat mondial de surf, le World Surf League Championship Tour." Le marathon Eiffage attire chaque année près de 10 000 participants, tandis que la traversée Dakar-Gorée représente un événement incontournable pour les nageurs.
L'attribution des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) qui se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026 marque une reconnaissance internationale de cette dynamique sportive. Ibrahima Wade, coordonnateur général de Dakar 2026, souligne que "ces infrastructures seront d'une grande utilité pour la jeunesse dakaroise et les sportifs sénégalais. Nous avons saisi l'opportunité des JOJ pour améliorer ces équipements, mais aussi d'autres infrastructures de proximité dans les villes hôtes."
La préparation des JOJ 2026 s'accompagne d'importants travaux d'infrastructure. Le reportage de Jeune Afrique mentionne la rénovation de la piscine olympique de Dakar et du stade Iba-Mar-Diop, complétant les infrastructures récentes comme "l'arène nationale de lutte à Pikine, le Palais des sports Dakar-Arena et le stade olympique Abdoulaye-Wade à Diamniadio, ainsi que le skate-park de Grand Yoff."
Cependant, les autorités municipales expriment certaines réserves quant à l'héritage olympique. Pathé Ba, deuxième adjoint à la mairie de Dakar chargé des infrastructures, regrette que "les propositions de la municipalité, par exemple un aménagement urbain sur le boulevard de la Gueule-Tapée, n'aient pas été retenues." Il déplore un manque de coordination : "Nous aurions voulu arrimer notre politique sportive à celle du Comité, pour permettre à Dakar d'avoir une part d'héritage dans les JOJ, mais nous avons constaté un blocage."
Malgré ces désaccords, la municipalité poursuit ses propres projets d'aménagement urbain favorisant la pratique sportive : un parcours sportif sur la corniche Ouest, des pistes cyclables sur plusieurs kilomètres, et la construction de 19 terrains de football synthétiques "aux normes Fifa" dans les différentes communes de la ville. Un accent particulier est mis sur la promotion de la lutte traditionnelle en milieu urbain, pour que cette pratique culturelle emblématique puisse s'épanouir dans la capitale.
À travers ces multiples initiatives, tant populaires qu'institutionnelles, Dakar s'affirme comme une véritable capitale africaine du sport, où la pratique sportive s'inscrit profondément dans le quotidien des habitants et dans l'aménagement de la ville. Les JOJ 2026 représentent une opportunité historique de consolider cette position et de laisser un héritage durable pour les générations futures de sportifs sénégalais.