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3 avril 2025
LA KORITÉ CÉLÉBRÉE CE DIMANCHE
La Coordination des musulmans du Sénégal a annoncé que l'Eid el fitr sera célébré ce dimanche 30 mars 2025, suite à l'observation du croissant lunaire dans plusieurs localités du pays
Des musulmans sénégalais vont célébrer, dimanche, l’Eid el fitr ou korité, la fête marquant la fin du ramadan à l’appel de la coordination des musulmans du Sénégal pour l’observation du croissant lunaire.
Dans un communiqué dont l’APS a eu connaissance, la CMS signale qu’elle s’est réunie ce samedi 29 mars 2025 correspondant au 29 Ramadan 1446 H pour scruter la lune.
‘’Après avoir recueilli les informations en provenance de ses correspondants nationaux et internationaux, la commission vous informe que la lune a été aperçue au Sénégal à Agnam Ouro Ciré (Matam), à Ngane (Kaolack), à Aïdara (Toubacouta), Ndiawagne Ndiaye (Kėbémer)’’, annonce t-elle.
Dans le monde, le croissant a été aperçu en Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée, au Cameroun, en Ethiopie, au Tchad, en Arabie Saoudite, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis…, ajoute la Coordination.
Par conséquent, indique t-elle, le dimanche 30 mars 2025 sera le 1er du mois lunaire ”Chawwal”, 1446 Н, correspondant à l’Eid de fitr.
Dans le monde, la célébration de l’Eid el fitr est prévue, dimanche, en France, en Arabie Saoudite, au Mali, aux Emirats Arabes Unis, entre autres.
Dans d’autres pays, l’Eid sera célébrée, lundi.
DES DEMANDEURS D'ASILE AUX ETATS-UNIS, PIÉGÉS AU PANAMA
Des camps dans la jungle aux abris précaires de Panama City, CNN a suivi le parcours de ces migrants pris au piège d'un imbroglio diplomatique. Expulsés des USA sans documentation selon leurs avocats, leur avenir s'écrit désormais dans l'incertitude
(SenePlus) - Selon un reportage de CNN, des dizaines de migrants se retrouvent dans une situation de limbes administratifs au Panama après avoir été expulsés des États-Unis sans possibilité de retourner dans leurs pays d'origine où ils craignent pour leur vie.
D'après l'enquête du média américain, cette situation découle directement du "plan d'expulsion massive de l'administration Trump", qui a exercé des pressions sur des pays d'Amérique latine comme le Panama pour qu'ils acceptent ces migrants. Les personnes concernées viennent notamment du Cameroun, d'Afghanistan, de Russie, de Chine et d'Éthiopie.
Une femme identifiée sous le pseudonyme d'Ambo, originaire du Cameroun, témoigne avoir quitté son pays "en raison de problèmes politiques". Elle explique à CNN : "C'est soit je serai condamnée, soit je passerai le reste de ma vie en prison." Comme beaucoup d'autres, elle est arrivée à la frontière américano-mexicaine le 23 janvier, espérant pouvoir demander l'asile.
La chaîne américaine rapporte comment ces migrants ont été embarqués dans un avion par les autorités américaines, pensant être transférés vers un autre centre d'immigration aux États-Unis. Ce n'est qu'à l'atterrissage qu'ils ont découvert leur destination réelle.
"Nous leur demandions pourquoi ils nous amenaient au Panama. Pourquoi sommes-nous au Panama ?", raconte Ambo à CNN, évoquant la confusion et le désarroi des personnes déportées.
Selon les informations recueillies par CNN, à leur arrivée, les migrants ont d'abord été conduits dans un hôtel de Panama City sous haute surveillance, avec un accès très limité aux communications extérieures. Ambo espérait encore qu'une solution soit trouvée : "Peut-être que l'immigration des États-Unis est venue au Panama pour écouter nos histoires, pourquoi nous sommes allés là-bas", avant de voir son "optimisme anéanti".
Plus tard, comme le précise le reportage, plus d'une centaine de ces migrants ont été transférés dans un camp isolé dans la jungle, loin des ressources de la capitale. Artemis Hazm Sada, une Iranienne qui a fui son pays après avoir changé de religion, décrit des conditions de vie déplorables : "La nourriture était vraiment dégoûtante. Les toilettes étaient très sales, sans intimité, sans porte. L'eau, même quand vous prenez une douche, provoque des démangeaisons."
Les avocats défendant ces migrants affirment que leurs droits ont été violés à chaque étape du processus. CNN rapporte leur position : "Quand ils sont arrivés en Amérique, et quand ils sont arrivés au Panama, ils n'ont jamais été autorisés à parler à un officiel qui voulait qu'un avocat entende leur histoire et leur situation. Et donc, même s'ils prétendent tous être des demandeurs d'asile, ils n'ont jamais eu le droit d'être entendus."
Début mars, le gouvernement panaméen a libéré les migrants du camp de la jungle, mais leur a délivré des permis temporaires pour trouver un autre endroit où aller, sous peine d'expulsion du Panama. Selon CNN, ces permis de 30 jours, qui expirent début avril, sont prolongeables jusqu'à 90 jours.
"Je ne pense pas pouvoir rester au Panama, mais maintenant la question est : où vais-je aller ?", confie Ambo, exprimant l'incertitude qui plane sur son avenir et celui des autres migrants.
Interrogé sur le sort de ces personnes après l'expiration des 90 jours, un responsable du ministère panaméen de la Sécurité n'a pas catégoriquement exclu des retours forcés, indiquant que "chaque cas sera examiné individuellement", rapporte CNN.
Le média américain précise avoir contacté le Service des douanes et de la protection des frontières américain (CBP) et l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) concernant ces vols d'expulsion. Selon CNN, le CBP a affirmé que "ces migrants ont été légalement traités et expulsés, et ont reçu la documentation appropriée dans une langue qu'ils comprennent". Cependant, les avocats des migrants au Panama "nient que les migrants aient reçu une quelconque documentation", souligne le reportage.
Pour ces personnes comme Salam, une Éthiopienne qui a confié à CNN ne plus avoir de famille dans son pays car "ils sont déjà morts", ou Artemis qui risque "une longue peine de prison, ou à la fin, la mort" en Iran pour avoir changé de religion, le retour dans leur pays d'origine équivaut à une condamnation à mort.
L'ARÈNE RETROUVE SES GARDIENS
Les combats bénéficieront à nouveau d'une couverture sécuritaire officielle dès le 1er avril. Le ministère de l'Intérieur met ainsi fin à une mesure exceptionnelle instaurée mi-février suite à des débordements
(SenePlus) - Selon un communiqué de presse officiel émis par la Direction Générale de la Police Nationale le 27 mars 2025, la suspension de la couverture sécuritaire des combats de lutte traditionnelle sera levée à compter du 1er avril 2025.
Cette décision intervient après une série de concertations entre les acteurs du monde de la lutte, le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, et le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique. Ces discussions ont abouti à un accord sur tous les points soulevés, avec des engagements fermes pris par les parties concernées quant au respect des recommandations établies.
La suspension avait été instaurée le 18 février 2025 par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique suite à des "manquements et événements regrettables" survenus lors d'un combat entre les lutteurs Franc et Ama Baldé. Cette mesure s'appliquait à l'ensemble du territoire national.
Le ministère de l'Intérieur invite désormais tous les acteurs concernés à respecter strictement les engagements pris lors des discussions.
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LA NATION REND HOMMAGE À ME KHOUREYCHI BA
La communauté judiciaire, politique et religieuse s'est rassemblée samedi à l'hôpital Principal de Dakar pour honorer la mémoire de l'avocat décédé le 26 mars à Istanbul. Il a marqué l'histoire judiciaire du pays par son engagement indéfectible
Autorités politiques, judiciaires, religieuses, confrères, parents et amis ont pris part, samedi, à l’hôpital Principal de Dakar, à la cérémonie de levée du corps de Me Khoureychi Ba, saluant un avocat d’une ‘’grande dignité’’, qui défendait ‘’la veuve éplorée’’, ‘’l’orphelin esseulé’’ et des ‘’clients plus célèbres’’.
Me Cheikh Khoureychi Ba, figure emblématique du Barreau sénégalais, est décédé, mercredi 26 mars, à Istanbul, en Turquie, des suites d’une maladie, à l’âge de 69 ans.
Il a fait partie du pool des avocats de Pastef, alors dans l’opposition, et qui luttait contre des affaires juridico-politiques ayant donné lieu à de graves crises au Sénégal entre 2021 et 2024. Avec ses confrères Bamba Cissé et Ciré Clédor Ly, il faisait partie des ‘’avocats du peuple PASTEF’’, qualificatif donné par les militants du parti fondé par l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Mes Ciré Clédor Ly, Said Larifou (Comores), Juan Branco (France) étaient présents à la cérémonie de levée du corps aux côtés d’autres membres de la famille judiciaire.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a rendu hommage à un homme d’une ‘’grande dignité’’, qui était au service de son prochain. Il rappelé la présence de Me Ba aux côtés des militants de son parti Pastef. Selon lui, Me Khoureychi Ba faisait partie de ceux qui ‘’sont toujours présents pour tout le monde’’.
Au nom du président de la République, il a présenté les condoléances du gouvernement et de la nation à la famille du défunt.
L’avocat Me Ousseynou Fall a relevé que son confrère était un avocat d’une ‘’’grande dignité’’, qui incarnait ‘’la compétence, le courage et la culture’’.
Me Cheikh Khoureychi Ba, selon lui, incarnait ‘’l’avocat au vrai sens du mot’’, celui qui ‘’est appelé au secours et ne demande rien en retour’’. Il avait toutes les qualités requises chez un avocat, ‘’la dignité, la probité, l’honneur, le courage et l’humilité’’, a-t-il dit.
Selon le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Cheikh Khoureychi Ba, ‘’c’est plusieurs vies menées au travers de combats multiformes dans sa quête de vérité et de justice’’.
”Il est bien réducteur de ramener la dimension exceptionnelle de l’homme à l’aune d’un de ses clients les plus célèbres. Toute ton œuvre, ton sacerdoce t’ont conduit à fréquenter la veuve éplorée, l’orphelin esseulé, l’étranger en errance et angoissé, les caves surpeuplées pour répondre à l’appel de la justice’’, a-t-il déclaré dans son éloge funèbre.
Cette cérémonie de levée du corps était ‘’un moment émouvant, d’une très grande tristesse’’, selon Me Ciré Clédor Ly, soulignant que le nombre de personnes présentes ‘’témoigne de la dimension de l’homme’’.
Me Cheikh Khoureychi Ba était ‘’un homme d’une grande spiritualité’’, ‘’un avocat qui excellait dans son art, la plaidoirie à l’écrit comme à l’oral’’, a dit son confrère.
Me Ciré Clédor Ly a rappelé que Me Cheikh Khoureychi Ba ‘’a mené des combats très jeune’’ pour la défense des libertés et de la démocratie au Sénégal, soulignant qu’’’il n’y a jamais eu de changement ou d’alternance sans qu’il y ait l’empreinte de Khoureychi Ba’’.
‘’C’était une personne inconnue de ce pays (…). Cet homme avait aussi une dimension internationale’’, a-t-il dit, rappelant qu’il a défendu des hommes et des femmes en Afrique et même en Europe. Selon lui, ‘’peu de personnes savaient qu’il était malade, mais il a tenu jusqu’au bout’’.
ZAKAT AL-FITR OU « MOUROUM KOOR», UNE AUMÔNE QUI PURIFIE LE JEÛNE
Ce pilier islamique obligatoire, également connu sous le nom de "Mouroum Koor", doit être versé par chaque musulman à la fin du mois de Ramadan afin de purifier le jeûne des imperfections commises et d'aider les plus démunis à célébrer dignement l'Aïd
Le jeûneur doit s’acquitter, obligatoirement, de la Zakat al-Fitr comme cela est enseigné par l’Islam. Sens et portée d’un pilier. Explications.
En Islam, la Zakât al-Fitr, également connue sous le nom de Sadaqat al-Fitr (Charité de la fin du Ramadan) est une obligation islamique essentielle qui se déroule à la fin du mois de Ramadan. Elle sert de purification pour ceux qui ont jeûné, en expiant les manquements mineurs commis, et elle offre également un soutien aux pauvres et nécessiteux pour qu’ils puissent célébrer l’Aïd al-Fitr. Le 4e pilier de l’Islam parle de la zakat.
Dans le livre « Minhaj al-Mouslim (La Voie du Musulman » à la page 217, il est écrit que la Zakât al-Fitr est une obligation pour tous musulmans. Au verset 103 de la sourate Tawba,
il est dit: « Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux ».
La sourate Baqara (La Vache) nous rappelle, au verset 267, ce qui suit: « Ô les croyants! Dépensez de meilleures choses que vous avez gagnées (…) ».
En effet, la quantité requise pour la Zakat al-Fitr est d’un Sa’ de la nourriture de base du pays, telle que le blé, l’orge, les dattes ou les raisins secs, et un Sa’ est estimé à environ 3 kg. Selon l’école de pensée de l’Imam Malik, de l’Imam Shafi’i et de l’Imam Ahmad ibn Hanbal, il n’est pas permis de payer la Zakat al-Fitr en espèces tandis que l’Imam Al-Hassan al-Basrî, Omar ibn Abdul Aziz, Sufyan al-Thawri, l’Imam Abu Hanifa et leurs disciples considèrent qu’il est permis de la payer en espèces.
D’après Ibn ‘Abbas : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a imposé l’aumône de la rupture du jeûne, car elle purifie le jeûneur des paroles futiles et indécentes, de même qu’elle est une nourriture pour les pauvres. Celui qui l’accomplit avant la prière, elle sera une Zakât acceptée, quant à celui qui la donne après la prière, elle ne sera qu’une aumône parmi les aumônes ».
Dans une version, Ibn ‘Omar rapporta ceci: Le Messager ordonna de verser la Zakat Al-Fitr qui représente un Sâ’a de dattes ou d’orge. (Boukhari et Mouslim). Cela montre la prescription de la Zakat Al-Fitr et son obligation, du fait de cet ordre. C’est pourquoi Al-Boukhari a consacré dans son recueil authentique de Hadiths un Chapitre sur l’obligation de la Zakat Al-Fitr. Abou Al-‘Aaliya, ‘Atâ’ et Ibn Sirîne sont d’avis que la Zakat Al-Fitr est une obligation.
Les oulémas sont unanimes sur l’obligation de la Zakat Al-Fitr du mois de Ramadan. Ibn Al-Mondhir et d’autres rapportèrent le consensus des oulémas à ce sujet.
Par Bachir FOFANA
SONKO A GAGNÉ, LE SÉNÉGAL A PERDU
Les entreprises ferment et le pouvoir d’achat des ménages a littéralement fondu. Ce qui est paradoxal par contre, c’est de vouloir s’approprier les réalisations du pouvoir sortant tout en vouant aux gémonies les ex-dirigeants
Une bonne nouvelle pour les Sénégalais qui ressentent durement la difficile conjoncture économique. Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du commerce, a présidé, ce jeudi 26 mars 2025, une réunion du Conseil national de la consommation, où il a annoncé une nouvelle baisse de 60 francs Cfa du prix du riz ordinaire. Au détail, le kilogramme passe de 410 à 350 F Cfa. La mesure sera officiellement entérinée par le président de la République, le 3 avril 2025. Il faut déjà dire que le cours mondial du riz a emprunté une courbe descendante depuis janvier 2024. De 660 dollars, le prix du riz est à 478 dollars la tonne au mois de février 2025, soit une diminution de 110 000 francs par tonne. C’est dire que cette baisse, qui est à saluer, ne saurait être mise au crédit des efforts de l’Etat en termes de subventions ou de renonciation à des taxes.
Cette bonne nouvelle arrive dans un contexte de polémique persistante suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur l’état des finances publiques de 2019 à 2023. En effet, la mission du Fmi, qui était très attendue, est restée dans le diplomatiquement correct. Ceux qui attendaient, dans le communiqué final, les termes «validation», «confirmation» ou même leurs synonymes, ont vite déchanté, car le Ptf s’est juste contenté de «constater», de «revoir» ou de «corriger» les «graves lacunes dans le contrôle budgétaire et la reddition des comptes, soulignant l’urgence de mettre en œuvre des réformes structurelles. La mission (du Fmi) a cherché à mieux cerner l’ampleur des écarts et les insuffisances juridiques, institutionnelles et procédurales qui les ont rendus possibles. Les discussions ont également porté sur l’identification de mesures correctrices pour améliorer la transparence budgétaire, renforcer le contrôle des finances publiques et la récurrence de telles pratiques». Tout au plus, le Fmi s’attend à «des réformes audacieuses et crédibles» pour un «retour rapide à l’objectif de déficit budgétaire fixé par l’Uemoa», mais surtout «placer la dette publique sur une trajectoire durablement décroissante». Et dans ce sens, des «mesures prioritaires (qui) incluent la rationalisation des exonérations fiscales et la suppression progressive des subventions énergétiques coûteuses et non ciblées» sont attendues, pour ne pas dire exigées.
«Dites-nous comment vous avez fait pour nous berner»
Et devant la demande des nouvelles autorités pour un nouveau programme appuyé par le Fmi, celui-ci se dit être «prêt à accompagner le Sénégal» à condition de tirer «les enseignements de l’audit (de la Cour des comptes) (...) Les discussions sur un éventuel nouveau programme débuteront dès que des mesures correctrices auront été engagées pour remédier aux déclarations erronées, et peu après l’examen du dossier par le Conseil d’administration du Fmi». En langage moins diplomatique, le Fmi dit aux autorités : «Si vous dites que les comptes sont maquillés, dites-nous comment vous avez fait pour nous berner. Et apportez les corrections sur vos supposées falsifications avant toute nouvelle collaboration selon nos conditions, c’est-à-dire la rationalisation des exonérations fiscales et la suppression progressive des subventions énergétiques coûteuses et non ciblées.» Donc le Fmi a indirectement rejeté les accusations de falsification de la dette et du déficit par Ousmane Sonko. Est-ce la raison pour laquelle Edward Gamayel et ses collègues ont été reçus par les plus hautes autorités, sauf le Premier ministre ? En tout cas, le communiqué du Fmi ne l’a pas cité parmi ceux qui ont eu des échanges avec son équipe. «Au cours de sa visite, l’équipe a rencontré Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, président de la République, M. Ousmane Diagne, ministre de la Justice, M. Abdourahmane Sarr, ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, M. Cheikh Diba, ministre des Finances et du budget, ainsi que plusieurs hauts responsables de l’Administration. L’équipe a également eu des échanges fructueux avec des représentants des syndicats, de la Société civile et des partenaires au développement.» C’était bien l’une des très rares fois depuis l’histoire de la coopération avec les institutions de Bretton Woods, que le chef du gouvernement n’a pas daigné recevoir une mission du Fonds, surtout dans un contexte aussi sensible !
La réputation ternie du Sénégal
Et suite à la mission du Fmi, Jeune Afrique informe que les eurobonds sénégalais échéant en 2048 ont enregistré une décote de 35% à la Bourse de Londres, avec des taux d’intérêt grimpant à près de 15%, un record historique pour le pays. Un taux presque usurier qui témoigne que le Sénégal poursuit inexorablement sa descente aux enfers dans les méandres de la finance internationale.
C’est vraiment dommage pour le Sénégal. Pourtant, ce pouvoir a hérité d’une situation extraordinairement favorable, marquée par une alternance démocratique largement saluée à l’échelle internationale. Il disposait ainsi d’un capital diplomatique exceptionnel qu’il aurait pu exploiter intelligemment pour «vendre» une nouvelle image du pays, renforcer sa visibilité sur la scène internationale et attirer davantage d’investissements et de partenariats stratégiques. Malheureusement, Pastef n’a pas su capitaliser sur ces atouts comparatifs pour impulser une dynamique positive à leur gouvernance. Ce manque de vision stratégique à l’international est d’autant plus regrettable que le contexte était propice à un repositionnement ambitieux du Sénégal dans le concert des nations.
En lieu et place de cela, ce pouvoir a préféré se lancer dans une entreprise de dénigrement du pouvoir sortant, qui a eu comme conséquence la réputation ternie du Sénégal. L’on a sorti cette histoire de «dette cachée» reprise par les médias internationaux (Rfi et France 24) qui ne se sont pas posé les questions essentielles : comment a-t-on pu cacher 7 milliards de dollars, soit près de 5 mille milliards de francs Cfa dont les créanciers existent ? Dont le remboursement est effectif ? Et dont les montants sont traçables dans des comptes à la disposition de tous les corps de contrôle ? Qui dit dette, dit débiteur et créancier. Donc qui sont ces créaciers qui ont bien voulu se cacher ?
Une dette «cachée» de 5000 milliards est en réalité bien traçable
En septembre dernier, dans notre chronique «Sonko n’aime pas le Sénégal», nous disions : «Ce gouvernement, à commencer par son chef, se doit d’être plus sérieux. Il ne faut pas mettre la politique politicienne trop en avant, au risque de nuire à la crédibilité du Sénégal, avec des répercussions immédiates sur la notation du pays et sur les taux d’intérêt.» Le temps semble nous donner raison car cette polémique montre que le 26 septembre 2024, quand Ousmane Sonko faisait face à la presse pour accuser le pouvoir sortant d’avoir menti sur les chiffres, il mettait sciemment en danger la souveraineté nationale, de par ses accusations sans fondements qui ont eu le don de ruiner la signature, le crédit et le prestige du Sénégal.
Le Fmi sait très bien que la dette supposée «cachée», qui s’élève à environ 5000 milliards, est en réalité bien traçable dans les livres du secteur parapublic, comme la Sar, Petrosen, le Port autonome de Dakar, à l’Aibd, à Air Sénégal ou à la Senelec, entre autres… Elle s’appelle la dette du secteur parapublic ou «quasi-dette de l’Etat» qui n’a servi que de garantie. D’ailleurs, cette dette n’est pas traçable au Trésor. Mais l’organisme semble profiter du jeu du Premier ministre pour mettre enfin la pression sur le régime et imposer son agenda avec ses conditions draconiennes. Le Sénégal se retrouve désormais à la merci du Fmi, avec des conséquences sociales graves pour les populations. Avec l’abaissement de la note souveraine, la suppression annoncée des subventions et l’ajustement structurel qui se profile à l’horizon, le Sénégal se retrouve dos au mur. Sa crédibilité et sa signature en prennent un sacré coup. Dénigrer Macky Sall et son régime en valait-il la peine ? «Moi, je ne suis pas sûr que les Chinois, les Américains, les Français, les Arabes, les Japonais ou les Russes dévoilent les vrais chiffres de leur économie. Ni qu’Orange ou Microsoft publient leurs chiffres réels. Comment un Premier ministre ou un chef d’Etat peut-il flinguer la crédibilité de son propre pays sur la scène internationale juste pour régler des comptes politiques ? On s’est tiré une balle dans le pied ! Je ne comprends pas. Partout dans le monde, les dirigeants se battent pour rendre leur pays attractif. Si le Premier ministre avait dit : «on revient à l’orthodoxie financière», personne n’aurait été contre, mais il faut des actes concrets derrière. Or, qu’a-t-on fait ? Flinguer notre économie pour mettre Macky Sall et ses proches en prison, c’est léger comme motif. Quand tu discrédites la parole publique et l’Administration, tu te sabordes toi-même», dira Fadel Barro dans une interview à Seneweb. Ou veut-on masquer son incompétence et son immobilisme en cherchant des prétextes avec ce rapport ?
Les deux objectifs ratés de Sonko
Ousmane Sonko, en annonçant des comptes falsifiés, avait deux objectifs : dans le court terme, salir le régime de Macky Sall pour des gains électoraux, et ensuite, sur le long terme, s’attirer les bonnes grâces du Fmi là où l’ancien régime croisait le fer avec l’organisme pour maintenir les subventions. Echec et mat ! Le Sénégal continue d’emprunter à des taux très élevés et sur des délais très courts. Ce 25 mars, nous avons encore emprunté 250 milliards sur le marché de l’Uemoa. Pire, à l’issue de sa mission, le Fmi n’a pas lâché du lest et continue de geler sa coopération avec le Sénégal, sous réserve que le gouvernement prouve qu’il y a bien eu manipulation et maquillage, et qu’il signe le mémorandum officiel de l’arrêt des subventions. Et une Loi de finances rectificative se profile pour mieux serrer la vis sur les dépenses sociales. Le Sénégal sera obligé de supprimer les subventions et voir les prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane et des denrées de première nécessité monter en flèche.
Des temps difficiles s’annoncent pour ce pays. Ousmane Sonko est tombé dans le piège par inexpérience et par volonté de nuire coûte que coûte à l’ancien régime, même s’il devait passer par abaisser la note souveraine du pays et fragiliser sa signature. Il a en partie réussi, car après un an de gouvernance du duo Diomaye-Sonko, pas un seul projet d’envergure n’a été lancé.
Les entreprises ferment et le pouvoir d’achat des ménages a littéralement fondu. Ce qui est paradoxal par contre, c’est de vouloir s’approprier les réalisations du pouvoir sortant tout en vouant aux gémonies les ex-dirigeants. L’horloge, elle, continue de tourner, et dans trois ans, ce pouvoir fera face au Peuple, seul juge de ses actions. Sonko sourit certainement des «ruines» qu’il a causées, et le Sénégal pleure. Sonko n’est vraiment pas le pendant africain de Mahatir Mohamed.
PAR CHEIKH TIDIANE MBAYE
LES MOTS QUI BLESSENT, QUAND LA PRESSION SOCIALE FRAGILISE LES INDIVIDUS
"Pourquoi tu n'es pas encore marié ?, Pourquoi n'as tu pas encore d'enfant ? Pourquoi es tu toujours au chômage ? - autant de questions qui traduisent une pression sociale parfois insoutenable.
Introduction : des paroles en apparence anodines, mais profondément blessantes
Dans notre société sénégalaise, certaines questions ou remarques sont souvent posées sans mauvaise intention, mais elles peuvent être une source de souffrance pour ceux qui les reçoivent : "Pourquoi tu n'es pas encore marié ?, Pourquoi n'as tu pas encore d'enfant ? Pourquoi es tu toujours au chômage ? - autant de questions qui traduisent une pression sociale parfois insoutenable.
Ces paroles, répétées à longueur de journée, s'inscrivent dans une dynamique où l'individu est constamment évalué par la société. Ce phénomène est renforcé par des facteurs culturels, économiques et psychologiques qui méritent une analyse approfondie.
1. Les normes sociales et la pression du regard des autres
- la métaphore théâtrale de Goffman : jouer un rôle sous le regard des autres
Le sociologue Erving Goffman compare la vie sociale à une scène de théâtre où chaque individu joue un rôle en fonction des attentes de la société.
Au Sénégal, ces rôles sont souvent prédéfinis : se marier, avoir des enfants, obtenir un emploi stable. Toute deviation de ce script est perçue comme une mauvaise performance, entraînant des jugements sociaux et des remarques intrusives.
. La théorie de la déviance de Becker : être étiqueté par la société
Selon Howard Becker, la déviance n'est pas une caractéristique intrinsèque d'un individu, mais résulte d'un étiquetage social. Ainsi, une personne célibataire ou sans enfants au-delà d'un certain âge peut être considéré comme "anormale" ou malchanceuse, renforçant la stigmatisation et la pression sociale.
. Les blessures invisibles : quand les mots deviennent des coups
. Le cas de Matar Diagne : un drame causé par la pression sociale.
Matar Diagne, étudiant à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis ( UGB ), s'est suicidé récemment après avoir été victime de jugements négatifs sur sa maladie et son comportement solitaire.
Avant son geste tragique, il a laissé un texte posthume dénonçant cette attitude hypercorrective qui pousse de nombreuses personnes à se conformer sous la pression du regard social, parfois au détriment de leur bien-être mental. Son cas illustre le poids des attentes sociales et la difficulté qu'ont certaines personnes à trouver leur place dans une société où la différence est souvent mal perçue.
. La vidéo de Fatel : un témoignage sur la pression autour de la parentalité
Fatel, épouse du célèbre rappeur Ngaka Blinde, a récemment partagé une vidéo dans laquelle elle évoque les remarques incessantes du public sur leur absence d'enfant après plusieurs années de mariage. Malgré la naissance récente de leur enfant, le couple a dû faire face à des jugements intrusifs et blessants, révélant ainsi une réalité que vivent de nombreux couples au Sénégal.
Cette situation montre à quel point la parentalité est perçue comme une obligation sociale et non comme un choix personnel, ce qui renforce la pression exercée sur les individus.
. "Les top cas" et le tribunal médiatique
Dans la culture numérique actuelle, des figures comme Adomo et d'autres influenceurs ont transformé les lives "top cas" en tribunal médiatique où la vie privée des gens est exposée et jugée en direct. Ces émissions amplifient la stigmatisation et participent à la construction d'un climat de surveillance sociale, où tout écart par rapport aux normes est scruté et commenté publiquement.
3. La dimension économique et culturelle : pauvreté, oisiveté et pression sociale
. La pauvreté, un terrain fertile pour les tensions sociales
Le manque de ressources économiques ne se limite pas à la précarité matérielle, il engendre aussi des tensions sociales et psychologiques. Jalousie, haine, calomnie, jugements des autres, méchanceté, rancune... sont autant de comportements qui peuvent être exacerbés par la frustration liée à la pauvreté. Dans un contexte où les opportunités sont limitées, certains reportent leur mal-être sur leur entourage, en critiquant ceux qui semblent réussir ou qui s'écartent des normes établies.
. L'oisiveté et l'obsession de la vie des autres
L'absence d'emploi ou d'occupation constructive laisse un vide que beaucoup remplissent en s'intéressant excessivement aux affaires des autres. Les discussions de quartier, les groupes Whatsapp et les émissions en direct sur les réseaux sociaux deviennent des espaces de commérages et de jugement collectif, où chacun donne son avis sur la vie des autres sans se soucier des répercussions psychologiques.
. La culture orale qui amplifie la surveillance sociale
Dans une société où l'oralité occupe une place centrale, les récits et commentaires circulent rapidement. Contrairement aux sociétés plus individualistes, où la discrétion et la vie privée sont valorisées, au Sénégal, les choix de vie sont un sujet collectif de débat permanent, ce qui renforce la pression sociale.
4. La nécessité d'une réponse institutionnelle et communautaire.
. Créer des espaces d'écoute bienveillante
Face au nombre croissant de personnes souffrant en silence, il est urgent de mettre en place des espaces d'écoute bienveillante à travers le Sénégal. Ces structures, animées par des professionnels ( psychologues, sociologues, travailleurs sociaux ) et des volontaires formés, pourraient offrir un cadre où les individus en détresse peuvent parler sans crainte du jugement.
. Le manque de psychologues et l'absence de culture de la consultation
Au Sénégal, le nombre de psychologues est insuffisant pour répondre aux besoins de la population. De plus, consulter un psycjologue est souvent perçu comme un aveu de faiblesse ou une maladie mentale grave. Il est essentiel de changer cette perception en intégrant progressivement la culture du suivi psychologique dans la société sénégalaise.
. Encourager les initiatives locales pour lutter contre l'oisiveté
. Créer des activités communautaires, des espaces de formation et d'emplois temporaires pourrait réduire l'oisiveté et donner aux jeunes, en particulier, un cadre plus constructif que les discussions stériles sur la vie des autres.
Conclusion : vers une culture de respect et de l'empathie
Les paroles ont un poids. Une simple question peut parfois être un fardeau pour celui qui là reçoit. Dans une société où les attentes sociales sont très marquées, il est primordial de repenser notre manière de communiquer et d'intégrer plus d'empathie dans nos interactions quotidiennes.
. Encourager une culture du respect des parcours individuels et du vivre ensemble sans pression sociale est un défi collectif. Chacun, à son niveau, peut y contribuer en veillant à la portée de ses paroles et en cultivant l'écoute bienveillante.
LE SENEGAL LANCE LA DEFENSE DE SON TITRE
L’équipe du Sénégal U-17 va engager la défense de son titre à la Coupe d’Afrique des nations U20 qui se déroulera du 30 mars au 19 avril au Maroc. Le coup d’envoi sera donné ce samedi avec en ouverture la rencontre qui oppose le pays hôte à l’Ouganda.
L’équipe du Sénégal U-17 va engager la défense de son titre à la Coupe d’Afrique des nations U20 qui se déroulera du 30 mars au 19 avril au Maroc. Le coup d’envoi sera donné ce samedi avec en ouverture la rencontre qui oppose le pays hôte à l’Ouganda. Les Lionceaux entrent en lice mardi prochain avec le premier derby qui l’oppose dans la poule C aux Youngs scorpions de la Gambie. Cette édition sera qualificative pour la coupe du monde de la catégorie cadette prévue cette année au Qatar.
C’est reparti pour la Coupe d’Afrique des nations U17 qui se jouera du 30 mars au 19 avril au Maroc. La rencontre entre le pays hôte et l’Ouganda donnera le coup d’envoi au tournoi. Le Sénégal qui arrive avec le titre de champion en poche, sera encore en quête d’exploit sur la scène africaine. Comme il y a deux ans, quand il avait réussi, avec ses différentes sélections, à réaliser le grand chelem en raflant les trophées continentaux.
Les poulains de l’entraineur Pape Ibrahima Faye comptent une fois de plus aborder cette nouvelle aventure avec la même détermination. Ils ont déjà démontré leur potentiel en novembre dernier, lorsqu’ils sont parvenus à décrocher leur qualification à la CAN en remportant le tournoi UFOA A. C’était au bout au terme d’une finale âprement discutée et riche en rebondissements contre le Mali (3-3, 5 TAB 4). Cette victoire à domicile, a permis aux Lionceaux d’envoyer un message fort à leurs futurs adversaires. Même si jeudi dernier lors de la publication de la liste, pas moins de 9 « cadres », présents au tournoi UFOA A, ne figurent pas sur cette dernière liste publiée par le coach national.
On peut noter entre autre Pape Fall, Moustapha Sène, Mignane Ndour ou encore Youssou Mané.
UN DERBY AVEC LE VOISIN GAMBIEN POUR LANCER LA CAMPAGNE
Pour la compétition proprement dite, les Lionceaux n’endossent pas moins le costume de favoris dans ce tournoi au royaume chérifien.
Le Sénégal entre en lice mardi avec le face à face qui l’oppose à la Gambie dans le groupe C. Un derby entre voisin qui promet. Double championne d’Afrique en 2005 et 2009, la Gambie qui revient dans cette CAN, ne manquera pas d’arguments pour contester le statut de leaders des tenants du titre. La bande au capitaine Ibrahima Sory Sow, le seul rescapé des Lionceaux de 2023 enchaînera le lundi 4 avril avec le duel qui l’opposera à la Tunisie. Ils vont terminer la phase de groupe en affrontant l’équipe de la Somalie. Considérée comme l’inconnue, cette équipe somalienne nourrit de grandes ambitions après sa première participation lors de la dernière édition.
LES LIONCEAUX PASSENT LE TEST IRM
Arrivé ce jeudi au Maroc, l’entraîneur Pape Ibrahima Faye, s’est réjoui d’avoir effectué avec succès les tests IRM qui sont effectués à la veille des compétitions internationales des petites catégories. « Nous nous sommes déplacés avec 23 joueurs. Ils sont tous passés et réussis le test IRM. Donc, je peux dire qu'en étant entraîneur de ce groupe, j'ai tout mon groupe en main aujourd'hui. Donc, je ne peux que vraiment remercier la commission médicale de la Fédération sénégalaise du football et aussi le staff médical de l'IRM. Je les remercie et je les félicite pour leur expertise », a-t-il souligné.
La CAN U17, on le rappelle, va servir de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde U-17 prévue cette année au Qatar.
PETROSEN E&P EN QUETE D’AUTONOMIE OPERATIONNELLE
Filiale de la Société des pétroles du Sénégal, Petrosen E&P aspire à devenir un acteur clé du secteur des hydrocarbures grâce à la détention et à l’exploitation d’actifs dans le sous-secteur pétrolier et gazier national.
Lors de la cérémonie de passation de service, tenue hier vendredi 28 mars 2025, à Dakar, le nouveau directeur général de Petrosen E&P, M. Talla Guèye, a exprimé sa volonté de renforcer l’autonomie de l’entreprise en assurant une gestion directe des futurs actifs pétroliers et gaziers du Sénégal. Cette ambition repose sur une approche fondée sur une prise de décision stratégique éclairée, le développement du contenu local et la formation des jeunes talents.
Filiale de la Société des pétroles du Sénégal, Petrosen E&P aspire à devenir un acteur clé du secteur des hydrocarbures grâce à la détention et à l’exploitation d’actifs dans le sous-secteur pétrolier et gazier national.
« Nous allons activement préparer la prise en main directe de nos futurs actifs afin de nous établir en tant qu’opérateur », a affirmé M. Guèye. Pour concrétiser cette vision, il prône une politique de gestion proactive dans les prises de décisions techniques et stratégiques en collaboration avec les partenaires de l’entreprise.
Le nouveau directeur général souligne que cette stratégie vise à optimiser l’exploitation des ressources nationales en intégrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation, tout en mettant l’accent sur le développement du contenu local et la formation des jeunes. « Au-delà des chiffres et des équations techniques, notre objectif ultime demeure l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de travailler avec discipline, engagement et dans l’intérêt national.
Estimant que le contexte politique actuel est propice à cette transformation, M. Guèye a exhorté ses collaborateurs à embrasser une nouvelle dynamique axée sur l’intégrité et la cohésion nationale. Il succède ainsi à M. Thierno Seydou Ly, qui, en lui passant le témoin, a salué ses compétences et son engagement à mener Petrosen E&P vers son ambition ultime : devenir un opérateur pétrolier de premier plan sur le continent africain et un employeur majeur au Sénégal. M. Ly, qui a dirigé l’entreprise depuis mai 2022, a rappelé que la société devra poursuivre ses projets en cours avec la même rigueur et innover pour relever les défis futurs. Le président du conseil d’administration de Petrosen a, quant à lui, rendu hommage au travail accompli par M. Ly et souligné le rôle fondamental du personnel, dont le dévouement et le professionnalisme seront des atouts essentiels pour la réussite de cette nouvelle ère.
En s’engageant sur cette voie, Petrosen E&P ambitionne d’accroître son influence dans le paysage énergétique national et africain, affirmant ainsi son rôle stratégique dans l’exploitation des ressources naturelles du Sénégal.
CES PROJETS POLÉMIQUES
Derrière la façade rutilante des infrastructures inaugurées ces dernières années se cache une réalité troublante. Qu'il s'agisse du TER, du BRT ou du Prodac, ces chantiers révèlent un schéma récurrent de dépassements budgétaires et de financements opaques
De nombreux projets d’infrastructures de grande envergure ont été initiés au Sénégal sous la présidence Macky Sall. Leurs budgets, évalués à des centaines de milliards n’ont pas laissés les Sénégalais indifférents tant et ont suscité des interrogations et des débats parfois vifs quant à leurs modes de financement, leur utilité.
Au Sénégal, la réalisation des infrastructures de grande envergure a souvent l’objet de nombreuses controverses. Ce, en raison des sommes d’argent annoncées pour les réaliser mais surtout les interrogations qu’elles suscitent relativement à leur utilité et leur impact sur l’économie nationale. C’est le cas du Train Express Régional (TER). Dans ce projet tout ou presque a été sujet de discordes. Plusieurs montants avaient été annoncés sur le coût réel de l’infrastructure devant relier dans un premier temps Dakar à Diamniadio, soit 36 Km, avant d’être prolongé jusqu’à l’ aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD).
A la cérémonie de lancement de l’infrastructure, l’ancien président de la République, Macky Sall, avait soutenu que le montant du financement était de 568 milliards de F CFA. Plus tard, un prix contradictoire avait été avancé. Sur le site officiel du Bureau d’information gouvernementale (Big), il est indiqué que le TER a coûté 656 milliards de F CFA : 568 milliards au début du projet et un avenant de 88 milliards, soit 15% du coût de départ, signale-t-on. Aussi, selon la même source, il est mentionné que 5 milliards de F CFA ont été prévus pour l’indemnisation des impactés. Mais, finalement, 50 milliards F CFA avaient été payés. Quid des délais de livraison qui étaient venus s’ajouter aux sources de discorde.
A côté de ce Train Express Régional, existe aussi le projet de Bus Rapid Transit (BRT) qui relie Guédiawaye et le centre-ville de la capitale. Si le coût estimatif annoncé au départ du projet en octobre 2019 était de 300 milliards. Le financement total a atteint 419 milliards de F CFA dont 69% supportés par l’Etat et ses partenaires au développement, et 31% par le secteur privé, soit 130 milliards de F CFA. Selon le Cetud, la structuration du financement s’établit ainsi qui suit : la réalisation des infrastructures routières et des équipements connexes du Brt est un financement de la Banque mondiale (61, 5%) et de la Banque européenne d’investissement (38, 5%).
Une autre infrastructure à milliards, Air Sénégal. Créée en 2016 sur les cendres de la défunte compagnie Sénégal Airlines, la nouvelle compagnie Air Sénégal est depuis quelque temps confrontée à des ennuis interminables qui sapent l’élan bien enclenché depuis 2018 avec l’acquisition d’une flotte composée de deux ATR72-600. La compagnie Air Sénégal a du mal à tenir, à cause de son surendettement, de ses mauvais choix stratégiques et surtout de ses investissements massifs dans des Airbus pourtant flambants neufs. À cela, s’ajoutent des retards interminables déplorés par les clients tant pour les vols internes qu’externes, ainsi que les coûts élevés des vols, les détours par divers pays et des escales de plusieurs heures sur le continent africain. Même s’il faut le reconnaitre, depuis quelques temps, la compagnie semble retrouver une bonne santé.
Prodac, un projet mort-né
La polémique autour du financement du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac) a aussi beaucoup défrayé la chronique au Sénégal. Ce programme était prévu pour une durée 5 ans (2014-2018), avec un budget estimatif à mobiliser de 100 milliards de Francs CFA. Il inclut les DAC de Séfa dans la région de Sédhiou, de Itato, dans la région de Kédougou, Keur Momar Sarr dans la région de Louga, Keur Samba Kane dans la région de Diourbel, Dodji, dans la région de Louga, Boulel dans la région de Kaffrine, de Fafacourou, dans la région de Kolda, de Niombato, dans la région Fatick, de Notto Diobass, dans la région de Thiès, de celui d’Axe Ourossogui-Bakel dans la région de Matam et de la Zone des Niayes dans la région de Dakar.
Selon la Cour des Comptes, le schéma de financement des DAC de Séfa, Itato, Keur Momar Sarr et, Keur Samba Kane fait intervenir la compagnie ouestafricaine de Crédit-bail plus connue sous le nom de Locafrique qui a conclu, en février 2016, avec l’Etat du Sénégal àune convention de financement d’un montant total de 29.600.536.000 FCFA. Il s’agit d’une convention de crédit à moyen terme d’une durée de 60 mois aux termes de laquelle Locafrique, bénéficiaire d’une ligne de crédit dédiée octroyée par Afreximbank, s’engage à payer les factures présentées par Green 2000 et validées par le Prodac.
Tous les paiements doivent faire l’objet d’une retenue de garantie de 5% libérable après la réception définitive, afin de garantir l’exécution des ouvrages.
Mais la Cour des Comptes a noté de nombreux dysfonctionnements qui affectent le mécanisme de financement et de remboursement de la dette envers LOCAFRIQUE.
A cet égard, la Cour souligne un dispositif complexe de couverture financière du remboursement de la dette, un dépassement du montant des créances cédées par rapport au reliquat à verser, la violation d’une disposition budgétaire relative au remboursement de la dette de l’État, le non-respect des paiements effectués via le compte de dépôt, un surplus de paiement sur les effets cédés à la BNDE et une absence de maitrise de la situation de remboursement de la dette, entre autres.