LE PRESIDENT DE L’OFNAC RELEVE UN TAUX D'EXECUTION SATISFAISANT
Déclaration de patrimoine des personnes assujetties, désormais, l’Institution est dotée d’une arme pénale pour pourchasser les récalcitrants

Tous les membres du gouvernement ont fait leur déclaration de patrimoine et les directeurs généraux sont en train de s‘atteler à cette exigence avec un taux très satisfaisant. C’est l’assurance donnée par le président de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (Fnac). Serigne Bassirou Guéye qui participait hier à Pointe Sarène à l’ouverture de la 3ème session du Comité Technique de Coordination, de Suivi et d’Évaluation de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (CTSE-SNLCC). Il s’est félicité du renforcement des pouvoirs de contrôle de l’autorité administrative qu’il dirige, ce qui, à son avis, a participé à sortir notre pays de la zone grise du GAFI en matière de lutte contre la corruption.
« La déclaration de patrimoine a été faite par les nouvelles autorités: le Premier ministre, les membres de son gouvernement et les secrétaires d’Etat. Actuellement, les Directeurs généraux sont en train de faire leur déclaration et ceux qui ne l’ont pas encore fait sont en train d’être appelés pour faire la procédure. Bref, le rythme de la déclaration est bon dans l’ensemble et cela est rassurant ».
C’est la réponse servie par le président de l’Ofnac concernant la déclaration de patrimoine pour les personnes assujetties en vertu de la loi numéro 2024-07 du 09 février 2024. Avec le renforcement des pouvoirs juridiques de l’Ofnac, la déclaration de patrimoine est obligatoire et désormais cet organe de contrôle de l’Etat a les pleins pouvoirs de contraindre tout récalcitrant.
Pour Serigne Bassirou Guéye, ces modifications ont permis de faciliter la tâche à l’autorité administrative qu’il dirige. « Maintenant, nous avons tous les pouvoirs de faire des arrestations et de mener jusqu’au bout nos enquêtes. Nous avons tous les moyens juridiques pour mener nos enquêtes. Au début, on pouvait convoquer des gens qui pouvaient aussi refuser de déférer à la convocation et nous n’avions aucune obligation de les contraindre à venir, ce qui plombait notre travail. Aujourd’hui, avec le changement, nous avons tous les statuts juridiques », a indiqué le président de l’Ofnac.
De l’avis de l’ancien Procureur de la République, ces modifications qui ont renforcé les pouvoirs de cet organe de contrôle de l’Etat ont fortement contribué à sortir le Sénégal de la Zone rouge. « Ce qui maintenait le Sénégal dans la zone grise de la lutte contre la corruption et qui était lié à deux choses a été résolu. Le premier est le renforcement des pouvoirs de l’Ofnac parce que le GAFI connaît le rôle que l’Ofnac peut jouer dans la lutte contre la corruption. C’est pourquoi, lorsque le Sénégal a pris cette décision, cela a facilité la démarche de notre pays de sortir de la zone grise » a-t-il soutenu.
« Les délinquants ont beaucoup de stratégies pour mener leurs actes mais… »
Serigne Bassirou Guéye intervenait à Pointe Sarène lors de l’ouverture de la troisième session du Comité Technique de Coordination, de Suivi et d’Évaluation de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (CTSE-SNLCC).
Revenant sur la rencontre, l’ancien Procureur de la République a précisé que chaque année cette rencontre se tient pour évaluer le programme sur la corruption. « Actuellement, nous sommes à la fin de l’année et nous allons évaluer notre plan stratégique pour nous orienter et nous fixer de nouveaux objectifs. Aujourd’hui, la corruption gangrène le monde entier et la preuve est que la Banque Mondiale ne cesse de mettre en garde les Etats contre cette pratique qui plombe les économies. Donc le Sénégal n’est pas en reste mais le seul avantage est que nous menons une lutte acharnée contre la corruption » , assure-t-il.
Serigne Bassirou Guéye se dit d’autant plus optimiste que les nouvelles autorités à la tête du pays n’ont jamais cessé de rappeler leur engagement à anéantir toute les démarches corruptives. Il cite en particulier celui du Président de la République qui, lors de la cérémonie officielle de présentation du référentiel 2050, avait déclaré qu’il accordait une attention particulière à la lutte contre la corruption. « Le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Diakhar Faye a rassuré en soutenant qu’il va renforcer l’Ofnac pour mieux lutter contre la corruption. Les délinquants ont beaucoup de stratégies pour mener leurs actes mais l’Etat est déterminé à les pourchasser pour mettre fin à ce fléau », a illustré le président de l’OFNAC.