VIDEOLA FRANCE N'EST PLUS L'INVITÉE PRIVILÉGIÉE DE L'AFRIQUE
L'échec de la politique africaine d'Emmanuel Macron apparaît au grand jour. " C'est encore toujours cette impression de paternalisme en pensant que depuis l'Élysée vous allez pouvoir changer ce continent ", observe Antoine Glaser

"Les présidents africains ont aujourd'hui le monde entier dans leur salle d'attente", affirme Antoine Glaser sur TV5 Monde. Cette observation du spécialiste de l'Afrique résume la nouvelle dynamique qui bouleverse les relations franco-africaines, alors que le Tchad et le Sénégal viennent d'annoncer leur volonté de mettre fin à la présence militaire française sur leur territoire.
Cette diversification des partenariats militaires et stratégiques révèle les limites de l’approche française. Seiddik Abba, expert du Sahel, souligne que la France n'a pas su adapter sa politique à la transformation du continent. Le cas tchadien est particulièrement révélateur : alors que le pays accueillait la plus importante base française en Afrique et servait de point de réponse après l'éviction des forces françaises du Niger, il se tourne désormais vers d'autres partenaires comme la Turquie, les États -Unis ou les Émirats arabes unis.
L'échec de la politique africaine d'Emmanuel Macron apparaît au grand jour. "C'est un peu triste maintenant quand on pense à Macron en bras de chemise en train de monter les cartes du Sahel... C'est encore toujours cette impression de paternalisme en pensant que depuis l'Élysée vous allez pouvoir changer ce continent ", observe Antoine Glaser. La tentative de réorientation vers l'Afrique anglophone, symbolisée par le prochain sommet au Kenya, ne convainc pas les experts.
Il ne reste désormais que 900 soldats français en Côte d'Ivoire et 300 au Gabon. Cette présence, autrefois considérée comme une « assurance-vie » pour certains régimes selon Seiddik Abba, apparaît aujourd'hui comme le vestige d'une époque révolue. La France paie le prix de sa difficulté à comprendre que l'Afrique a changé et qu'une relation fondée sur la présence militaire et l'influence exclusive n'est plus viable à l'heure où les nations africaines affirment leur souveraineté et diversifient leurs alliances.