DJIBRIL SONKO, L'HÉRITIER DISCRET
"L'autre Sonko" prend les rênes de Ziguinchor avec la lourde tâche de perpétuer l'héritage d'Ousmane Sonko. Face aux défis qui l'attendent, cet ancien inspecteur du Trésor devra prouver que la confiance placée en lui n'était pas usurpée

(SenePlus) - Dans un portrait publié récemment, Jeune Afrique (JA) dévoile le parcours atypique de Djibril Sonko, l'homme qui a pris les rênes de la mairie de Ziguinchor après la nomination d'Ousmane Sonko au poste de Premier ministre. Cette succession s'inscrit dans une dynamique politique marquée par l'ascension fulgurante du parti Pastef dans la région.
Selon le magazine panafricain, rien ne prédestinait ce cadre chevronné à une carrière politique. Inspecteur du Trésor depuis 2009, Djibril Sonko avoue n'avoir jamais vraiment milité avant sa rencontre avec le Pastef : "Les partis traditionnels ne m'intéressaient pas, mais j'étais persuadé que je finirai par faire de la politique un jour ou l'autre", confie-t-il à JA. Son seul contact antérieur avec la politique se limitait à une unique réunion du Parti socialiste dans sa jeunesse, influencé par sa mère qui soutenait alors Robert Sagna, figure historique de Ziguinchor.
Le magazine retrace les premiers pas laborieux du parti dans la région. Nommé responsable des affaires économiques dès la première assemblée générale, Djibril Sonko se heurte initialement à l'indifférence : "La première réunion que j'ai convoquée, j'ai attendu des heures et personne n'est venu", se remémore-t-il. Une période compliquée où le parti peine à s'imposer dans le débat public, comme l'explique Djamil Sané, cité par Jeune Afrique : "Notre volonté, c'était d'apporter quelque chose de nouveau dans le débat public, ce qui comportait le risque d'être très techniques, voire trop."
Un parcours semé d'obstacles
Le portrait révèle également les défis personnels auxquels Djibril Sonko a dû faire face. Muté à Kebemer, à plus de 150 kilomètres de Dakar, il traverse une période d'éloignement de six ans qui aurait pu freiner son engagement politique. Cette mutation, selon le magazine, avait même provoqué l'intervention d'Ousmane Sonko auprès d'Amadou Ba, alors directeur des Impôts et Domaines, pour dénoncer une tentative de "casser la dynamique du bureau du parti."
Jeune Afrique souligne un tournant majeur dans sa carrière lors des élections locales de janvier 2022. Intégrant l'équipe qui porte Ousmane Sonko à la mairie, Djibril Sonko devient membre du cabinet du nouveau maire, chargé du programme présidentiel. Une confiance qui se manifeste concrètement par la délégation de la signature des contrats de marchés publics.
Aujourd'hui maire de Ziguinchor, Djibril Sonko fait face à des attentes considérables. JA rappelle qu'aucun des "douze grands chantiers" initialement prévus par Ousmane Sonko n'a encore été réalisé. Pourtant, la popularité du Pastef reste intacte, comme en témoigne son score impressionnant de 76,6% aux dernières législatives dans le département.
Une légitimité à construire
Le portrait dressé par Jeune Afrique met en lumière les qualités de l'homme : "C'est un garçon dégourdi, engagé, très dynamique", témoigne Djamil Sané. Des atouts qui seront précieux pour relever le défi qui l'attend. Car comme le souligne le site d'information, Ziguinchor, symbole de la popularité d'Ousmane Sonko et de l'efficacité politique du Pastef, représente un rouage essentiel dans la stratégie nationale du parti.
À l'heure où le Pastef s'impose comme une force politique majeure au Sénégal, la réussite de Djibril Sonko à Ziguinchor pourrait devenir un modèle de gouvernance locale pour le parti. Comme le conclut Jeune Afrique, "l'autre Sonko" n'a pas droit à l'erreur dans cette mission cruciale pour l'avenir de sa formation politique.