FATY ET DIANTÉ SE DISPUTENT LE GRAND CADRE
REMOUS CHEZ LES SYNDICALISTES ENSEIGNANTS

Une partie des syndicats d’enseignants annonce avoir renouvellé le bureau du Grand cadre, suite aux agitations notées en leur sein. Ainsi, ils ont déchu de son poste de Coordonnateur, Mamadou Lamine Dianté du Saems-Cusems, pour le remplacer par Abdou Faty, leader du du Sels/A.
La messe a été dite hier. Le divorce est effectif entre Mamadou Lamine Dianté et le Grand cadre des syndicats d’enseignants. Le coordonnateur de cette unité d’action est déchu de sa fonction par une partie des syndicats d’enseignants.
Ceux-ci ont désigné Abdou Faty, secrétaire général du Sels/Authentique, pour le remplacer à la tête de cette structure forte de 35 organisations syndicales. Il a comme 1er vice-coordonnateur Gougna Niang, et Ibrahima Wane comme 2e vice -coordonnateur.
La division dans le Grand cadre fait suite aux remous notés ces derniers jours au sein de cette grande organisation des enseignants divisée par la question de l’indemnité de logement.
Pour porter l’exclusion de M. Dianté à l’opinion, le Grand cadre a improvisé une conférence de presse hier au siège du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) où on a remarqué l’absence du déchu et de son vice-coordonnateur, Oumar Waly Zoumarou.
«Nos camarades ont ramé à contre courant des décisions, alors que le Grand cadre fonctionne de manière systématique et concertée. Le Grand cadre reste le même, nous ne faisons qu’appliquer le code et la charte de notre organisation», a expliqué Abdoul Faty.
Avant d’ajouter : «Nous rencontrons des difficultés qui nécessitent la mise en place d’une nouvelle équipe. Nos camarades ont aliéné nos textes et ne pourront plus gérer le syndicat.»
Le Grand cadre reproche à Dianté et Zoumarou, respectivement du Saes/Cusems et du Sels/Originel, d’avoir passé outre ses décisions en refusant de lever le mot d’ordre décidé au niveau de la base, suite à l’engagement du gouvernement à régler le problème d’alignement des indemnités dans des délais fixés par les deux parties.
La question de la discorde concerne, selon le «nouveau» coordonnateur du Grand cadre, plus de 21 mille enseignants.
A la question de savoir si ce retour en classe signifie la fin des perturbations des cours pour le reste de l’année, le «nouveau» coordonnateur du Grand cadre renvoie la balle à l’Etat et affirme que sa structure a un dispositif de suivi, un agenda à gérer. «Nous veillerons à ce que cela se transforme en actes».
«Le Grand cadre n’a pas levé son mot d’ordre, mais l’a suspendu. La levée ou non de la suspension du mot d’ordre dépend du respect par le gouvernement des délais que nous avons fixés dans le procès-verbal. Car entre le mois de mai et celui de juillet, il y a des délais qui ont été fixés d’un commun accord entre les deux parties pour la réalisation des accords qui ont été signés en février 2014.
Si tous les délais sont respectés entre les mois de juin et de juillet, nous pourrons assurer au Peuple sénégalais qu’il n’y aura plus de perturbations. Mais si l’Etat pense que parce que nous avons suspendu le mot d’ordre qu’ils vont croiser les bras et ne rien faire par rapport aux délais et échéanciers, le Grand cadre va se retrouver et prendre des décisions», ont averti les enseignants.
OUMAR WALY ZOUMAROU, VICE-COORDONNATEUR «DÉCHU» DU GRAND CADRE
«Je ne reconnais pas cette assemblée irrégulière»
Le vice-coordonnateur «déchu» du Grand cadre des enseignants ne reconnaît pas le nouveau bureau de cette unité d’action des syndicats d’enseignants.
Pis, Oumar Waly Zoumarou nourrit du mépris à l’endroit de ses camarades. Pour cause, «ce sont des ambitieux, des politiciens, des encagoulés qui sont pressés de siéger à la tête du Grand cadre», note-t-il.
«Je ne reconnais pas cette plénière qui a été irrégulière, parce qu’elle ne s’est pas tenue au vrai siège du Grand cadre. L’unique Grand cadre qui existe pour moi, c’est celui dirigé par le camarade Mamadou Lamine Dianté», dit Zoumarou.
Le vice-coordonnateur «déchu» précise cependant qu’il ne va pas demander à ses camarades au niveau de sa base de suivre le mot d’ordre. Car, dit-il, un seul syndicat sur 34 ne peut pas perturber les cours.
«Mais je reste convaincu et je signe qu’on ne doit pas lever de mot d’ordre, tant que le gouvernement n’a pas satisfait cette question vitale de l’indemnité de logement des enseignants», déclare Oumar Waly Zoumarou qui dit n’avoir pas été convié à la rencontre d’hier au siège du Sels.
Dianté : «Pas de commentaire !»
Joint par téléphone, le coordonnateur déchu a préféré ne pas réagir sur son remplacement ni sur aucune autre question. «Pas de commentaire !», s’est contenté de répéter Mamadou Lamine Dianté au bout du fil.