L’ÉLEVAGE EN QUÊTE DE PANACÉE
Alors que près de la moitié des ménages ruraux en dépendent, ce pan crucial de l'économie reste bridé par des obstacles structurels. À quelques heures de la Journée nationale de l'Élevage, les nouvelles autorités dévoilent une feuille de route ambitieuse

Le Sénégal célèbre demain, samedi 22 février 2025, la Journée nationale de l’Élevage, un sous-secteur d’une importance stratégique pour l'économie et la souveraineté alimentaire du pays. Malgré son potentiel, l'élevage reste cependant sous-exploité, bien que pratiqué par 29,5 % des ménages sénégalais, soit 476 668 foyers. Ce secteur pourrait pourtant offrir de grandes opportunités en matière de revenus, d’emplois et de renforcement de la résilience face aux crises alimentaires.
Le sous-secteur de l’Elevage joue un rôle clé pour l’économie et la souveraineté alimentaire. Cependant, les politiques de développement du cheptel n’ont jamais permis aux acteurs de surmonter les contraintes majeures telles que le manque d’investissements publics et de services de crédit, l’insuffisance des pâturages, du fourrage et des points d’eau, ainsi que la forte incidence des maladies animales. Tous ces facteurs font que le Sénégal peine toujours à atteindre l’autosuffisance en viande et en lait malgré les différentes politiques mises en place parles régimes précédents. Conscientes de ces enjeux cruciaux, les nouvelles autorités semblent déterminées à exploiter pleinement le potentiel de l’élevage par l’entremise de réformes ambitieuses. Ce sous-secteur représente en effet 28,5 % de la valeur ajoutée du secteur primaire et 4,3 % du Produit intérieur brut (PIB), justifiant ainsi la nécessité de politiques publiques adaptées.
En milieu rural, l’élevage est encore plus déterminant, avec 47 % des ménages ruraux qui en dépendent pour leurs besoins en protéines animales et leurs revenus. Ces derniers permettent notamment de couvrir les dépenses de santé et d’éducation des enfants. De plus, l’élevage soutient efficacement les systèmes agricoles mixtes, combinant production agricole et élevage.
De nouvelles mesures pour dynamiser le secteur
À l’approche de la Journée nationale de l’Élevage, le Conseil des ministres de mercredi a mis en avant des actions prioritaires. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a demandé au Premier ministre et au ministre en charge de l’Élevage d’accélérer l’actualisation du Programme national de production fourragère. Cette initiative vise à garantir une meilleure maîtrise des prix de l’alimentation du bétail et à mettre en place une stratégie efficace de lutte contre les feux de brousse.
Dans cette même dynamique, le chef de l’État a ordonné l’exécution immédiate d’un plan d’aménagement des parcours du bétail et des zones de pâturage, en particulier dans la zone sylvo-pastorale. Il a également insisté sur la nécessité d’un recensement national régulier du cheptel, afin d’optimiser les ressources et les interventions de l’État dans le secteur.
Lutte contre l’insécurité et le vol de bétail et promotion des filières avicoles et laitières
La sécurisation du bétail figure aussi parmi les priorités. Le président Bassirou Diomaye Faye a instruit le ministre des Forces armées et celui de l’Intérieur de renforcer les actions préventives contre le vol de bétail. Par ailleurs, il a demandé un recensement exhaustif des infra structures et équipements pastoraux réalisés par l’État, afin d’en optimiser l’exploitation et l’entretien.
Concernant la filière avicole, le président a exhorté les ministères concernés à favoriser la production locale de viande et de lait, en encourageant la consommation des productions animales nationales. Il a également sollicité une réforme du Fonds de Stabulation (FONSTAB), en revoyant les critères d’attribution et les dotations financières.
Vers une modernisation durable du secteur
Dans le cadre de cette vision ambitieuse, le gouvernement s’engage aussi à renforcer les ressources humaines spécialisées, tout en poursuivant les campagnes de vaccination du cheptel et les recherches sur l’amélioration des races bovines.
Toutes ces mesures, annoncées à l’occasion de la Journée nationale de l’Élevage, témoignent d’une volonté politique forte d’accompagner les acteurs du secteur. Si elles sont appliquées avec rigueur et engagement, elles pourraient permettre de relever les défis de la souveraineté alimentaire et d'assurer un avenir prospère à l'élevage sénégalais.