SOUPOU KANDJA
Ton’s, bien qu’ayant débuté le Ramadan le dimanche, a décidé de fêter la Korité avec ceux qui ont commencé un jour avant. Il poussa Tata à déclencher le compte à rebours. Tata feuilleta son cahier de recettes culinaires, hérité de ses grands-parents.

Ton’s, bien qu’ayant débuté le Ramadan le dimanche, a décidé de fêter la Korité avec ceux qui ont commencé un jour avant. Il poussa Tata à déclencher le compte à rebours. Tata feuilleta son cahier de recettes culinaires, hérité de ses grands-parents. Elle commença à dresser la carte des menus. Mardi : Souloukh Mbalakha, mercredi : mafé kandja, Jeudi : Niari tchine et Vendredi : pour remercier notre Seigneur, d’un si apaisant Ramadan, un Penda Mbaye souweer à la sauce crevettes saint-louisienne. De la poitrine de Ton’s, sortit un « euskey » bien appuyé, suivi de « péleu péleup », en guise d’applaudissement. Ton’s, à la surprise générale, changea de ton. Il dit : « Tout ceci est bien mais, je décrète le menu unique. « Soupou kandja. Ndogou soupou kandja, kheud ba koor gui diékh »
Tata en grande dame qui sait flatter l’égo de son mari, acquiesça. Elle se mit au fourneau, versa quelques gouttes de permanganate dans l’eau pour désinfecter le kandja et les assortiments de piments de la cueillette du jour. Elle apprêta le poisson Beur coupé en tranches. Elle enduisit le khar bopp de nokoss, coupa le kandja en rondelles, kani projet, kani goana, kani khégn, kani thioukli, guedj yass, nététou, kong fumé et du diw tiir. Beaucoup de diwu tiir . L’odeur du soupou kandja voltait au- dessus de Ton’s qui avait les narines en éventail. Au ndogou Ton’s n’attendit pas le quinquéliba pour exiger d’être servi. Il fut doublement servi, en redemanda, lui qui disait ne pas aimer le piment. Au moment de la prière, le ventre de Ton’s grondait comme tonnerre en hivernage. Quand il se baissa, le diw tiir coula de ses narines. Affolé, son voisin de sapé, d’alerter « Ton’s sa ngi boori » et Ton’s de rétorquer : « Du boori diw tiir bila »