NDOFFENE DIAGNE, UNE PLUME AU SERVICE DES LANGUES NATIONALES
Grand passionné de littérature, l’enseignant à la retraite s’est illustré à travers cet ouvrage co-écrit avec Diéyi Diouf, enseignante à l’Ebad. Le sexagénaire a su, à travers ce roman bilingue écrit en français et en sérère, apporter sa pierre ...

Co-auteur du livre intitulé « Pantan né » (Le miroir, selon sa définition), Ndoffène Diagne est une bonne nouvelle pour la culture et la promotion des langues nationales. Grand passionné de littérature, l’enseignant à la retraite s’est illustré à travers cet ouvrage co-écrit avec Diéyi Diouf, enseignante à l’Ebad. Le sexagénaire a su, à travers ce roman bilingue écrit en français et en sérère, apporter sa pierre à l’édifice du patrimoine linguistique de notre pays.
De tout le temps, la nature a été une source d’inspiration pour les écrivains et penseurs. Ndoffène Diagne semble emboîter le pas à ces grands hommes de la plume. À Saagne, son village natal, situé dans la commune de Niakhar (Fatick), le co-auteur du livre « Pantan né », ou Le miroir, a élu domicile au milieu des champs et des arbres. Très loin du quotidien bruyant des cités urbaines.
Sa modeste maison, parée d’arbres, est encerclée de palissades. Dans la cour, deux manguiers s’entrelacent et dégagent une fraîcheur agréable. Cet espace ombrageux fait office de salon naturel, si l’on s’en tient aux explications de M. Diagne qui a co-écrit le livre avec Diéyi Diouf, enseignante-chercheure en Sciences de l’information à l’École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).
Comme il aime le faire savoir à ses invités, d’un air tout souriant, « c’est ici mon salon ». Une preuve tangible de son attachement à la nature. Et c’est le même amour que l’enseignant à la retraite porte sur la littérature. La production du livre « Pantan né » le confirme à suffisance. Un roman bilingue écrit en français et en sérère, sa langue natale.
À travers cette oeuvre littéraire, l’écrivain, qui a passé trente-deux ans dans l’enseignement privé, a su vivre sa passion et valoriser les langues nationales. Ce, en dépit des maigres moyens. À la retraite depuis bientôt une dizaine d’années, l’enseignant continue tout de même l’aventure avec la plume. Aux pieds des deux manguiers enlacés, Ndoffène Diagne consulte d’anciens documents gardés dans un vieux sac plus ou moins abîmé. Il cherche des notes prises il y a plus de trente ans. D’un coup, il découvre des phrases répertoriées en 1987, lors d’une séance de lecture. « J’aimais la lecture et j’ai lu pas mal de livres. Ces phrases-là, je les avais notées en 1987 pendant que je lisais un livre », fait-il savoir. Ainsi, ses nombreuses lectures l’ont beaucoup inspiré dans sa production littéraire.
Une passion de longue date
De nature, très discret, M. Diagne, dont le physique défie encore le temps, malgré son âge avancé, a très tôt épousé l’écriture. C’est pourquoi la publication de son livre « Pantan né » n’est pas une surprise aux yeux de certains de ses proches. C’est le cas de Cheikh Faye, par exemple. Un ami qui le fréquente depuis l’école primaire. Ils ont partagé les bancs du Cours d’initiation (CI) au Cours moyen deuxième année (CM2). D’après lui, son ami a toujours été bon. L’écriture de ce livre n’est qu’une confirmation de son talent et de son don. « Nous avons fait l’école primaire ensemble. Mais franchement, Ndoffène était un très bon élève. La sortie de son livre m’a agréablement surpris », note Cheikh Faye.
En effet, « Pantan né » dont la rédaction a commencé en 2019 est, selon le co-auteur, une sorte de miroir qui reflète la culture sérère. « Ce livre est une promotion de notre langue et donc des langues nationales. Mais surtout la culture de notre ethnie. C’est un miroir pour ceux qui veulent se reconnaître à notre langue. Je souhaite vraiment qu’il soit enseigné dans nos écoles pour montrer la richesse de nos cultures », explique Ndoffène Diagne. Les qualités humaines qui animent le fils de Saagne font de lui un homme apprécié à sa juste valeur. En plus de son intelligence et de son attachement à l’éducation, l’homme est d’un commerce facile. Une petite moustache blanche est visible. Presque chaque phrase se fait suivre d’un sourire aux lèvres. Une humilité qui se répercute dans son roman de 198 pages, oeuvre littéraire écrite avec art et simplicité.
La passion de Ndoffène Diagne pour l’écriture a commencé depuis l’école élémentaire. « Je commençais déjà à écrire des lettres en 1972 au Cours élémentaire deuxième année (Ce2). À cette époque, il y avait un vieux pour qui j’en écrivais beaucoup », se rappelle-t-il. Ces souvenirs de Ndoffène montrent la passion de la plume qui la suit depuis son jeune âge. Très tôt, engagé dans la lecture, il a compris qu’il faut beaucoup lire pour être un bon écrivain. Cette conviction a poussé l’ancien enseignant à aimer des oeuvres littéraires mythiques comme « Les Misérables » de Victor Hugo, « Les Fleurs du mal » de Charles Baudelaire…Sans compter les hebdomadaires tels que « Jeune Afrique », « Afrique nouvelle », etc. Bien qu’il soit quelqu’un de sympa, Ndoffène a aussi ses principes et n’hésite pas à faire preuve de fermeté très souvent. Comme le témoigne Ndiougue Faye, une cousine qui l’a fréquenté. À en croire la dame, M. Diagne a le sens de l’écoute et de la concertation. Mais surtout, il est animé d’une passion sans faille pour tout ce qu’il fait. « Nous sommes des parents. Je le connais assez bien. Il a eu à encadrer mes enfants à la maison malgré son âge. Ce qui prouve son amour pour l’enseignement. C’est un homme de principe respectueux, mais respectable à la fois », témoigne Mme Faye.
Sur le visage de l’écrivain, se lit la nostalgie du passé. Toutefois, son livre constitue, en quelque sorte, un moyen de reprendre contact avec l’enseignement et avec le monde littéraire. D’ailleurs, Ndoffène a d’autres manuscrits avec lui. Mais, à cause du manque de moyens, il peine à les éditer. Ses proches demandent à l’État de l’accompagner pour le développement de nos langues nationales.