LE JAZZ AFRICAIN A L’HONNEUR
Mettre en avant les instrumentistes et valoriser le jazz africain : c’est l’un des objectifs de la 6ème édition du Dakar music expo (Dmx) qui se tiendra du 20 au 23 février 2025 à Dakar.

Mettre en avant les instrumentistes et valoriser le jazz africain : c’est l’un des objectifs de la 6ème édition du Dakar music expo (Dmx) qui se tiendra du 20 au 23 février 2025 à Dakar. Placé sous le thème : «L’essor du jazz africain entre racines et innovation», l’événement amène des directeurs de festival pour apprendre, découvrir et donner l’opportunité aux jeunes artistes d’exporter la musique sénégalaise et africaine à l’international..
Le salon professionnel de la musique de Dakar, le Dakar music expo (Dmx), démarre ce jeudi. Un rendez-vous professionnel de la musique africaine et internationale à l’initiative de Doudou Sarr qui a convié producteurs, chanteurs, managers, distributeurs et directeurs de festival, entre autres, pour apprendre, découvrir et donner l’opportunité aux jeunes artistes d’exporter la musique sénégalaise et africaine à l’international. Showcases, concerts, ateliers seront au cœur de cette édition qui met en lumière le jazz africain sous le thème : «L’essor du jazz africain entre racines et innovation.»
Promoteur du Dmx et expert de l’industrie musicale africaine, Doudou Sarr insiste sur l’importance d’un tel événement. «Le Dakar music expo (Dmx) est un événement structurant pour l’industrie ou l’écosystème musical. Il permet aux acteurs de la filière de se rencontrer : producteurs, chanteurs, agents, distributeurs, directeurs de festival. Et comme on parle de musique, la finalité, c’est de montrer de la musique. Et c’est ce qu’on fait à travers le Dmx», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse organisée hier à l’Institut français. A l’en croire, le Dmx joue également un rôle important dans l’exportation de la musique africaine. «Le Dmx se passe tous les ans au mois de février et on invite des délégués internationaux, des directeurs de festival, des programmateurs, des tourneurs. L’idée derrière ça, c’est de pouvoir accompagner certains de nos artistes pour exporter la musique sénégalaise et la musique africaine», précise Doudou Sarr.
Et pour cette édition, le jazz sera au centre des discussions, et pour plusieurs raisons. D’abord, un hommage aux instrumentistes, souvent éclipsés par les chanteurs. «Jazz parce qu’on veut mettre en exergue les instrumentistes. C’est aussi une manière de rendre hommage à Jimmy Mbaye, une icône de la musique sénégalaise qui nous a quittés récemment. Jimmy jouait de la guitare. Et sa guitare complétait la voix de Youssou. Et là, j’ai voulu honorer nos joueurs d’instruments, d’où le jazz», confie Doudou Sarr. Ensuite, il s’agit de redonner au jazz africain une place sur la scène internationale. «En Europe, à part l’Afrique du Sud et l’Afrique centrale, on ne parle pas beaucoup de jazz africain. Pourtant, on a de très grands musiciens de jazz au Sénégal et enAfrique francophone», regrette-t-il. Selon Doudou Sarr, cette volonté d’internationalisation du jazz africain trouve un écho à Bremen, en Allemagne, où se tient le plus grand marché jazz au monde, Jazzahead, comme le fameux titre de Miles Davis, Miles Ahead. «On a aussi réussi à Bremen, une ville en Allemagne, où se trouve le plus grand marché jazz au monde, à avoir une place et un stand pour tous les artistes qui font du jazz en Afrique. Le salon s’appelle Jazzahead, comme le fameux titre de Miles Davis, Miles Ahead. Et le directeur de ce salon fait partie des membres de la délégation qui arrive cette année. Donc, on a une délégation très riche de 60 personnes», a annoncé Doudou Sarr, manager international de Youssou Ndour.
«Le jazz peut changer le monde»
Hugues Kieffer, directeur du Marseille Jazz des cinq continents, souligne l’évidence de sa présence à Dakar. «L’Afrique est au premier plan puisque c’est dans les rythmes africains que le jazz a pu naître aussi, même si l’Afrique ne le sait pas toujours», fait-il savoir, tout en soulignant l’importance du dialogue entre les acteurs africains et européens du jazz. «Le jazz peut changer le monde. Et il est fondé sur deux choses : l’expression de soi et la capacité à jouer collectif. Cette double injonction, d’être libre et d’être attentif à l’autre, c’est le jazz. Et cette attitude, c’est une des attitudes qu’il faut pour rassembler les peuples en harmonie», explique-t-il. De son côté, Jules Guèye, trompettiste et professeur de musique, a pointé du doigt le manque de visibilité du jazz au Sénégal.
Formé au Conservatoire national des arts et métiers de Dakar, Jules Guèye estime que si le jazz africain regorge de talents, sa visibilité reste un défi. «Porter un choix sur le jazz, ce n’est pas du tout évident parce que nous avons une musique à dominante axée sur la danse. Et le jazz, c’est beaucoup plus l’écoute et la réflexion. C’est un genre discret, souvent relégué dans l’ombre, alors que nous avons d’excellents musiciens comme Habib Faye, Cheikh Tidiane Tall ou Hervé Samb, et de grandes formations de jazz comme le Xalam 2», a-t-il regretté, avant de conclure : «Le Dmx, c’est un marché pour les artistes, pour présenter leur travail, et c’est hyper important pour leur visibilité.»