UN PAS DE DEUX PRÉSIDENTIEL AU QATAR
La poignée de main entre Diomaye et Karim ressemble à "un tango, une danse synonyme d'étreinte et de violence contenue". Une métaphore qui illustre parfaitement l'ambiguïté de cette rencontre où se mêlent intérêts politiques, économiques et judiciaires

(SenePlus) - Dans une chronique satirique publiée dans Jeune Afrique, le dessinateur et éditorialiste Damien Glez décrypte avec ironie la récente rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et Karim Wade à Doha, la qualifiant de "dernier tango en terre qatarie".
La photo de leur poignée de main, largement diffusée sur les réseaux sociaux le 8 décembre, ressemble selon le chroniqueur à "un tango, une danse synonyme d'étreinte et de violence contenue". Une métaphore qui illustre parfaitement l'ambiguïté de cette rencontre où se mêlent intérêts politiques, économiques et judiciaires.
Comme le souligne Damien Glez, le mystère reste entier sur l'initiateur de ce rendez-vous. "Aucune des parties prenantes n'ayant avoué être à l'initiative du rendez-vous", écrit-il, balayant au passage l'argument d'une simple volonté d'"ouverture" avancée par certains observateurs.
L'éditorialiste met en lumière les enjeux sous-jacents de cette rencontre. D'un côté, Bassirou Diomaye Faye, fort de sa récente victoire aux législatives, pourrait avoir besoin de l'influence de Wade dans "de nombreux dossiers économiques qui concernent la région du Golfe" et notamment dans "la gestion du Fonds stratégique d'investissement qatari pour l'Afrique". De l'autre, Karim Wade, bien que gracié en 2016, reste redevable d'une amende colossale de "138 milliards de F CFA".
La chronique compare également leur relation à un "cha cha cha", fait de "pas en avant et de pas en arrière", rappelant que Wade fils avait soutenu Faye à la présidentielle mais pas aux législatives du 17 novembre. Une valse-hésitation politique que l'entourage présidentiel tente de minimiser en insistant sur la dimension économique de la rencontre.
Selon Jeune Afrique, la présidence sénégalaise préfère d'ailleurs préciser que le chef de l'État n'a pas rencontré "le secrétaire général adjoint du Parti démocratique sénégalais (PDS), mais l'ancien ministre d'État, de la Coopération et des Transports", soulignant ainsi la primauté de l'aspect économique sur le politique.
La rencontre s'est déroulée en marge de la 22e édition du Forum de Doha, où le président sénégalais est venu défendre, selon les sources officielles citées par le chroniqueur, l'image d'un "Sénégal et d'une Afrique décomplexée, jeune, ambitieuse et résolument ouverte au monde". Une vision qui contraste avec le parcours de Karim Wade qui, comme le note avec ironie Damien Glez, "n'incarne plus vraiment la relève" et est "bien plus âgé que le nouveau chef de l'État".