LE PRÉSIDENT DU CNRA POUR UN FINANCEMENT ''UTILE ET EFFICACE''

Dakar, 12 mai (APS) – L’aide à la presse doit être repensée en financement utile et efficace des médias, a plaidé mardi à Dakar, le président du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA), Babacar Touré.
''L’aide à la presse est devenue une modalité dépassée, elle doit être repensée en termes de financement du secteur des médias pour être utile, efficace, pour sortir la presse de la petite misère (…)'', a dit M. Touré lors de la remise au chef de l’Etat du rapport 2014 du CNRA.
Pour Babacar Touré, le contexte du numérique oblige à ''une nouvelle lecture, à une nouvelle organisation'' du secteur médiatique.
''L’Etat, à cet égard, soit s’approprier tout son rôle pour assurer le service public, le service aux différents publics qui composent la Nation par la prise en charge totale du financement du service public de l’audiovisuel'', a-t-il ajouté.
Selon le président du CNRA, ''les contraintes du service public ne s’accommodent point de course à l’audimat'' pour capter les revenus de la publicité commerciale.
Le service public doit être libéré de ces aléas pour ''la garantie d’exécution à bonne fin de ses missions'' au service de l’Etat et de la société, a t-il relevé.
''Le secteur privé de l’audiovisuel, voire des médias, pourrait jouer pleinement son rôle, avec le renforcement de ses capacités managériales et rédactionnelles, des gains de compétitivité structurante face à un marché de la publicité délesté de la concurrence du secteur public'', a dit Babacar Touré.
Abordant le passage de l’analogie au numérique, M. Touré a plaidé pour une éducation aux médias, une formation continue afin que le passage à la société de l’information ''soit une réussite''.
Il a également plaidé pour que l’octroi et le renouvellement de la carte presse et des licences ''puissent être assortis de formations obligatoires et garanties par l’Etat''.
Babacar Touré a relevé que les contextes et les enjeux ''changent à une vitesse vertigineuse''.
Le président du CNRA a également recommandé la mise en place d’un mécanisme de mise à ''niveau constante'', afin que la presse puisse s’assurer ''un registre de culture générale performant'', une maitrise des concepts, des idées, des valeurs etc.