LE TAUX DE CHÔMAGE DES FEMMES EST TROIS FOIS PLUS ÉLEVÉ QUE CELUI DE L’HOMME
L’autonomisation des femmes reste aujourd’hui plus que jamais un véritable challenge.

En partenariat avec le Centre africain pour la transformation économique (Acet), la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l'Education (Cosydep)a présenté, hier, son rapport sur les défis auxquels sont confrontées les jeunes femmes dans l'accès à l'éducation et l'acquisition de compétences pour un emploi rémunéré. Selon l’auteure du rapport, la chercheuse Ndèye Sira Mbodji, le taux de chômage des femmes est trois fois plus élevé (24% contre 7%) que celui de l’homme.
L’autonomisation des femmes reste aujourd’hui plus que jamais un véritable challenge. C’est ce qui ressort du rapport intitulé : «Obstacles à l’emploi des femmes dans le futur monde du travail au Sénégal» commandité par la Cosydep et de l’Acet. Présentant le rapport, la chercheuse Ndèye Sira Mbodji, docteur en Sciences de gestion, révèle que la pauvreté est très féminisée au Sénégal. Elle révèle que le taux de chômage des femmes est trois fois plus élevé que celui de l’homme. «Le taux de chômage chez les femmes est de 24% contre 7% pour celui de l’homme. Et le taux d’activité des femmes est faible puisqu’il est de 18% alors que celui des hommes s’élevait à 47% en 2019 contre 58% pour les hommes parmi les individus âgés de 15 ans et plus», renseigne Dr Ndèye Sira Mbodji.
A l’en croire, cette situation est systémique dans la mesure où une proportion importante de filles n'a pas accès à l'enseignement secondaire ni ne l'achève pas. Cela est combiné à des options de garde d'enfants limitées et à des modalités de travail inappropriées. «Les femmes sont évincées du marché du travail formel et de l'emploi. Ce scénario enferme souvent les femmes dans des emplois de faible qualité et les surreprésente dans les secteurs à bas salaire et à faible productivité. L'identification de ces limitations de l'emploi plus tôt dans le cycle de vie des femmes et la proposition d'options politiques pour les atténuer seront essentielles pour débloquer des opportunités d'emploi aujourd'hui et à l'avenir», affirme la chercheuse.
En plus de ces obstacles, indique la Dr en Sciences de gestion, il y a le non accès à la terre, aux mécanismes de financement et aux facteurs de production. «Bien que 57% des femmes d'Afrique Subsaharienne ont un emploi, la plupart d'entre elles travaillent dans le secteur informel et n'ont que peu ou pas d'accès au marché du travail formel. Ce statut informel les empêche d'avoir un revenu stable et fiable. Le travail dans le secteur informel est souvent insuffisamment rémunéré, sans protection et sans réglementation. Ce qui expose les femmes à des environnements de travail plus vulnérables et dangereux ou exploitants», relève l’auteure du rapport.
Par conséquent, elle recommande le renforcement des partenariats entre le secteur privé et le secteur de l’éducation sur les demandes du marché en initiant des forums de l’emploi et de formation, et des visites de découvertes. «Nous demandons également de consolider et rendre plus accessibles les structures de soutien à l’entrepreneuriat féminin, mais surtout de mettre en place un programme national de plaidoyer pour un meilleur soutien aux jeunes employées», ajoute-t–elle.
Au-delà la mise en place d’un programme national, Dr Ndeye Sira Mbodji propose également la mise en place des systèmes de formation continue afin de renforcer et d’actualiser les compétences essentielles à leur développement professionnel. «Il faut également mettre en place des lois, des politiques contre les inégalités entre les sexes sur le lieu de travail avec un suivi et contrôle régulier», recommande l’auteure du rapport.