LA RECETTE DU PRESIDENT OUSSEYNOU KEITA POUR FAIRE REBONDIR LE PS
Le débat autour de la reconstruction du Parti socialiste (PS) continue de faire rage et les réactions des responsables du parti se comptent à la pelle.

Le débat autour de la reconstruction du Parti socialiste (PS) continue de faire rage et les réactions des responsables du parti se comptent à la pelle. Ousseynou Keita, Secrétaire général de l’union des coordinations socialistes de la ville de Thiès, est allé plus loin en exposant ses idées pour la remise en selle du parti. Il a proposé la mise en place d’un comité national de pilotage, le recrutement de jeunes lycéens et universitaires, la reprise des activités de l’école du parti.
Depuis que l’ancien Ministre Serigne Mbaye Thiam a publié son appel, allant dans le sens de la reconstruction du Parti socialiste (PS), les réactions positives se comptent à la pelle. C’est le cas de celle du président Ousseynou Keita, Secrétaire général de l’union des coordinations socialistes de la ville de Thiès. Et au-delà de l’approbation de la démarche, il a mis le curseur sur des propositions, pour remettre en selle le parti. Il s’agit entre autres de la mise en place d’un comité national de pilotage dont les démembrements, en l’occurrence les comités communaux et départementaux, procéderont à des recrutements de jeunes lycéens et d’universitaires, la reprise des activités de l’école du parti, la tenue d’un congrès après deux ans de transition. Pour lui, « il n’existe pas de panacée pour rebondir ». Et d’un tel de point de vue, il a laissé entendre que dans le contexte actuel, c’est totalement inutile de s’attarder sur des indexations injustifiées et vexatoires, des querelles infantiles inopérantes et de surcroît, contre-productives. Fort de ce constat, il est d’avis que l’appel à la reconstruction a « toute sa signification et tout son intérêt, en ce sens qu’il invite à la réflexion lucide prospective dont le déficit aujourd’hui plus que par le passé serait hautement et lourdement préjudiciable à notre parti. Les lignes doivent bouger et les principes fondateurs de la relance clairement définis ».
L’usure du temps, la corrosion du pouvoir et les contorsions normales d’une fin de cycle parviennent toujours et de manière implacable et imprévisible à bout de toute association privée. Et le PS en est une au regard de la loi précisément du code des obligations civiles et commerciales », a-t-il par ailleurs fait savoir. Pour lui, au risque de plonger dans des situations encore plus complexes et difficiles à prendre en charge, il est impératif de dépasser « les accusations tendancieuses, les stigmatisations grossières, l’auto flagellation destructrice et surtout éviter de faire porter, de manière loufoque, le chapeau à d’autres, ou de vouer aux gémonies des cibles vulnérables. Personne n’est responsable de la situation que nous vivons en même temps que nous le sommes tous paradoxalement ».
D’après lui, les raisons de ce recul inquiétant de ce patrimoine national qu’est le PS, dans l’arène politique nationale, sont surtout à chercher dans les conséquences découlant de choix parfois égarés et d’orientations souvent discutables, depuis l’avènement de la première alternance et de l’accompagnement dans la coalition Benno Bokk Yaakaar ces 12 dernières années. « C’est aussi l’aboutissement inéluctable d’un processus dégénératif irréversible, dont il faut prendre acte froidement et passer sans préjugé et sans précipitation à la phase suivante », a-t-il ajouté.
Au regard de ces considérations, il a mis l’accent sur la nécessité d’amorcer une grande entreprise volontariste, de revivification du parti. Et à ce sujet, il a indiqué qu’il faudra absolument tenir compte de l’environnement créé par les deux dernières élections, en l’occurrence la présidentielle et les législatives qui, à ses yeux, « ont définitivement sonné le glas d’une certaine classe politique, poussée à la sortie par l’usure du temps, et corrélativement l’inadéquation d’un discours obsolète, incompris, qui se heurte brutalement à l’intransigeance d’une fracture sémantique, créée en opposition, et qui rend improbable, inaudible tout dialogue civilisé apaisé et constructif ». D’un tel point de vue, il affirme que l’heure est de s’adapter ou disparaître. D’où pour lui, l’impératif de remodeler le parti, pour le départir des structures qui sont passées de mode, qui ne sont par conséquent plus adaptées au contexte actuel. « Elles sont devenues désuètes et ne répondent plus aux contingences nouvelles. Il faut avoir l’intelligence de les suspendre, dès lors qu’elles ne répondent plus à nos préoccupations d’émancipation et nous pèsent plutôt comme une chape de plomb », a-t-il martelé.
"UN CONGRÈS APRÈS 2 ANS DE TRANSITION, POUR ADOPTER DE NOUVEAUX TEXTES"
C’est dans cette veine qu’il a émis la proposition d’une organisation « articulée autour d’un comité national de pilotage, qui pourrait regrouper une vingtaine de membres dirigés par un triumvirat, issu d’une classe médiane se situant entre les anciens et les jeunes. Les jeunes seraient évidemment bien représentés dans ce comité. Et il faudrait aussi dans une première étape éviter de faire de la gestion de ce comité une affaire individuelle. Le comité national édifiera des groupes de réflexion et de travail sur la refonte des textes, l’élaboration d’un programme d’activités et d’animation du parti etc…De la même manière, des comités régionaux et départementaux de pilotage seront créés à l’image du comité national, avec une bonne présence des jeunes et des femmes ». Poursuivant son argumentaire, il ajoute que les comités régionaux et départementaux de pilotage auront, durant la période de transition, la charge de diriger le parti, et seront investis des prérogatives habituellement dévolues aux instances régulières auxquelles ils se substituent.
A l’en croire, l’une des priorités des comités régionaux et départements seraient « de recruter des jeunes lycéens et universitaires, pour renouveler nos effectifs de jeunes militants, et organiser des rencontres périodiques d’animation et de formation à leur endroit », notamment à travers les thés débat, qui sont plus simples et mieux adaptés à cette tâche. Dans ce même sillage, il a aussi insisté sur l’importance de reprendre les activités de l’école du parti, « en organisant des sessions de formation périodiques et régulières, à l’attention des jeunes recrues des établissements scolaires et universitaires. Bien entendu, ces mesures ne sont pas antinomiques de toutes initiatives individuelles ou collectives intégrées visant à développer ou à renforcer le parti ».
Selon lui, le déroulement de cet agenda de remise en route du parti aboutira, après deux années de transition, à la tenue d’un congrès, « pour approuver les nouveaux textes, adopter les nouvelles structures et installer le nouveau patron du parti avec son équipe, pour mettre fin à la transition, et rendre visible le nouvel homme fort du parti, le leader dont l’on s’évertuera tous ensemble à vendre l’image, pour le préparer aux joutes futures ». Il a dans le même temps théorisé l’idée de s’ouvrir à la gauche traditionnelle dite plurielle, aux camarades qui avaient quitté et qui veulent retourner au bercail. "Gardons notre acronyme et travaillons sans relâche dans la paix, la solidarité et la concorde, car la reconstruction ne résultera pas d’une panacée qui nous tomberait du ciel », a-t-il conclu.