TAXAWU DÉNONCE LA RADIATION DE DIAS
Le mouvement de Khalifa Sall soulève une question épineuse en rappelant que le Premier ministre Ousmane Sonko, lui aussi sous le coup d'une condamnation définitive, n'a pas fait l'objet d'une telle mesure

«Taxawu Senegaal » ne cache pas son indignation suite à la radiation de Barthélémy Dias de son mandat de député à l’Assemblée nationale hier, vendredi 6 décembre. Dans un communiqué rendu public, la plateforme politique fait savoir que « cette décision, en totale contradiction avec les principes fondamentaux de la démocratie, bafoue non seulement la volonté populaire mais également le socle même de l'État de droit ».
« Il est essentiel de rappeler que la candidature de Monsieur Barthélémy Dias a été validée par le Conseil constitutionnel, conformément aux exigences de la loi. Dès lors, toute contestation de son mandat est une remise en cause directe de l'autorité du peuple sénégalais qui lui a accordé sa confiance lors des élections législatives. Ce mandat, qui puise sa légitimité dans les urnes, ne saurait être révoqué sans une remise en cause du respect scrupuleux des règles démocratiques », souligne « Taxawu Senegaal ».
Allant plus loin, elle rappelle le cas de l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko. « Il convient également de noter qu'en son arrêt n°1 du 4 janvier 2024, la Cour suprême a rejeté le pourvoi formé par Monsieur Ousmane Sonko contre l'arrêt n°137 rendu le 8 mai 2023 par la première Chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Dakar », rappelle la plateforme politique. Et d’ajouter : « Cet arrêt, intervenu dans le cadre de la procédure de diffamation l'opposant à Monsieur Mame Mbaye Niang, a ainsi consacré la condamnation définitive de Monsieur Ousmane Sonko à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis. Or, le dernier alinéa de l'article 61 de la Constitution, repris par l'article 51 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, stipule de manière explicite: « Le député qui fait l'objet d'une condamnation pénale définitive est radié de la liste des députés de l'Assemblée nationale sur demande du ministre de la Justice ». C’est pourquoi « Taxawu Senegaal » est d’avis que « dans ce contexte, il est incompréhensible que la rigueur de ce dispositif juridique ait été appliquée avec une célérité implacable à l'encontre de Monsieur Barthélémy Dias, tandis que Monsieur Ousmane Sonko, qui a suspendu son mandat, bénéficie d'une surprenante mansuétude ». Elle s’inquiète ainsi quant à « l'impartialité des institutions censées garantir l'équité devant la loi ».
Dans le communiqué, « Taxawu Senegaal dénonce avec la plus grande fermeté cette justice à géométrie variable, où des principes fondamentaux sont appliqués de manière sélective, au gré des intérêts partisans ». Selon Khalifa Sall et ses camarades, « cette pratique, si elle devait se généraliser, constituerait un péril majeur pour les fondements mêmes de notre démocratie ».
« Taxawu Senegaal » compte ainsi saisir la justice dans cette affaire. « Dans le respect des institutions et pour la sauvegarde de la démocratie sénégalaise, Taxawu Senegaal entend explorer toutes les voies de recours légales, nationales comme internationales, afin de rétablir le droit et de garantir à Monsieur Barthélémy Dias la possibilité d'exercer pleinement le mandat que le peuple lui a confié », rapporte la note. Pour rappel, le maire de Dakar Barthélémy Dias, élu député lors des législatives du 17 novembre dernier, a été radié de son mandat de député du fait de sa condamnation à 2 ans de prison, dont 6 mois ferme, en décembre 2023, dans l’affaire Ndiaga Diouf.