LES AGRO-INDUSTRIELS COMPTENT ACHETER 5 000 TONNES CETTE ANNEE AUPRES DES PRODUCTEURS LOCAUX
Le maïs est en passe de devenir une culture de rente avec une production qui connaît un véritable essor. Le maïs bénéficie d’un regain d’intérêt chez les agro-industriels sénégalais.

Le maïs est en passe de devenir une culture de rente avec une production qui connaît un véritable essor. La preuve, les agro-industriels sénégalais prévoient d’acheter 5 000 tonnes cette année auprès des producteurs locaux.
Le maïs bénéficie d’un regain d’intérêt chez les agro-industriels sénégalais. Ces derniers se sont engagés d’ailleurs à acheter 5 000 tonnes cette année auprès des producteurs locaux. A en croire l’agence Ecofin, cela a été consigné mi-février par les deux parties dans un protocole d’accord pour donner un coup de pouce à la commercialisation de la céréale. Les industriels se sont ainsi engagés à verser 225 FCFA pour chaque kg de maïs acheté auprès des producteurs contre 198 FCFA pour la même quantité importée. L’objectif affiché est de faire passer le volume d’approvisionnement local à 10 000 tonnes, d’ici 2026, prévoit l’accord. En 2023/2024, note-t-on, le rendement en maïs a enregistré une hausse en glissement annuel de 8% à 3 tonnes par hectare, soit la seconde plus forte progression dans le secteur céréalier.
Rapportant une étude de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) parue en 2021, Ecofin estime qu’il s’agit de la troisième céréale la plus consommée par tête après le riz et le mil avec 9,2 kg par an principalement dans les zones rurales du sud du Bassin arachidier et dans l’est du pays.
Du point de vue de l’offre, le maïs occupe aussi le 3e rang en volume derrière ces deux céréales avec une production de 855 000 tonnes en 2023/2024, indique l’agence d’informations spécialisée en économie qui cite le dernier Bulletin mensuel des statistiques économiques et financières publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en janvier 2025.
Si le maïs local bénéficie d’un regain d’intérêt, dit-elle, c’est parce que le gouvernement a affiché son intention de réduire les dépenses consacrées à l’achat de la céréale depuis l’Argentine et le Brésil. Non sans informer que la demande du produit a fortement augmenté avec le développement du sous-secteur avicole. “Depuis l’interdiction des importations de viande de volaille en 2005, la production commerciale de poulet de chair a explosé, entraînant un besoin croissant dans la céréale qui est la principale composante des aliments pour animaux”, lit-on dans l’article publié par Ecofin.
Il ajoute qu’avec la récolte en maïs qui demeure insuffisante, les industriels ont augmenté le recours aux importations sur la dernière décennie. Selon les données de l’ANSD compilées par l’Agence Ecofin, les achats en volume et en valeur ont plus que triplé depuis 2013, passant de 132 429 tonnes à 430 863 tonnes en 2023 et de 21,8 milliards FCFA (36,2 millions $) à 82,5 milliards FCFA.
Au Sénégal, la production d’aliments pour animaux est estimée à 300 000 tonnes chaque année selon les données du Forum for Agricultural Research in Africa (FARA) repris par Ecofin qui renseigne en définitive que le marché est aujourd’hui dominé par la Sedima, FKS Mills, NMA Sanders ainsi qu’Olam qui a achevé en mars 2024, l’acquisition pour 17 millions d’euros d’Avisen Sarl, second plus important acteur sur le marché avec son unité de production de 100 000 tonnes/an basée à Rufisque.