POUR FAYE-SONKO, L'ANNÉE DE TOUS LES DÉFIS
Après une victoire éclatante aux législatives, le duo doit désormais transformer cela sur cinq dossiers brûlants. Des relations avec Paris aux contrats gaziers, en passant par le FMI, chaque décision sera scrutée au cours des prochains mois

(SenePlus) - Selon un article approfondi de Jeune Afrique, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, forts d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale obtenue en novembre 2024, font face à cinq dossiers brûlants qui marqueront l'année 2025.
La rupture avec la France s'accélère
Le premier dossier concerne la relation avec l'ancienne puissance coloniale. Comme le rapporte Jeune Afrique, le président Faye a clairement affiché sa volonté de rompre avec l'héritage colonial en annonçant le départ prochain des militaires français du Sénégal. "Quel pays peut avoir des militaires étrangers sur son sol et revendiquer son indépendance ?", a-t-il déclaré le 28 novembre dernier dans un entretien accordé aux médias français.
Cette position s'est récemment cristallisée autour d'un échange tendu avec Emmanuel Macron. Selon le journal, quand le président français a reproché aux pays africains de ne pas dire "merci", Ousmane Sonko a répliqué sèchement que "la décision prise par le Sénégal découle de sa seule volonté, en tant que pays libre, indépendant et souverain."
Le bras de fer avec le FMI
Le deuxième défi majeur concerne les relations avec le FMI. Le Sénégal n'a reçu aucun décaissement depuis l'élection de Bassirou Diomaye Faye. Un audit diligenté par Sonko a révélé que le déficit budgétaire moyen atteindrait en réalité 10,4% sur la période 2019-2023, bien au-delà des 5,5% annoncés précédemment. La dette publique s'élèverait quant à elle à 83,7% du PIB.
La question des hydrocarbures
Le troisième enjeu porte sur la renégociation des contrats pétroliers et gaziers. Le magazine panafricain souligne que le statu quo actuel bloque l'exploitation du gisement Grand Tortue Ahmeyim (GTA), objet de discussions tendues entre le Sénégal, la Mauritanie et BP. Un échec sur ce dossier pourrait, selon Jeune Afrique, compromettre le développement d'autres projets et limiter les revenus attendus des hydrocarbures.
La succession à la mairie de Dakar
Le quatrième dossier sensible concerne l'avenir de la mairie de Dakar. Jeune Afrique détaille comment Barthélémy Dias, maire depuis 2022, s'est vu déchu de ses mandats de député et de maire en décembre 2024, suite à une condamnation judiciaire. Son recours ayant été rejeté le 31 décembre, l'incertitude plane sur la gouvernance future de la capitale.
Une opposition fragilisée
Enfin, le magazine souligne la faiblesse actuelle de l'opposition qui, avec seulement 30 députés sur 165, peine à faire contrepoids face à l'hégémonie du Pastef. Selon Jeune Afrique, c'est davantage du côté de la société civile que pourrait émerger un véritable contre-pouvoir, bien que des inquiétudes existent déjà quant à la capacité des voix dissidentes à s'exprimer librement sous la nouvelle administration.