LE SÉNÉGAL, CHAMPION DES PRIX À LA POMPE
La vie chère trouve une illustration frappante dans le prix de l'essence qui, à 990 FCFA le litre, est le plus élevé de toute l'Afrique de l'Ouest selon les données de la BCEAO

De nombreux Sénégalais décrient la cherté du coût de la vie dans le pays. Aucun produit n’est presque épargné y compris l’essence dont le coût est le plus élevé au Sénégal, plus que partout ailleurs en Afrique de l’ouest.
L’inflation n’épargne pratiquement aucun pays en Afrique. Ses conséquences sont plus fâcheuses si elle touche des secteurs cruciaux comme l’énergie. Et certains pays sont plus affectés que d’autres en ce qui concerne particulièrement le prix de l’essence.
Selon l’agence Ecofin, dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les prix de l’essence à la pompe varient fortement d’un pays à l’autre. Non sans indiquer, en se référant aux dernières données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), que le Sénégal détient le record du prix le plus élevé, tandis que le Niger reste le pays où l’essence coûte le moins cher.
D’après les chiffres officiels, souligne l’agence Ecofin, le Sénégal arrive en tête avec un prix de 990 FCFA le litre, bien audessus de ses voisins. Un coût qui s’explique, dit-elle, par la fiscalité sur les hydrocarbures, les coûts d’importation et la politique de subvention du pays. A en croire toujours l’agence Ecofin qui reprend les données de la BCEAO, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, l’essence se vend également à un prix élevé, autour de 875 et 850 FCFA le litre. À l’inverse, précise-t-elle, le Niger affiche un prix largement inférieur à ses voisins, avec 499 FCFA par litre. Une différence qui s’explique par la production locale de pétrole et les subventions mises en place par l’État, note-t-on.
A en croire toujours Ecofin, ces différences de prix ont un impact direct sur les populations et les économies locales. Il ajoute que dans les pays où le carburant est plus cher, les coûts de transport augmentent, ce qui pèse sur le prix des denrées alimentaires et des biens de consommation.
Il faut juste rappeler que si les prix sont aussi chers au Sénégal, c’est parce qu’en 2023, le gouvernement s’est engagé à supprimer d’ici à 2025 les subventions de l’électricité, du supercarburant et du gasoil en mettant en œuvre une stratégie comprenant plusieurs étapes. Il a ainsi enregistré une baisse de 158,5 milliards de francs de la subvention en 2023 en mettant en application sa stratégie. Ainsi, les prix du supercarburant et du gasoil ont été augmentés dans les proportions suivantes : une hausse de 100 francs sur le prix du litre de gasoil, qui est passé de 655 à 755 francs, soit le même niveau d’augmentation que le litre de supercarburant, qui passe de 890 à 990 francs CFA.
Cependant, on se demande si le gouvernement compte se limiter là dans la suppression de la subvention. Dernièrement, Amadou Moustapha Njek Sarré, ministre de la Formation professionnelle et porte-parole du gouvernement, a annoncé que l’Etat du Sénégal avait décidé de prendre des mesures fortes pour apporter des solutions à la situation sombre des finances publiques. Parmi celles-ci, il y a la suppression de l’exonération ainsi que la suppression des subventions sur l’électricité, le carburant et l’eau. Des mesures qui vont à coup sûr avoir des impacts négatifs sur le niveau de consommation des ménages. Le Sénégal qui dépensait l’équivalent de plus de 4% de son PIB en subventionnant l’électricité, certains produits pétroliers (supercarburant et gasoil) ainsi que le gaz butane, travaille à limiter les subventions énergétiques à 2% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2025. On doute fort toutefois que l’Etat du Sénégal touche encore le prix de l’essence qui est foncièrement décrié. Peut-être qu’il jettera son dévolu sur les autres produits énergétiques.
En tout cas, cette décision de limiter les subventions énergétiques représente un véritable défi au vu du contexte économique actuel et de la forte demande des populations pour un meilleur accès à l’énergie.